Pour l'ensemble, voir VogQé, /. e., pi
2. Ibidem, pi. 24; R. Duaaaud et Fr. Hacler, Voyage arehéol. au Safd, p. 42, Ag. S; II. von Oppenhetm, Vom Mitlelmter i, péri. Golf, I, p. 236.
LE LIHBS SYRIKN ET l'aRT ARABE ANTÉISLAMIQUE 33
quoique plus ancien, à la décoration du monument de *Ammân-PhlladeIphie dont M. Dieulafoy a démontré les tendances sassanides'. On a cru expliquer les particularités de Qa§r el-Abyad en supposant que la construction en était due aux princes Gbassanides chargés par les Romains de commander aux nomades fréquentant la Syrie et de tenir tète au royaume arabe de Ilira. Nous nous sommes déjà élevé contre cette hypothèse^ mais puisqu'elle jouit toujours de la même faveur, il ne sera peut-être pas inutile d^insister.
La longue lutte soutenue par les Romains contre les Partbes, puis contre les Perses, devait avoir sa répercussion dans le désert de Syrie. Les historiens arabes ont conservé le souvenir des luttes antérieures à l'Islam entre les Gbassanides, sujets des Romains, et les Lakhmides delUra à la solde des Perses.
Un simple campement [Iiirtâ) près de TEuphrate succéda à la forteresse de Ilatra, élevée par les Arabes qui reconnaissaient la suzeraineté perse. Bientôt, ce campement devint une ville importante : al-Hîra (voir fig. 1). Nous possédons la liste des rois de IjLira dont la plupart appartenaient à la famille des Lakhmides. On trouvera plus loin les dates des règnes les plus anciens.
L'histoire de leurs rivaux syriens, les Gbassanides, est obscure à ses débuts. Les recherches de M. Noeldeke ont montré que le premier prince certain de cette dynastie avait nom al-IJârith ibn Gabala, 'ApéOaç too Vatakx . Il remporta une victoire contre Alamoundaros (al-Moundbir) de IjLtra en avril 528 de notre ère. Gabala, le père de ce prince, paraît être
' 1. Dieulafoy, Vart antique de la Pcrse^ t. V, p. 102. Il est tout à fait invraisemblable d'attribuer ce monument à Tépoque de Saladin comme le propose M. Strzygowski; cf. Van Berchem, Journal des Savants, 1905, p. 476. 2. Mission dans les régions désert, de la Syrie moyenne ^ p. 77-78i
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cité par ThéophaDO à roccasion d'une incursion en Palestine Yers Tan 500.
Au delà, les sources arabes fournissent des noms de chefs Ghassanides dans le seul but^ semble-l-il, de faire pendant à la liste des Lakhmides, car il parait établi que ce fut Fempereur Anastase (491-518) qui conféra pour la première fois le titre de roi {nudik ou rex) à un Ghassanide^ Il ne peut donc être question d'attribuer aux princes de cette famille la construction de Qasr el-Abyad^ de plus de deux siècles antérieure.
Il est très significatif que l'inscription arabe d'en-Nemftra écrite en caractères nabatéens sur le tombeau d'Imroulqais ibn 'Amr (fig. 9), a roi de tous les Arabes », en 328 de notre ère, ne mentionne pas un prince Ghassanide. Par contre, nous trouvons, vers cette époque, un roi de ce nom dans la dynastie des LaUhmides de lUra.
Dès le début, M. Glermont-Ganneau, à qui Ton doit d'avoir reconnu la nature de ce texte, fut tenté d'attribuer cette épitaphe à un roi de Htra*. Le savant professeur du Collège de France a récemment présenté des arguments qui nous paraissent décisifs. Mais, pour Tintelligence de la discussion, il est indispensable de présenter le texte entré au Musée du Louvre, tel qu'un nouvel examen nous porte à le lire.
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