‹ Les applications de la télégraphie sans filChapitre 3 sur 57 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

maîtres de l’Université s’exprimait en ces termes (°) :

« Les sciences ne se bornent pas à la poursuite de résultats utilitaires et pratiques. Elles sont, elles aussi, particulièrement propres à développer les qualités maîtresses de l’esprit…

« N’est-il pas banal de redire, après tant d’autres, quelle haute et pénétrante poésie se dégage souvent de la science ?

« N’élève-t-elle pas l’âme dans les régions les plus pures, cette science qui cherche et découvre les lois des mouvements des astres, indique leur marche, retrouve leur trace et leur place dans les profondeurs de l’espace immense et, nous faisant entrevoir derrière des mondes, d’autres mondes encore plus lointains, et, derrière ceuxci, sans limites, d’autres mondes encore, nous donne le frisson de l’infini ?

« Ne nous rappelons-nous pas alors avec émotion les vers du poète :

L’astronomie atteint où ne ment plus l’azur,

Sous des plafonds fuyants, chasseresse d’étoiles,

Elle tisse, Arachné de l'infini, ses toiles Et suit, de monde en monde, un fil sublime et sûr (1).

« Un navire est sur la mer; la nuit, la brume l’environnent, rien ne le relie à la terre, il est seul (2). Et voici que d’un appareil nouveau

(1) Sully PrupHoMuE, Le Zénith.

(2) Les lecteurs ont encore présent à la mémoire le récit émouvant de la perte du navire Ze Titanic dont le radiotélégraphiste, jusqu’au dernier moment, décrivait dans ses télégrammes la confiance, puis les angoisses, et enfin la résignation des naufragés.

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