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Voir le chapitre V, Jésus et l'Essénisme

Au nom de quels faits a-t-il propagé le Christianisme? Les voici :

1° Jésus est le Messie, homme céleste, parce qu'il est ressuscité d'entre les morts ;

Romains^ \^i \l Corïnth,, XV, 13, 14, 47.

« Romains^ 1, 4. Jésus a été déclaré fils dé Dieu par sa résurrection d'entre les morts. »

« I Corintk,, XV, 14. Si Jésus-Christ n'est point ressuscité, notre prédication est vaine// et votre foi ^st vaine aussi !! — 47. Le premier homme (Adam) est le terrestre, venu de la terre; le second (Jésus) est le céleste, venu du ciel. »

Les Apôtres enseignaient que Jésus est le Messie, parce qu'il avait fait les miracles exigés par le programme messianique.

2° La fin du monde est proche ; Jésus viendra, du vivant de cette génération, pour juger les vivants et les morts.

I Tfiessalon.j IV, 17 | I Corinth,, X, 11, etc.

3° Ceux-là seulement seront sauvés qui auront eu foi en Jésus, c'est-à-dire qui auront cru que Jésus est le Messie. Sans la foi, les œuvres sont sans efficacité pour le salut; il n'y a que la foi qui compte. Or, elle consiste à croire que Jésus est le Messie ; et qu'il est le Messie parce qu'il est ressuscité d'entre les morts; ou, selon les Apôtres, parce qu'il a fait les miracles inscrits au programme ; il ne l'est pas du tout à cause de sa doctrine.

Galates, II, 16-21 ; III, 10, 13, etc.

« Galates, II, 16. L'homme n'est point justifié par les œuvres de la Loi, mais par la foi en Jésus-Christ. — 21. Si la justice (c'est-à-dire la vie conforme à la volonté divine) s'acquiert parla loi, c'est en vainque

LA COMMUNAUTÉ CURÉTIKNNE. 131

Jésus-Christ est mort. — III, 10. Tous ceux qui s'en tiennent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction — 11. Il est clair que nul par la loi n'est justifié devant Dieu, etc.^ »

Ainsi, la propagande faite par Paul et par les Missionnaires hellénistes se résume en ceci : « La fin du monde est proche; pour être sauvé, il faut croire que Jésus est le Messie ; Jésus est le Messie parce qu'il est ressuscité d'entre les morts et parce qu'il a accompli les miracles du programme messianique. »

De la morale de Jésus, de la doctrine de Jésus, pas un seul mot!!

Dans la première phase du Christianisme, l'expression « se convertir » ne signifie pas que les convertis ont regardé la doctrine de Jésus comme supérieure à celle de la religion qu'ils professaient antérieurement; non, « se convertir» veut dire : Croire que la fin du monde est proche; et que Jésus est le Messie parce qu'il est ressuscité.

Or, de ces deux faits, le premier est une folie mystique; le second est une folie mystique. Il en résulte que ce sont deux pi'oduits morbides de l'aliénation mystico-mentale qui ont donné naissance au Christianisme,

Et cela est conforme à la loi de formation des religions. Si le sermon sur la Montagne eût servi de texte à la prédication des Apôtres, il serait sorti de

1. Paul a laissé dans le vague l'expression de « les œuvres » ; on pourrait même croire qu'il désigne par là exclusivement les cérémonies rituelles, telles que circoncision, sabbat, jeûnes, etc. S'il en était ainsi, Paul aurait partiellement raison, car une mômerie extérieure est sans valeur pour la moralité humaine. Mais on voit par l'Épître de Jacques, II, 14-26, que Paul attachait au mot œuvres le sens de « actes de la vie sociale ».

\3i LES APÔTRES.

leur propagande une philosophie, et non pas une religion. L'essence des philosophies est le raisonnable; Tessence des religions est Vabsurde, Voilà pourquoi les philosophies restent confinées chez un petit nombre d'esprits d'élite, et pourquoi les religions étendent leur empire sur les multitudes. Cet empire est d'autant plus fort que, par leur ignorance, par leur imbécillité et leurs mœurs barbares, les peuples sont plus voisins de la bestialité. La conséquence de ces faits est que, dans une nation, la puissance d'une religion diminue au fur et à mesure que l'instruction publique se répand et que les mœurs s'adoucissent; bref, que le peuple se civilise. L'évidence de cette loi éclate, non-seulement dans le passé, mais encore dans le temps présent, dans le Nouveau Monde comme dans l'Ancien Continent.

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