‹ Les antiquitez [sic] et chroniques de la ville de Dieppe [microforme]Chapitre 48 sur 61 · Tome 1, page · texte numérisé non relu

Tome 1, page

L'an 1692, le jeudv dix-huitième de septembre, on sentit le remüement du tremble-terre qui arriva à Dieppe, environ vers les deux heures après midy, et qui ne dura que pendant l’espace d’un petit demy quart d’heure tout au plus. Aussi fit-il plus de peur que de mal à quelques personnes qui estoient de repos dans leurs chambres et dans leurs maisons, s’appercevant du remüement de leurs chaizes, de leurs portes, de leurs tables, des rideaux de leurs lits, etc.

On a eu des nouvelles qu’il en estoit arrivé autant à Rouën et à Paris et ailleurs, mais un peu plus fortement, selon que les gazettes ont témoigné ; en sorte qu’en la ville même de Liége, plusieurs maisons et plusieurs cheminées en sont tombées et ont fait mourir beaucoup (le personnes.

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Après Llout ce que j'ay écrit touchant les Antiquitez et Chroniques de la ville de Dieppe, il seroit à propos de les continuer et de rapporter ce qu’il y a de plus remarquable pendant les années d’après celles que j’ay marquées. Mais, parce que j’en ay ésté mal informé et que l’infirmité de mon âge ne me permet pas de passer outre, je m’arrêteray icy sans en parler davantage, et ce d'autant plus volontiers, que le récit et le souvenir des funestes et détestables effets du bombardement de nostre pauvre ville m’affligent et me désolent, et (ainsi que le prophète Jérémie disoit autresfois de Jérusalem) me font plaindre et gémir, en disant : Quomodo sedet sola civitas plena populo, facta est quasi vidua domina gentium, etc.

Ceux qui voudront et qui pourront en informer la postérité, ne manqueront pas de rapporter comme le tout s’est passé ; Dieu le permettant ainsi pour chatier les iniquitez des uns, et détacher les autres des affections déréglées qu’ils avoient pour les biens de la terre, et les obliger à chercher une cité permanente, ainsi que dit le saint apostre, et que l’on en a un rare exemple en la conversion de sainte Marie-Magdeleine, dont l’église catholique célébroit la feste lorsque les Anglois et les Holandois, au nombre de près de deux cents voiles, favorisoient le bombardement qu’ils commencèrent ce jour-là l’an mille six cents quatre vingt et quatorze.

Il faut se souvenir qu'au temps et après le bombardement que les Anglois firent de la ville de Dieppe, le

22 de juillet de l’année 1694, plusieurs fortifications dont ce livre a fait mention ont esté détruites, aussi bien que les maisons des habitans, selon que l’on pourra remarquer, comparant ce que j'ay rapporté dans ces Antiquites et Chroniques de la ville de Dieppe, avec l’estat où elle se trouve au temps présent, etc.

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