NOTION PRÉLIMINAIRE DE PRÉPONDÉRANCE ÉLECTRIQUE
Depuis les recherches expérimentales de Eppinger et Rothberger, de Hering, de Kraus et Nicolaï et surtout de Th. Lewisil est à peu près universellement admis par tous les physiologistes que le complexe ventriculaire représente la résultante de Paction électrique de chacun des deux ventricules (1). En d’autres termes, le complexe ventriculaire est un bigramme, traduisant la combinaison de deux monogrammes : un dextrogramme et un lévogramme. À l’état normal chez l’adulte
(1) En réalité on doit considérer avec Einthoven et avec Fredericq que le. c. g. représente la somme de tous les « fibre-grammes » élémentaires. « En chaque point du cœur, dans chaque fibre qui travaille apparaît une variation électrique dont l'allure générale rappelle celle de l’e. c. g. total et il est certainement logique de ne considérer celui-ci que comme une somme algébrique de tous ces mêmes e. c. g. élémentaires. » (H. Frédéricq).
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ces deux influences se neutralisent en grande partie et le complexe ventriculaire ne témoigne en général d’aueune prépondérance électrique franche. A l’état pathologique, les tracés recueillis dans les trois dérivations montrent très fréquemment la prépondérance électrique d’un ventricule, Et l’on obtient un profil e. e. graphique qui se rapproche de celui du dextrogramme ou plus souvent de celui du lévogramme, tel que ces deux types de courbes ont pu être obtenus expérimentalement. soit par la section de la branche gauche du faisceau de His (pour le dextrogramme) ou de la branche droite (pour le lévogramme) (Eppinger et Rothberger) ; soit par des excitations provoquées au niveau de chacun des deux ventricules (Lewis).
La prépondérance droite se caractérise par la prédominance et l’exagération de S en DI et de R en D3, la prépondérance gauche par l'aspect inverse. (Voir fig, 1 : bet c.)
Parfois une simple prépondérance électrique représente la seule anomalie observée à la lecture des tracés, mais nous verrons plus loin que les auteurs sont loin d’être d’accord sur la pathogénie et même sur l’importance pathologique de ce trouble isolé. Plus souvent, à une prépondérance électrique franche se surajoutent des altérations plus caractérisées des complexes, l’ensemble réalisant des types d’anomalies €. €. graphiques de signification pathologique mieux établie.
DSC AS ROURLERRMTAMEESTeNORMAL 19 ALTÉRATIONS ISOLÉES DU GROUPE QRS
L’atypie de QRS réside dans des variations de forme, d'amplitude, de durée.
a) Chacune des pointes Q et surtout R, S peut s’émousser, s’échancrer et présenter un aspect bifide. Les branches de ces incidents perdent parfois leur profildélié, s’épaississant, soit dans l’ensemble, soit au contraire en des portions limitées, où elles se renflent en petits nodules ; elles peuvent cesser d’être rectilignes par l’adjonction d’inflexions, de brisures ou de véritables crochets plus ou moins profonds : les « notches » des auteurs anglo-américains. Ces accidents, simples ou complexes pré-
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dominent en général sur l’une des branches de Poscillation principale, par conséquent selon la dérivation considérée et la prépondérance électrique, tantôt sur R, tantôt sur S.
b) De même, l’amplitude du groupe QRS peut varier considérablement dans l’un ou dans l’ensemble de ses différents éléments, décrivant de grandes oscillations ou au contraire s’atténuant en faibles ondulations qu’il est parfois difficile d'identifier (bas voltage). Ces modifications dans la hauteur de R ou la profondeur de Q et de S se font encore selon de multiples éventualités qui dépendent surtout de la prépondérance électrique et de la dérivation. Leur existence en D3 seule, pour les raisons précitées, n’a aucune valeur.
Enfin, parallèlement, la durée, c’est-à-dire la largeur du groupe Q RS, ou bien varie entre des limites normales, ou bien dépasse 0710 atteignant parfois 0”’16 ou plus encore:
A lPinverse des autres altérations de QRS qui peuyent ne se rencontrer que dans des dérivations isolées, l’élargissement existe en général dans les trois dérivations.
29 ALTÉRATIONS ISOLÉES DE L’ONDE T Ou DU GROUPE ST
C’est dans des modifications de sa forme, de son amplitude et surtout de sa direction que réside essentiellement l’atypie de l’onde T.
L’inversion, c’est-à-dire la négativité de l’onde T est un trouble e. e. g. d'observation relativement fréquente dans les tracés recueillis chez des sujets porteurs d’une cardiopathie. Dans d’autres cas T s’aplatit au point de se confondre avec la ligne isoélectrique. D’autres fois encore T au lieu de se présenter, comme à l’état normal, en un incident simple, prend un contour diphasique, avec une onde négative suivie d’une onde positive. Dans des circonstanées plus exceptionnelles, l’atypie de Ponde T est étroitement liée à l’atypie de l'intervalle ST (Z de de Meyer) pour réaliser deux aspects tout à fait particulers, dont la valeur sémiologique a surtout été mise en évidence par Pardee, par Oppenheimer et Rothschild, ct dont l’étude d’ensemble a été reprise récemment par Parkinson et Bedford. Dans une première variété l’onde T tout
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en restant positive prend une amplitude démesurée, se gonflant en un dôme qui se branche non plus sur la ligne isoélectrique mais à un niveau plus ou moins élevé, sur le versant ascendant de R, elle englobe le segment rectiligne ST qui disparaît, et tend à dominer et à absorber le sommet R. Un aspect analogue peut également se présenter dans le sens négatif, l’onde est alors inversée et se développe aux dépens du versant ascendant de S. Dans une 2€ variété (onde coronarienne de Pardee « cover-plane T » d’'Oppenheimer et Rothschild), l'onde T forme une dépression très profonde à pointe inférieure aiguë, elle se raccorde au groupe QRS par un segment curviligne à convexité supérieure. Un aspect semblable, mais inverse, peut-également se rencontrer dans le sens positif.
Ces altérations du groupe S'T correspondraient, comme nous le verrons, à une oblitération coronarienne, elles ont pu être reproduites expérimentalement (Smith, Robinson et Herrmann), ce sont d’ailleurs des aspects transitoires, la seconde variété n’étant semble-t-il, qu’une modalité évolutive de la première.
Les modifications de l’onde T et plus spécialement l’inversion, le diphasisme ou l’aplatissement complet ne se rencontrent que dans les combinaisons de dérivations suivantes
Dieseule:
D3 seule.
Diet»?
D2 et D3.
IDLMDANE LIBRE
L’inversion de T ne se voit jamais en D21solément n1 en Di et D3, (Willius). :
I1 faut en outre se souvenir qu’une altération de € en D3 seule n’a aucune signification pathologique (Willius), sauf cependant quand elle réalise l’aspect de lPonde coronarienne de Pardee (Parkinson et Bedford)
Les tracés recueillis dans les trois dérivations peuvent ne présenter qu’une seule modalité d’atypie de lPonde T,ou au contraire des modalités différentes, selon la dérivation et la prépondérance électrique considérées.
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