Th. Noeldeke, Bie Ghassânischen Fûrsten, p. 9 et suiv
2. M. Peiser, Orientalische Litteratur-Zeitung, 1903, p. 277-281, a également reconnu un roi de Hîra, mais il a pensé que les historiens arabes avaient embrouillé les généalogies et attribué indûment à la dynastie des Lakhmides un roi Ghassanide.
1. « Ceci est le tombeau d'Imroulqais fils de 'Amr, roi de tous les Arabes, celui qui ceignit le diadème,
2. « qui soumit (les deux tribus d'jAsad, (celle de) Nizàr et leurs rois, qui dispersa Madhhidj jusqu'à ce jour, qui apporta
3. « le succès (?) au siège deNedjrân, la ville de Ghammar, qui soumit (la tribu de) Ma'add^ qui préposa ses fils
4. « aux tribus et les délégua auprès des Perses et des Romains. Aucun roi n'a atteint sa gloire
5. « jusqu'à ce jour. Il est mort l'an 223, le septième jour de kesloûl. Que le bonheur soit sur sa postérité! »
La date, comptée d'après Tère de la province romaine d'Arabie, correspond au 7 décembre 328 de notre ère. La principale modification dans cette lecture porle sur la mention des Perses*.
Imroulqais ibn *Âmr ajoute à son titre de « roi de tous les Arabes », la qualification de « celui qui a ceint le diadème », le tâdj. « L'apparition du mot tâdj « diadème », si nettement frappé au coin iranien, remarque M. Clermont-Ganneau, est des plus significatives; elle implique une conception de la souveraineté arabe se fondant sur une investiture d'origine perse * » .
Dans sa monographie sur la dynastie des Lakhmides, M. Rothstein a montré que l'expression dkoû al-tâdj « possesseur du tâdj », est presque consacrée pour les rois de Hlra. Elle n'est appliquée que très rarement aux Ghassanides et, de fait, au témoignage de Jean d'Ëphèse, ces derniers ne reçurent le tâdj qu'en 580». Si le mot tâdj est persan, la chose l'est aussi. <( Les Arabes, dit M. Rothstein^ ont
1. On trouvera les diverses lectures résumées et discutées dans Répertoire (Tépigraphie sémitique^ u? 483. A la ligne 2, au lieu de l'énigmatique MQDj, Testampage nous paraît montrer un dalet en ligature avec le het, ce qui permet d'adopter la lecture Midhhadj à laquelle a pensé M. Peiser.
2. Clermont-Ganneau, Recueil d'archéologie orient., VI, p, 307.
3. Clermont-Ganneau, Le tâdj-ddr Imrou'l-Qais et la royauté générale des Arabes dans Recueil d'arch. or„ VII, p. 167-170.
seulement appris à connaître le tâdj chez les Perses, peutêtre même par Tintermédiaire des Lakhmides' )>.
On doit conclure qu'un roi des Arabes, signalé en 328 de notre ère comme ayant porté le tâdj^ ne peut l'avoir reçu que des Perses. Donc, Imroulqais ibn *Amr tenait son investiture du roi des Perses et on doit l'identifier avec le roi de Hîra de ce nom.
Par suite, la mention des Perses dans notre texte devient toute naturelle. Mais il en résulte aussi que l'état politique du désert de Syrie, au iv® siècle, doit être envisagé sous un jour nouveau.
Tout d'abord, la chronologie des rois de Hîra, que l'on désespérait d'établir pour l'époque la plus reculée, y gagne un point fixe important. La tradition rapportée par Tabarî attribuant 118 ans de règne à 'Amr, le premier roi de la dynastie^ et 114 à Imroulqais, son fils% est évidemment à rejeter. Mais, après ce dernier, les renseignements paraissent dignes de foi dans l'ensemble. En effet, Tabarî compte 90 ans de règne pour les quatre successeurs d'Imroulqais fils de 'Amr et cela comble exactement la lacune entre 328 — date de la mort d'Imroulqais, d'après l'épitaphe du Louvre, — et 418 date certaine, à deux ou trois ans près, de la mort d'An-No'mân I, quatrième successeur d'Imroulqais fils de *Amr*.
Imroulqais était roi de tous les Arabes. Par là, il nous faut
1 • Rothstein, Die Dynastie der Laf^miden in al-HtrUf p. 129.