DIAGNOSTIC
La symptomatologie peu nette de l'appendicite à oxyure rendra son diagnostic difficile. Ainsi, l'espagnol de notre observation a été considéré comme un simulateur.
Nous diviserons cette étude en deux parties :
La première question que l'on doit se poser est celle de savoir si c’est une appendicite. Souvent le diagnostic sera incertain par le peu de défense musculaire, le manque d’empâtement. Mais, en général, l’on est ramené au diagnostic d’une appendicite banale, qui n'entre pas dans notre sujet. Mais il est plus intéressant de savoir si elle est due à des oxyures.
Le diagnostic sera basé sur la chronieité habituelle. L'âge a de l’importance. Ordinairement nous la trouverons chez l'enfant. D'après Railliet, Meyer, quand, dans une même famille, l’on constate plusieurs cas d’appendicite, il faut songer à l’oxyure.
La forme particulière de la douleur, qui est plutôt une sen$ation de chaleur, les phénomènes dyspeptiques fréquents, sont à rechercher.
Au point de vue local, l’engorgement des ganglions inguinaux serait Caractéristique.
Enfin, l'interrogatoire sera important. L’anamnèse et la présence antérieure des oxyures peuvent attirer l'attention. «
Mais tous ces symptômes ne sont pas suffisants pour confirmer un diagnostic. Plus sûres seront nos affirmations, si nous savons que le malade est atteint d'oxyurosé intestinale.
Ce qui nous renseignera, ce sera d’abord les réactions générales de l'organisme dues au parasite: prurit anal ou nasal, céphalée, convulsions, éruptions, ete.
; oi à Mais pour affirmer leur présence, il est nécessaire d'examiner les matières fécales. a
D'après Guiart, par suite de la rectite qu ‘ils occasionnent, on peut voir dans les selles du mueus, qui se présente en longs filaments, ayant l'aspect de tubes ou de filaments qui peuvent les faire confondre avec des asearis. ;
Dans les selles on trouve les parasites eux-mêmes. Guiart à fixé le manuel opératoire de cette recherche. IL part de ce principe que, si on recueille les matières fécales dans une terrine pleine d'eau, les oxyures iront au fond, tandis que les matières fécales surnagent. Si l'on décante à plusieurs reprises, en changeant l’eau chaque fois, il arrivera un moment où le liquide sera suffisamment clair pour laisser voir les helminthes, surtout si l’on dépose les cristallisoirs sur un fond noir.
On peut aussi les passer sur un tamis très fin, ne laissant passer/que les matières fécales.
“Il arrivera fréquemment que l’on ne trouve pas l’oxyure luimême, on doit alors rechercher ses œufs.
Pour cela, l'examen microscopique est nécessaire. Le procédé le plus pratique est la méthode directe. Si les matières sont trop dures, on les écrase et on les délaye dans un peu d’eau. On peut ainsi non seulement reconnaître ces parasites, mais faire aussi le diagnostic des différentes variétés d'helminthes entre eux; car, cliniquement, cette différenciation est très difficile.
Si l'examen des préparations est négatif, ne pas conclure à l'absence d'œufs qu'après l'étude très lente et très méthodique de 7 à 8 préparations (Meyer). Si les recherches des oxyures dans les selles étaient plus fréquentes, il est probable que la proportion des appendieites dues à ce parasite augmenterait.
Quoique l'examen des matières fécales soit le signe le plus positif de la présence des oxyures, il est encore quelques signes de probabilités.
Ainsi la recherche du sang dans les selles. Elle peut être faite soit par la réaction de Weber à la teinture de Gaïac fraiche, soit par celle de Mayer à la phénolphtaléine ou à la benzidine.
Toutes autres causes d'hémorragies intestinales étant écartées, Guiart, Cade, Garin en font un signe spécifique; Railliet, au contraire, nie la valeur de ces réactions.
On a cité encore l'examen des urines selon la méthode Iefimov (solution officinale de nitrate acide de mercure). Cette réaction n’a pas fait ses preuves et est fortement diseutée. Enfin l’éosinophilie a été décrite, mais elle serait à peu près nulle pour l’oxyure (Thèse de Limasset).
Toutefois, si même l'examen des selles et les réactions cidessus nous révèlent la présence de l'oxyure dans les selles, il ne faut pas conclure que l'appendigite soit due à ce parasite. Il peut arriver qu'il soit l'hôte de l'intestin, sans être celui de l’appendice. D’après Railliet, en outre, l’appendice peut en être absolument pavé sans qu'il y ait appendicite; e’est ce que ses statistiques sur les enfants des écoles de Paris et ses recherches nécropsiques ont établi.
Cependant, la coexistence de symptômes appendieulaires et des oxyures sont en faveur d’une appendicite due à ces parasites. :
Le diagnostie sera plus sûr s'il existé un rapport entre les oxyures et les douleurs: si, par exemple, les parasites diminuant, le malade souffre moins; de même, si après la disparition des oxyures par un traitement antihelminthique, Fappendicite ne donne plus de réaction. Cette sédation de cause à effet est le signe le plus caractéristique.
Comme conclusion, quoique le diagnostie puisse être réalisé. si les symptômes sont nombreux, il est difficile.
S'il est fait, il permet de poser le pronostic et de prévoir les complications.
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