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FRUITS COMPOSÉS DRUPA.CÉS

Le fruit composé est formé d'une réunion intime de fruits provenant tous de fleurs distinctes qui étaient elles-mêmes réunies, portées par un réceptable commun. Exemple : la figue.

Article premier. — Le Figuier

Partie comestible: LE RÉCEPTACLE CUARND ET L'ENSEMBLE DES DRUPES CONTENUES

Description. Historique. — Le figuier est un végétal qui, dans son pays d'origine, atteint les dimensions d'un arbre de 10 mètres de haut, alors que sous le climat de Paris il reste arbuste touffu et buissonnant.

M. Bâillon range cet arbre dans une série de la famille des Ulmacées (série des Artocarpées).

Ses feuilles sont caduques, alternes, tri ou quinquélobées, rugueuses au toucher, comme les.

Bellaiu. — Les arbres fruitiers. 17

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jeunes rameaux. La figue (fig. 125) n'est pas le fruit proprement dit du figuier, c'est une sorte d'enveloppe charnue et creuse (réceptacle) qui portait intérieurement, à l'origine, des fleurs mâles et des fleurs femelles. Après la fécondation, ces secondes ont produit autant de petites drupes ; cette enveloppe charnue et les drupes contenues constituent un fruit composé, la figue, que l'on consomme à l'état frais ou sec.

D'après M. de Candolle, le pays d'origine du figuier serait compris entre la Syrie et les îles Canaries.

Des empreintes de feuilles de figuier trouvées dans les tufs quaternaires de Fontainebleau laissent penser que cet arbre devait exister dans cette région avant la période diluvienne '.

Variétés. — Il existe un nombre considérable d'espèces de figuier ; celle qui donne des fruits comestibles est le figuier commun [Ficus carica) dont on cultive, surtout dans le midi, au moins une

1. De Saporta : Le monde des plantes avant l'apparition de l'homme, et Origine paléonlologique des arbres cultivés ou utilisés par l'homme. Paris, 1888, p. 204.

vingtaine de variétés. Ces variétés diffèrent par le volume, la précocité, la couleur jaune ou violette du fruit, la qualité bifère ou non bifère de l'arbre.

Fiff. 125. — Figuier. Rameau, h. c fleurs mâles, e fleur femelle. a d section de la figue, e f fruit et graine.

Sous le climat de Paris, il est deux variétés bien acclimatées qui produisent de bons résultats de culture. Ce sont :

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1° F. de Versailles : bifère, fruit gros, jaune, très bon, précoce par rapport à l'autre.

2° F. Dauphine : fruit gros, bon, violet.

CULTURE

Conditions de milieu. — Le figuier ne supporte pas un froid de moins 10 degrés ; aussi, sous le climat de Paris, est-on forcé de l'abriter en hiver. Cet arbre, d'ailleurs, est avant tout un arbre méridional. Dans le Bordelais, la Haute- Garonne, le Rhône, la Provence, on le cultive, ou plutôt on ne le cultive pas, il pousse presque sans soins.

Quelle que soit la nature physique du sol destiné au figuier, il doit être frais, surtout sous le climat brûlant du midi de la France, à moins qu'il soit possible d'obvier à la sécheresse par l'irrigation.

Sous le climat de Paris et dans tout le centre, on ne pourra cultiver le figuier avec profit que sur des coteaux ou le long de murs exposés au midi.

Multiplication. — Bien qu'il soit possible de multiplier le figuier par semis, bouturage, sépara-

tion des drageons et greffage, c'est au marcottage que l'on a toujours ou presque toujours recours ; il est d'ailleurs le meilleur procédé. On opère au printemps avec des rameaux d'un an. La marcotte compliquée réussit mieux que la marcotte simple. (Voir les détails du marcottage au chapitre : Multiplication des arbres.)

Plantation. — Dans la Provence, le figuier se plante au verger comme nos pommiers en Normandie. Sous le climat de Paris, cette plantation a lieu sur des coteaux ou le long d'un mur exposé au

Fig. 126. — Station inclinée d'une cépée de Figuier.

midi ; elle se fait de préférence au printemps et avec des marcottes élevées en pots ou en paniers. Les plants auront, après la mise en place, une station inclinée (fig. 120) ; il sera plus facile de les enterrer pour les abriter l'hiver. Si l'on plante le

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long d'un mur et que les branches soient destinées à être palissées le long de ce mur, la station verticale sera préférable, on préservera des froids en tendant l'hiver des paillassons devant les figuiers.

Taille hivernale. — Les figues se forment sur les rameaux au fur et à mesure que ceux-ci se développent. Quand un rameau a cessé de croître, vers la fin de l'été, il porte à sa base des figues généralement mûres — ce sont les secondes figues — et à son sommet des sortes de germes de figues qui, après l'hiver, grossiront et produiront l'été suivant les figues fleurs, c'est-à-dire les premières. Les figues fleurs ou premières figues viennent donc sur le bois de l'année précédente, tandis que les secondes figues viennent sur les pousses de l'année même et mûrissent un peu après les autres.

L'année de la plantation, le plant de figuier sera taillé à 2 ou 3 yeux au-dessus du sol, de manière que ces yeux produisent 2 ou 3 rameaux.

L'année suivante, on taillera court pour doubler les ramifications, et aussi la troisième année, jusqu'à ce que l'on ait 12 à 16 jets, qui seront l'origine d'autant de branches charpentières.

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Pour former les branches fruitières, tout en allongeant les branches charpentières, on éborgne l'œil terminal de chacune de ces dernières.

Quand les autres yeux se transforment en rameaux, on enlève ceux-ci, à l'exception de celui qui doit prolonger la charpentière et de deux autres à 20 centimètres au-dessous, qui procureront une paire de branches fruitières. Chaque année, le prolongement de la charpentière est traité ainsi.

Quant aux branches fruitières formées, elles sont traitées comme les branches fruitières du pêcher; elles doivent, dans l'année même, procurer une récolte de figue fleur et un rameau remplaçant. Ce rameau remplaçant naîtra sur la base. On l'obtient en éborgnant, dès le mois d'avril, l'œil terminal de la branche fruitière et en supprimant pins tard tous les bourgeons, sauf un à la base qui procurera la branche remplaçante et un autre près du sommet pour protéger les figues.

Quelques jardiniers protègent deux rameaux remplaçants, dont l'un, le plus élevé, est destiné à la seconde récolte (récolte des secondes figues), mais il est rare que cette seconde récolte puisse se

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faire à Paris, la température étant presque toujours trop basse pour assurer une maturation complète des secondes figues.

Une branche fruitière de deux ans est donc comme celle d'un pêcher composée d'une partie âgée de deux ans qui a fructifié et d'une autre âgée d'un an qui fructifiera. Par la taille, le jardinier coupe la première au-dessus de la seconde, qui est traitée dès lors comme une branche fruitière nouvelle.

Cette taille est faite en automne, avant la mise des cépées à l'abri des gelées.

Taille estivale. — A part Yéborgnage et Yébourgeormement, dont nous avons parlé tout à l'heure, on pratique aussi en été Y effeuillage, Véclaircie des fruits et la caprification.

L'effeuillage consiste, au mois de juillet et août, à supprimer quelques feuilles pour exposer davantage les figues à l'action du soleil .

Une récolte de 4 figues par branche fruitière est suffisante. L'éclaircie des fruits est donc une opération nécessaire; elle consiste à enlever, quand ils ont le volume d'une jeune noix, toutes les figues excédant la quantité prévue.

La caprification est cette pratique qui consiste, quand les figues sont entièrement développées, à les toucher près de l'œil avec un morceau de bois blanc taillé en pointe et imprégné d'huile d'olive. La caprification avance d'environ 8 jours la maturité des figues.

Récolte. — Elle se fait dans les mêmes conditions que celle des autres fruits pulpeux, après la rosée du matin-, avant que les fruits ne soient échauffés par le soleil. Les figues seront complètement mûres, c'est-à-dire qu'elles auront leur couleur particulière, à son maximum d'intensité, tandis que leur consistance sera charnue, un peu molle.

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