Cf. ci-après chap. VII
22 LBS ARABES EN SYRIE AVANT L ISLAH
tatioDs primitives, les textes safaïtiques nous livreront le panthéon de ces nomades. En le comparant, par exemple, aux divinités de Palmyre, le panthéon saf^tique nous apparaîtra à un slade plus ancien, moins pénétré d'influence syrienne, c'est-à-dire, à cette époque, d'influence grécoaraméenne. Nous comprendrons, d'autre part, comment certaines divinités arabes ont pénétré dans les cultes syriens
Fig. 3. — Notre campement dans U Harra>
et, de là, se sont répandues, par l'intermédiaire des soldats et des marchands, sur tout le monde romain.
Les textes saffutiques nous fournissent en abondance des noms propres, car l'Arabe est particulièrement attaché h sa généalogie. C'est elle qui le décide à prendre parti dans telle ou telle querelle et qui domine tous les actes de sa vie. Ces textes témoignent, contrairement à l'opinion admise, que les noms de tribus peuvent être des noms d'ancêtres.
Chez les Safaïtes, les noms propres sont excessivement variés et, comme le sens se laisse presque toujours recon-
naître, ces noms propres nous renseignent sur le vocabulaire. Quelques-uns sont constitués par des formes verbales. Si les graffites safaltiques relatent rarement un événement important^ ils sortent par contre de la sécheresse habituelle des inscriptions monumentales. En tout point comparables aux dessins qui souvent les accompagnent et les illustrent, ils nous offrent un commentaire familier de la vie au désert. Dans les uns comme dans les autres, les Safaïtes se sont représentés sous une forme schématique, mais pleine de mouvement. Là, ce sont des cavaliers armés de la longue lance, tels les Bédouins de nos jours, et figurés tantôt au repos la bête rassemblée sous eux, tantôt à la poursuite d'une gazelle ou d'une antilope. Ici, c'est la chasse au lion qu'attaquent simultanément des hommes à cheval portant la lance et des hommes à pied munis d'arcs et de boucliers.