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MUSCLES SURNUMÉRAIRES INTERMÉDIAIRES AUX DEUX OBLIQUES

'premier cas, le faisceau surnuméraire naissait de la 10® côte et se terminait sur la gaine du muscle droit; il était long de 15 centimètres, épais de % millimètres, large de 2 centimètres, à son insertion costale, de 4 millimètres seulement à sa terminaison; 2° Dans le deuxième cas, ce faisceau était plus grêle, encore : il prenait naissance cette fois sur la 1 1*' côte et se terminait également sur la gaine du muscle droit, ou plutôt sur le feuillet antérieur de l'aponévrose du petit oblique, avant la fusion de ce dernier avec l'aponévrose du grand oblique.

§ IV. — Il me paraît difficile d'interpréter sainement ces divers faisceaux musculaires, que nous n'avons pas sous les yeux et que nous ne connaissons que par des relations souvent trop sommaires. Je n'ai trouvé, dans la série des vertébrés, aucun muscle qui vienne s'interposer entre les deux obliques, ou entre l'oblique interne et le transverse. En lisant les descriptions que les anatomistes nous ont laissées sur les faisceaux surnuméraires précités, nous voyons presque toujours ces faisceaux se mettre en parallélisme avec les faisceaux correspondants, soit du grand oblique, soit du petit oblique. Ce parallélisme du muscle surnuméraire avec le muscle normal est particulièrement spécifié dans le cas de Macalister, cité plus haut. D'autre part, les insertions d'origine, comme les insertions terminales des faisceaux anormaux, se font sur la même région que les deux obliques. Pour celte double raison, il serait peut-être sage de les considérer comme des faisceaux plus ou mons différenciés du grand oblique ou du pelit obli(jue, plutôt que comme des muscles nettement distincts et méritant un nom spécial.

Dans tous ces muscles, dits dentelés, qui s'insèrent sur les côtes, il n'est pas rare de rencontrer, chez l'homme, une digitation quelconque se séparant des digilations voisines, soit par leur volume beaucoup plus considérable, soit par leur insertion dépassant la ligne régulière des autres insertions, ou même par la présence d'interstices séparatifs se prolongeant plus ou moins sur le corps musculaire. Il doit en être de même chez les

animaux; j'ai actuellement sous les yeux la planche de l'Atlas de Cuvieret Laurillard, représentant la région musculaire latérale droite de Vhyène rayée. Il existe sur celte préparation un faisceau du petit oblique, portant le chifTre 14, se distinguant nettement des faisceaux voisins du même muscle par son volume, par son relief et par son étendue : on le prendrait assurément pour un muscle distinct, si l'on ne savait d'avance qu'il ne peut exister dans cette région qu'un seul plan musculaire, le petit oblique, et que tous les faisceaux qu'on y rencontre doivent être rattachés à ce dernier muscle.

§ V. — Fait de l'auteur. — Sur un jeune nègre qu'on avait apporté dans nos salles de dissection, en février 18821, j'ai constaté, au-dessous du grand oblique, deux faisceaux musculaires surnuméraires que l'on peut rattacher au reclus laieralis de Kelch. Situé entre le grand et le petit oblique, ils affectaient la forme de bandelettes aplaties, se dirigeant verticalement de l'épine iliaque antéro-supérieure vers la région costale.

Le faisceau antérieur prenait naissance en bas sur l'arcade fémorale, à 6 millimètres en dedans de l'épine iliaque, el venait s'attacher en haut, sur le bord inférieur de la côte. Quant au faisceau postérieur, il se détachait de l'épine iliaque ellemême, et se portant en^haut, parallèlement au précédent, il venait également s'insérer sur la côte.

Les fibres charnues de ces deux faisceaux étaient entièrement parallèles à celles du petit oblique; d'autre part, le bord postérieur du 2:'' faisceau se confondait en partie avec les fibres de ce dernier muscle ; aussi je n'hésite pas à considérer les deux muscles surnuméraires que j'ai observés, comme aussi probablement les muscles de môme nature qui ont été signalés par d'autres, comme de simples faisceaux du petit oblique plus ou moins différenciés.

Du reste, sur mon sujet, et avec une dissection facile, j'ai pu isoler, en arrière des deux bandelettes précitées, et aux dépens de la masse du petit oblique, deux autres faisceaux qui n'étaient nullement distincts avant la dissection.

MUSCLE TRÂNSVERSE DE l'aBDOMEN.

Bibliographie :

GuNZ. De Herniis, Lipsise, 1744, p. 18.

Kelch. Beitrœge zur patliol. Anat., Berlin, 1813, p. 41, 23. Kelly, cité par Macalister. {Transact. of Roy. Irish Acad., 1871.) Baker. North ainerican Arch. of Med. and Surg. Science^ 1835, p. 306. Gruber. Ein rudinientœren Musc, obliquus externus abdominis secundus

(Bull. Acad. iinp. des Sciences de Saint-Pétersbourg^ 1873, col. 142). — Ztcei neue] Fœlle eines rudinientœren Musc, obliquus externus

abdominis {Virchow's Arch., t. LXV, p. 16). Pye-Smith, Howse et Dawies-Colley. Gug's Huspital Reports, 1870. Davies-Colley, Taylor et Dalton. G«r/ s //os/)ttoZi2e/)or(!s^ 1873, et tirage

à part.

ARTICLE VI

ANOMALIES DU MUSCLE TRANSVERSE DE l'aBDOMEN.

Ce muscle, remarquable par son étendue et la direction transversale de ses faisceaux, s'insère normalement chez l'homme : d'une part, à la face interne des 6 dernières côtes, à la lèvre interne de la crête iliaque dans ses trois quarts antérieurs et à la colonne lombaire par l'intermédiaire d'une vaste aponévrose, connue sous le nom d'aponévrose abdominale postérieure; d'autre part, à la ligne blanche, à l'aide d'un large tendon (aponévrose du muscle transverse), dont l'origine ou bord externe, assez régulièrement courbe, constitue la ligne semi-lunaire de Spigel.

§ I. — Variations dans rétendue de ses insertions costales.

— L'insertion à la 7*^ côte peut faire défaut; ce cas doit être bien fréquent, puisque Galien et de Marchetti le considèrent comme représentant la disposition normale (i). D'autre part, Morgenbesser a vu le transverse s'élever par une digitation surnuméraire jusqu'à la , 6^ côte.

Au niveau de son bord inférieur, le muscle transverse peut ne prendre aucune insertion sur l'arcade de Fallope (Hargrave).

(') Hoffman, Criiveilhier, Sappey, Henle, Hyrtl, Beauuis et Bouchard font insérer le transverse aux 6 dernières côtes.

Dans un cas où le muscle s'étendait au contraire un peu plus bas qu'à l'ordinaire, Guthrie et Macalister ont vu l'un et l'autre ses faisceaux inférieurs traversés par le cordon spermatique.

Dans un cas analogue, publié par Gruber, en 1880, le muscle transverse recouvrait, des deux côtés, toute la paroi postérieure du canal inguinal; l'origine des fibres émanées de l'arcade crurale s'étendait presque jusqu'à l'épine du pubis; comme dans le cas de Macalister, le cordon spermatique se faisait une trouée à travers les faisceaux de ce muscle.

Anatomie comparée. ^ — L'étendue du muscle transverse et en particulier le nombre de ses faisceaux costaux varient beaucoup dans la série des mammifères. Les insertions costales s'étendent généralement plus naut que chez l'homme; chez le dauphin notamment, le muscle s'attache aux 9 dernières côtes: à la portion osseuse des 6 dernières, et aux cartilages des 3 côtes qui les précèdent immédiatement.

§ IL ^ A ariations de nombre; absence. — Il résulterait d'une observation de Horner, que le muscle transverse peut être double : les détails anatomiques nous font malheureusement défaut pour analyser une pareille observation. Ce muscle surnuméraire qui y est mentionné était-il réelleuient distinct du transverse, séparé de lui par une véritable aponévrose? Ne s'agit-il pas d'une intersection tendineuse, prolongeant plus ou moins loin vers la ligne médiane Li ou la 12" côle, l'une et l'autre rudimentaires chez l'homme?

Charvet a vu manquer le transverse ; mais son observation a été prise sur un sujet qui présentait un cas d'ectopie de lavsssie; il s'agit vraisemblablement d'une malformation par arrêt de développement ; je n'ai pas à m'y arrêter.

Macalister a vu manquer lui aussi le muscle transverse, mais celte fois sur un sujet bien constitué ; car il est nettement spécifié par l'auteur de cette dernière observation, qu'aucune autre anomalie n'accompagnait l'absence du muscle transverse de l'abdomen.

J'ai toujours trouvé ce muscle dans mes études personnelles

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d'analomie comparée, ainsi que dans les différents livres et mémoires que j'ai parcourus, pour me fixer sur la disposition de ce muscle dans la série des vertébrés ; je n'ai vu signaler son absence que chez quelques Batraciens, tels que la rainette, la grenouille, le crapaud, le pipa (Meckel, Anat. comp., t. V,

§ III. — Fusiou avec le petit oblique. — Deux cas de cette nature sont signalés par Sœmmering et par Macalister. Déjà, à l'état normal, nous voyons les faisceaux postérieurs du muscle petit oblique prendre leurs insertions sur le feuillet postérieur de l'aponévrose du transverse.

§ IV. — Présence d'une intersection tendineuse dans Fépaisseur du muscle. — Une intersection tendineuse située dans l'épaisseur du muscle transverse a été constatée par Schwegl; elle a ici la même signification que les intersections analogues Cju'on rencontre constamment sur le muscle grand droit, et, de temps à autre, sur les obliques de l'abdomen (Henle, Virchow, Macalister et moi-même), sur le pyramidal (Verheyen), sur le sterno- hyoïdien, sur le sterno-thyroïdien (disposition presque normale), et sur le sterno-cléido-mastoïdien (Testut) .

Bibliographie :

MouGENBESSER. Dissertutio de vomitUj, in Dispul. Anat. select. do HaUcr, p. 273.

Galien. De administ. anat.

De Marchetti. Anatoniia^ ch. II, p. 17.

Macalister. Transact. of Roy. Irish Acad , 1871.

Charvet. Gaz. des Hôpitaux, 1857.

Schwegl, cité par Macalister. Loc. cit., p. 68.

Hargraye. Operatioe Suryery, p. 487.

Gruber. Ein mit seincr inyuinal Portion darch die yan^e Rcyio inyuinalis sich herab erstreckendcr Musculus transvercus abdominis {Virchom's Arch., 1880, Bd LXXX, S. 88-91).

Meckel. Anatomie comparée, t. V, p. 224.

Heni.e. Muskellehre, zweite Auflage, 1871. ' .

ARTICLE VII

FAISCEAUX SURNUMÉRAIRES TENSEURS DES APONEVROSES DE l'aBDOMEN.

Voici, sommairement résumés, les faits que j'ai pu rencontrer dans les recueils scientifiques :

§ I. — 3Iuscles tenseurs du feuillet postérieur de la g-aîne du droit (Gruber). — Gruber a décrit sous ce titre un petit faisceau musculaire, rubané, qu'il avait observé, en 1860, sur les deux côtés du cadavre d'une jeune tille, en arrière du muscle grand droit de l'abdomen. Il prenait naissance par un étroit tendon sur l'épine du pubis, à côté du muscle droit; puis il se dirigeait verticalement en haut et s'attachait, à l'aide de quelc[ues fibres tendineuses, dans la corne du pli semi-lunaire de Douglas. Ce petit muscle mesurait 8 centimètres de longueur, 4 millimètres de largeur à droite, G à gauche; il possédait une gaine propre.

Gruber a fait connaître plus tard une deuxième observation de ce faisceau tenseur; dans ce nouveau cas, le muscle mesurait 12i cenlimètres de longueur, sa largeur variait entre 3 et 10 millimètres; il s'insérait en haut, sur la gaine du droit et en bas, non pas sur l'épine du pubis, mais bien sur le bord postérieur de l'arcade crurale, à un centimètre et demi en dehors de cette épine.

Tout récemment encore, le savant professeur russe a publié, dans les Archives de Virchow, cinq nouveaux cas (au total sept), du faisceau surnuméraire, tenseur de la gaîne du droit; ces nouvelles observations présentent assez d'analogie avec les faits mentionnés ci-dessus, pour que je me contente de les signaler ici sans les décrire en détail.

Theile décrit, à l'état normal chez l'homme, sous le nom de ligament triangulaire de la ligne blanche (ligamentum triangulare seu adminiculum lineœ albœ), une nappe de fibres tendineuses, située en arrière du grand droit et se détachant du bord posté-

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rieur du pubis pour venir s'insérer en haut, par une extrémité plus étroite, sur le feuillet postérieur de la gaine du droit. Ce ligament est évidemment comparable au faisceau musculaire décrit par Gruber.

§ II. — Muscle pubio-péritonéal (Macalister) . — Le professeur de zoologie de Dublin a donné ce nom, en 186G, à un pelit muscle qui naissait de la crête périlonéale, derrière le ligament de Gimbernat, se portait ensuite en baut, entre le fascia transversalis et le muscle transverse, croisait Tarière épigastrique et se terminait sur le fascia transversalis un peu au-dessous de l'ombilic.

§ m. — Muscle pubio-transversalis (Luschka). — Ce muscle naissait, dans le cas observé par Luschka, de la branche horizontale du pubis, se portait en haut et en dehors et venait se terminer dans le voisinage de l'orifice interne du canal inguinal. Hyrtl considère ce faisceau comme une insertion charnue de l'aponévrose du transverse [Imerzione carnosa inferiore alla sinfisi pubica) .

§ IV. — Muscle tenseur de Tarcade crurale (Gruber). — Ce faisceau musculaire observé par Gruber, en 18G1, aplati et fusiforme, se détachait de la branche horizontale du pubis, en arrière du muscle droit, par un tendon mesurant 1 cent. 3 de longueur. Il se dirigeait ensuite en dehors, en arrière et en haut, entre l'aponévrose du grand oblique et le muscle petit obhque dont il croisait les faisceaux charnus. 11 venait se terminer par un nouveau tendon long et étroit sur l'arcade crurale, à la réunion de son tiers externe et de son tiers moyen.

§ V. — Muscle tenseur du feuillet postérieur de la {jaîne du muscle droit et du fascia transversalis (Gruber). — C'est encore au professeur Gruber que nous devons la description de ce petit muscle anormal : il consistait en trois petits faisceaux aplatis, verticalement étendus, en arrière du muscle transverse,

17G LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.

depuis la région inguinale jusqu'à la hauteur du repli de Douglas. Ces trois faisceaux prenaient naissance en bas, sur le fascia iransversalis, dans le voisinage de l'orifice interne du canal inguinal; ils formaient là une masse à peu près indivise qui ne lardait pas à se fusionner en cinq fascicules divergents. Les trois faisceaux charnus internes venaient se fixer en haut sur le repli semi-lunaire lui-même. Quant au faisceau externe et au faisceau moyen, ils se perdaient sur le fascia transversalis. Ces faisceaux, mesurés exactement par Gruber, présentaient: le faisceau interne 7 centim. 1/2 de longueur sur 1 centim. 3 de largeur; les deux autres faisceaux, 4 centimètres de longueur sur 5 millimètres de largeur seulement.

Le professeur Gruber a joint à sa description une gravure sur bois, dessinée d'après nature, et que le lecteur retrouvera dans le Bulletin de f Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg de 1872.

§ yj. — Les divers faisceaux musculaires que je viens de décrire et dont la contraction a pour elTet de tendre certaines portions des aponévroses abdominales, sont toujours. très grêles et regardés comme fort rares par les auteurs qui les ont signalés les premiers. Ils le seraient peut-être un peu moins, si nos élèves, dans nos salles de dissection, les connaissaient mieux et partant les cherchaient davantage.

Le petit nombre des observations, publiées jusqu'à ce jour, rend forcément incomplète l'histoire anatomique de ces faisceaux musculaires. Par suite, leur interprétation me paraît fort obscure, pour le moment du moins, car je ne doute pas que la difîiculté n'ait ses sources dans l'insuffisance de nos connaissances en embryologie et en analomie comparée. Je n'ai jamais trouvé, pour ma part, de muscles analogues chez les nombreux vertébrés que j'ai disséqués; j'en ai vainement cherché une mention quelconque, dans les divers mémoires d'anatomie comparée que j'ai eus sous la main; et bien que j'aie longuement médité sur la signification et sur les homologies de ces muscles, je me vois contraint de réserver encore la solution du

RÉGION LOMBO-ILIÂQUE,

problème, préférant attendre, que de risquer des hypothèses qui me paraissent à moi-même peu satisfaisantes.

Bibliographie :

Geuber. Ein tensor laminse posterions vaginae musculi recti abdominis {Bull. Acad. inip. des Sciences de Saiiit-Pétevshourrj , 1873, col. 144). Macalisteh. Medic. Press., 1866, p. 94.

Gruber. Tensor laminse posterioris vaginae musc, recti abdominis (Fir-

chow's Arch., Bd. LXIX, p. 400-403).

LuscHKA. Reicheri u. du Bois-Rcij mondes Arch., 1870, p. 227. Hyrtl. Trattato di anatoniia delV uomo, vers, italiana, p. 357. Theile. Encycl. anat., traduction Jourdan, III, p. 184. Gruber. Ein musc, protractor arcus cruralis {Bull. Acad. de Saint-Péter-

bourg, 1873, col. 143).

Gruber. Ein tensor laminae posterioris musc, recti et fascice transversœ

abdominis {Ibid., col. 144).

Gruber. Nachtrag zum Vorkommen des Musc, tensor laminae posterioris

vaginae musc, recti abdominis {Virchoio's Arch., Bd. LXXVII, p. 131). Gruber. Tensor laminae posterioris vaginae musc, recti abdominis (Vir-

chow's Arch., Bd. LXXX, p. 87.)

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