‹ Les Arbres fruitiersChapitre 3 sur 59 · SON ELEVE · texte numérisé non relu

SON ELEVE

G. Ad. HKLIAIIl

PRÉFACE

Dans ce Traité élémentaire d'arboriculture fruitière, nous avons décrit tout ce dont la connaissance s'impose à quiconque aborde l'étude de cette partie du jardinage.

Contre le reproche qui pourrait nous être adressé d'avoir fait une large part à cette partie que les botanistes appellent la physiologie, c'est-àdire le fonctionnement de la vie des arbres, nous répondrons hardiment qu'il serait à désirer que cette part lut plus large encore. Dans la culture, il arrive trop souvent, en eilét, que de timides tâtonnements sont tentés en pure perte, que des erreurs sont commises, à cause de notre connaissance négative ou imparfaite des phénomènes de la vie végétale. On agit par intuition, mais l'intuition n'est pas un guide certain.

Les praticiens, par exemple, nous enseignent que l'effeuillage des arbres, en démasquant les

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fruits, procure à ceux-ci une coloration plus vive ; mais la physiologie nous démontre que la feuille nourrit le fruit déjà formé et prépare les fructifications futures. Supprimer les feuilles d'une façon trop sévère ou irraisonnée, c'est donc vouer l'arbre à une stérilité entière ou relative. De là ces précautions, ces soins qu'il faut prendre dans la pratique de l'effeuillage.

Voici les raisons qui nous ont fait introduire des notions de physiologie végétale dans ce livre. Ajoutons que cette science est appelée à changer bien des choses en culture, à provoquer l'apparition de bien des découvertes utiles, de bien des rapports inattendus.

« Pour découvrir des idées nouvelles, des rapports imprévus, il ne suffit pas, dit Claude Bernard, de ramasser des analogies superficielles, des analogies de forme et d'aspect, il faut pénétrer profondément dans la contexture des choses et des êtres. »

Certes, nous avons encore beaucoup à faire pour découvrir sous les écorces des plantes tous ces secrets de structure et de mouvement vital qui nous seraient d'un si grand secours en culture.

PREFACE

Cela n'est pas une raison pour que nous laissions ce qui est connu dans l'ombre.

Quelques praticiens intransigeants nient la théorie, mais ils ne nient pas toute théorie ; ils en ont une à eux, invraisemblable et brève, expliquant tout à l'aide de quelques formules : « C'est la sève, disent-ils ; c'est le vent, c'est la lune » ; et ils vont ainsi, faisant de la science comme Sganarelle faisait de la médecine.

Dans son cours oral de l'École d'Horticulture de Versailles, M. Hardy, notre vénéré professeur, s'est exprimé en termes formels sur cette question :

« Pour que la taille des arbres soit bien exécutée, il faut qu'elle repose sur les données de la physiologie végétale » .

C'est assez qu'un pareil maître ait dit cela et nous n'avons plus besoin de donner d'autres raisons des études physiologiques contenues ici.

En résumé, l'étude de l'arboriculture fruitière ne doit pas consister seulement à apprendre par cœur certaines formules de taille qui peuvent être bonnes cependant dans la majorité des cas.

Il faut, connaissant d'ailleurs les formules admises, étudier de plus près nos arbres, les obser-

X PRÉFACE

ver, les scruter en quelque sorte, et les traiter

ensuite selon leur nature, leur constitution, leurs

aptitudes.

C'est pénétré de cette opinion et dans cette

constante disposition d'esprit que nous avons écrit

En ce qui concerne la partie technique, nos éditeurs ont beaucoup simplifié notre tâche ; ils ont tenu, pour éviter de fastidieuses descriptions, à ajouter au texte un grand nombre de figures. Le dessin d'une partie de ces figures nous a été confié.

Toutes ces figures montrent d'un seul coup ce qu'une longue description ne saurait exprimer aussi bien ni aussi rapidement. Elles faciliteront beaucoup la vive compréhension du texte, surtout à l'amateur nouveau, peu initié aux choses de l'arboriculture, et à l'enfant des écoles, moins initié encore.

Georges-Ad. Bellair.

Compiègne, août 1890.

TABLE DES MATIÈRES

dédicace

Préface

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