‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 69 sur 177 · MUSCLE SURNUMÉRAIRE ATLOÏDO-MASTOÏDIEN · texte numérisé non relu

MUSCLE SURNUMÉRAIRE ATLOÏDO-MASTOÏDIEN

Décrit depuis longtemps par Winslow sous le nom de reclus lateralis accessorius, ce muscle surnuméraire a été signalé de nouveau en 1869 par Bankart, Pye-Smith et Philips, et tout récemment par W. Gruber qui en a fait l'objet d'un travail spécial publié dans les Archives de Reichert de 1876. J'emprunte à ce dernier mémoire les principaux détails qui suivent, sur la constitution anatomique du muscle alloïdo-mastoïdien.

1° Forme et situation. — Ce faisceau Surnuméraire peut être, suivant les cas, cylindrique, rubané ou fusiforme. Sur quelques sujets, il est presque entièrement charnu ; mais le plus souvent il présente soit à l'une do ses extrémités, soit à toutes les deux, un tendon d'insertion, lequel peut à son tour être arrondi ou aplati en forme d'aponévrose. Ces tendons terminaux atteignent jusqu'à 1/6 et même 1/3 de la longueur totale du muscle. Pour le mettre à découvert il faut le chercher en arrière de la région mastoïdienne, au-dessous du sterno-cléido-mastoïdien, du splénius et du petit complexus. Il est exactement situé dans ce petit triangle que limite : en dehors, le bout postérieur de l'apophyse mastoïde; en dedans, le muscle petit oblique; en bas, une ligne fictive qui, partant du sommet de l'apophyse mastoïde, aboutirait à l'apophyse transverse de l'atlas.

21° Insertions. — Le muscle atloïdo-mastoïdien prend naissance

MUSCLE SURNUMÉRAIRE ATLOIDO-MASTOIDIEN. 319

sur l'apophyse transverse de l'atlas, entre les muscles petit oblique et droit latéral. Se portant de là obliquement en arrière, en haut et en dehors, il traverse le triangle précité et rejoint l'apophyse mastoïde où il s'insère, sur un point qui est fort variable: oc) sur le bord postérieur de cette apophyse; (3) sur le pourtour de l'extrémité postérieure et supérieure de la rainure digastrique; y) sur la crête mastoïdienne, entre la rainure digastrique et le sillon de l'artère occipitale. La longueur de cette ligne d'insertion a varié, dans les cas observés par Gruber, de 3 à 18 millimètres; cette même ligne s'est montrée distante de l'insertion crânienne du petit oblique, de 2l à 17 millimètres.

Quant à la longueur totale du faisceau atloïdo-mastoïdien, elle peut osciller entre 20 et 55 millimètres.

3° Fréquence. — Winslow qui a le premier, croyons-nous, signalé le muscle anormal qui nous occupe, parle de lui comme se rencontrant « quelquefois » , mais il ne représente par aucun chiffre le degré de sa fréquence. Cette lacune a été comblée par les recherches ultérieures de Gruber, de Kraûse et de Knott. Gruber, sur 50 cadavres (45 hommes et 5 femmes), l'a rencontré 11 fois, 4 fois des deux côtés, 7 fois du côté gauche seulement; c'est donc, au total, 15 muscles qui ont été examinés parl'anatomiste russe. Kraùse, cité par Knott, élève cette fréquence au chiffre de 30 pour 100. Quant à Knott lui-même, il n'a retrouvé le faisceau atloïdo-mastoïdien que 4 fois sur 33 sujets, qu'il a examinés à cet égard.

En réunissant ces diverses statistiques qui sont loin, comme on le voit, d'être concordantes, on arrive à la fraction 45/183, comme représentant le degré de fréquence de ce muscle dans l'espèce humaine, soit approximativement 1/4 ou 215 pour 100.

4° Signification et anatomie comparée. — Depuis le travail

d'Oken, publié en 1807 et complété plus tard par Bojanus, de Blainville et surtout R, Ovven, on admet généralement, en Anatomie générale, que la boîte crânienne est décomposable en trois vertèbres, présentant chacune les éléments caractéristiques des vertèbres rachidiennes. La première, ou vertèbre occipitale, a pour apophyse transverse l'apophyse jugulaire sur laquelle

vient se fixer l'intertransversaire de l'espace sous-jacent, le droit latéral. Dans la deuxième vertèbre, ou vertèbre sphénoteinporo-pariétale, l'apophyse transverse est représentée par l'apophyse mastoïde sur laquelle le muscle atloïdo-mastoïdien vient prendre ses attaches supérieures. Ce muscle, inséré d'autre part sur l'apophyse transverse de l'atlas, acquiert ainsi la signification d'un muscle intertransversaire qui saute une apophyse transverse (l'apophyse jugulaire), pour venir se fixer sur l'apophyse suivante; c'est, en termes exacts, un long intertransversaire.

Chez le chat, le muscle droit latéral, semblable en cela au faisceau atloïdo-mastoïdien, franchit la vertèbre occipitale sans s'y arrêter et vient se fixer sur la vertèbre temporo-pariétale, en un point voisin de l'apophyse styloïde. D'après Gratiolet et Alix, le muscle anormal de l'homme se rencontrerait avec des caractères à peu près identiques chez le Troglodytes Aubryi; dans cette espèce, le muscle droit latéral, «bien qu'exclusivement transversaire, présente deux faisceaux distincts du côté de la tête. Ces deux faisceaux s'attachent l'un et l'autre au sommet de l'apophyse transverse de l'atlas, mais ils se séparent, à leur extrémité opposée, l'un s'attachant à l'apophyse jugulaire et l'autre à l'apophyse mastoïde. »

Maisonneuve décrit également, chez le Vespertilio murinus, un droit latéral s'étendant de l'atlas à la région mastoïdienne.

Bibliographie :

Gruber. Dcr musc, atlantico-mastoïdeus {Arch. fur Anat. u. Phys., 1876, p. 733).

WiNSLOW, cité par Gruber, in Mémoire précédent.

BANKA.RT, Pye-Smith et PHILIPS. Gur/s Hospital Reports, série 3, vol. XIV,

et tirage à part, p. 4.

Knott. Proc. of Roy. Irish Acadeiny, december 1881, p. 416. R. OwEN. Principes d'Ostcologic comparée., Paris, 1855. Strauss-Durckeim. Anat. du chat, t. II, p. 246.

Gratiolet et Alix. Anat. du Troglodytes Aubryi {Nouvelles ArcJiioes du

Muséum, 1866, p. 121).

Maisonneuve. Anat. du Vespertilio murinus, 1878, p. 215.

Page 1