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PORTRAITS EN PIED

21. — Les photographies en pied, qui sont dhin très petit secours pour les enquêtes judiciaires, ne doivent être faites que sur la demande expresse de l’instruction.

22. — Pour ce genre de portrait, le photographe s’appliquera avant tout à ne gêner en rien la pose naturelle de l’individu. 11 placera à côté de son sujet quelques accessoires appropriés à sa condition sociale et servant à donner par comparaison une idée de sa taille, comme, par exemple, un bureau, une chaise, une table de café, etc.

23. — La réduction à observer sera de ^ pour le format 9 x 13, ou de pour les castrés rares où l’on aurait recours au format album.

C’est surtout dans ces cas que la photographie en pied amène quelquefois des reconnaissances.

Lt:.S APPLICATIONS DE l’aNTURO POLOGIE CRIMINELLE

là OÙ le buste a échoué. Elle a l’avantage de donner une notion plus précise de la position sociale de l’individu.

Ainsi, dernièrement, une voleuse de grand air fut amenée au Dépôt. Ce qui distinguait cette femme, ce n’était pas sa figure, c’était son costume. Elle Amlait des bijoux chez les orfèvres.

Qu’ont remarqué surtout ses victimes ? Son costume, son chapeau, sa mantille, etc.

Mais il faudrait citer tout son livre. Ainsi un de ses conseils est qu’il faut parler avec le sujet de clioses plaisantes pour dérider sa figure. Il signale aussi qu’il y a des photographies d’un môme sujet qui varient énormément parce que celui-ci, voulait dissimuler son identité; il ricanait lorsqu’on le photographiait pour la deuxième fois, mais la photographie de profil ne variait pas.

Les photographies de face sont mieux reconnues par le public.

Lorsque les dissemblances physionomiques entre deux photographies sont accrues par des changements de coupe de barbe et de cheveux, on se trouvera quelquefois bien de couvrir remplacement du système pileux de chaque image au moyen d’un musqué de papier découpé de façon à ne laisser voir que les parties semblables.

Lorsqu’il y a dissemblance entre deux photographies, il faut examiner le cliché; un accident de cliché imite souvent le nœvus pigmentaire. La comparaison de la face et du profil sera une dernière garantie.

Lorsqu’on attribue l’absence d’un signe à la trop gi'uiide opacité des noirs d’un cliché, il pourra être utile de faire tirer une double épreuve

du môme cliché ; une très légère avec une exposition très courte, où les blancs du cliché à peine traversés apparaîtront avec tous leurs détails; l’autre très poussée'où les mômes blancs apparaîtront sur répreuve en une masse noire uniforme, mais où en revanche les noirs partiellement décalqués laisseront apercevoir la cicatrice révélatrice.

Certaines nuances de cheveux roux ou blond ardent changent souvent complètement le caractère d’une figure en photographie ; car on sait qu’elles y sont rendues par des tons se rapprochant plus ou moins du brun, tandis que notre œil se les représenterait plus volontiers au moyen de tons clairs.

Souvent ce sont les individualités les plus caractéristiques quand on les voit en personne, qui sont les plus banales en photographie. Ceci tient à ce qu’en pratique, la reconnaissance se fait par l’allure, le jeu de la physionomie, la gesticulation autant que par la forme.

11. Anfosso. — Nous avons déjà mentionné l’anthropomètre d’Anfosso. Nous le représentons à vide (fig. 2) et en action (fig. 3).

Les mensurations fournies par l’appareil sont les suivantes :

1° Taille jusqu’au sommet de la tôte;

2° Diamètre maximum (occipito-frontal) de la tête ;

3° Diamètre transversal de la tête ;

4° Distance du plan horizontal de la ligne du dos du nez au bragma;

6" Angle frontal;

T Longueur du nez ;

LES AI-PLICATIONS DE l’aNTUROPOLOGIE CRIMINELLE

8" Hauteur de l’épaule ;

9'' Grande envergure;

10'" Longueur du médius droit de la main-

ir^ Longueur extérieure du pied;

12*^ Longueur inférieure du pied.

L’anthropomètre consiste dans une tige sur laquelle glisse un montant horizontal, qui, au moyen d’un ressort à pression, peut s’arrêter à toute hauteur. Le long de cette colonne court un appareil métallique que nous appellerons craniomètre. Le long des deux bras du montant courent deux appareils qui servent à mesurer simultanément la grande envergure et la longueur des doigts.

Sur le plancher qui soutient la tige, moyennant deux branches glissantes, on mesure la longueur des pieds.

Le fonctionnaire chargé des mensurations fait monter le détenu sur le plancher de l’anthropomètre, en s’assurant que les talons touchent la colonne et que les pieds, par leur partie intérieure, touchent le milieu de l’appareil. Ensuite, il fait appuyer son corps le long de la colonne verticale, en faisant tenir la tête dans la position militaire ^attention avec la nuque au contact de la colonne ; ensuite il abaisse le craniomètre jusqu’à toucher le sommet de la tête.

A ce moment il s’assure que la ligne du milieu du front est en correspondance avec la branche qui donne les mensurations du diamètre maximum, et ensuite il fait glisser cette branche e long du montant jusqu’à la rencontre du ffon • Après avoir lu à ce point Lindication, il pousse

la branche de mensuration jusqu’à ce qu’elle se trouve étendue le long du Iront, en lisant sur

1 arc gradué les chiffres de Tare frontal.

On fait ensuite glisser la branche avec le pla-

EOMbROüo. — Appi. de Vanttif. io

::iO() LliS APPLICATIONS DE L’aNTüKOPOLOGIE CRIMINELLE

teaii jusqu’à ce que celui-ci ail rejoint la base de la ligne du dos du nez; quand le plateau est

le nez est fuyant ; selon ensuite que le nez arrive au au 2° ou au 3® degré tracé sur le plateau, le nez est bref\ moyen ou long. On lit sur cette branche le numéro indiquant la hauteur du plan horizontal qui passe par la ligne du dos du nez, et dans la branche supérieure le numéro indiquant la distance du plan vertical qui passe également par la ligne susdite ; successivement on fait glisser les deux plateaux qui se trouvent des deux côtés de la tête on lit sur la graduation transversale les deux demi-diamètres et, ensuite, faisant la somme, on a le diamètre transversal.

On obtient la mesure des épaules en faisant descendre le montant horizontal jusqu’à la rencontre des épaules ; si elles sont d’égale hauteur, on les mesure ensemble, et si leur hauteur n’est pas égale, on commence par la plus haute. La lecture de cette hauteur comme celle de la taille se fait à la partie postérieure de l’anthropomètre. Après la mesure des épaules, on fait placer les bras du détenu le long des branches horizontales et l’on introduit l’appareil qui doit mesurer les doigts entre le médius et l’annulaire de chaque main jusqu’à ce qu’il arrive en contact avec la base des doigts, tandis qu’on a soin que l’appareil qui mesure les bras arrive au contact du médius, et ensuite on fait étendre les bras au détenu (fig. 3).

Enfin, après s’être assuré que le talon est toujours en contact avec la colonne et que le pied est dans la position normale, le fonctionnaire lit la mensuration externe de la longueur du pied, et introduisant l’appareil spécial entre le pouce et le 2® doigt, et sur l’index le plus

i>08 LKS APPLICATIONS DC l’aNTIJROPOLOGIK CRIMINELLE

proche de la colonne il a la longueur externe du pied (fig. 3).

Cet instrument est très commode et très exact pour les mensurations rapides de la taille, de la grande envergure, des pieds et des mains, mais très peu pour celle de la tête.

III. Sergt. — M. Sergi, le célèbre psychologue et anthropologiste de Rome qui vient de fonder le premier laboratoire de psychophysique en Italie,

Fig. 4. — Nouvel anthropomètre, par le professeur G. Sergi.

A, toise anthropométrique de 3 mètres. — B, glissière qui se prolonge en C, et qu’on peut fixer avec la vis b. La prolongation en C est graduée et porte à angle droit une autre petite toise D, qui glisse sur C, et qiPon peut baisser et élever par la glissière commune F — D, porte un appendice E, qu’on peut baisser en E’. — G, est un compas qui glisse dans la fente N par la vis H, et porte deux plaques I I' triangulaires, la première, I, fixe; la seconde I’ glissant sur le compas et qui porte une aiguille pour indice.

a perfectionné cet instrument et lui a donné l’exactitude scientifique ; la figure que nous donnons (fig. 4) et son explication suffisent pour en donner une idée exacte.

La glissière B avec ses appendices se porte sur la tête de la personne qu’on mesure.

Le compas glissant transversalement prend la largeur maxima de la tête, par G et D; on a la longueur maxima en touchant avec E la glabelle frontale, et en appuyant l’occiput sur M qui glisse sur la toise anthropométrique à volonté.

Avec G et D on peut avoir des projections différentes. En quatre ou cinq minutes on a ainsi les chiffres de la taille, les diamètres de longueur et de largeur et deux projections — des dents à l’occiput et du nez à l’occiput.

IV. Glinomètre CRANIEN. — Un nouvel instrument pour les mesures goniométriques craniocéphaliques vient d’être inventé par M. Gaudenzi.

Selon les indications de la figure (fig. 5), il se compose essentiellement d’un compas, dont on tient biséqué l’angle d’ouverture par une petite verge rectiligne AA' mobile à son extrémité postérieure sur une autre verge rectiligne BB' à direction transversale, avec laquelle elle vient ainsi déterminer des angles mesurables à l’aide d’un demi-cercle gradué. La ligne BB' est à son tour complètement mobile dans un plan vertical à l’aide de l’articulation de son cylindre de soutien G dans la sphère D : le degré d’obliquité qu’elle atteint sur l’horizon est déterminé à l’aide d’un autre demi-cercle placé en arrière. Toutes ces parties peuvent en outre se déplacer en toute direction de l’espace par la composition des trois mouvements d’élévation et d’abaissement de la colonnette H dans son étui I ; de celle-ci à gauche ou à droite sur la barre transversale MM', de cette dernière en avant ou en arrière sur la sagittale NN'.

210 LES appltcattons de l’anthropologie criminelle

Les soutiens du crâne et de la tête à examiner sont construits de sorte qu’ils permettent tout mouvement nécessaire pour obtenir l’orientation

Fig. 5.

que l’observateur désire : et l’orientation môme est garantie dans les directions verticale et horizontale, par le contrôle avec les branches de deux compas-glissières soutenus par une équerre métallique latérale ; dans la direction transversale

elle est donnée par Fusage du clinomètre même.

On exécute pratiquement l’observation de la manière suivante. Si l’on veut, par exemple, déterminer (voir la fig. o) l’angle d’inclinaison de l’ouverture orbitaire gauche sur le plan facial, après avoir pris la longeur du diamètre transversal, on applique sur les points anatomiques correspondant à ses extrémités les pointes du compas dont l’angle aura été biséqué auparavant par AA'. On ne pourra obtenir cette application que : a) par un angle v' déterminé, de AA' sur BB' ; b) par un angle déterminé de BB' sur l’horizon ; c) par un déplacement de l’appareil h gauche sur MM': d) par un déplacement de celle-ci, en avant ou en arrière, sur NN'. L’angle y ainsi obtenu est l’angle cherché ; les autres mesures fournissent les éléments pour d’autres importantes observations sur la construction orbitaire.

Pour l’orientation du crâne, Gaudenzi a adopté une méthode tout à fait géométrique , par laquelle on obtient en même temps une orientation anatomique correspondante, dont les éléments sont confiés au choix de l’observateur ; et cela dans l’idée, qu’il partage avec Benedikt, que toute orientation qui a pour base la simple direction des lignes anatomiques est par cela meme soumise à une cause d’erreur fort insidieuse, c’està-dire aux asymétries de construction qui sont si communes dans la morphologie du crâne. En effet, si l’on pense que toute notion de symétrie de forme d’un organisme est engendrée en nous par l’égalité des rapports que ses parties homologues ou correspondantes atfectent avec l’espace; que même de ces rapports-lâ ont été tirées les déno-

uiinaLions anatomiques d’axes horizontal, vertical, sagittal, tout en admettant implicitement qu’ils })uissent changer ou altérer dans le cas morphologique les relations rectangulaires qui leur sont propres en géométrie, on voudra bien convenir qu’il faut remonter à la source naturelle lorsqu’on veut obtenir une orientation fixe et sûre (1). Gaudenzi s’est servi de meme de l’orientation géométrique pour en tirer la détermination de l’asymétrie; car, si celle-ci manque, les deux dispositions, géométrique et anatomique du crâne, s’accorderont parfaitement entre elles; sinon, la déviation même de la seconde par rapport à la première donnera tout simplement l’indice de l’irrégularité.

Tous les angles interceptés entre deux lignes qui aient pour extrémités des points anatomiques déterminés sont de cette manière susceptibles de mensuration, sans devoir recourir pour la plupart d’eux ni à des calculs, ni à des constructions graphiques. Tels sont, par exemple, en dehors des angles de l’orbite déjà mentionnés, les angles faciaux (Camper, Cuvier, Gloquet, Jacquart, Virchow, Jhering, Falkenstein, Sergi, etc.), l’angle mandihulaire ^ le bipariétal de Quatrefages, etc.

Une autre série de mesures, déterminables soit par de très simples formules trigonométriques, soit par une construction de géométrie élémen-

(1) Si l’on suppose que dans la figure 5, AB, représente le diainctre transversal de l’ouverture orbitaire, x y pl^*^ lacial vcrlical qui passe par son angle interne, x' y' le plan vertical dans lequel est toujours placée la verge BB' : on a a^ors que FD (AA' de l’appareil) est perpendiculaire a AB. E angle y' ~ angle t, donné par la partie du demi-cercle, qui epasse en haut la x' y'. Pour explications ultérieures voir

cOC. CZt,

taire, est donnée par Y indice de prognatisme. par les angles auriculaires (Broca), par Tangle occipital (Daubenton, Broca), par le basilaire (Broca), par les angles et les triangles naso-faciaux (Virchow et Welcker, Vogt), le corono- facial de Gratiolet, etc.

On peut aussi, à Taide du simple craniostate que j’ai indiqué, prendre toute mesure linéaire soit directe, soit de projection, de la face et du crâne, comme, par exemple, les raijons auriculaires de Broca.

Par la composition des deux espèces de mesures, linéaire et goniométrique, on peut arriver à la construction de diagrammes polygonaux analogues à ceux de M. Welcker, en multipliant à volonté le nombre de leurs côtés.

Comme on voit, les seules longueurs périmétriques resteraient ainsi indéterminables si l’on ne pouvait y remédier par le catliétomètre de M. Benedikt qui a pour but de déterminer les centres et les rayons géométriques auxquels se rapportent les arcs de cercle dans lesquels (selon les idées du savant maître de Vienne), doit même être décomposé le périmètre d’une section quelconque du crâne. Car, si l’on pense que toute direction de la verge bissectrice AA étant toujours perpendiculaire à la distance interceptée entre les deux branches du compas clinométrique, elle est aussi perpendiculaire à la tangente en un point donné d’un arc quelconque de la circonférence crânienne, dont celui-ci touche les extrémités ; si Ton veut bien considérer qu’on peut déterminer par cette manière les tangentes à tous les points successifs de la même circonférence aussi bien que

21 i LES APPLÎCATtONS DE l’ ANTHROPOLOGIE CRIMINELLE

leurs mutuels rapports angulaires, on concevra aisément la possibilité de construire par là V évolue (ligne des centres) de la section donnée. On peut faire cela, comme M. Gaudenzi Ta montré, soit à Taide d’une construction graphique fort simple, soit par l’usage des formules trigonométriques élémentaires qu’il a données . Je veux ajouter que les résultats auxquels il est arrivé par cette méthode, correspondent à ceux déjà obtenus par M. Benedikt, et que même la construction graphique faite à l’aide du compas et de l’équerre sur les résultats donnés par le clinomètre est susceptible d’une exactitude presque parfaite, comme il a pu le constater en la confrontant avec le moule des courbes crâniennes pris avec un ruban de plomb (Marcé).

On peut aussi obtenir à l’aide du clinomètre et du craniostate qui lui est adjoint les plus rigoureuses mesures angulaires et linéaires des asymétries faciales et crâniques.

En résumé, voici donc les avantages de cet appareil :

Orientation géométrique absolue du crâne;

2° Mesures de longueur directe, de projection, et même périmétriques en rapport au plan médian, aussi bien que comparativement sur les deux côtés du crâne ;

Construction mathématique rigoureuse de certains faits géométriques de la morphologie crânienne.

E’ appareil est également applicable au crâne nu, comme à la tête, tout en faisant naturellement les réserves qui sont toujours inhérentes à celle-ci.

V. Catiiétométre DE Benedikt. — Benedikt, nous l’avons vu, mesure (1) les crânes avec un ensemble d’instruments calhétométriques dans le double but, écrit-il, d’en obtenir les mesures de projection et de mieux les orienter ; il se sert d’un cranio-fixateur pour fixer le crâne qu’il veut mesurer et pour le tourner librement dans le sens des trois dimensions; et pour cela il faut, selon lui, que l’axe anatomique ne coïncide pas, dans sa fixation, avec l’axe du crânio- fixateur, car les axes anatomiques, en général, ne correspondent pas à l’axe idéal cathétométrique du crâne.

Le dernier doit être complètement perpendiculaire sur le plan médian, pendant que Taxe auriculaire sur la majorité des pièces est oblique.

Le plan idéal, je cite ses paroles, doit être dessiné sur l’objet.

On y arrive en fixant le crâne sur sa partie latérale, et en le tournant après sur le fixateur jusqu’à ce que le plan soit horizontal, et on dessine alors l’épigraphe, qui est aussi visible sur la figure, ce plan sur le crâne.

Un autre plan naturel de projection, c’est le plan visuel, que le génie de Broca avait trouvé, mais il fixe ce plan à l’aide de son cathétomètre, comme on voit dans la figure (fig. 6).

Ces instruments calhétométriques sont parallèles aux axes et aux plans de projection naturelle de l’objet.

Ainsi, par exemple, le compas glissoire a une branche qui est représentée dans la figure par le

(1) Benedikt, Kephatomelrie^ Vorlesungcn,

Wien U. Leipzig, 1888, e Benedikt-Kcraval, Manuel technique et pratique (V Anthropométrie cranio-céphalique, Paris, 1889.

1>1() U- s AIM'LICATIONS DE l’aNTHROPOLOGIE CRIMINELLE

tcoclolillic et par Tépigraphe, doit avoir un mouvement CAactement vertical pour mesurer les différences de hauteur.

Fig. G.

Pour mesurer celles de longueur et de largeur des surfaces du crâne, le compas glissoire,

INSTRUMENTS ET MI3TIÎ0DRS ANTIlROrOMÉTRIQUES 217

comme le téodolithe, doivent être mobiles le long de châssis, qui sont ou parallèles au plan médian du crâne, ou perpendiculaires sur ce plan.

Un complément très important do ces instruments est un appareil stéréométrique , dont les plans soient complètement parallèles à des châssis ; alors il est possible (comme on voit dans la figure) d’obtenir des dessins identiques aux sections du crâne.

Ces dessins peuvent alors être utilisés pour trouver les lois de construction, pour juger les relations de symétrie de chaque côté, et pour prendre des mesures qui ne sont pas moins exactes que les mesures prises directement par le cathétomètre.

J’ai fait mention de ces instruments cranimé- Iriques de précision pour faire honneur à leurs inventeurs qui sont des anthropologistes criminels très distingués ; mais je ne crois pas à leur application, sauf dans des cas purement scientifiques (des crânes, par exemple, préhistoriques très rares) ; car pour l’étude pratique de l’aliéné et du criminel, ce ne sont pas des différences de quelques millimètres ou de demi-millimètres qu’il faut relever, mais surtout les grandes anomalies pathologiques et atavistiques, dont l’excès des études anthropométriques détourne tout à fait l’attention ; c’est ainsi que des anthropologistes très distingués qui connaissent bien la hauteur et la largeur des tibias et des mâchoires de milliers d’hommes, confondent la fossette occipitale moyenne avec le trou nourricier du crâne, et

— Appl. de l'antkr. Eî

f.OMÜROSO.

lîlS Li:s AI'1*LTCATT0.\S DI. L’ANTimOPOT.nr.lE ciumini-lle

qu'ils nient les anomalies crâniennes de CharloUe Corday qui sont cependant si évidentes.

VI. Ergograpiie du professeur Mosso. — Mosso a inventé un instrument qui sert à donner le li-acé de la force dont le dynamographe ne nous donnait qu’une idée tout à fait incomplète.

Fie-. 7.

Cet orcfoc/raphe se compose de deux parties : l'une qui tient la main fixée, l’autre qui inscrit les contractions. L’appui fixateur (fig. 7) est constitué par une plate-forme de fer longue de fiO cent., large de 17, dont les parties essentielles sont constituées par deux coussinets (A et B); sur l’un d'eux (A) pose le dos de la main, et sur l’autre, légèrement creusé en forme de gouttière (B), appuie l’avant-hras, et par deuK autres coussinets (C, D) qui fixent le poignet. La main est fixée, dans sa partie antérieure, au moyen de deux tubes en cuivre (G, H), qui ont une lumière intérieure, variant selon la grosseur des doigts; dans les doux tubes, on introduit l’index et l’annulaire; et dans l’espace qui reste libre entre eux, se meut le doigt médius, à la seconde plialange duquel on

. INSTRUMENTS ET MÉTHODES ANTIlROPOMÉTU[QÜES

passe un anneau placé à l’extrémité d’une petite corde, qui fait mouvoir l’appareil enregistreur.

Pour donner une position commode au bras qui travaille, il faut le tenir en légère pronation. C’est pourquoi la plate-forme est inclinée de 30 cent, environ vers le côté interne, et, du coude vers l’extrémité de la main, elle est légèrement soulevée d’environ 2 ou 3 centimètres : et, dans le but de changer la position de l’appui selon qu’on travaille avec le bras droit ou avec le bras gauche, la plate-forme a, par derrière, un seul pied I, sur lequel appuie l’appareil, et en avant, il y a deux pieds, dont l’un L est long de o cent., et l’autre M de 12. On peut faire tourner la plateforme en portant le pied plus bas tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, changeant ainsi son inclinaison, tantôt à droite et tantôt à gauche, selon la main sur laquelle on veut étudier la courbe de la fatigue.

La seconde partie de l’appareil est le curseur enregistreur. Il se compose d’une plate-forme de fer qui porte deux colonnettesde cuivre L, M; elles sont faites à fourchette et portent chacune deux tringles cylindriques, qui constituent les guides du curseur métallique A, sur lesquelles il peut glisser. Dans ce curseur, il y a une ouverture cylindrique, dans laquelle on adapte un crayon avec une direction perpendiculaire et la pointe en bas, qui écrit sur un morceau de papier ordinaire D placé horizontalement au-dessous ; ce morceau de papier est adapté sur une planchette métallique F, qui, d’un côté, a une petite crémaillère. L’expérimentation doit, à la fin de chaque contraction, faire déplacer de quelques millimètres la plan-

chcUe, à l’aide de la pression d’un bouton (C), dont l’autre extrémité engraine avec la crémaillère placée à l’extrémité d’un levier.

Au curseur on peut adapter aussi une plume si on veut écrire les contractions sur le papier noirci d’un cylindre tournant, comme cela se pratique dans les expériences graphiques.

Fig. 8.

Le curseur B a deux crochets : à l’un on fixe la corde P avec laquelle on le tire au moyen de la flexion du doigt. Cette corde porte, à son extrémité, un fort anneau de cuir que l’on introduit dans la deuxième phalange du doigt médius. A l’autre crochet, qui se trouve sur la face opposée du curseur, on attache, au moyen d’une autre petite corde O, qui passe sur une poulie métallique, un poids de 2 ou 3 kilogr. ou même plus.

Pour les recherches sur la contraction des muscles, comme il faut que le muscle soit

INÿTIUJMK.VrS KT .MimioltLS AN'IliliOl'O.Ml.TI’.lulJKS 'JÜ

laiitot toujours charge, taiilùt non, ou a mis une vis V qui peut arrêter le curseur au point <[ue Tou désire . et décharger le luiiscle à la liii de cha([ue coutractioii.

V\iX. t).

Les contractions du doiî^t s'exécutent suivant le système marqué par un pendule in ter rupteur de Ballzar, ou par une simple pendule à secondes.

La figure 0 reproduit un tracé inscrit [lar l’ergographe: elle rcqirésente la série des cnni raclions

laites par le D" Maggiora, tandis qu’il soulevait un poids de 3 kilogr, toutes les deux secondes.

On peut obtenir avec l’ergographe, non seulement des contractions musculaires volontaires, mais aussi des courbes produites par l’excitation des nerfs et des muscles. On doit recourir alors à une excitation électrique tétanisante. On fait l’application du courant sur le nerf médian ou sur les muscles fléchisseurs, au moyen de deux boutons métalliques recouverts d’une éponge imbibée d’eau légèrement acidulée. Pour les tenir fixes, on se sert de deux rubans élastiques que l’on serre autour du bras avec une boucle.

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