Ptedophylax veruger
Pl. XII, fig. 3.
Corpus longitudine 3'"'", segmentis 36, suUeres, antennis lobo cephalico multo brevioribus, minutissiniis, ad insl ar papïllarum vermcarumve glohulosis. Proboscidis stratum pigmentosum annulo pallido pone sdcmidam tertiam partem Jongitudinis sito interruptnm. Proventriculus latitudine dupîo longior, seriebus folUcnlorum transversis 25-28.
' Je rappellerai à ce propos que j'ai déjà décrit chez les Slylodriles deux organes segmentaires greffés normalement l'un sur l'autre pour former l'appareil efférent. Toutefois il s'agissait des deux organes appartenant au même côté du corpsj'appareil droit restant distinct de l'appared gauche.
214 ANNÉLIDES CHÉTOPODES
Chez cette espèce le lobe céphalique est beaucoup plus nettement distinct du segment buccal que chez la précédente. Les yeux postérieurs sont placés dans le sillon qui les sépare. En avant le lobe céphalique forme une protubérance qui le fait paraître comme résulté de la fusion des palpes et échancré en arrière. Les antennes (fig. 3, h) sont réduites à de simples papilles piriformes. Il en est de même des cirres dorsaux, qui reposent sur la partie externe des segments par une base étroite. Les soies (3 A et A') sont semblables à celles du P. claviger, seulement les soies simples des segments postérieurs (d) sont relativement beaucoup plus grosses que les autres.
Au point de vue anatomique l'identité avec l'espèce précédente est si parfaite que je puis me taire sur ce sujet. Je remarquerai seulement qu'au niveau du proventricule le vaisseau dorsal (incolore) décrit une très-forte sinuosité fe), destinée sans doute à éviter une traction lorsque la trompe vient à faire saillie entre les lèvres.
Genre ANOPLOSYLLIS.
Syllidœ palpis haud prodttctis, fcre obsoletis. Frohoscis brevissima inermis. Antennœ très. Cirrorum tentacularium paria bina segmento buccali insidentia. Fedes cirris dorsuQlibus et ventralihiis prœditi.
Anoplosyllis edentula.
Pl. XII, fig. 2.
Anoplosyllis longitudine 2""°, segmentis 12, pallida. Antennœ rirrique dorsuales apice clavato haud monili formes. Froboscis segmentum buccale longitudine non superans; segmentuni anale cirris longiuscidis duobiis prœditum, tertio impari brevissimo.
Le lobe céphalique est arrondi en avant et porte deux paires d'yeux rouges. En dessus on ne voit pas trace de palpes, mais dans la supination la partie antérieure du lobe céphalique se relève en deux éminences toutes semblables aux palpes rudimentaires des Aulolytes. Les antennes et les cirres dorsaux atteignent une longueur égale à environ deux fois et demie le diamètre du corps. Leur extrémité renflée présente une cavité
DU GOLFE DE iNAPLES. 215
axiale (2 A, a). La surface est hérissée de soies tactiles. Le segment buccal est biannelé, plus long que chacun des suivants. Il otîre de chaque côté une fossette vibratilc (fig. 2, a), semblable à celle des Exotocas et des Païdophylax. Les cirres ventraux sont pinniformes. Les cirres terminaux pairs sont hliformes, l'impair cylindrique (2 D, a), brusquement atténué à l'extrémité. La trompe très-courte est renfermée en entier dans le segment buccal. Elle est composée de deux régions d'égale longueur. L'antérieure, la plus large des deux^ a une enveloppe musculaire. La postérieure en est dépourvue. L'épaisse cuticule qui les tapisse n'offre ni aiguille ni denticule à son bord. Le proventricule occupe les segments 2 et 3.
A la base de chaque pied s'ouvre un sac (organe segmentaire?) rempli de cellules dont chacune renferme une concrétion sphérique (2, G) trèsréfringente. Cet organe est tout semblable aux sacs à concrétions (org. segm.?) que j'ai décrits chez la Nerilla antennata Schmidt.
Au premier abord je n'ai cru voir dans ce ver qu'un jeune individu n'ayant pas encore les caractères définitifs de son espèce. Toutefois j'ai été détourné de cette idée par la conformation des soies (2 B), ditïérentes de celles de tous les Syllidiens à moi connus, par l'allongement extraordinaire de la serpe qui ne représente plus qu'une fine arête. Dans les derniers segments il existe en outre dans chaque faisceau une soie simple (2 B).
Genre AUTOLYTUS Grube (Clprd. Ehlers nec Qtrfg.)
(Specimina asexualia). Palpi ïiaud productif obsoleti. Frobosds siniiosa dentibus ad coronœ instar disposiUs mstructa. Antennœ très, cirrique haud moniliform.es. Segmeut'im buccale cirrorum tentaculariiim paribus binis prœd,iUim. Cirri dorsuales scgmenti secundi sequentibtis mtdto longiores. Cirri ventrales nidli. Festticarum falces fere obsoletœ. (Generatio alternans, marïbus fœminis sœpe haud similibus. Specimina sexualia antenna média semper prœdita.)
La diagnose primitive du genre Aiitoly tus Gvwh^ a été modifiée presque
216 ANNÈLIDES CHÉTOPODES
simultanément par M. Ehlers' et par moi^ J'ai été conduit par suite à la répéter ici en la mettant d'accord avec les observations de M. Ehlers aussi bien qu'avec les miennes. J'ai conservé en entier la diagnose de mes Glanures en y introduisant ce caractère relevé par M, Ehlers que le second segment seul a le cirre dorsal prolongé. C'est par ce caractère, en effet, que les Autolytes se distinguent de son genre Procersea dans lequel le troisième segment porte aussi un cirre tentaculiforme^.
M. de Quatrefages ' a aussi donné sa diagnose du genre Autolylus, et la plupart des caractères qu'il indique s'appliquent, en effet, au genre. Malheureusement il prend comme type la Syllis proliféra Johnst., en mentionnant expressément son cirre ventral qui fait défaut à l'espèce de Grube et à toutes les autres".
AUTOLYTUS HESPERIDUM.
Pl. XIV, fig. L
Autolytm longitudine 6'™, segmentis 55-66, pallidus. Corpusmla aurantiaca série transversa in dorso segmentorim disposita, in cirris antennisqtie iindiqiie sparsa; segynentîim anale cirris longiorïbus cylindricis duobiis, brevioribusque spathularibiis dmbus prœditum.
Le lobe céphalique à peu près circulaire est divisé en dessous par un sillon médian en deux coussinets ciliés, homologues de palpes rudimentaires (1 B). Le bord frontal est généralement hérissé de longues soies tactiles. Considéré dans la pronation (fig. 1), le lobe céphahque ne laisse apercevoir qu'un petit mouchet de cils de chaque côté. On compte deux
' Borstenwurmer, p. 263.
Glanures, p. 102 (562).
La l'essemblance de ces Syllidiens est d'ailleurs si grande qu'il y aurait peut-être convenance à ne considérer les Procerœa que comme un sous-genre.
* Hist. mt. des Annelés, I, p. 43.
* M. Grube, qui paraît ne pas s'être aperçu de l'indication de Johnston relative au cirre ventral, avait cru aussi h S. proliféra Johnst. identique à son AnUdytits prolifer. M. Ehlers a également admis cette identité en supposant que Johnston s'était trompé dans son indication. C'est possible. Cependant l'existence de ce cirre ventral est de nouveau affirmée dans le Catalogne of the hrilish non parasilical Worms, 1865, p. 193.
paires d'yeux, rantéricure seule muuic de cristallin; mais il existe en outre deux petites taches oculiformes sur le bord externe du lobe céphalique à côté des mouchets de cils. Les antennes ne sont pas plus nionililbrnies que chez les autres Autolytes, cependant elles présentent des étranglements irréguliers, simulant des articulations imparfaites. A l'aide de forts objectifs on distingue dans les téguments de l'antenne trois couches : une cuticule fort mince (1 C, a), une couche sous-cuticulaire en apparence homogène et une couche interne très-élégamment striée en travers fbj. Ces stries paraissent dues à de très-fines fibres musculaires. L'axe de l'antenne est occupé par le nerf anlennaire ffj. Tout le tissu intermédiaire est semé d'éléments histologiques de deux natures. Les uns sont des espèces de boyaux recourbés, incolores fdj, rappelant les follicules bacillipares d'autres espèces, bien que leur contenu paraisse homogène; les autres sont des concrétions de couleur orangée fcj. Ces concrétions sont en général complexes, formées par l'agrégation de plusieurs sphérules (le plus souvent trois). On les retrouve dans les tentacules et les cirres, ainsi que dans la paroi tergale des segments où elles forment la bande orangée signalée plus haut. Chez les jeunes individus une grande partie de ces concrétions sont incolores. La surface de l'antenne est hérissée de poils incolores. Chacun d'eux est de forme conique et composé d'une gaine et d'une soie axiale (1 C, c). La soie fait sailhe à l'extrémité de la gaine et sa terminaison se trouve à nu. Il est naturel de supposer dans ces corps des organes nerveux. Toutefois je n'ai pu reconnaître la connexion histologique entre la soie axiale et le nerf anlennaire.
Le segment buccal vu dans la supination (1 B) est séparé en deux coussinets charnus par une ligne médiane partant de la bouche. Ces coussinets sont couverts de cils vibratiles. Au second segment le cirre dorsal est beaucoup plus long non-seulement que les cirres dorsaux de tous les segments suivants, mais aussi que les antennes et les cirres tentaculaires.
Les pieds (1 D), comme chez quelques autres Autolytes, ont une
218 ANNÉLIDES CHËTOPODES
base cylindrique mince et se renflent en massue à l'extrémité. La surface des segments est couverte de cils vibra tiles tout autour de cette base des pieds. Un profond sillon divise l'extrémité de la rame en deux lèvres arrondies: l'une antérieure, l'autre postérieure, entre lesquelles surgissent les soies. Une troisième lèvre, inférieure, est tout à fait rudimentaire. Les soies dans la plupart des pieds sont d'une seule forme, à savoir comme chez les autres espèces du genre des soies falcigères à serpe tout à fait rudimentaire (1 F). Dans une partie des segments de la région postérieure on voit s'associer au faisceau de soies falcigères une seule soie composée à article en forme d'alène très-petite et très-fine (1 G).
Le segment anal porte normalement quatre cirres terminaux dont deux semblables aux cirres dorsaux (1 A, a), et deux aplatis en forme de spatule (1 B). On rencontre cependant souvent des individus munis seulement de l'une ou de l'autre de ces paires de cirres. C'est là, je suppose, le résultat d'un accident. Les cirres aussi bien que le segment lui-même sont hérissés de soies tactiles.
La trompe cylindrique très-sinueuse est composée de trois régions de longueur à peu près égales. La région antérieure (fig. 1, h) est terminée en avant par un cercle de papilles très-obtuses. Elle présente deux couches musculaires : à l'extérieur, une couche de fibres annulaires^ et en dedans de celle-ci une couche de fibres longitudinales. Dans la seconde région (c) les fibres annulaires font défaut, mais les fibres longitudinales subsistent. N'étant plus comprimées par la couche de fibres annulaires, elles forment un tissu plus lâche, aussi cette seconde région excède-t-elle en diamètre la première. Enfin, la troisième région (d) n'a aucune couche musculaire et ne joue qu'un rôle passif dans le mouvement de la trompe; elle est plus mince que chacune des précédentes. Ces différentes régions de la trompe sont séparées par des lignes de démarcation très-nettes. Toutes trois sont revêtues en dedans par l'épaisse cuticule pharyngienne. Celle-ci se termine en avant par un cercle d'une dizaine de dents (1 H) en forme de pyramide à sommet très-aigu. En arrière cette cuticule pharyngienne se prolonge jusque
dans la parlie antérieure du provenlricule, où elle se termine par un cercle de petites dentelures obtuses (1 I).
Le proventricule compte 125 à 28 rangées de glandes. Il occupe le 8'"'' et le Omt^ segment. A sa suite vient l'intestin hépatique. Celui-ci est incolore, à l'exception de taches jaunes (1 K) semées de distance en distance dans sa paroi. Chacune de ces taches est Ibrmée par un pigment jaune et un amas de concrétions fbj, qui sont tantôt simplement sphériques, tantôt formées de deux hémisphères accolés. Entre ces amas colorés sont disséminés dans la paroi des nucléus circulaires faj et incolores. Dans la partie postérieure du corps, la paroi de l'intestin se remplit en outre de gouttelettes orangées d'apparence huileuse.
Genre PROGER-ffiA Ehlers.
Les Procenïa se distinguent des Aulolytus par la circonstance que le cirre dorsal du troisième segment est ]»lus long que celui des suivants. Ce caractère ne sera peut-être pas toujours d'un emploi facile, cependant pour les espèces jusqu'ici connues, il est pai raitement clair',
PROCERiEA ACRANTIACA.
P!. XV, lig. 1.
Frocerœn longltudinc 55""', latitudme 0'""\5^ segnientis 80-85 filiformis, pigmenta auranfiaco in telis omnibus prœsertim in-oboscidis ac proventriculi sparso. Faipi ohsoleti. ad instar mamillarnm suh loho cephalico coalescentiiim. Fedes a segmento decimo macula rubra subtus ornati. Cirri dorsuales dimidiam corporis latitudinem longitudine haud superantes. — Gemratio alternans.
' J'ai établi dans mes Glaniires ([>. 1U7 (507) et suivanles) sous le nom de Sli'iàammjllis un sous-genre des Autoiytus qui présente précisément ce caractère. La publication de M. Elilers ayant précédé quelque peu la mienne, le nom de Procerœa a une priorité ac(iuisc. Cependant le type que j'ai décrit présentant encore d'autres caractères remarquables que j'ai indiqués, je pense devoir conserver le nom de Stephanosyllis connue sous-genre des Procerœa. L'espèce décrite dans les Glanun's devra donc porter dorénavant le nom de Pruccirea (s. g. Slephanosyllis) pictu.
220 ANNÊLIDES CHÉTOPODES
Pour l'œil nu, celle Procomea se reconnaît facilement à sa couleur orangée; à son apparence filiforme; au mouchet formé à l'extrémité antérieure par les grandes antennes et les cirres du second segment. Elle atteint son diamètre maximum dans la partie antérieure, et s'atténue très-rapidement en arrière.
Le lobe céphalique est arrondi en avant, orné de cils vibratiles à son bord frontal et sur les côtés auprès des yeux. En dessus on n'aperçoit rien de comparable à des palpes, mais en dessous (1 A) on reconnaît deux mamelons saillants ne dépassant pas le bord frontal et hérissés de longues soies tactiles. Ce sont évidemment des palpes rudimentaires. Les deux paires d'yeux, placés sur l'occiput sont munis de cristallin.
Les antennes sont extrêmement longues et d'une conlractililé vraiment exceptionnelle, de même que les cirres des trois premiers segments. Tous s'enroulent en spirale, se déroulent, se recourbent dans tous les sens avec une agilité rare. Aussi n'est-il pas étonnant de leur trouver une structure différente de celle des cirres dorsaux des segments suivants, qui ne participent point à cette grande conlractililé. Les antennes et les cirres tentaculaires des trois premiers segments, de même que les cirres anaux présentent en effet la structure remarquable que j'ai décrite à propos des antennes et des cirres de \Aulolytus Hespcridum. Ils offrent tous en particulier la couche de fibres musculaires annulaires fort distincte (1 D, h). Cette couche fait entièrement défaut aux cirres des segments suivants. Tous les cirres sont remplis de granules de couleur orangée pâle, mais les extrémités des cirres tentaculaires sont bourrés de granules d'un orangé très-intense. La surface de tous les cirres est hérissée de soies tactiles. Les deux paires de cirres du segment buccal, surtout la ventrale, sont beaucoup plus courtes que les antennes. En revanche, le cirre du second segment est plus long même que les antennes; il les surpasse aussi souvent en diamètre, ce qui paraît d'ailleurs ne résulter que d'un étal de contraction momentané. Le cirre du troisième segment est à peine deux fois plus long que ceux des segments
Dî GOLFE DE NAPLES. 221
suivants, mais il est cylindrique, et non fusiforme comme ceux-ci. [1 a d'ailleurs la structure des antennes.
Les pieds (1 C), dès le second segraent, sont semblables à ceux des Aulolytes. Une tache louge fbj distingue leur face inférieure dès le lO"*" segment. Les soies (1 E) sont de trois espèces, toutes compose^es à article terminal fort petit, comme chez les Autolytes. Ce sont des soies falcigères à petite serpe bidentée (1 E, «), des soies droites à article terminal en bouton fc) et des soies droites à article en alêne fhj. Ces dernières sont toujours isolées et n'existent que dans la région postérieure du corps.
La trompe est extrêmement longue et sinueuse. On peut y distinguer les trois mêmes régions que chez VAutolytiis Hesperidum. J'ajouterai que la région antérieure est enfermée dans une gaine membraneuse orangée (fig. 1, è), fixée par l'une de ses extrémités aux lèvres de l'orifice buccal et par l'autre à la ligne circulaire (c' ) qui sépare la région antérieure de la région moyenne de la trompe. Cette disposition entraîne le résultat suivant : lorsque la trompe se déroule et se projette hors de la bouche, la région antérieure seule se montre à nu au dehors; la gaine se renverse et forme une enveloppe protectrice autour de la région moyenne.
La cuticule de la trompe s'épaissit en avant pour former un cercle d'une dizaine de dents un peu crocliues (1 B). Chaque dent a une base fort large et un peu échancrée.
Le proventricule occupe les segments 10 et 11; il a la forme d'un petit baril. Ses glandes sont imprégnées d'une plus grande quantité de substance colorante orangée que le reste du tissu. Elles forment une trentaine de rangées distinctes, indépendamment de la région dilfuse.
J'ai rencontré des individus de 85 segments sans indice de reproduction prochaine. Un individu stolonifère ne comptait en revanche que 60 segments, dont trente appartenaient aux stolons (deux stolons de 15 segments chacun).
ANNÈLIDES CHÉTOPODES
Genre MYRIANIDA M. Edw. (Ehlers rev.)
M. Edwards n'avait pas donné de diagnose générique de sa Myrianida fasciata. Celle lacune a été suppléée par M.Elilers d'une manière qui me paraît très-satisfaisante, en distinguant les Myrianides soit des Autolytes soit des Procersea parla forme foliacée si remarquable des cirres. M. de Quatrefages a aussi tenté de caractériser le genre Myrianide, mais d'une manière très-insuffisante, car sa diagnose s'applique tout aussi bien aux Autolytes et aux Procerfea '.
Myrianida maculata.
Pl. XIII, fig. 1 .
Myrianida (spécimen hand maturum) longitwdine 5, segmentis 54^ antice dilutissime brunnea, posteriora versus palUda^ maculis nonnuUis dorso insidentibus, magnis, rubris insignis. Antemue externœ haud foliosœ. Falpi coaliti, marginem frontaletu lohi cephcdki panlnm siiperantcs. Oculoriim paria dm coalescentia .
Les Myrianides passent comme les Autolytes et les Procerœa pour dépoiuTus de palpes. Cependant cliez tous, ces organes existent en réalité à l'état rudimentaire sous le lobe céphalique', cl chez la M. maculala ils dépassent même légèrement le lobe frontal.
Les grandes taches rouges caractéristiques de l'espèce sont de forme assez irrégulière. La première occupe la partie médiane des trois premiers segments; j'ai trouvé la seconde au 9'"*' segment, la troisième au 12™*' et les suivantes de i en 4 segments.
' (le Quatrefages n'accepte, il est vrai, pas le genre Prorerm Elil. qu'il fusionne avec les Myrianides. En revanche, il accepte bien le genre Aulolylus qui, flans son idée, se distinguerait des Myrianides par la présence d'un cirre ventral. J'ai déjà montré que M. de Quatrefages est sur ce point dans l'erreur et que les Autolytes sont tout aussi bien dépourvus de cirre ventral que les Myrianides.
* C'est ce que M. Grube a déjà remarqué pour son Autolylii<< prolife.r.
D! (.OLKK DE NAPLES. 223
Le lobe cépliali(|iie, légèrement émarginé en arrière, porle deux gros yeux sui' la région occipitale, munis cliacun d'un cristallin en avant. Toutefois chaque œil a la forme d'un 8 et doit être considéré comme résultant de la fusion de deux. L'antenne médiane, à base étroite, est fort longue, semblable à un ruban festonné sur le bord. Les antennes latérales atteignent à peine la moitié de sa longueur et ne sont que peu aplaties. Il en est de même du tentacule inférieur du segment buccal, tandis que le tentacule supérieur et les cirres de tous les segments suivants sont foliacés. La ressemblance avec une feuille est d'autant plus grande que le nerf de chaque cirre se ramifie dans l'intérieur et simule le système des nervures de la feuille. Le plus grand de tous ces appendices est le cirre dorsal du second segment, à peu près aussi long que l'antenne impaire. Les antennes et les cirres sont tous hérissés de soies tactiles très-serrées et très-courtes. Chaque cirre repose sui' un article basilaire conique, court dans les segments antérieurs, mais devenant graduellement beaucoup plus long vers la région moyenne. Les soies sont des soies d'Autolyte à serpe rudimentaire.
La trompe est longue et sinueuse ; elle offre la môme division en trois régions et la même structure que chez la Procerœa aurantiaca et VAu- (olyfus Hesperidum. Le bord antérieur de la cuticule ne présente à proprement parler pas de cercle de dents. 11 est simplement évasé, épaissi et divisé par quelques stries en un certain nombre de créneaux juxtaposés. Le proventricule de couleur violâtre compte 54 rangées de glandes et occupe les segments lo et 14 Le ventricule et les glandes annexes font défaut comme chez les Autolytes et les Procenea. L'intestin biliaire en rosaire commence dès le 15™*' segment. Il est de couleur jaune, semé de taches brunes.
ANNÈLIDES CHÉTOPODES
Genre PTEROSYLLIS Ciprd.
(mCOTIA Ach. Costa. GATTIOLA Johnst.)
J'ai établi le genre Pterosyllis dès l'année 1863 ' pour une espèce de la Manche (Pt. formosa Clprd.) et j'en ai décrit depuis lors une seconde espèce la Pt. dorsigera - de Port-Vendres. En 1864 M. Ach. Costa" sans connaître mes observations, décrivit sous le nom de Nicotia lineolata une espèce du golfe de Naples appartenant évidemment au même genre. Il l'étudia avec beaucoup de soin, et accompagna son mémoire de nombreuses figures. Cette belle espèce, que je n'ai pas rencontrée moi-même, devra porter dorénavant le nom de Pterosyllis lineolata.
En 1865, dans l'ouvrage posthume de Johnston *, nous voyons apparaître une quatrième espèce du genre sous le nom de Gatliola speclabilis, l'éditeur, M. Baird, n'ayant eu connaissance ni des Pterosyllis ni des Nicotia.
Enfin en 1867 M. MalQigren en nous enrichissant d'une cinquième espèce, essaie de conserver à la fois les genres Pterosyllis etOattiola, en plaçant dans le premier genre les espèces dans lesquelles les serpes des soies falcigères sont bidentées à l'extrémité et dans le second celles dont les serpes sont unidentées. Je ne pense pas qu'on puisse donner à ce caractère une valeur générique. La valeur spécifique est même très-douteuse^ car chez beaucoup de Syllidiens les serpes sont bidentées dans une partie des segments, unidentées dans les autres. En tout cas, la distinction de M. Malmgren dût-elle être adoptée, le nom de Nicotia Costa aurait la priorité sur celui de Gatliola Johnst. "
' Beobachtungen uber Anal. u. Entw. \). 46.
- Glanures parmi les Annélides de Port-Vendres, p. 100 (560). Genève, 1864.
Annuario del Miiseo zoologico délia r. Universilà di Napoli. Anno II, Napoli, 1864, p. 160. * A Cataln(/ue of tlie british non purasitical Worins, p. 195. ^ Annulata polycliœta Spetsbergiœ, Grœnlandicc, etc., p. 38.
" Les espèces du genre Pterosyllis sont donc aujourd'hui les suivantes: Pt. formnsa Ciprd. des côtes
Famille des HESIOÎilENS Grube (Sars, Schmr.)
M, de Quatrelîiges reinai'que que la famille des Hésioiiieiis est peu connue analomiqueineul. J'avais pouiianl, de même que M. Keferstein, étudié avec soin au point de vue anatomique une espèce du genre Psamatlie. Mais YHisloire des Annelés distrait cette espèce du genre Psamathe et la classe sans raison dans la famille des Syllidiens. Quoi qu'il en soit, on trouvera ci-dessous un examen anatomique de divers types de cette famille.
Genre PSAMATHE Johnst. (Keferst. rec.)
Lorsque Johnston établit son genre Psamathe il en donna une diagnose, dans laquelle les caractères cardinaux sont l'existence de 8 paires de cirres tentaculaires et l'absence de mâchoires. Plus tard" il reconnut que son espèce {Ps. fusca .lohnst.) possède bien réellement deux mâchoires et, l'identifiant avec la Caslalia punctata QErst. , il la décrivit de nouveau sous le nom de Psamathe punctata; procédé blâmable, puisque l'auteur aurait dû abandonner son nom générique de Psamathe pour celui de Caslalia Sav. qui date de 1817. Aussi M. Malmgren^ a-til eu parfaitement raison de ne pas admettre la rectification insuffisante de Johnston, et d'annuler le genre Psamathe Johnst.
de Normandie; dorshjcru Clprd. de Poit-Vendres ; Fl. Uneolata (sp. A. Costa) du golfe de Naples; Pt. spectabilis (sp. Johnst.) des côtes de Grande-Bretagne et Pt. fmmarchica (sp. Malmgr.) du Finmark.
' Lond. Mafj. of nal. History, IX, 1836, p. 15.
^ Catalogue of the non parasitical Worms, etc. 1865, p. 181,
5 Annulata polyrliœta Spdshmjiœ, etc. 1867, p. 31.
AWÈLIDES CHËTOPODRS
Dans riiitervalle cepeiidanl, M. Keferstein ' avait décril sous Je nom de Psamalhe cirrata un ver qui correspond entièrement à la caractéristique première de Johnston. C'est une Castalie complètement privée de mâchoires, différant d'ailleurs des Castalies proprement dites par son port. C'est en effet un ver filiforme à segments nombreux (polyméré comme disait Blainville) et point court et épais (oligoméré BInv.) comme les vraies Castalies et les Hésiones. Ce genre excellent doit donc être conservé et la Psamathe cirrata Kefrst. en devient le type ".
M. de Quatrefages^ qui ne connaissait les Psamathe de Johnston que par les travaux du savant anglais, leur donna une caractéristique l'ausse en ne leur attribuant que 8 cirres tentaculaires en tout. Cette erreur provient d'une expression incorrecte de Johnston, qui parle en effet de quatre paires de cirres tentaculaires. Mais il suffit de lire attentivement sa description et de comparer ses figures pour voir qu'il veut dire partout quatre paires de cirres tentaculaires de chaque coté. Par suite de cette méprise, M. de Quatrefages en vient à distinguer les Psamathe à 8 cirres tentaculaires de celles qui en ont 16. A ces dernières, dont il prit comme type la Ps. cirrata Kefrst. en la dédoublant artiticiellement en deux espèces, il donna le nom de Kefersteinia ' et il mit le comble au désordre en assignant à ces espèces une place parmi les Syllidiens, tandis que ce sont des Hésioniens pur sang ^
' Reubachtuiifjen iihcr nieilere SeeUiiere, p. 187.
' Les Cirrosyllis de M. Schmarda, à en juger par les ligures de cet auteur, doivent former un genre distinct.
Hist. nat. des Annelés, II, p. 93 et lOi. ' Hist. nat. des Annelés, 1866, II, p. 41.
' On sait que le nom de Haliniede Ratlike a la priorité sur celui de Psamathe Johnst. Mais en outre des raisons qu'on a déjà fait valoir contre cette dénomination, je ne suis pas certain que l'identification qu'on a faite de \H. venusta Rathke avec les Psamathe Jolmst., soit pleinement justifiée. Rathke ne parle dans tous les cas que de six paires de cirres tentaculaires et point de huit. Le fait que le nom de Psamathe ait été déjà donné en 1814 à un crustacé, par Rafinesque, ne me semble pas suffisant pour faire rejeter celte dénomination.
PSAMATHE CIKRATA.
['fiairuUlie cirnila Ivfi'st. Unters. iiber nit'il. Seethiere, p. 107, IX, (ig. 32-36.
» » Glprd. Beobaclitungen, etc., p. 55, pl. XIV, fig. 1-7.
Kt'ferslciiiiti cirrala Qtrfg. Hist. natur. des Aiineiés, II, p. 41. » Claparedii Otrlg. ll)id.. p. 42.
Cette Psamathe que j'ai reiicoiUrée une seule lois dans le golfe de Naples, est identique de tous points avec celle des côtes de Normandie et je crois impossible de la distinguer même comme variété. Une minime différence dans les proportions de la serpe des soies ne me paraît du moins pas suffisante pour cela. Elle est très-décidément privée de mâchoires et ne doit point être confondue avec les Castalies.
La division de celte espèce en deux, que M. de Quatrefages a tentée après un coup d'œil rapide sur les dessins de M. Keferstein et sur les miens, est insoutenable. Les i premiers segments extrêmement condensés, ne sont séparés que par de très-légers sillons, indiqués dans mes figures, laissés de côté dans celles de M. Keferstein. Ces sillons peuvent être d'ailleurs plus ou moins marqués selon les individus. Dans tous les cas chacun des cirres tentaculaires reni'erme un acicule dans son article basilaire.
Genre TYRRHENA '.
Hesionidœ segmentis hand numerosis compositœ, loho cephalko antennas qui» que tuhercidtimqiie froutale prwlxndc. Pcdii.m ramus supfrior setis capillaribus, inferinr festwis imfriwfns. Cirrorni)/. tcntcwidnr'mm parla ocio. Froboscidis maxdlce dm'.
Ce genre est voisin des Caslalia (Sav.)Œrst. Il s'en distingue, comme on le voit, par l'existence d'une antenne impaire et d'un lubercnle frontal.
' D'après la dut Tvnin' nifiinc iprii.iiiili' ri'sprci^-lyjie
AWÈLinF.S CHftTOPODF.S
Tyrrhena Claparedii.
Castnlin CInpnredii Ach. Costa, in litl. (Anmiario dt'l iMiiseo zoologico ili Napoli).
Pl. WIII, (Ig. 3.
Tyrrhena longitudine 45""", Intitvdive 4'""\ scgmentis 21, roseo-carnea, mdescens, antemm occipital} impari ferc obfiolefd. Bannis dorsiialis ventrali nmlto hrevior tenuiorque.
Ce ver que M. le prof. Achille Costa veut bien me dédier n'est encore décrit par lui que dans son manuscrit du tome IV de l'Annuaire du Musée zoologique de Naples. Celte description aura sans doute reçu le baptême de l'impression avant la mienne. Je liens à bien établir que le ver décrit ici est le même que M.Achille Costa a eu entre les mains. Je m'en suis convaincu au Musée de Naples. Toutefois l'étude cursive que M. Costa a dii faire de cette Annélide ne lui a pas permis de constater l'existence de quelques caractères imporlanls, tels que l'antenne impaire, la rame dorsale des pieds, etc. Celle déclaration était nécessaire pour expliquer comment je donne sous le nom de Tyrrhena Claparedii une description qui s'éloignera beaucoup de celle que M. Costa va publier de sa Castalia Claparedii.
La figure représente un individu géant rlo notre Tyrrliena. La plupart des échantillons sont d'un tiers plus petits, reconnaissables toujours à leur grande brièveté et à leur belle couleur rose qui n'exclut point la transparence. Le corps convexe en dessus est aplati en dessous.
Le lobe céphalique est arrondi. Son bord frontal porte quatre antennes (3 K), deux supérieures (a) et deux inférieures (e). Les premières sont minces, filiformes, les secondes larges et composées de deux articles cylindriques, l'un basilaire presque aussi long que les antennes supérieures, l'autre plus court, s'invaginant en partie dans le premier. Ces antennes inférieures sont donc très-semblables à celles des Psamathes, et peut-être devraient-elles être comparées aux palpes des Lycoridiens. Entre les antennes, sur le bord frontal extrême, s'élève un tubercule cylindrique (3 K, h) se terminant par un petit cône. La limite du cône et du cylindre porte un cercle de cils vibratilesCcj. La cinquième antenne (3 K, d), beaucoup plus petite que les autres, est
Dtl GOLFE DE NAl'I.ES. 229
implantée sur la partie postérieure du vertex, oîi elle échappe facilement à l'observation. Les yeux antérieurs, plus grands que les postérieurs, sont seuls munis de cristallin.
Les quatre premiers segments sont très-condensés et mal séparés les uns des autres (fig. 3). Encore un cas où il est facile de discuter sans résultat la question de savoir si ces quatre anneaux peu marqués doivent être considérés comme autant de segments ou comnK! un segment buccal quadriannelé. La première opinion me semble la plus vraisemblable ! Quoi qu'il en soit, chacun de ces anneaux porte deux paires de longs cirres tentaculaires indistinctement moniliformHS, dont chacun renferme un acicule dans l'article basilaire. Au segment suivant commencent les pieds, formés d'une rame principale inférieure et d'une rame accessoire supérieure. La première est cylindrique, ornée de sillons annulaires et couverte de cils vibratiles à la base (3 A, e). cils qui paraissent d'ailleurs se continuer sur la plus grande partie du corps de l'animal. Un gros acicule noir lui sert de soutien (f), et se termine dans une papille saillante de l'extrémiti'. do la rame. Au-dessous de cette papille sort le faisceau d(^ soies falcigères d'un jaune doré vif. Les serpes (3 I) sont birostres, dépourvues de serrature sur le tranchant et surmontées, au moins pendant leur jeunesse, de la longue lame très-acérée (a) qui leur a servi à se frayer une route à travers les tissus du pied. Le cirre ventral cylindrique (3 A, g) naît vers le milieu de la longueur de la rame; il n'en dépasse pas l'extrémité.
La rame supérieure nail de la base de la rame inférieure comme un petit appendice cylindrique. Elle renferme un gros acicule (3 A, h) noirâtre et donne issue par son extrémité k un faisceau de trois ou quatre soies simples (b), fines, aiguës, paraissant striées en travers à un fort grossissement (3 H). Le cirre dorsal (3 A, d) naît à côté de la rame dorsale par un article basilaii-e, au moins aussi large que la rame elle-même. Cet article est annelé et renferme un acicule noirfc). Le cirre proprement dit est fort long, plus mince que l'article basilaire et vaguement moniliforme. Un pigment brun est accumulé dans ses articles.
Le segment anal porte deux longs cirres terminaux, semblables aux cirres dorsaux. La trompe très-charnue est dentelée en papilles à son bord. En l'ouvrant on y trouve deux petites mâchoires (3 B) faciles à méconnaître. Elles sont en effet noyées dans les muscles (3 B, a) de l'organe, et leurs pointes seules sont à découvert, comme deux petits tubercules durs. Vue de profil (3 B), chaque mâchoire est fortement arquée, à pointe très-obtuse, sans aucune dentelure. De face (3 G) elle laisse voir une sorte de gouttière (a), courant tout le long d(! la concavité.
â30 ANNÉLIDES CHÊTOPODKS
Le système nerveux cenlral (3 D) est formé d'un cerveau et d'une bande nerveuse ventrale, large en avant de près d'un millimètre et ne laissant voir aucune trace de rentlement ganglionnaire Les cellules nerveuses sont distribuées uniformément sur la ligne médiane et sur les deux bords. Le'cerveau, bilobé en arrière, est relativement petit. De son bord frontal naissent quatre nerfs destinés aux antennes frontales. De chaque conneclif œsophagien naissent cinq nerfs, dont les quatre premiers (a, b, c, d) se rendent chacun à une paire de cirres lentaculaires. M. de Quatrefages verrait dans ce fait la preuve que ces cirres appartiennent tous au segment buccal. Ce dernier serait par conséquent quadriannelé. Malheureusement pour sa théorie, le premier segment sétigère l'eçoit aussi ses nerfs (e) des connectifs œsophagiens et le second tire ses rameaux nerveux du premier nerf issu de la bandelette ventrale. — Les cellules nerveuses de cette espèce sont généralement bipolaires (5 E) et se laissent isoler avec de longs prolongements. Elles sont en outre pigmentées de brun. Leur nucléus ovale est incolore, mesure 11 microm. en diamètre, et présente un amas nucléolaire granuleux au centre.
Sous la chaîne nerveuse est une épaisse couche de follicules bacillipares. J'en ferai connaître plus en détail une toute semblable chez les Telamone.
La formation des éléments sexuels, que j'ai étudiée chez les mâles, est fort remarquable. Toute la paroi ventrale de la cavité périviscérale est tapissée d'un plexus vasculaire, avec de nombreux appendices en cœcum. A l'époque de la maturité tous ces vaisseaux s'entourent d'une couche de cellules (5 F), les cellules d'évolution des zoospermes. La paroi ventrale est alors couverte d'un lacis de boyaux cylindr iques, dans l'axe de chacun desquels est placé un vaisseau. Trail/'s par l'acide acétique, ces boyaux (3 G) laissent reconnaître au contact immédiat du vaisseau (v) une couche de gros nucléus ovales (w) et tout autour les cellules (z) de développement des zoospermes, à noyau fort petit. Quelques-unes de ces dernières apparaissent comme pédicellées (3 F, a'). Les relations génésiques entre la couche de grands nucléus et bss cellules de dévelop-
nr (,OI,FE DE NAPLES. 231
ppnienl des zoospeniies me sonl leslées inconnues. Dans Ions les cas ces organes mérileni le nom de leslicules.
Genre TELAMONE
Corpus segnicntis pmieis coitqjositiini , aiitemiis dnahiis. Cirronini fciifarularium paria sex. Pedes unirenies, festucia arinafi. Prohoscis inennis.
Ce genre, voisin des ISésiones, s'en dislingue facilemeni par l'existence d'une seule paire d'antennes. 11 se difl'érencie des Fallacia Qlrfg. par 12 cirres tentaculaires au lieu de 16.
TeLAMONE SICILA.
Hpsiune siciihi Di'llr Cliiaje, Memorie, tav. LXXXIl. — Descrizioiir, ill. p. 95; V, p. '\02; tav. 103,
fig. 2. e(. lav. 155, fig. 24..
Hesinne Snviiiitiji Gabi-. Costa, Anii. des Se. natiir., 1841, lome XVI, p. 2Hfi, pl. XI, (ig. 2.
? V (jabr. Costa, Faima del regno di Napoli, Anellidi, tav. VIll, fig. 1 (texte non publip). Hn.siiinc siriili Qlrl'ç., Hist natiir. des Annales, 11, p. 111.
Pl. XVIIi, fig. 4.
Corpus ïmiffitudine .V"'"'. lalitndnw 10°"". oittis loiifjitudiiKilih/is fiiscD-r/ibris ivterrupHs oruatuni. Pcdiirii paria 16-T7. Atifcrvuœ fnsif ormes, hrevisshtue, vix conspieure.
Délie Clîiaje a déjà tîguré la Telamone sicula d'une manière très-reconnaissable et sa description renferme beaucoup de choses exactes. M. Gabriel Costa, qui paraît avoir ignoré les observations de son prédécesseur, nous a donné aussi une assez bonne ligure de faciès. Toutefois plusieurs des caractères les plus importants de celte belle Annélide n'ont pas été vus ou ont été mal compris par ces observateurs. Ni l'un ni l'autre, par exemple, n'ont entrevu les antennes. M. Costa indique les cirres tentaculaires au nombre de six seulement; landis que Délie Cbiaje en a bien vu el figuré douze, nombre exact.
' D'après Télamon, l'époux d'Ilésione.
La couleur est en dessus d'un brun rougeâtre, grâce à des lignes longitudinales interrompues qui font taxer de tigrée l'apparence de l'animal par DcUe Cliiaje. Les segments, plus larges à leur bord antérieur qu'à leur bord postérieur, sont séparés les uns des autres par de forts étranglements. Une dépression très-marquée se voit de chaque côté, sur le dos, à la limite des segments. Toutes les dépressions d'un même côté étant réunies par une espèce de sillon, la surface dorsale se trouve divisée en quelque sorte en trois régions parallèles. C'est d'ailleurs là ce qui existe chez d'autres Hésiones.
La face ventrale est divisée en trois bandes longitudinales. Les deux latérales, lisses et d'un blanc nacré, correspondent aux bandes musculaires ventrales. La bande médiane, d'un blanc un peu rosé, est finement plissée, et dans sa partie postérieure elle est tigrée de taches brunes un peu plus pâles que celles du dos. En outre, au niveau de chaque paire de pieds, elle présente une tache brunâtre.
Le corps se termine en avant par une sorte de lobe arrondi formé par le segment buccal avec ses six paires de tentacules. Peut-être faut-il considérer ce segment comme résultant de la soudure de trois, mais il est certain que les limites de ces segments ont totalement disparu. Les cirres sont très-longs, très-contractiles et indistinctement annelés. Leur couleur rouge est due à de fines raies longitudinales de pigment (4 H) dans la couche sous-cuticulaire. Celle-ci est suivie en dedans d"une couche de fibres musculaires annulaires. Sur les limites des articulations successives des cirres on aperçoit de petits mouchels de cils roides très-courts (4 H, a). L'article basilaire renferme plusieurs petits acicules (4 G, à).
Sur la partie dorsale médiane du segment buccal repose comme sur un coussin le lobe céphalique, dont le bord frontal n'atteint pas le bord antérieur du segment. 11 est cordiforme (4 C) et porte deux paires d'yeux très-rapprochées, déjà signalées par Délie Chiaje, et confondues en une seule par M. Costa. En avant des yeux antérieurs (les plus gros) sont implantées les deux antennes fusiformes (4 C, a). Elles sont fort petites. Aussi ne peut-on guère s'étonner que les auteurs les aient méconnues.
Le premier segment sétigère et tous les suivants poilent de chaque côté une rame cylindrique (4 B) ornée de plis circulaires et couverte de cils vibratiles fej à sa base, du côté dorsal. A l'extrémité de la rame une petite papille conique (d) s'élève en dessus du gros faisceau de soies falcigères dorées, dont les serpes fort longues (4 A) sont tridentées à l'extrémité. L'acicule (4 B, b) du pied est noir. Le cirre dorsal et le cirre ventral sont fort longs, cylindriques et reposent chacun sur un article basilaire. Celui du cirre dorsal renferme un ou deux acicules noirs Ca); \[ est couvert de cils vibratiles.
.Te compte en tout seize paires de pieds sétigères. Délie Chiaje ci M. Costa en indi-
DU GOJ.FE DE XAPLKS. 233
qu(3iit dix-si'[)t. Toiilrlois nous sommes tous d'accord poui' compler dix-iicuT segments en tout (le lobe antérieur porteur des cirres tentaculaires compté pour un), mais je trouve le pénultième segment apode, orné seulement de deux longues paires de cirres. Le segment anal est réduit à un petit mamelon portant les deux cirres terminaux, fort longs, mais du reste semblables aux cirres dorsaux (fig. 4).
La large trompe nacrée s'étend eoinrae un ruban jusqu'au 12"^*^' segment. Sa consistance cartilaginoïde rappelle la trompe des Aphrodites. Le péritoine forme un repli mésentérique qui la fixe à la face ventrale. Un tube incolore fort court la met en communication avec l'intestin très-large, de couleur orangée paie, qui n'est nulle part étranglé par des dissépiments. L'intestin est fixé de chaque côté par une série de brides musculaires. J'ai rencontré quelques bulles de gaz dans le tube digestif.
Le vaisseau dorsal, dans sa partie postérieure, repose sur l'intestin où il suit un cours très-sinueux. L'intestin compte en outre cinq autres vaisseaux longitudinaux, l'un inférieur, les autres disposés par paires sur la ligne latérale de l'intestin. Les brides musculaires qui fixent l'inlestin et forment comme deux ligamments latéraux de cet organe, s'insèrent toutes entre les deux vaisseaux latéraux, du reste fort rapprochés l'un de l'autre. Le vaisseau ventral {aorle Qtrfg.) est double; il accompagne de chaque côté la chaîne ganglionnaire. Dans chaque segment j'ai trouvé deux anses vasculaires. L'une part du vaisseau latéral inférieur et va se jeter directement dans le vaisseau ventral du même côté. L'autre naît du vaisseau dorsal et se rend dans le pied où elle fournit les cœcum ovariques.
Sous la chaîne nerveuse ventrale se trouve une couche épaisse formée par un certain nombre de groupes de vésicules et de boyaux. Examinés à un grossissement suffisant, ces boyaux (4 E) et ces vésicules se montrent remplis de petits corpuscules bacillaires, quelquefois fusiformes,
' J'aurais considéré ce lait comme le résiillal criiu siiiiiile acciilenl, si M. de Oiialielages n'avait lait une observation loute semblable cbez VHifsioue panllicrina. Voyez Ann. des Se. uni. XIV, 1850, p. 299.)
234 AXNÉIJDIiS CHÈTOPODES
le plus souvent arqués ou courbés en S. Ils atteignenl une longueur de 11 à 22 microm., sur une largeur de 2 à 5. Les dimensions des vésicules et des boyaux sont très-variables. Tantôt les vésicules sont fort petites faj,ue renfermant qu'un ou deux corpuscules, et dans ce cas il n'est pas difficile d'y reconnaître un nucléus révélant leur nature cellulaire, tantôt elles sont beaucoup plus grandes et contiennent des centaines peutêtre des milliers de corpuscules bacillaires. On trouve toujours dans les préparations une multitude de ces corpuscules en liberté. Si l'on examine la surface externe du corps sur la ligue médiane ventrale, c'est-àdire la région correspondant à ce singulier tissu, on lui trouve une tout autre apparence que partout ailleurs. La cuticule y présente en effet deux rangées de plaques ou d'îles formées par des pores ovales (4 D, à) à bords plissés, longs de 6 à il micr. Chaque plaque compte de 20 à 60 pores groupés les uns près des autres. Entre elles la cuticule présente la même apparence que dans le reste du corps. Elle est ornée de deux systèmes de fines stries à angle droit l'un sur l'autre, et présente des pores trèsclair-semés fbj, beaucoup plus petits que ceux des groupes que je viens de décrire. Chaque groupe de gi ands pores correspond à un amas de vésicules et boyaux à corpuscules bacillaires de la paroi du corps. Il est par suite à peine permis de mettre en doute que ces ouvertures servent à l'expulsion des bâtonnets. Il ne faudrait cependant point entendre cette description de telle manière qu'à chaque pore ovale correspondrait un boyau ou follicule dont il serait l'ouverture externe. Non, dans chaque groupe le nombre des boyaux et des vésicules bacillipares est très-supérieur à celui des pores. Boyaux et vésicules paraissent d'ailleurs fermés de toute part. Ce sont des folHcules clos. Il est probable qu'à un moment donné ils éclatent, et que les corpuscules mis en liberté glissent au dehors parles pores. Sans aucun doute les capsules à bâtonnets que j'ai fait connaître depuis plusieurs années chez une foule d'Annélidcs, doivent être également envisagées comme des follicules glandulaires. Mais le rôle de ces follicules dans l'économie du ver est encore tout problématique.
UU (.OLFK DE NAPLFS. 235
Lu soiile Tt^lamono que j'aie- éludiéo élail une lemelle, ï^es ovaires iléjà vus par Délie Cliiaje' se [trésenlaient à la base de chaque pied à parlir du S""* segment sous la forme d'une riche grappe violette '-, [.'axe de chacun des éléments de la grappe est occupé par un cœcum vasculaire (4 F, «). Tout autour de cet axe est un tissu dont la trame est semée de petites cellules larges de 5 à 6 micr. seulement, et d'ovides bien caractérisés. Il est probable que les ovules résultent d'une métamorphose des cellules en question, mais je n en puis fournir la preuve. Fendant la croissance, le vilellus de chaque ovule prend graduellement une belle couleur violette. La vésicule germinative reste incoloi e. L'acide acétique fait p sser la couleur violette à un orangé assez vif. La similitude de structure entre ces grappes ovai iques et les testicules de la Tyrrhena Claparedii n'échappera à personne.
Famille des PÏTYLLOBOCIENS {U\ (Qtrfg-. rev.)
Genre PHYLLODOCE Sav. (Ehlers. rev.)
(iiiciiis. i:\nimi À oii-rg. genetyllis Mimg.)
M. Ehlers attribue au genre Phyllodoce quatre [taires de cirres tentaculaires portés par les deux premiers segments. Ce caractère est juste, et doit être conservé de préférence à ceux que M. de Quatrefages et M. Malmgren ont voulu lui substituer, et siu' lesquels les zoologistes ne s'entendront jamais
' Dcscv'rJtine e notomia, elc, t. III, [i. 101.
■■' iVl. Scliiiinrda iiuliquc les oi'gniies sexuels ilaiis les l'égioin ial.éi'ales du coriJS rluv son Heniune imclodiona (Ni'iir ivirbellim Titien', I, II. p. 79), mais sans rien nous apprendre sur leui' struclure. ' Ainsi, iVI, Maiiiig'rcn l'ail u.iîfn^ la prc iiii'i-e paire de cirres lenlarulaires de la pailie inférieure du
ANNÈLIOES CHÈÏOPODES
PhYLLODOCE COUNICULATA.
Pl. XVII, fig. 1.
Corpus longituÂme 7""', latitndine maxmia .T''",5, segmcntis ultra 145, obscure viride, aiitcmiis crassissimis, hi-articulatis, oculis ovalihus magiiis iiigris. Cirrl foUacei, dorsualihts maximis, ventralïbus parvis. CArri anales dao.
Celte Pliyllodoce se distingue à première vue de toutes les espèces jusqu'ici décrites par ses antennes corniculées, à petit article terminal très-nettement séparé de l'article basilaire. Les yeux, fort grands et ovales, ont chacun un cristallin. Sin* les limites du lobe céplialicfue et du segment buccal on trouve de chaque côté un petit mamelon exsertile (fig. 1, a), semblable à celui que j'ai décrit chez certaines Néréides.
Le segment buccal est nettement délimité et porte deux paires de cirres coniques, dont la supérieure est plus longue que l'inférieure. Le second segment est dans le même cas et, bien que privé de rame pédieuse proprement dite, il donne déjà à reconnaître son indépendance en tant que segment par l'existence d'un faisceau de soies. Ce faisceau surgit de chaque côté entre le cirre supérieur et l'inférieur.
Dès le troisième segment commence la forme foliacée pour le cirre dorsal aussi bien que pour le ventral, et les dimensions de ces cirres vont croissant rapidement de même que le diamètre de l'animal. En effet, celui-ci offre son maximum de largeur vers le milieu de la longueur du corps: h partir de ce point, il s'atténue graduellement jusqu'aux deux extrémités.
Chaque cirre dorsal est porté par un gros article basilaire. Ses dimensions excèdent celles de la rame proprement dite. La cuticule du cirre foliacé présente tout le long de sa ligne d'insertion à l'article basilaire une rangée très-régulière de pores, larges seulemi^.ntde 0"''^'',7. Les follicules des cirres sont très-clair-semés; les granules auxquels est due la coloration verte sont disséminés entre eux.
Les soies (1 B) sont des soies composées de Phyllodoce à article ensiforme, muni d'une très-fine serrature. L'extrémité de la hampe est finement crénelée autour de l'insertion de l'article. Dans les acicules, surtout vers la base (1 E) on peut distinguer deux couches: l'une externe, homogène (a), l'autre interne, granuleuse (bj.
lobe céphalique, les deux suivantes du segment buccal et la dernière du second segment. M. de Quatrefages fait naître tontes les quatre paires du segment buccal qu'il considère comme biannelé on triannelé chez certaines espèces. Aucune de ces deux intei'prètalions ne pourrait s'appliquer à la Plii/llodocr cfiniir.nlald que je décri.-; ici et chez la(iuelle cliacuu des diMix premiers segments porte deux paires de cirres (enlaruiaires
La trompe est garnie de papilles (1 F) sur le pourtour enlier. Ces papilles sont molles, larges de 2 mior. et remplies de follicules glanduleux.
Le système nerveux (1 D) s'éloigne beaucoup de celui que M. de Quatrefages^ décrit et représente chez la Phyllodoce clavigera. 11 se rapproche bien plus de celui de la Ph. lamelligera, tel que M. Ehlers- l'a figuré. Le cerveau est très-gros et les yeux reposent immédiatement sur sa face dorsale. Les connectifs œsophagiens sont courts. Les quatre premiers ganglions de la chaîne ventrale sont beaucoup plus larges que longs et très-rapprochés les uns des autres. Les connectifs très-courts qui les unissent sont assez distants l'un de l'autre. Plus en arrière les ganglions s'éloignent davantage et prennent une forme ovale, mais les commissures restent toujours très-écarlées l'une de l'autre. Elles traversent les ganglions de part en part, en s'y renflant quelque peu (voyez
rig.ic).
Genre ANAITIS Mlmgr.
M. Malmgren^ a fondé le genre Anaïlis pour des vers voisins du genre Phyllodoce, et ne s'en distinguant guère que parce que trois des quatre paires de cirres tenlaculaires seraient portées par le segment buccal et la quatrième par le second segment. C'est bien aussi comme cela que se présentent les choses chez l'espèce ci-dessous décrite. Toutefois je ne suis pas parfaitement certain que le prétendu segment buccal ne résulte pas de la fusion de deux segments. Cette question peut d'ailleurs rester indécise, puisque, même dans ce cas, les Anaïtis ne pourraient se confondre avec les Phyllodoces, les quatre paires de cirres tenlaculaires se répartissant alors sur trois segments et non sur deux.
' Ann. des Se. nat. 1850, tome XIV, p. 357. pl. IX, fig. 5.
* Borslentvurmer, taf. VJ, fig. 14.
' NurJiska Hafs-Anmilaler. Oefversiyl, etc. 1865, p. 94.
238 ANNÉLIDES CHÉÏOPODES
Le segment porteur de la dernière paire de cirres lenlaculaires présente en outre chez VAmïtis cephalotes une paire de petits cirres ventraux en palette. M. Malmgren n'indique rien de semblable chez l'espèce étudiée par lui. Je n'ai cependant pas voulu pour ce seul fait établir un genre nouveau au risque de compliquer encore la synonymie déjà si embrouillée de cette famille.
Anaïïis cephalotes.
Pl. XVII, fig. 3.
Corpus longitudine P""', latitudine 2'^'^, segmentis circa 295, palUde flavo-viridescens, loho cepJialico crasso, elongato, antrorsum lato. Ocidi niaximi duo. Cirri foUacei, dorsmles cordiformes, ventrales dorsmlibus nwlto minores.
La forme du lobe céphalique est très-caractéristique de cette espèce, d'ailleurs assez commune. En arrière il est échancré sur la ligne médiane de manière à prendre un contour cordiforme; en avant il s'allonge en une espèce de large museau à cannelure médiane, et porte un peu en arrière de son extrémité arrondie les quatre petites antennes subulées. Chacune de celles-ci repose sur un article basilaire large et court, couvert de cils vibratiles du côté dorsal. Les yeux sont vaguement piriformes, pointe en avant. Sur les côtés de la région occipitale surgissent une paire de mamelons exsertiles (3 F, b), semblables à ceux que j'ai décrits chez la PhijHodoce corniculata.
Le segment buccal porte trois paires de cirres tentaculaires subulés, reposant chacun sur un article basilaire. Deux paires sont à peu près égales en longueur, savoir environ deux fois aussi longues que le lobe céphalique; la troisième, l'inférieure, est de moitié plus courte, et ne renferme pas, comme les autres, d'acicules dans son article basilaire. Deux points noirs sur le dos de ce segment paraissent n'être pas constants.
Le second segment porte un cirre tentaculaire dorsal long, avec acicule dans l'article basilaire, et un petit cirre ventral en palette, mais point de rame pédieuse. A partir du 3"^ segment apparaissent les pieds avec leurs deux cirres foUacés.
Chaque segment du 1" au 15™^ est biannelé, avec des plis longitudinaux des téguments. Au 16'"'' segment le corps s'élargit brusquement, les segments deviennent lisses et cessent d'être biannelés.
A partir d'un point que j'ai trouvé varier entre le 32'°^ et le 40'"^ segment, chaque cirre dorsal porte une bande de cils vibratiles (3 A, b) semblable
à celle que M. Williams a été le premier à faire connaître chez la Ph. lamelligera', où elle a été retrouvée par M. Ehlers'. Ce dernier la suppose en relation avec l'appareil générateur. Je crois plutôt que les cils sont destinés à renouveler l'eau à la surface du cirre foliacé;, fort propre à jouer le rôle d'organe respiratoire. Dans le principe la bande de cils s'étend de la base du cirre jusqu'à sa pointe, mais dans la région postérieure du corps la direction de la bande (3 B, a) devient de plus en plus oblique, si bien qu'elle finit par se restreindre à l'angle basilaire du cirre. Les cirres dorsaux et ventraux sont, comme chez tant d'autres Phyllodociens, bourrés de foUicules bacillipares, distribués en éventail d'une manière régulière (3 B). Les granulations vertes des cirres auxquelles ces organes doivent leur couleur, sont logées dans la couche dorsale superficielle. Là se trouve une espèce de tissu alvéolaire (3E) offrant tout à fait l'apparence d'un épithélium de cellules hexagonales, larges de Qmm Qj j Toutefois je n'ai pu y découvrir de nucléus. La matière colorante est déposée çà et là dans quelques-uns des alvéoles. Les soies ont un appendice ensiforme, obliquement et finement strié.
La trompe qui, rétractée, s'étend jusqu'au 29°"^ segment, présente à sa base, de chaque côté, 7 à 8 rangées de petites papilles. Ces papilles sont charnues et obtuses comme les grosses papilles de la couronne terminale de la trompe.
Le système nerveux (3 C) ressemble à celui de la Phyllodoce cornicu- Ma. Le cerveau légèrement bilobé donne naissance en avant à deux trèsgros nerfs qui se rendent aux deux paires d'antennes. Les connectifs œsophagiens convergent vers le premier ganghon de la chaîne ventrale, qui est profondément divisé en avant et occupe le second segment. Les quatre premiers ganglions ventraux sont très-rapprochés, plus larges que longs, mais les suivants s'éloignent, au contraire, beaucoup les uns
' Report on british Annelida, hc. cit. p. 198. Encore une excellente observation de ce savant trop systématiquement condamné, à cause de quelques erreurs manifestes, par bien des hommes qui n'ont pas pris la peine d'étudier ses mémoires exubérants de faits.
' Borslenwiirmei', p. 143.
210 ANNÉLIDES CHÈTOPODES
des autres. Les nerfs naissent de la surface inférieure de la chaîne, et l'on peut s'assurer que les connectifs longitudinaux en traversant les ganglions restent toujours sur le côté ventral de ceux-ci, de telle sorte que les cellules nerveuses les enveloppent en dehors et en dessus, mais pas en dessous (voir la coupe verticale 5 D). Les nerfs naissent directement de la partie intraganglionnaire des connectifs.
La chaîne nerveuse ventrale est enveloppée d'un névrilemme formé par un tissu connectif fibrillaire ondulé très-élégant, entièrement dépourvu de nucléus. Les cellules nerveuses sont restreintes aux ganglions : on n'en voit jamais de semées sur la racine des nerfs.
Genre ETEONE Sav. (Œrst. rev.)
(Inclus. MYSTA MImgr.)
Les espèces ci-dessous ne concordent pas entièrement entre elles au point de vue de la conformation des pieds. Aussi quelques zoologistes me blâmeront-ils de ne pas les avoir réparties dans plusieurs genres. J'estime toutefois provisoirement assez inutile cette multiplication des genres pour des animaux aussi proches parents les uns des autres.