MUSCLE ACCESSOIRE DU LONG FLÉCHISSEUR
i) — Faisceau se détachant du tiers inférieur du péroné avec le fléchisseur péronier (Ringhofer).
y.) — Long accessoire provenant du court péronier (Maca- • h"ster) .
y — Long accessoire à deux faisceaux : l'interne naît du bord interne du tibia, un peu au-dessous du milieu du corps de l'os; l'externe vient du péroné, entre les origines du court péronier et le fléchisseur propre du gros orteil. Les deux faisceaux se réunissent sur un tendon, leciuel vient se réunir avec la portion antérieure de l'accessoire (Turner).
[j.J — Faisceau long accessoire formé par les fibres les plus inférieures du fléchisseur péronier, avec quelques faisceaux détachés de l'aponévrose qui recouvre le fléchisseur tibial (Davies-Colley, ïaylor et Dalton).
vj Faisceau naissant du bord interne du péroné (ont près de son extrémité inférieure et venant se réunir avec l'accessoire plantaire (Kôlliker).
'S,) — Faisceau long accessoire partant du tiers inférieur du péroné, ainsi que de l'aponévrose qui recouvre le fléchisseur péronier, et se réunissant aux faisceaux propres du court fléchisseur plantaire (Wood).
cj — Chair carrée absente chez une Annamite; remplacée à droite par un petit muscle fusiforme, charnu à sa partie moyenne, tendineux à ses extrémités, se détachant de l'aponévrose profonde de la jambe, et se bifurquant, à la région plantaire, en deux faisceaux : le faisceau externe vient se jeter, comme l'accessoire ordinaire, sur les tendons du long fléchisseur commun; le faisceau interne passe sous le muscle adducteur et se perd sur les ligaments de la deuxième rangée du tarse (Chudzinski).
Des faits qui précèdent on voit que le long accessoire ou accessoire jambier du fléchisseur commun des orteils peut se détacher du péroné, du tibia, de l'aponévrose jambière, du soléaire, du fléchisseur péronier, du fléchisseur tibial, du court péronier latéral. Ajoutons que le long accessoire peut provenir à la fois, par des têtes diff"érentes, de plusieurs de ces régions et l'on
aura sur le mode de constitution variable de ce muscle des idées suffisamment nettes pour le reconnaître.
Du reste, comme tous les faisceaux surnuméraires de la même région, il peut se rencontrer des deux côtés ou d'un côté seulement. Nous avons déjà dit qu'il pouvait naître directement par des fibres charnues ou présenter un tendon d'origine plus ou moins grêle. Le mode de terminaison de son tendon inférieur présente également des variations individuelles nombreuses.
D'après les recherches de Wood, le long accessoire se rencontrerait environ 1 fois sur 100 sujets. Le savant anatomiste de King's Collège l'a observé en effet 4 fois sur 68 hommes, 1 fois sur 34 femmes, soit 5 fois sur 102 sujets.
Bibliographie :
Gantzer. Loc. cit., p. 15.
ROSENMiiLLER. Loc. cit., p. 8.
Theile. Encycl. anat., vol. II, « Myologie », p. 121.
Reinhardt. Beohachiunf/ eines Musc, accessorius flexoris hallucis longi
superior [Mullcr's Arch., 1816, p. 298). Macalister. Transact. of Roy. Irish AcacL, 1871. TuRNER. Transact. of Roy. Soc. of Edinburgh, 1865. Blandin. Traité d'Anat. iopayr., 2^ édit., 1834, p. 628. RiNGHOFER. VircJlow's Arch., t. XXIX, p. 28.
Wood. Proc. of Roy. Soc. of London, t. XV, p. 240 et 537, et t. XVIi
Davies-Colley, Taylor et Dalton. Guy's Hospital Reports, 1872, et tirage à part.
Reid et Taylor. S'- Thomas' s Hospital Reports, 1879.
TuRNER. Dissection of a Negro {Journal of Anat. a. Phys., tome XIII,
April 1879., et tirage à part, p. 383). Bankart, Pye-Smith et Philips. Guy's Hosp. Reports, vol. XIV, et tirage à
part, p. 8.
Sappey. Traité d'Anatomie descriptive, t. II, 1876, p. 447. KoLLiKER. Varietœtcn Beohachtungen, etc., Wurzburg, 1879. Chudzinski. Revue d' Anthropologie, 1882, p. 624. Gloser. Berliner klin. Wochenschrift, 1866, p. 29.
HuMPHRY. British med. journal, 1873, et the Muscles and Nerves of the
Cryptobranch, in Observations in Myology, 1871, p. 24. Knott. Proc. of the Royal Irish Acade/ny, December 1881, p. 427.
MUSCLE TIBIAL POSTÉRIEUR.
ARTICLE VIII
ANOMALIES DU MUSCLE JAMBIER OU TIBIAL POSTERIEUR.
Très profondément situé entre les deux longs fléchisseurs des orteils, le jambier postérieur se détache à la fois des deux os de la jambe. Il prend plus spécialement naissance sur la portion de la face interne du péroné qui est situé en arrière du ligament interosseux, sur le ligament interosseux lui-même et sur le tiers supérieur de la face postérieure du tibia. Il se jette en bas sur un fort tendon qui glisse derrière la malléole et l'astragale pour gagner la région plantaire. Il vient finalement se fixer sur le scaphoïde et le premier cunéiforme, en envoyant des expansions sur les os voisins.
Les variations anatouiiques du jambier postérieur sont à la fois peu nombreuses et peu importantes.
§ I. — Union plus ou moins intime avec les long-s flécliisseurs. — On a signalé, comme anomalies du tibial postérieur, la fusion plus ou moins intime de ses faisceaux d'origine avec les faisceaux voisins des longs fléchisseurs, plus particulièrement du fléchisseur péronier.
Anatomie comparée. — Déjà, à l'état normal, l'isolement de l'extrémité supérieure du jambier postérieur présente parfois des difficultés. Mais l'union est tellement intime chez quelques espèces animales, qu'il y a en réalité fusion momentanée des deux muscles. Le chat est de ce nombre (Strauss-Durckheim) : le jambier postérieur (nauticus de l'auteur) « est confondu dans sa partie supérieure avec le fléchisseur du gros orteil (hallux) » .
§ II. — Développement d'un os sésamoïde dans le tendon inférieur du muscle. — Ce n'est pas là une anomalie, mais bien une disposition habituelle : « Le tendon du jambier postérieur, dit Theile, fort, arrondi, aplati... passe sur le côté interne de la
tête de l'astragale, endroit où il renferme un cartilage sésamoïde». Cruveilhier signale, lui aussi, cet os sésamoïde et lui assigne comme situation, soit «le lieu même» de l'insertion scaphoïdienne, soit le point où le tendon croise le ligament calcanéo-scapboïdien.
Anaiomie comparée. — Ce sésamoïde est bien plus développé chez quelques Mammifères que chez l'homme, notamment chez V ornithorynque. Il forme un os particulier du tarse chez le tatou et chez quelques autres Edentés (Humphry).
§ III. — Variations des insertions inférieures. — Macalister signale, comme anomalies du jambier postérieur, son insertion, par un faisceau tendineux plus ou moins distinct :
a) — Sur le tendon du long péronier ;
/3j — Aux 2% 3% 4® métatarsiens (Harrisson) ;
y) — Sur le cuboïde (Winslow) ;
à) — Sur le court fléchisseur du pouce; mais ce sont là des insertions constantes, comme il est facile de s'en convaincre en suivant avec soin le tendon plantaire du muscle. Adolphe Richard conclut de ses nombreuses dissections sur ce point, que « le tibial postérieur envoie des languettes aux deuxième et troisième cunéiformes, aux métatarsiens attenants, ainsi qu'au cuboïde lui-même». Theile n'est pas moins explicite : le tendon du tibial postérieur « arrive à la plante du pied, dit-il, et s'y partage en deux languettes; l'interne, plus courte, s'attache sur le bord interne du pied à l'os scaphoïde et au premier cunéiforme ; l'externe pénètre dans la gouttière des os du tarse et se divise incomplètement en plusieurs faisceaux. Ceux-ci prennent leur attache au second cunéiforme, au troisième, au cuboïde, à la face interne du premier cunéiforme et à la base des second et troisième métatarsiens; il s'en trouve un qui va gagner le court fléchisseur du gros orteil » .
Une anomalie n'est donc pas constituée par l'insertion du muscle aux os ci-dessus mentionnés. Elle pourrait l'être cependant par l'isolement d'un ou plusieurs tendons remontant plus ou moins haut vers le corps musculaire. Je ne sache pas qu'une
MUSCLE TIBIAL POSTÉRIEUR. 697
pareille disposition (duplicité du muscle jarabier postérieur) ait été [rencontrée chez l'homme. Si on venait à l'observer, elle concorderait vraisemblablement avec des dispositions similaires observées chez quelques animaux qui, comme VunaUj Vaï, le fourmilier (Humphry), le Dasypiis (Gallon), le castor (Meckel), présentent en réalité deux tibiaux postérieurs insérés au carpe sur des os différents. Chez le Phascolarclos cinereus, disséqué par Young, nous voyons également deux muscles tibiaux, l'un pour le scaphoïde, l'autre pour le cunéiforme; le Phalangista vulpina présente, lui aussi, deux tendons terminaux, mais aboutissant l'un et l'autre à un muscle unique.
§ IV. — Duplicité du muscle (Tibialis secimdus de Banhsen). — Banhsen considère comme un deuxièjîie tibial postérieur, un petit corps charnu qui, se détachant de la face postérieure du tibia, vient se perdre soit sur la capsule de l'articulation du cou-de-pied, soit sur le ligamentum cruciatum. Ce faisceau est un simple tenseur de la synoviale articulaire tel que l'ont décrit Linhart et Henle, et ne me paraît avoir rien de commun avec le jambier postérieur, lequel descend à la région plantaire et se fixe aux os du tarse et du métatarse.
§ V. — Absence du jambier postérieur. — Je n'en connais qu'une seule observation, elle a été rapportée par Budge.
Anatomie comparée. — Le tibial postérieur descend quelquefois, dans la série, à des proportions minuscules : il est « presque avorté» chez Vagouli, d'après Meckel, au point « qu'il est facile de le laisser passer inaperçu » . 11 fait entièrement défaut, d'après le même auteur, chez les Solipèdes, les Ruminants, le cochon, le pécari, le daman et même chez la chauve-souris.
Bibliographie :
Theile. Encrjcl. Anat., vol. III, « Myologie », p. 317. Cruvkilhier. Traité d'Anat. clescript., t. I, p. 765. Henle. Muskellehre, zweite Auflœge, 1871, p. 312. WooD. Proc. of Roy. Society of London, t. XVI, p. 522.
A. Richard. Annales des Sciences naturelles, 1852, t. XVIII, p. 11. Macalister. Transact. of Roy. Irish Acadenij/, 1871. WiNSi.o\Y, Harrison, cités par jNIacalister, in ilémoire précédent. Banhsen. Henle u. Pfeufer's Zeitschrift, vol. XXXIII, p. 52. Meckel. Traité d'Anat. comparée, t. VI, p. 423. Strauss-Durckheim. Anat. du Chat, t. II, p. 424. HuMPHRY. British med.journ., 1873, t. II, p. 79.
YouNG. The muscular Anat. of the koala {Journ. of Anat. a. Phys., 1882, p. 237).
HuMPHRY. Tlie Myology of the linibs of the unau, the aï, etc. {Ihid., Nov. 1869, p, 60).
BuDGE. Henle iind Pfeufer's Zeitschrift, t. X, p. 128.
ARTICLE IX
La plupart des faisceaux su numéraires qui apparaissent de temps à autre chez riiomrae, Jans la région postérieure de la jambe, ont été déjà décrits aans les divers articles qui précèdent. Il ne sera pas inutile toutefois de rapprocher ici les uns des autres des formations musculaires anormales qui ne sont bien souvent dissemblables que par le nom. Je me contenterai du reste, pour chacune d'elles, d'une définition sommaire, en ayant soin d'indiquer la page exacte où le lecteur en trouvera une description plus détaillée.
\ " Faisceau accessoire du soléaire {SoJéaire surnuméraire de Cruveilhier,
second soJéaire àeï'se-Smilh). — Faisceau se détachant du soléaire et se portant sur le calcanéum, en dedans du tendon d'Achille, ce n'est qu'une variété (forme incomplète) du plantaire grêle. (Voyez Soléaire, % I, p. 665).
2i° Accessoire calcanéen (Accessorius ad calcanéum de Gantzer et de Wood).
— Nom générique pouvant servir à désigner, selon moi, tous les faisceaux additionnels qui, provenant des points les plus divers de la région jambière postérieure (muscles, os, aponévroses), viennent se terminer là où se termine le plantaire grêle, un peu en dedans du tendon d'Achille ou sur le tendon
MUSCLES SCKS*^ DE LA RÉGION POSTÉRIECRE DE LA. ÎXXEE. 699
d'Achille lui-même; ce sont encore des formes incomplètes du plantaire grêle. (Toyez Plantaire grêle, § IH, p. 665 .
3'' Faisceaux tenseurs de 1" arcade du soléaire /^Gniber> — Ils peuvent constituer un muscle propre détaché du tibia, ou bien se rattacher au péronéo-tibial oupronateur transverse de la jambe. 'Voyez Soléaire^ § lY, p. 638). -
4" Faisceau tenseur postérieur de la synoviale du tarse (Tensor membrani synotialis tarH de Linliart, lensor cap'uU tilio-tarsdAS de Henle, tihialii
recundui de Bahnsen . — Il se détache généralement du tibia pour venir se perdre sur la face postérieure de la synoviale du cou-depied. (Voyez Plantaire grêle, § m, p. 667]. II existe de même, en avant, un faisceau tenseur antérieur de cette même synoviale, sur lequel nous aurons à revenir dans le chapitre suivant.
'6^ Faisceau tenseur de la bourse séreuse du tendon d'Achille. —
C'est une dépendance du plantaire grêle. î Voyez ce muscle, § ra, p. 667 .
6*^ Faisceau tenseur de l'aponévrose jambière > Macaliiter i. — Il
prend naissance sur l aponévrose jambière et vient se terminer sur le calcanéum ; c'est une forme incomplète du plantaire grêle. Voyez ce mucle. § III, p. 666 .
1"^ Faisceau tenseur de l'aponévrose plantaire. — C est encore
une variété du plantaire grêle qui, au lieu de se terminer sur le calcanéum, vient se confondre, en partie ou en totalité, sur le ligament plantaire. • Voyez Plantaire grêle, § III, p. 667^.
8° Faisceau péronéo-calcanéens interne \ Peroneo-calcaneus inlentus de
MacaKster . — C'cst un petit faisceau, décrit par Macalister. se détachant, au-dessous du fléchisseur propre du gros orteil, de la face postérieure du péroné et venant se terminer sur le tubercule du calcanéum. Macalister, qui l a décrit le premier, le rapproche du faisceau tenseur de la synoviale du cou-de-pied. Xe pourrait-on pas le rapprocher, avec autant de raison, du long accessoire des fléchisseurs?
9" Faisceau prosateur transverse de la jambe {Pertmeo-tibidlis de Gro-
ber, pronaior îibiœ des Zootomistes'. — Les mouvements de pronation du radius sont déterminés, chez l'homme, par deux muscles
distincts : l'un s'étend obliquement du deuxième segment du membre (épitrochlée ou condyle cubital) au radius; c'est le rond pronateur. L'autre s'étend transversalemenfdu cubitus au radius; c'est le carré pronateur, cjue l'on pourrait tout aussi bien appeler le muscle pronateur Iransverse.
Au membre inférieur, le tibia (homologue du radius) a perdu complètement, chez l'homme du moins, ses mouvements de rotation sur le péroné (homologue du cubitus). La suppression de la fonction a entraîné la suppression partielle des organes destinés à l'accomplir. Si le représentant manifeste du rond pronateur, le muscle poplité, persiste encore, c'est que, grâce à ses insertions sur les deux segments du membre, il peut par ses contractions fléchir la jambe sur la cuisse. Quant au pronateur transverse, il a totalement disparu.
On le voit cependant reparaître de temps à autre, comme tous les muscles disparus, non pas avec un développement con> parab'e à celui du radio-cubital, mais avec des caractères anatomiques suftisamment nets pour qu'il ne soit pas permis de le méconnaître. Ce muscle pronateur transverse de la jambe (je me crois largement autorisé par ses horaologies à lui donner ce nom) a été décrit, pour la première fois, il y a cinq ans (1878), par le professeur W. Gruber, dans un article qu'on pourra lire in extenso dans les Archives d'anatomie de His et Braûne. Il est situé au-dessous du muscle poplité, entre le péroné et le tibia, étendu transversalement de l'un à l'autre de ces deux os. Très mobile dans sa forme, comme du reste tous les organes en voie de disparition graduelle, il peut ê(re suivant les sujets quadrilatère, triangulaire, cylindrique, fusiforme. Quant à sa constitution, il peut être charnu ou présenter un tendon d'insertion plus ou moins étendu.
La fréquence du pronateur transverse de la jambe est établie par la statistique suivante de W. Gruber : sur 860 membres examinés, 1218 présentaient l'anomalie. Elle était, du reste, plus souvent bilatérale qu'unilatérale; et, dans ce dernier cas, elle siégeait tout particulièrement du côté droit. En outre, elle a été observée plus fréquemment chez l'homme que chez la