‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 141 sur 177 · MUSCLES DE LA RÉGION ANTÉRIEURE DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE LA RÉGION ANTÉRIEURE DE LA JAMBE

siques rattachent le péronier antérieur ou troisième péronier; et enfin Vextenseur propre du gros orteil. A ces trois muscles je crois devoir réunir le pédieux, qui leur est doubleaient connexe et par sa situation et par son rôle physiologique.

Les variations anatomiques des muscles qui précèdent seront étudiées dans quatre articles distincts. Quelques formations surnuméraires, telles que le tibio-aponévrotique, le tibio-astragalien, etc., constitueront un article à part.

Les masses musculaires que la nature à disposées sur la face dorsale de l'avant-bras, et dont le rôle consiste à amener l'avant-bras dans l'extension et la supination (Supinato-extensor mass de Humphry), se décomposent en deux couches distinctes, une couche superficielle et une couche profonde :

1° La couche superficielle peut, elle-même, être divisée en trois portions ou secteurs (Humphry) : ce) un secteur externe ou radial, comprenant le long supinateur et les deux radiaux externes; (3) un secteur interne ou cubital, constitué par le cubital postérieur; y) un secteur moyen ou intermédiaire, comprenant l'extenseur commun des doigts et l'extenseur propre du petit doigt.

21° Quant à la couche profonde de la masse des muscles supinato-extenseurs elle comprend, avec le court supinateur, le long adducteur du pouce, les deux extenseurs du pouce et l'extenseur propre de l'index. Tous ces différents muscles sont distincts et isolables par la dissection.

Conformée originellement sur le même plan, la région homologue du membre inférieur, celle qui nous occupe, possède des éléments similaires; seulement, leurs caractères morphologiques ont été profondément modifiés par les nécessités de l'adaptation. La main, merveilleux organe de la préhension et du tact, avait surtout besoin de mouvements nombreux et variés: c'est pour cela que les articulations qui les constituent sont très lâches et que les muscles destinés à les mettre en jeu sont restés distincts, conservant avec leur indépendance anatomique leur indépendance fonctionnelle. Au pied, destiné avant tout à servir de base, de sustentation aux autres segments du

membre inférieur, et par leur intermédiaire au corps tout entier, il fallait une grande solidité : aussi voyons-nous les articulations intrinsèques du tarse et du métatarse lendre de plus en plus vers une immobilité absolue, les mouvements de détail faire place aux mouvements d'ensemble et les muscles extenseurs et élévateurs se fusionner, comme pour concentrer leurs efTorts dans la production de ces mouvements.

C'est ainsi que le tibial antérieur résume à lui tout seul (*) les deux supinateurs, les deux radiaux externes et le long abducteur du pouce, ce dernier renfermant lui-même les éléments de deux muscles, distincts chez le gorille, l'abducteur du premier métatarsien et le supinateur de la main. Le long extenseur propre du gros orteil, homologue du long extenseur propre du pouce, retient le plus souvent dans ses faisceaux les éléments du court extenseur qui doit se terminer sur la première phalange, etc., etc. On conçoit déjà combien doivent être nombreuses les variations anatomiques des muscles antérieurs de la jambe; mais nous tenons déjà en main le fil qui doit nous conduire à une interprétation rationnelle de ces variations. Faire revivre à un degré plus ou moins complet les dispositions primitives (variations par dédoublement), exagérer au contraire les dispositions actuelles (variations par concentration exagérée), ou bien encore emprisonner dans tel muscle plutôt que dans tel autre les éléments charnus d'un muscle inulile et disparu (variations par concentration anormale), tels sont les modes d'action que la nature met en œuvre, dans la grande majorité, des cas, pour modifier les dispositions que l'on rencontre d'ordinaire et que l'on peut, pour cette raison, appeler classiques.

Nous pouvons, maintenant que ces modifications sont déjà pressenties et pour ainsi dire interprétées, en entreprendre l'élude descriptive.

(1) J'ai vu constamment le tibial antérieur recevoir du nerf de même nom plusieurs fllets, deux, trois et même quatre. Cette multiplicité des branches nerveuses destinées à ce muscle est vraisemblablement en rapport avec la complexité de sa constitution anatomique.

MUSCLE TIBIAL ANTÉRIEUR.

ARTICLE PREMIER

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