Mommsen, Hist, rom.^ trad. fr., XI, p
Les Safaïles empruntèrent Be'el-Samtn aux éléments syriens de FAuranitide. Mais cette région avait reçu, surtout dans le premier siècle avant notre ère, un fort apport de population nabatéenne. A ces éléments nabatéens, les Safaïles ont emprunté le dieu Dusarès. Nous [verrons, par la transcription même de ce nom divin, que l'emprunt est de basse époque.
On sait que Pétra était le principal centreldes Nabaléens et aussi du culte de Dusarès. Le Chara étant la contrée montagneuse autour de Pétra, on explique généralement Dusarès dont la forme originale est v^yJl ^^ comme « le maître du Chara »• S'appuyant sur une glose arabe d'après laquelle alcharâ serait la région autour du haram^ du terriloire sacré, M. Wellhausen repousse celte explication et lui substitue celle de d maître de l'enceinte sacrée^ du himâ^ p. Mais la glose parait opposer le charâ au territoire sacré haram et, d'autre part, il n'y à pas lieu de distinguer essentiellement le haram du himâ.
Nous ne reviendrons pas sur les particularités du culte de Dusarès que nous avons étudiées ailleurs% nous insisterons seulement sur un point important qui a été, récemment, mis en évidence.
Les Nabaléens en colonisant le Ilaurân y apportèrent le culte de Dusarès. Or, deux textes nabaléens de cette région
1. Wellhausen, Reste ar. HHd,*, p. 51 et Gôltingische Gelehrte AnzHgen, 1904, p. 941. Le savant auteur fait encore valoir que la contrée de Pétra n*a pas nom aUCharâ, maisal-Gharât. De plus, la tribu de Daus, originaire de TArabie méridionale, adorait Dusarès, par suite il serait difficile d'admettre que ce soit une divinité topique des environs de Pétra.
2. Le culte de Dusarès d*après les monnaies d'Adraa et de Bostra, dans Notei de myth, syr,, p. 167-181,
l'assimilation DÉHNITIVE DES SAFAÏTBS 167
onl fourni pour le dieu un vocable qui ne laisse pas de surprendre : ^lyti aH^^T. Dès lors, il faut renoncer à considérer dans A*ara el Dusarès deux divinités distinctes et ainsi tombe la principale objection contre lliypothèse de M. Clermont-Gauneau qui avait rapproché A'arad'OrotalV Si l'explication de ce dernier nom n'est pas encore complète, du moins onpeullelenircommëdonnantlenom spécifique de Dusarès'.
D'autre part, M. Liltmann* a reconnu récemment que le texte CISj II, 190 était une dédicace bilingue à Dusarès. Il a déchiffré dans la partie grecque : Maaeixoç 'Alou6t2|avou( Aou<j|ap6i *A|appa, à Dusarès-A'ara. La leçon de ce dernier terme est donc fixée. La réduplication du rô s'explique par la réduplicalion arbitraire des liquides que nous avons si souvent constatée dans les transcriptions grecques.
Chez les Nabatéens installés dans l'Auranilide, la prononciation dhoû 'ch'C/iaf'â que rend le nabatéen ^^tt^H devait tendre vers un durcissement du dhal^ car on trouve en safaï-
tique "Wl à côté de "WX
Nous donnerons, pour finir, un texte relevé par M, E. Lillmann et où sont mentionnées, entre autres, les deux divinilées empruntées par les Safaïles.
1. Savignac et Jaussen, Revue Biblique^ 1905, p. 592 et suiv.; M. Lidzbarski a ensuite reconnu que cette même appellation figurait sur la stèle d*Iintftn» Répert, d'épigr, sém., no 83. Le waw entre les deux termes a été indûment introduit par nous. Une idée préconçue nous a entraîné à lire un waw là où il n'y avait qu'un airph du type fleuri,