Texte de Soada, Waddington, t. c, n
LE PANTHÉON SÂFÂÏTIQUE 129
La déesse Allât introduite dans le Haurân par les Nabatéens
et aussi par les Safaïles, ne pouvait manquer de s'helléniser
assez rapidement. Elle emprunta, dans les dédicaces grecques,
le nom d'Athèna. Toutes les dédicaces à Athéna, t^ Kup{a
'AôYjva, qu'on rencontre dans TAuranitide et la Trachonitide
sont à restituer à la déesse Allât. Le recueil des Inscriptions
grecques et latines de Waddington contient des témoignages
de ce culte pour Amra (Wadd. 2081) au nord du Djebel
Haurân, pour Tarba (Wadd. 2203 a et b) et el-Mouchennef
(Wadd. 2216) dans la région orientale du Djebel Haurân
colonisée par les Safaïtes, pour er-Raha (Wadd. 2308 : tov vaov
zfi 'ASyivôc èv ''Appotç), Walghâ(Wadd. 2410) et Canatha (Wadd.
2345) sur la pente occidentale de la même montagne ; enfin,
dans le Ledjâ (Trachonitide) pour Harrân (Wadd. 2461) et
Dâmet el-'Alyâ(Wadd. 2453).
Nous reproduisons (fig. 27) l'entrée de l'enceinte du sanctuaire de Dâmet el-'Alyâ. Elle offre un exemple de la décoration en pampres dont nous avons vu plus haut le remarquable développement. De même qu'à Mechatta et au temple de Be'el-Samîn àSî a près Canatha, la figure divine était sculptée au sommet de la vigne. Ici, la tête d'Athèna a été martelée. Au-dessus, l'inscription dédicatoire est restée en place :
'AOiQva Tij Kup([al Tàwi^Xoç Moatépôu to lupoTcuXov ivéOiQxgv.
La preuve que nous sommes en présence d'un culte local, est fournie par la dédicace de Canatha (Wadd. 2345) : t^ xupia 'AOiQva roÇfxaiY). Voilà certainement, comme l'a reconnu Waddington, un surnom local d'Athèna, mais il reste à l'expliquer. Nous proposerons d'y reconnaître un adjectif tiré d'un nom d'homme ou de tribu et spécifiant que la tribu ou la famille ainsi dénommées avait la qualité sacerdotale, comme il est expliqué plus haut. On comparera notamment le titre de Tu^*^ ôaiiAeîoç ou des Benou-Taimî que porte
Malakbel à Paimyre. La forme originale de Tc^ijuxl^ est probablement ^'ÙVfi. Ce nom n'est pas encore apparu, mais on a le nabatéeo laiva, rooânoî.
L'élémeot arabe si important à Paimyre devait y introduire
le culte d' Allât. Un texte palmyrénien mentionue en effet
1. Ce relief, deconverl à Homs (Ëmèse) par le R. P. Lammens, est actueleraeat conservé au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles. Il a été étudié à plusieurs reprises, notamment par le H. P. Ronievaile à qui l'on doit la très heureuse restitution du nom de la déesse Simia à la fin de la première ligne. Nous avons montré que les noms 'A.6iivî et KEpauvû inscrits au-dessus de deux personnages doivent, en réalité, èlre compris comme étant insérés dans
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cette déesse^; mais, le plus souvent, elle est désignée sous le nom d'Athéna : le fils d'Odhainat et de Zénobie, Wahballât, « présent d'AUât », traduit son nom en Athénodore. Le musée de Bruxelles conserve un curieux relief (fig. 28) qui nous représente Athéna-AUât et Ton constate qu'elle n'a emprunté aucun des attributs de la déesse grecque dont elle porte le nom*. A en juger par le vêtement, par le sceptre qu'elle tient et par le nimbe radié, on l'identifierait plutôt avec Astarté ou Atargatis. Ce rapprochement a, d'ailleurs, été fait, car, comme parèdre de Malakbel, elle porte une fois le nom d'Astarté et une autre fois celui d'Atargalis».
Un des traits communs à toutes les divinités identifiées avec la planète Vénus, est de se dédoubler en deux hypostases qui représentent l'étoile du matin et l'étoile du soir. Ainsi, Ichtar se dédoublait en Ichtar proprement dite, étoile du matin, déesse guerrière, et en étoile du soir ou Bilit. En Arabie, la question se complique du fait que deux divinités, l'une mâle et spéciale à l'Arabie méridionale, 'Athtar, l'autre féminine et particulière aux populations du nord de l'Arabie, Allât, représentent la planète Vénus. Il faut donc nous attendre à rencontrer quatre hypostases, deux mâles tirées de 'Athtar et deux féminines déduites d'AUât.
la dédicace gravée au bas du relief {Notes de Mythologie syrienne, p. 107 ; cf. p. 73 et 104-106). De plus, un examen récent de la pierre nous conduit à la restitution 2e[i[AÎa] plutôt que 2e[piêa]. La première graphie est d'ailleurs plus correcte, carei=Yi=T. Comparer SeifAÎw du texte de Kefr-Nebo. Pour grouper toutes ces observations, voici la lecture qui nous parait la plus correcte : [6eotç TtcLxptaoïi BtqJXw ^lapiêtoXo), *AyXi6coXw, — *A67)vS, Kepauvw, — xa\ Se[tji.ta I ô ôeïva toO ôeïvoç) ^Ttèp <jajTY)p^aç a^ToO xs t[ôv tIxvwv].