MUSCLE ILIAQUE
§ IV. — Portion inférieure du muscle iliaque entièrement distincte du corps principal du muscle. — Synon. : muscle petit iliaque de Winslow; ilio-capsulaire de Harrison ; iliacus minor de Quain ; ilio-capsulo-trochanlérien de Cruveilhier. — Denonvilliers a signalé à la Société anatomique, en 18G1, une observation très nette de ce faisceau musculaire. Par sa partie supérieure il s'insérait à la base de l'épine iliaque antéro-inférieure, immédiatement au-dessous de l'insertion du muscle droit antérieur; il venait ensuite s'attacher au fémur par des fibres enveloppantes, au-dessous du petit trochanter. Son bord interne se trouvait en rapport, dans presque toute sa longueur, avec le muscle psoas iliaque; son bord externe touchaitle vaste externe; enfin son origine était recouverte en partie par la longue portion du triceps fémoral.
J'ai recherché ce muscle sur bien des sujets et je l'ai vu si rarement manquer que je le considère comme normal, d'accord en cela avec Theile, Cruveilhier, Sappey et la plupart des anatomistes: « Toutes les fibres du muscle iliaque, dit Theile, ne s'attachent pas au petit trochanter par l'intermédiaire du tendon du psoas; beaucoup d'entre elles, celles qui viennent des épines iliaques et de la cavité cotyloïde, descendent le long de ce tendon, et s'attachent immédiatement au petit trochanter, tant à côté qu'au-dessous de lui. » M. Sappey est même plus explicite : « Sur le bord externe du muscle iliaque, dit-il, on voit constamment un petit faisceau, formé par les fibres qui s'attachent à l'épine iliaque antéro-inférieure et à la partie voisine du ligament capsulaire de la hanche. Ce faisceau longe le tendon commun aux deux muscles, et vient se fixer à la partie la plus antérieure des trois branches supérieures de la ligne âpre. »
L'existence du muscle petit iliaque me paraît devoir être décrite, en anatomie humaine, comme une disposition normale; c'est son absence et non sa présence qu'il faudrait considérer comme une anomalie.
Anatomie comparée. — Ce muscle représente à lui tout seul, chez certains mammifères, la portion iliaque du système psoas iliaque, et s'il se trouve réduit chez l'homme à des proportions
aussi modestes, c'est en raison du développement considérable qu'acquiert chez lui la fosse iliaque interne. M. Sabalier, qui a étudié avec lant de soins les variations morphologiques de l'os coxal dans la série des vertébrés, admet, avec raison, ùesilions prismatiques et des ilions pourvus d'niles. L"\V\on prismatique est « une tige osseuse, phalangiforme » , aplatie du dehors en dedans et présentant par conséquent deux faces : une face interne et une face externe. Sur la face externe, il existe une crête osseuse, parallèle à l'axe et déterminant sur cette région deux parties : une partie antéro-externe placée en avant de la crête, et une partie postéro-externe située en arrière. La face interne est tout entière occupée par l'articulation de l'ilion avec le sacrum; il n'y a pas, on le conçoit, de fosse iliaque interne.
Sur les ilions pourvus d'ailes, les bords antérieurs et postérieurs de cet os se sont étendus sous la forme de lame osseuse plus ou moins développée, agrandissant ainsi l'aire de la face externe et de la face interne. Cette dernière n'offre qu'une certaine partie de sa surface à la face latérale du sacrum ; tout ce qui reste de cette surface, en avant de l'articulation sacroiliaque, constitue la fosse iliaque interne.
La disposition anatomique du système psoas iliaque se ressent forcément de la disposition anatomique de l'ilion. Dans les espèces à ilions prismatiques, il ne saurait y avoir de muscle iliaque interne, la fosse iliaque interne qui lui fournit ses points d'attache faisant totalement défaut; le chef externe du psoas qui se détache, dans ces cas, de la partie antérieure de la fosse iliaque externe ne mérite pas ce nom; c'est un muscle iliaque externe. Telle est la disposition que nous observons chez les Chéiroptères, le lièvre, le kanguroo, etc. Chez la roussette d'Edwards fpteropus Eduoardsii), ce muscle remonte, d'après Alix, jusqu'à l'épine iliaque antéro-supérieure, et vient se terminer vers la ligne âpre, dans la longueur de plus d'un centimètre, au-dessous du petit trochanter.
Dans les espèces au contraire que caractérise la présence d'un ilion ailé et par suite l'existence d'une fosse iliaque interne, nous voyons le tendon du psoas renforcé par des fais-