‹ Les Arabes en Syrie avant l'Islam. Avec 32 figuresChapitre 55 sur 87 · Clermont-Ganneau, Rec, d'arch, or.^ II, p · texte numérisé non relu

Clermont-Ganneau, Rec, d'arch, or.^ II, p

Qasiou {CIS, U, 174; an 40 av. J.-C.)

Rouhou I {CIS, il, 182)

Aklabou

Malikou Qasioa

Roal^ou II Mahkou

{CIS, II, 182; an 50 ap. J.-C.) {CIS, II, 170; an 47 ap. J.-C.)

D'après cet exemple, les fonctions sacerdotales paraisse ^^ réservées à une famille. Souvent, dans le Haurân, le dieu ^^st simplement désigné comme « dieu d'un tel »; vraisemblable^' ment, ce « un tel » est le chef de la famille sacerdotale. Noc — ^^ reconnaissons également des membres de la famille sacerd^^>~ taie dans les dédicants qui désignent la divinité nomm^^^ comme étant leur dieu, leur déesse. Mais, nous sommes déj0^ en présence de sédentaires chez lesquels la notion de famil^B^ a relégué au second plan celle de clan ou de tribu. Chez 1^^^ nomades, on ne conçoit pas dans le clan ou la tribu unesitu^^^' tion si exceptionnelle pour une famille. Il est probable que L^^® culte de tel dieu était Tapanage de tel clan ou de telle tribic:-^* Ainsi le service du culte de Yahwé était primitivement réserr"^^^ à la tribu de Lévi ; Malakbel, à Palmyre, est désigné comm le dieu des Benou-Taimî ; nous comprenons que les Benou Taimî en étaient les prêtres. Nous étudierons dans le chapitre suivant le dieu de la tribu de 'Awîdh. Enfin, pour en revenir: ^^^ à Allât, les prêtres de cette déesse dans le sanctuaire de Tâ'i ^^ " étaient les 'Attâb ben Malik.

Un autre texte nabatéen de Salkhad, C75, II, 183, est dédicace, datée de 95 après J.-C, d'un certain Qaçiou filî d'Odhainat : niJin Thvh. On comprend généralement : « poui Allât et Wagrah ». Il y a naturellement doute entre Wagral et Wagdah. Cette seconde divinité ne revient pas ailleurs^

LE PANTHÉON SAFAÏTIQUE 125

Frobablement faut-il mieux reconnaître dans le hé final, le suffixe de la 3" pers. sing. et comprendre « et son wagr » ou wagd. Si Ton adoptait wagr^ ce mot pourrait signifier « grotte, sanctuaire » ou viser le ghabghab (trésor).

Les formules de ce genre ne sont pas inconnues en nabatéen. Ainsi dans CIS^ II, 198. Ce texte est gravé à Qasr el- Bint sur le tombeau de Kamkam et de sa fille Koulaibat. On appelle sur quiconque troublera le repos de la tombe, les malédictions de Dusarès et de son môtab, d'Âllât de 'Âmnad, de Manawatou et de son çais :

«nurn lyb^i 3.

De même qu'on a signalé plus haut Allât et son wagr^ on a ici Dusarès et son môtab^ Manawatou et son qais. La valeur exacte de ce dernier terme nous échappe, mais nous nous occuperons plus loin du môtab de Dusarès. L' Allât de *Âmnad est inconnue par ailleurs.

Récemment, M. Ënno Littmann a relevé dans un texte nabatéen de l'Âuranitide un titre très curieux d'Âllât : ION'Sk TOr\ nS^. La présence de l'article arabe indique assez que nous avons là une formule importée en Syrie. Le mot 'atar est le même que nous avons rencontré dans nos textes safaïtiques 'athar « marque, trace, reste du campement » et, en général, « lieu, place » ; mais ici il ne peut être question que d'un lieu à caractère religieux, c'est-à-dire d'un sanctuaire.

Cela éclaire le sens jusqu'ici incertain d'une inscription nabatéenne. Nous voulons parler de C75, II, 422-423. M. Euting a relevé, à Pétra, au débouché occidental du Sîq, un dessin rupestre formé d'une niche rectangulaire peu profonde dans laquelle deux petits carrés munis d'un trou sont

figurés de pari et d'autre d'un rectangle ^ Au-dessous de la niche, M. Euting a lu ^nyint^ et de chaque côté de la niche î<n^j;23D. M. Glermont-Ganneau, qui a minutieusement étudié cet ensemble, a mis hors de doute que ce dernier vocable était un ethnique féminin tiré de Manbidj-Hiéra-

polis».

D'aptes l'épithète nn«-S« nm portée par Allât, il n'est pas douteux qu'il faille comprendre en deux mots Kn2;""inS « Vatar de 'Até », cette dernière étant la grande déesse hiérapolitaine. Vatar, le lieu sacré est défini par cette niche dont les éléments restent à préciser, mais dans laquelle on voyait une représentation^ une matérialisation de la déesse. Cette valeur donnée à àtar ne diffère pas essentiellement do sens qu'on lui a reconnu, par exemple, dans la grande inscription de Pétra". Elle rappelle la curieuse étymologie de Simplicius dont nous parlerons plus loin, qui, entendant >^ NIJI "irifc^ au lieu de nnj? *in^ expliquait ce dernier vocable par Toxoç eewv. Qu'Atargatis ait eu des fidèles parmi les Arabes, c'est ce que confirme Lucien* lorsqu'il signale que» parmi les offrandes envoyées au temple de Hiérapolis, cer^ — taines provenaient d'Arabie.

Il nous reste à citer un texte nabatéen de Salkhad dont or^ a tiré d'importantes conséquences, malheureusement maH^ établies. Nous le reproduisons d'après le Corpm^ en intro^ — duisant immédiatement à la première ligne une importantes correction de M. Clermont-Ganneau\

1. Nouvelle reproduction dans Brûnnow, Vrovincia Arabia^ l', p. 323.

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