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chez quelques Protéacées, toute la feuille est arrondie en pétiole. Chez le Hakea suaveolens par exemple, elle est arrondie et ramifiée latéralement à la façon d’une plume.
Il importe pour la classification des feuilles et pour la botanique descriptive, de savoir comment la base de la feuille se comporte à l'égard de la tige ; on doit notamment rechercher si elle l'embrasse entièrement, si elle l’étreint à moitié ou si elle la touche par un point seulement. Les feuilles de la plupart des monocotylédones sont engai-
Fig. 99. Feuilles, inflorescence et fruit du Sorbier (Sorbus axeuparia).
nantes dès leur première apparition, en ce que tout le pourtour du cône végétatif contribue à la formation de chaque feuille: par contre, les folioles florales, dans cet embranchement du règne végétal, naissent, en général, au nombre de trois à la même hauteur. La base du pétiole ou, quand ce dernier manque, la base de la feuille est, dans la plupart des cas, pourvue d'un petit renflement appelé articulation et qui est en général d’une couleur plus pâle que le reste du pétiole : son tissu consiste en cellules peu épaissies, quelquefois tabuliformes et le système vasculaire est ici relativement moins développé que dans les autres parties du pétiole ou du limbe. Gette articulation est particulièrement remarquable chez les végétaux qui abaissent leurs feuilles pendant la nuit, comme les Oxalis et les Haricots, et chez ceux qui, comme la Sensitive ([Mimosa pudica), sont sensibles aux excitations extérieures qui mettent leurs feuilles en mouvement; cest elle qui, ainsi que son nom l'indique d’ailleurs, est ici l'organe actif du mouvement. La feuille se désarticule toujours à cet endroit quand elle se détache de la branche ; cette chute résulte soit de la formation successive d'une couche horizontale de liége dansl'articulation, qui apour effet d'empêcher la circulation de la sève entre la branche et la feuille, de sorte que celle-ci se décolore insensiblement, se dessèche et finit par tomber {chez le Bouleau, le Hêtre et le Chêne), soit de ce que la feuille, tuée par la gelée d'une nuit, se sépare tout-à-coup de la branche, à l'endroit où plus tard naïtrait la couche de liége (chez le Platane dans nos climats) (1). | En général, on ne considère comme feuilles composées que celles qui comportent une articulation pour chaque foliole, de sorte que celles-ci peuvent s'abattre séparément ; c'est-là ce qu'on observe par exemple chez le Marronnier, l'Acacia, le Frustet (Rus typhina) où il existe une articulation, non-seulement à la base du pétiole com- “un, mais encore à celle de chaque folioie. Le Marronnier et les deux arbres que nous venons de nommer perdent en général d'abord leurs folioles, et c'est seulement plus tard que le pétiole commun se sépare du rameau à son articulation. Mais toutes les feuilles simples ne comportent pas une pareille articulation. J'appelle aussi composées les feuilles qui ne perdent pas leurs folioles isolément. Les
(1) Le phénomène de la chute des feuilles a été récemment l’objet d’intéressantes observations de la part de M. H. Mohl qui les a consignées dans le Botan'sche Zeitung. | (Note du traducteur.)
feuilles qui ne sont pas articulées à leur base ne tombent pas du tout, ou tout au moins ne laissent pas une cicatrice lisse après leur chute. Nous voyons le premier cas se produire dans les pérules inférieures des bourgeons de nos Conifères et chez le Dattier, qui conserve ses feuilles pennées encore adhérentes à son stipe plusieurs années après leur mort. Tandis que les feuilles aciculaires du Sapin et de l'Epicea possèdent une articulation très-distincte, celle-ci manque aux feuilles écailleuses de ces arbres ; les aiguilles tombent dès qu'elles ont atteint un certain âge et une couche de liége recouvre la cicatricule ; les écailles inférieures persistent, au contraire, et constituent l’appendice squammiforme que nous avons déjà mentionné.
Si l'articulation est très-grande et qu'après la chute de la feuille une partie persiste sur le rameau, on peut la considérer comme le coussinet de la feuille. Notre Epicea montre bien cet organe, son aiguille ne se sépare pas, comme chez le Sapin, tout contre la tige. On peut désigner sous le nom de coussinet de fronde { Wedellussen) l'induvie proéminente des frondes tombées des Fougères arborescentes.
La forme du limbe foliaire varie considérablement chez les différentes plantes ; 1l y a des feuilles rondes, ovales, lancéolées, cordées, sagittées, voire même linéaires, etc., plus une série de formes intermédiaires à celles que nous venons de citer et de nombreuses transitions des feuilles simples aux feuilles composées. La nature du bord de la feuille, qui peut être entier, serrulé (a), denté (b), crénelé (ce), incisé (d), sinué (e), cilié (f), rongé (9) (Fig. 100), et ainsi de suite; en outre la forme du limbe, suivant quil est simple, c'est-à-dire non partagé, ouquil est divisé en digitations ou en pinnules, sont autant de circonstances qui comportent dans la botanique descriptive des désignations caractéristiques. La nature de la superficie, suivant qu’elle est lisse, glabre ou pubescente, de même que l'espèce de pubescence, doivent être également prises en considération. La distribution du système vasculaire, qui détermine la nervation des feuilles n’est pas moins nécessaire pour l'exactitude des descriptions. Enfin la force même du limbe aussi bien que la vigueur ou la délicatesse de sa constitution, méritent également l'attention et permettent de distinguer les feuilles membraneuses, coriaces ou charnues.
. Nous pouvons sur nos arbres étudier maintes formes de feuilles Nos Conifères portent en général des feuilles aciculaires ; le Thuya l'Arbre de vie, et l'Ephédra, petit végétal frutescent qui s'éloigne beaucoup du type ordinaire des Conifères, comportent des feuilles
écailleuses; le Salisburia et le Dammara, originaires des tropiques,
sont pourvus de feuilles membraneuses, et les feuilles des Araucaria abandonnent déjà la forme aciculaire (Fig. 101).
L'aiguille du Sapin (Abtes pectinata) est aplatie, canaliculée suivant
la ligne médiane et légèrement incisée à la pointe ; la face supérieure
Fig. 100. est luisante, l’inférieure
Foi au contraire se distingue
2) F\ par deux raies longitudi-
\ nales d’un blanc d'argent