XIII. — CARDIOPATHIES CONGÉNITALES
25 cas : 19 du sexe féminin ; 6 du sexe masculin.
PA
Age moyen : 19 ans 8.
Caractères généraux des tracés :
a) Prédominance électrique :
9 fois prédominance droite — 36: %.
4 fois prédominance gauche ONE 12 fois absence de prédominance — 48 %,.
b) Troubles habituels du rythme :
4 fois dissociation auriculo-ventriculaire (supposée congénitale).
c) Anomalies du complexe ventriculaire dans 7 cas = 28 %,.
1° Altérations isolées de T : 3 cas.
DIMDSERE Di AD ADS 20 Altérations isolées de Q RS : 3 cas dont 1 cas avec bas voltage. 3° Altérations combinées de Q RS et de T : 1 cas; type non défini : 1.
49 Accidents évolutifs : 0.
Syphilis certaine dans aucun cas ‘
Pronostie :
7 malades ont été suivis
3 avec complexes atypiques.
{ avec complexes normaux.
Aucun n'est mort du fait de sa cardiopathie
Les documents ont leur éloquence, et l’étude des statistiques précédentes est des plus démonstrative. Il ressort que dans chacune des éventualités cliniques considérées, la confrontation des cas où se montraient des anomalies du complexe ventriculaire avec ceux où le profil e. e. g. demeurait normal, comporte de multiples enseignements que les conclusions du chapitre ‘précédent permettaient de prévoir dans une certaine mesure.
19 En ce qui concerne la fréquence des troubles en question, on constate que, comparées aux autres types cliniques, les cardiopathies valvulaires et les lésions congénitales sont rarement en cause (1). Encore convient-il d'établir une distinction entre les faits, puisque dans l’insuffisance mitrale, soit isolée, soit associée à une insuffisance aortique, le pourcentage des anomalies du complexe ventriculaire est respectivement de 36,6 (2) et de 33,3 % contre 10,8 % pour la sténose mitrale pure, 19,2 % pour la sténose associée à l’insuffisance ct 28 % pour les cardiopathies congénitales ; enfin dans la maladie de Corrigan, ce taux est plus élevé encore et atteint 47,6 %. 11 semble done que la localisation des lésions valvulaires joue un certain rôle dans le déterminisme des troubles graphiques, mais il est bien difficile actuellement d’en préciser la nature, et cela d’autant plus que pour chacune de ces localisations, dl n’est pas de variété véritablement prédominante des atypies. Aussi, à côté du retentissement particulier que les dif-
(1) Pardee étudiant 50 cas de lésions valvulaires chroniques nettement définies, mitrales ou aortiques, avec défaillance cardiaque, trouve les complexes ventriculaires normaux, dans 74 % des cas.
(2) Ilest possible que la plupart des cas où se montraient, dans l'insuffisance mitrale, des anomalies des complexes, ne ressortissent pas à l’insuffisance mitrale rhumatismale, mais peut-être à une étiologie différente : insuffisance
mitrale des artérioscléreux par exemple. Nous n’avons pas jugé utile cependant d'établir une telle distinction.
ÉTUDE DES TAITS 113
férentes lésions valvulaires exercent sur le fonctionnement de telle ou telle partie du myocarde ventriculaire, retentissement dont la prédominance électrique correspondante est jusqu’à un certain point le reflet, il nous paraît légitime de suspecter l'intervention d’altérations proprement dites du myocarde. Celles-ci relèvent parfois, peut-être, de la même étiologie que les lésions valvulaires dont elles seraient ainsi contemporaines (1) mais il est possible également que d’autres facteurs soient en cause : fatigue, surmenage, intoxications (2) ou infections surajoutées et, notamment, la syphilis.
Dans les autres variétés de cardiopathies chroniques et plus
particulièrement dans les aortites, qu'il s’agisse d’aortite athéromateuse banale ou d’aortite spécifique compliquée ou non d’ectasie dans l’insuffisance cardio-rénale, dans les
tableaux cliniques de myocardite, la contemporanéité d’anomalies des complexes est une éventualité infiniment plus habituelle, on la retrouvait dans 66 à 80 % des cas.
D'un autre côté, il apparaît nettement que la fréquence respective des anomalies est, dans une certaine mesure, en rapport avec la fréquence correspondante de la prédominance électrique du ventricule gauche.
20 Quant à La répartition des différentes atypies, elle ne présente pas de particularités fondamentales ; néanmoins, on peut remarquer que les altérations isolées du groupe Q RS sont, toutes proportions gardées, relativement plus communes dans les lésions valvulaires et dans les cas d’anévrysmes aortiques que dans les autres affections cardiaques. Au contraire, c’est dans ces dernières que prédominent les altérations isolées de l’onde T et plus encore les altérations combinées de QRS et de T. Parmi celles-ci, le type « bloc présumé de branches » est surtout fréquent dans les courbes des myocardites avec hypertension ou d’aortite athéromateuse, et le type « bloc présumé des arborisations » dans les tracés de myocardite non
(1) On trouve peut-être une confirmation de cette hypothèse dans nos observations de pancardite rhumatismale chronique pour lesquelles le complexe ventriculaire correspondant était toujours altéré. red
(2) Le rôle de l’urémie est des plus obscurs, Wood et White étudiant les traces électriques de 38 sujets atteints de nephrite chronique grave, avec azotémie élevée, ne trouvent que 4 fois des modifications du groupe QRS et 7 fois des modifications de l’onde T ; il leur a semblé qu’en général, les cas avec courbes atypiques correspondaient aux néphrites les plus sévères,
accompagnée d’hypertension. Nous nous bornons pour le moment à enregistrer ces prédomanances, elles auront toute leur valeur dans l'interprétation ultérieure des faits.
30 Du point de vue étiologique, 1l est du plus grand intérêt de faire remarquer que dans l'immense majorité des observations où la syphilis était mise en évidence, avec certitude, il y avait en concomitance, des anomalies des complexes, ce qui vient en confirmation du fait que le maximum de fréquence de ces dernières, au cours des cardiopathies chroniques, répond aux cas d’aortite syphilitique. }
49 Quelle que soit la cardiopathie considérée, la comparaison du taux de la mortalité dans les cas où le profil électrique du ventricule était normal et dans ceux où il était altéré est des plus démonstratives ; elle vérifie pour chaque ordre de faits, dans leur individualité propre, les conclusions que nous avons formulées précédemment sur la valeur pronostique générale des anomalies du complexe. :
59 Ilest à noter que dans la plupart des observations d’un même groupe, le tableau clinique était en tous points comparable dans ses grandes lignes, que les tracés fussent modifiés ou non, et que seul, le symptôme graphique permettait de préjuger d’une gravité plus grande, puisque dans l’ensemble, la létalité est au moins deux ou trois fois plus élevée en sa présence qu’en son absence.
Les indications pronostiques tirées de l’examen des tracés s’affirment donc également valables dans les principales variétés de cardiopathies chroniques.
Nous groupons dans le tableau ci-dessous les chiffres qui représentent le taux de la mortalité par le cœur dans les différents types de cardiopathies, selon que les courbes étaient normales ou atypiques (1).
RU Re do à que nos observations s’échelonnent sur une période environ cinq ans.
COMPLEXES VENTRICULAIRES
ATYPIQUES NORMAUX Mortalité % Mortalité %
MS USARCOMUTITOIEE NE ES. 52,6 15,3 RÉLRÉCISSEMENMTEALOLNER EEE ON 80 1KS) DouDlenléstonemuirale ete 83 45 Insuffisance aortique (Corrigan)... 0 0 Insuffisance aortique et insuffisance
TRUEOI CMOS SOCICES Re mn ee 66,6 20 Aortite chronique athéromateuse... 44,4 0 SUDRUISETeREUOE Re Eee. 079 28,9 Myocardite chronique : - |
A) ROPÉCRIUDERLENSIOME eee 70,8 0
H)ÉSANSERUDERLENSLONEe Eee 56,5 14,8 Insuffisance cardio-rénale ........ 59,3 33 Insuffisance cardiaque des pulmo-
TUAIRESMC LAPS ETUODEUL NE eee 83,4 66,6 B. — LES ANOMALIES DU COMPLEXE VENTRICULAIRE