LEUR HISTOIRE
I. — Les Apôtres, dans leurs tournées pastorales^ avaient deux droits : 1® celui d^ètre hébergées par les Fidèles; 2» celui de faire héberg^er une Sœur-femme, qu'ils emmenaient chacun avec soi.
Dans la !'• Épître aux Corinthiens, chapitre IX, Paul établit les droits qu*ont les Missionnaires de rÉvangile en échange de la Bonne Nouvelle qu'ils apportent, et en échange des dangers ou des fatigues quMls affrontent dans leur mission. C'est un véritablecontrat synallagmatique, donnant, donnant. Les Corinthiens reçoivent le bienfait de l'Évangile ; en compensation, ils ont une première charge: celle de nourrir les Bienfaiteurs. Les Corinthiens doivent la nourriture aux Missionnaires ; les Missionnaires ont rfroiV à la nourriture de la part des Corinthiens ; ce devoir et ce rfro^Y sont les deux faces respectives du môme fait, échange de services. Les Apôtres rendent aux Fidèles le service de leur faire connaître le Christ; en retour, les Fidèles les hébergent et payent leurs dépenses personnelles Paul insiste avec force sur ce point : « I Corîntà,, IX, 4. N'avonsnous pas le droit d'être nourris à vos dépens? » Il y
revient aux versets 7 et suivants jusqu'au verset 14, où il met ce dioit sous Tégide même du Seigneur. « 14. C'est ainsi qu'en faveur de ceux qui annoncent l'Évangile, le Seigneur même a ordonné qu'/& vivent de l'Évangile, » Voici, du reste, Targumentation entière de Paul : « I Corinth,, IX, 7. Qui porte jamais les armes à ses dépens? Qui est-ce qui plante une vigne et qui n'en mange point les fruits? Ou, qui est celui qui paisse un troupeau et qui ne mange point du lait des brebis de ce troupeau? — 8. Ce que je dis ici n'est-il appuyé que sur les coutumes humaines? Et la Loi même ne le ditelle pas aussi? — 9. Car il est écrit dans la Loi de Moïse : Vous ne lierez point la bouche au bœuf qui foule le grain (Deutéronome, XXV, 4). Est-ce que Dieu se met en peine des bœufs? — 10. Et n'est-ce pas proprement pour nous qu'il a fait cette ordonnance? C'est pour nous, en effet, que cela a été écrit, parce que celui qui laboure doit labourer dans l'espérance de recueillir; et que celui qui bat le blé doit le faire dans l'espérance d'avoir part au fruit de la terre. — 11. Si donc nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grande chose que nous recueillions un peu de vos biens temporels? —
12. Si d'autres (les Apôtres) usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi n'en pourrions-nous pas user plutôt qu'eux? (nous, c'est Paul et Bar Nabas)... —
13. Ne savez-vous pas que les ministres des choses saintes se nourrissent de ce qui est offert dans le Temple ; et que ceux qui servent à l'autel ont part à ce qui s'offre sur l'autel? — 14. C'est ainsi que le Seigneur même a ordonné en faveur de ceux qui annoncent l'Évangile, qu'ils vivent de l'Évangile. »
2n0 LES APÔTRES.
Cette première charge des Fidèles, laquelle constitue le premier droit des Missionnaires, n'est pas la seule. En payant seulement les dépenses du Missionnaire, les Fidèles n'ont pas fait l'équilibre. Il est une deuxième charge, complémentaire de la première, qui constitue le deuxième droit du Missionnaire ; c'est en s'acquittant de ces deux charges, ou, ce qui est la même chose, en satisfaisant aux deux droits du Missionnaire que les Catéchisés auront rendu un service équivalent à celui qu'ils ont reçu. Cette deuxième charge des Fidèles ou ce deuxième droit du Missionnaire, quel est-il? Saint Paul va nous le dire en son nom et en celui de son collègue de mission Bar Nabas : « 5. N'avons -nous pas le droit de mener avec nous une Sosur-femme^ à.ltk^^ yjvaixa, comme font les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas? » De ce verset il ressort que, dans leurs tournées à l'étranger, les Apôtres, Céphas et les frères du Seigneur emmenaient chacun une femme. L'entretien de cette femme était à la charge des Communautés comme étant le deuxième droit compensateur du Missionnaire.
En résumé, les Missionnaires prêchaient l'Évangile ; en échange, ils exigeaient :
1° Qu'on les hébergeât personnellement (verset 4) ;
2** Qu'on hébergeât une Sœur-femme qu'ils emmenaient chacun avec eux (verset 5).
Texte grec des deux versets : « 4. Mif) oùx 1%^^^
èÇouffCav cpaysTv xal irtetv; — 5. My) oùx l')(^o{xev èÇouaCav ASe^cpiqv yuvatxa luepiàystv àç xal oi ^otirol Àitddro^oi xal ol Â8e).cpol ToO KupCou xal KT^cpaç ;
Traduction littérale : « 4. N'avons-nous pas le pouvoir (ou le droit) de manger et de boire ? — 5»
LES APÔTRES ET LES SOSURS-FËMMES. i251
N'avons-nous pas le pouvoir (ou le droit) d'emmener dans nos tournées une Sœur-femme^ comme les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Géphas? »