‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 106 sur 167 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

D'autres fois, ce sera pour placer un bon mot; on préférera perdre une réputation qu'un trait d'esprit. « Diseurs de bons mots, mauvais caractères; je le dirais, s'il n'avaitéîé dit. Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune des antres, plutôt que de perdre un bon mot, méritent une peine infamante : cela n'a pas été dit, et je l'ose dire (3). »

Souvent aussi, ce sera par orgueil : nous nous sentons des défauts, et nous sommes bien aises de montrer que les autres en ont autant et plus que nous. « Si nous n'avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres (4). »

Et qui se permet ces médisances? Nos ennemis, c'est leur rôle; mais, chose étrange, nos amis sont peut-être ceux qui s'y livrent le plus facilement.

(i) Catéchisme.

(2) Les Misérables, I, v, viii. Hetzel. (5) La Bruyère, Caractères, vm.

(4) La Rochefoucauld.

DEVOIRS DE l'homme ENVERS SON PROCHAIN 899

Mesdames de *** sont venues, écrit Eugénie de Guéri n ; je les ai crues longtemps amies, à entendre leurs paroles expansives, leur mutuel témoignage d'intérêt, et ce délicieux ma chère de Paris ; oui, c'est à les croire amies, et c'est vrai tant qu'elles sont en présence ; mais au départ, on dirait que chacune a laissé sa caricature à l'autre.

Eugénie de Guérin (i).

Dans une de ses comédies, Legouvé met en scène un rédacteur de biographies contemporaines, qui nous livre le secret de son érudition :

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