‹ Les Arabes en Syrie avant l'Islam. Avec 32 figuresChapitre 19 sur 87 · ALEP · texte numérisé non relu

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Fig. 40. — Principaux fortins du limes syrien.

avons décrit plus haut. L'un d'eux, cependant, se distingue .nettement, moins par le plan que par des particularités de construction et surtout de décoration. Nous voulons parler

du monument de Mechatta que Tristram a, le premier, fait connaître dans son ouvrage The Land of Moab et que Fergusson, dans le chapitre où 11 en étudiait les caractères , attribuait aux Perses'Sassanides.

Plus tard, on a songé aux Ghassanides. Cette hypothèse est aujourd'hui le plus en faveur; elle a rallié notamment MM. Max van Berchem, Strzygowski et Brunnow.

Dans le cinquième volume de son Art antique de la Perse, M. Dieulafoy est revenu à l'hypothèse de Fergusson. Le palais de Mechatta aurait été construit par Ghosroès II alors que les Perses occupaient la Syrie de 611 à 623.

Récemment, la Prusse a obtenu du gouvernement ottoman la rare faveur d'enlever, pierre à pierre, une partie de la façade du palais de Mechatta pour la réédifier à Berlin dans le nouveau Kaiser-Friedrich-Museum, où elle fait l'admiration des visiteurs depuis le mois d'octobre 1904. En même temps, la direction des Musées prussiens publiait une importante monographie comprenant un rapport de M. Bruno Schulz, l'architecte chargé du transfert, et une étude pénétrante de M. Josef Strzygowski, le savant professeur de TUniversité de Graz *.

Peu après, M. Brûnnow dans le second volume de sa Pro-vincia A rabia présentait les résultats d'une étude de Mechatta, poursuivie sur place avant le transfert à Berlin.

M. Schulz a abouti à une restauration du plan d'où il conclut que Mechatta était une* forteresse destinée à abriter un corps de troupe divisé en dix portions. L'édifice étant resté inachevé, quelques doutes subsistent pour la restitution trop compacte des parties latérales. D'autre part, comme le

1. Bruno Schulz et Josef Strzygowski, Mschatta, dans Jahrhuch der k. pr» Kunstsammlungen^ 1904, p. 205-373.

remarque M. Brtlnnow, la façade restaurée est beaucoup trop élevée.

M. Strzygowski s'écarte de son collaborateur pour revenir à l'hypothèse du palais et il l'appuie par des arguments probants.

En effet, si l'enceinte de Mechatta répond au type des castella romains du limes syrien, l'intérieur, tout en offrant comme eux une cour centrale, présente des particularités notables. Au fond de la cour se dresse une grande salle à trois nefs terminée par une pièce en forme d'abside triconque couverte par une coupole. M. Strzygowski a montré que cette disposition triconque caractérise les palais. On trouve le triconque dans le palais que Dioclétien fît construire à Spalato en Dalmatie et qu'il habita après son abdication en 305. Dioclétien avait passé la majeure partie de sa vie en Orient. Il en aimait « les mœurs fastueuses et serviles* ». Le palais de Spalato fut élevé par des architectes et même des ouvriers orientaux. Nul édifice ne témoigne mieux de l'influence orientale, et particulièrement syrienne, exercée par l'école d'Antioche sur la formation de l'architecture byzantine qu'inaugure précisément le palais de Spalato.

Cette conception fort juste, et admise depuis les découvertes de M. de Vogtlé en Syrie, a été poussée par M. Strzygowski jusqu'à refuser toute influence occidentale, c'est-àdire romaine, dans l'élaboration de l'art byzantin. Celui-ci, comme a également entrepris de le montrer M. Ajnalov, reposerait uniquement sur des fondements hellénistiques. Nous ne pouvons qu'indiquer la thèse ; sa discussion n'est pas de notre compétence. Il nous faut, cependant^ signaler que, dans sa remarquable étude pour V Histoire de l'Art* y

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