‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 32 sur 167 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

(i) les Conicmpîaiiont , VI, xi. Hetzel.

(2) La Fin de Satan : Satan dans la nuit. Hetzel,

{5)lbid. ■

« L'Enfer, dit un poète (i), l'Enfer entendit leur déroute épouvantable, l'Enfer vit le Ciel croulant du Ciel. «Et dans cette chute insondable, pas un appel à la pitié divine, pas un acte de repentir, sinon d'un repentir stérile, parce qu'il ne procédait que de l'orgueil. Milton a dépeint en traits admirables ces sentiments de Lucifer, il nous le montre,

Se repentant à la vue de la lumière qii'il hait parce qu'elle lui rappelle combien il fut élevé au-dessus d'elle, souhaitant ensuite d'avoir été créé dans un rang inférieur, puis s'endurcissant dans le crime par orgueil (2), par honte, par méfiance même de son caractère ambitieux ; enfin, pour tout fruit de ses réflexions, et comme pour expier un moment de remords, se chargeant de l'empire du mal pendant toute une éternité.

Chateaubriand (3).

Ce sera là, en effet, la revanche de Satan : régner par le mal. Jaloux du bonheur promis au genre humain, il essaiera de le perdre, de l'entraîner après lui dans le péché, et dans l'enfer, et il inventera la tentation : « Je mordrai l'âme (4) 1 » s'écrie-t-il farouche,

Je défigurerai la face universelle.

Serpent, je secouerai dans l'ombre ma crécelle

J'inventerai des dieux, Moloch, Vishnou, Baal.

Je prendrai le réel pour briser l'idéal,

Les pierres des edens pour bâtir des Sodomes

Je veux torturer Dieu dans son œuvre, et l'entendre Râler dans la justice et la pudeur à vendre...

(i) MiltOD, le Paradis perdu, cli. vi, trad. de Pongerville, p. 191.

(2) « Selon mon choix, même aux enfers, régner est digne d'ambition : mieux vaut régner dans les enfers que de servir dans les cieux ! » Milton, le Paradis perdu, ch. i, trad. de Pongerville, p. 3i. Charpentier.

(3) Génie du christianisme, II, ni, vi.

(4) V. Hugo, la Fin de Satan. Satan dans la nuit. Hetzel.

LA CRÉATIONT ET LA CRÉATUIIE loS

Je veux

Qu'il pleure bâillonné par les idolâtries ; Je veux que des lys morts et des roses flétries. Du cygne, sous le bec des vautours frémissant, Des beautés, des vertus, de toutes parts, son sanç. Son propre sang divin, sm* lui coule et l'inonde. Je suis le bourreau sombre et j'exécute Dieu !

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