Nereis perivisceralis
Pl. XII, fig. 1.
Corpus dilU'te brunnemn, antrorsiim palliclum, jngmenti ceïlulis perifoneo insidentibiis. Ffoboscis paragnathis scparatis arcucdini et greçjatlm dispositls pnedita. Paraguatlit inferiorcs articuli apicicdis prohoscidis latercdes numerosi, med'd perpami^ saperioribus lateralïbus aggregatis, medio imico. ArticuU basalis paragnathi superiores medii nidU, latercdes numerosi, mferiores seriem transversam efficientes imicam. MaxUlœ pectincdœ. Cirri tentaculares brèves.
le n'ai rencontré que deux individus de cette espèce, ne dépassant guère la longueurd'un centimètre. Ils n'étaient évidemment point adultes, et je ne les aurais point mentionnés ici, n'était la circonstance intéressante qu'ils offrent parmi les Néréides un second exemple de coloration péritonéale. Je ne doute pas qu'il ne soit possible de déterminer l'adulte, car l'expérience m'a enseigné qu'il est très-facile de rattacher les plus jeunes Néréides à leur espèce.
Grâce à la brièveté de ses tentacules, la N. périviscérale ne ressemble nullement à la N. pcritoneah's et je ne songerais pas à, rapprocher ces deux espèces sans la localisation remarquable du pigment. Ici la partie antérieure de l'animal est à peu pi'ès incolore, sauf les bords et les parties latérales des segments qui sont légèrement variés d'orangé (coloration superficielle). Les sept ou huit premiers segments sont complètement dépourvus de pigment péritonéal. Dans les segments suivants apparaissent
162 ANNi<:Lll)ES CHÈTOPODES
quelques cellules pigmentaires, conformées comme dans l'espèce précédente, mais toutes de couleur brune. Ces cellules deviennent de plus en plus nombreuses en arrière, et la coloration atteint par conséquent son maximum d'intensité dans la région postérieure du corps. Chez la N. peritonealis c'est précisément l'inverse. Le ventre est dépourvu de pigment.
Les pieds ressemblent beaucoup à ceux de l'espèce précédente. Les acicules sont noirs, à base incolore.
Les mâchoires (1 A et 1 B) sont relativement longues et étroites. Leurs dents, au nombre d'une douzaine, sont fort allongées, au point de faire paraître la mâchoire pectinée.
En dessus (1 A), les paragnathes forment deux groupes latéraux avec un petit paragnalhe médian, isolé, à l'anneau antérieur, et deux petits groupes de quatre à l'anneau postérieur ; en dessous ('1 B), deux petits groupes latéraux et une rangée transversale médiane courte, à l'anneau antérieur, et une ceinture monostique à l'anneau postérieur.
Sous-GiîNRii LIPEPHILE Malmg.
Le caraclère essentiel du sous-genre Lipephile de M. Malmgren esl d'avoir en-dessus, de ciiaque côté de l'anneau postérieur de la trompe, un paragnathe transversal isolé, plus grand que les autres, avec un petit groupe de paragnathes médians, et en-dessous une double rangée de paragnathes coniques. Ce sous-genre me paraît clairement établi. L'espèce ci-dessous y rentre entièrement.
Nereis (Lipephile) cultrifera.
Nereis cullrife.ra Gnibu, Act. Echinofl. uncl VViirmer, p. 74.
Pl. XI, fig. 2.
Lipephile longitiidine 8"'"', latitudine 5-6"'"% fulvo-iiuirijaritacea simul ac viridescens. Articidi proboscidis bascdis paragnatJii medii très minimi, inter duos latérales elongatooblovgos transversos validosque siti. Pedam par primum secundumque imperf eduni, setis raini superioris deficientibus.
Cette Néréide est une des plus communes aux environs de Naples. C'est
elle qui reçoit le plus parliculièremenl des pécheurs le nom tVesca. Elle a certainement été connue de Délie Chiaje'. Mais, parmi les dix espèces de Néréides distinguées par ce savant, il n'y en a guère que deux dont les diagnoses puissent être utilisées, et les autres sont méconnaissables. En revanche, il s'agit bien cerlainement de la N. cullrifera de Grnbe. Je n'insisterai donc pas sur les caractères que ce savant a bien connus.
Sur le dos, la couleur dominante de cette espèce est habituellement d'un jaune nacré, légèrement verdâtre, qui passe graduellement m avant au vert grisâtre. Cette dernière teinte l'emporte même seule à l'exclusion du jaune dans la région antérieure, c'est-àdire à la tête et dans les '12 ou 15 premiers segments. En dessous le ver est d'un rose jaunâtre à reflets nacrés plus forts qu'en dessus, passant au blanchâtre dans la région antérieure. L'intestin biliaire, orangé, apparaît par transparence à travers les tissus ; il en est de même de la couleur rouge des principaux vaisseaux.
Les pieds des deux premiers segments sétigères (2 D) offrent la particularité d'être dépourvus de soies et d'acicules à la l'ame supérieure^. Cette rame est d'ailleurs rudimentaire, car elle ne possède qu'une seule languette. La seconde languette apparaît pour la première fois au quatrième segment avec l'acicule et le faisceau de soies supérieurs (2 E). Les pieds restent à peu près identiques pendant les vingt premiers segments, mais plus en arrière ils subissent un léger changement de forme, surtout la languette supérieure de la rame dorsale, dont la forme se rapproche un peu de celle de la languette homologue chez les Néréilepas. Les acicules sont noirs ; les soies en arête (2 C, h) des deux rames, et les soies en serpe (2 C, a) de la rame inférieure sont finement dentées en scie, mais dans les deux premiers segments ces dernières ont la serpe un peu plus allongée que dans les suivants.
Le lobe céphalique a été bien décrit par M. Grube. .l'ajouterai que les palpes sont jaunes à bord interne vert, et que la surface de leur article terminal est couverte de larges papilles cii'culaires (2 B) hérissées d'une multitude de petits bâtonnets trèscourts, facilement perceptibles à l'aide d'objectifs à immersion. Ce sont là, sans doute, les terminaisons nerveuses du nerf du palpe, t^es terminaisons des nerfs, à la surface
' Peut-être sa Nereis Raiiz.ani. Mais cela est l)ien diflîeile à établir. Cette particularité paraît exister chez beaucoup de Néi'éides, sinon chez toutes. Ratlike l'a déjà mentionnée chez la N piilsuloyid (Voyez De Bopjjvo et ISrreide, p. 28), iriais elle semble avoir échappé à tons les autres auteurs.
^ Nerf déjà vu et figuré par Rathke chez la N. pulsatoria (Voyez De Bojnjro et Néréide, p. 4.3, t. IJ,
1G4 ANNÈLIDES CHÉTOPOUES
des antennes et des tentacules, sont toutes différentes. Ce sont de petits cylindres formés par des bâtonnets verticaux comme chez l'espèce précédente. Toutefois, je n'ai pu voir de soie centrale.
La trompe a déjà été bien vue par M. Grube. Je la figure cependant avec ses six groupes de paragnathes à l'anneau antérieur ; la double ceinture de paragnathes ventraux à l'anneau postérieur, et les deux grands paragnathes cultriformes accompagnés du petit groupe intermédiaire au côté dorsal du même (V. fig. 2 et 2 A). Ce sont là, en effet, les caractères du sous-genre Lipephile ' .
Les deux glandes du ventricule sont élégamment ramifiées (2 G).
Comme chez les espèces précédentes, les éléments sexuels se développent dans un tissu périvasculaire propre. Ici, les cellules de ce tissu sont remplies de granules très-fins qui leur donnent une apparence grisâtre. Le vilellus des ovules est aussi finement granuleux^
Encore dans cette espèce, les deux glandes pédieuses et la glande dorsale mucipares augmentent beaucoup de volume à l'époque de la maturité sexuelle.
Sous-genre CERATONEREIS Kinberg.
Le sous-genre Ceralonereis (genre Kinberg) n'est connu que par une
• M. Elilers {Nachricliten v. d. k. Ges. dcr Wiss. u. d. G. A. Univ. zu Gôttingen, 1867,11" 11, p. 9) considère la Nereis cuUrifera Grube comme identique avec la N. margaritacea Aud. et Edw. La chose est fort douteuse. Audouin et M. Edwards déclarent les paragnathes de leur espèce disposés comme chez la iV. pulsatoria Sav., chez laquelle rien jusqu'ici ne permet de supposer une Lipephile (voyez Ann. des Se. nat., 1834, t. 29, p. 218). L'opinion de M. Ehlei's se base sans doute sur les figures du Régtte animal illusti-é{\>]. 12, fig. 1), qui représentent en effet, sous le nom de N. margariiacea, une Lipephile extrêmement voisine de la N. cuUrifera. Mais ces figures sont dues à M. de Quatrefages, qui les a reconnues plus tard appartenir à une espèce distincte décrite par lui sous le nom de Nmis bilineata (Hist. nat. des Atmelés, I, p. 535) et citée ailleurs {Ibid., Atlas, pl. 12) sous celui de incerla Quelle que soit la ressemblance de cette dernière espèce avec la N. cuUrifera, je la tiens pour distincte, non-seulement à cause de la forme différente des grands pai'agnathes, mais encore par suite d'autres caractères. Les individus mûrs de l'espèce de Naples, par exemple, ne comptent que 65 à 70 segments, ceux de l'espèce Océanique, d'après M. de Quatrefages, 170, etc.
^ C'est une chose remarquable, chez les Lycoridiens, que le contenu des cellules du (issu connectivograisseux ou sexuel soit toujours identique à celui des ovules. Lorsque les cellules renferment des gouttelettes, les ovules en contiennent de semblables ; lorsque les cellules sont finement granuleuses, les ovules offrent la même apparence.
diagnosc publiée dans les Fôrhandlingar de Slockliolm' el par un dessin du voyage de la frégate Eugénie^ dont l'explicalion n'a pas encore vu le jour. D'après la diagnose, l'anneau basilaire, soil postérieur, de la trompe, est entièrement dépourvu de paragnathes, mais le dessin enseigne en outre que les paragnatlies médians de l'anneau antéi iem* font entièrement défaut. L'espèce ci-dessous décrite présentant à la fois les caractères de la diagnose et de la figure de M. Kinberg, je n'hésite pas à la placer dans le sous-genre Géralonéréis.
Nereis (Ceraïonereis) guttata.
V\. IX, lii;. G; pl. X, lig.
Ceratonereis longltudiue 36'""\ latitudine 3''"'°,5, scgnientis circa 55, pidchre viridis. Vorsum seriébus macularmn orhicidarium nigranmi duahus notatimi. Lohi cephidici margo posterior sive occipitalis emargitiatiis. Artimli hasilaris palporum apex vix a ttenuatus.
La coloration de cette Néréide est d'un vert d'eau un peu varié de brunâtre, qui. vers le tiers de la longueur chez les femelles pleines d'œufs, passe à un vei't-pré fort lendre (3 C). Dans la région moyenne, chaque segment porte une ou deux taches noires de manière à constituer sur le dos deux rangées longitudinales irrégulières. Ces taches n'existent que sur une douzaine de segments environ. Dessous du corps irisé.
Le lobe céphalique, triangulaire (fig. 3), est très-fortement échancré sur les côlés par l'insertion des palpes. Ceux-ci ont un article basilaire très-large et long, à peine atténué au sommet. L'article terminal, ou du moins sa partie non-invaginée dans l'article basilaire est très-petite, hémisphérique. Les tentacules sont relativement coin ls. le plus long n'atteignant i)as deux fois la longueui' du palpe.
Le segment buccal est un peu plus long que le suivant. Les pieds (pl. IX, lig. 0 B) ont leurs rames peu divisées, à languettes médiocres. Le cirre dorsal dépasse notablement l'extrémité de la languette supérieure. Les soies en serpe et en arête (pl. X, fig. 3 A) sont distribuées comme chez les autres espèces. Jusqu'au sixième segment sétigère, les soies en serpe sont plus grêles et ont un article terminal plus long que celles des segments suivants.
Les mâchoires sont étroites et longues, armées tle huit fortes dents. Les païa-
' Annululii uovu, rcci'imuil .I.C.ll. Kiiiberg. — Oefcem. uf k. Vf/. Akud. i'diiutiidl., 1805, n" 11, p. I7U, * Frtgattens Eiujen. rem oinhilni/ Jonlcii. Zoulogi, pl. XX, fig. 5.
106 ANNÉLIDES CHÉTOPODES
gnathes forment en dessus comme en dessous, à Tanneau antérieur de la trompe, deux groupes latéraux. Le groupe médian est réduit en dessous (6 A), à quatre très-petits paragnathes, en dessus (fig. 6) il fait entièrement défaut. L'anneau postérieur est inerme.
Oeufs d'un beau vert.
Sous-genre NEREILEPAS (Blnv.) Johnsï. Mlmgr.
Nec Œrsted, nec Kinberg, negue Uualrefages. (Inclus. TOiV/CE Malmgr.)
Le genre Néréilépas, établi dans le principe par Blainville pour quatre espèces du genre Lycoris de Savigny, a depuis lors été modifié dans les sens les plus divers par les auteurs (Oersted, Grul)e, Kinberg, Qualret'ages, etc.). A laquelle de ces acceptions faut-il accorder la préférence? C'est une question qui vient d'être discutée avec soin par M. Malingren, et il est arrivé à une conclusion à laquelle je suis obligé de me ranger, à moins de donner les mains à l'arbitraire le plus complet. Il est permis, dit-il, de modifier la diagnose générique primitive, mais encore faut-il qu'au moins l'une des quatre espèces typiques de Blainville reste dans le genre. C'est fort juste. Or, deux de ces quatre espèces ont déjà été démembrées par M. JOersted pour former le genre Hétéronéréide ; la troisième (Lycoris folliculata Sav.) est indéterminable, el son exemplaire original est détruit; reste^ par conséquent, la quatrième (Xycom fucata Sav.), comme seul type du genre. Or, jusqu'ici, Johnston est le seul qui ait pris cette espèce comme type des Néréilépas, et la pluj)arl des autres auteurs l'excluent du genre auquel ils donnent ce nom.
M. Malmgren suit l'exemple de Johnston, et je ne puis qu'adopter l'avis de ces deux zoologistes. Le caractère principal du sous-genre ainsi compris, c'est d'avoir la languette supérieure de la rame dorsale dans une grande partie du corps plus longue et surtout beaucoup plus haute que les autres; un second caractère est d'avoir des paragnathes discrets disposés en ceinture et en groupes. M. Malmgren admet sous le nom de
n(T GOLFE DE NAPLES. 167
Stralonice un aulie sous-geiire se distinguant des Néréilèpes, [tarée que la languette dorsale se niodilie peu à peu en arrière et n'arrive que graduellement à la l'orme que nous veïions d'indiquer. Nous ne pensons pas que pratiquement ees deux sous-genres puissent être séparés l'un de l'autre.