‹ Les arbresChapitre 26 sur 60 · LA · texte numérisé non relu

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Cupressus, Wellingtenia, Araucaria: ils constituent des groupes debandes chez les Abiétinées ; ilest plus rare de les voir disséminés entre les autres éléments du tissu libérin ; chez les arbres angiospermes, ils se distinguent, en général, sur une coupe transversale des cellules du parenchyme, à leur section plus large, tandisque chez les gymnospermes (Conifères) au contraire, ils sont plusétroitsqueces cellules. On n’est pas tout-à-fait sûr, mais il est probable que les tubes criblés subissent ultérieurement certaines modifications et que certaines formes cellulaires que l'on trouve dans les parties anciennes de quelques écorces (Sapin, Epicea et Mélèze), que j'ai nommées fibres libérines secondaires, proviennent de ces tubes ou bien naissent dans leur intérieur. Hartig croit qu'il peut en naître plus tard des fibres de liber (Bästfasern). Chez le Wellingtonia et d’autres Conifères, on les retrouve desséchés et colorés en brun dans l'écorce crevassée (Borke), et alors les pores clathracés y sont bien distincts. — J. Harstein a tout récemment signalé dans la tige et les feuilles de beaucoup de végétaux monocotylédones des formations semblables aux tubes criblés, qui contiennent tantôt un suc laiteux (les Alium), tantôt des faisceaux de cristaux (Tradescantia, Alstræmeria), etqui, chez quelques plantes, deviennent très-analogues à un vaisseau laticifère non ramifié, par la disparition de beaucoup de cellules disposées en série longitudinale. Ils se rencontrent également à l'extérieur du système vasculaire (4).

L'écorce de la jeune branche de Sapin (Abies pectinata) est entourée d'un véritable épiderme sur lequel se développent des poils courts et pluricellulaires. Cet épiderme meurt, dès l'été de la première année, avec quelques couches de cellules sous-jacentes, parce qu'il se forme vers le mois de juillet, une couche de périderme en-dessous de ces cellules. L'écorce, jusqu'alors colorée en vert, devient jaunâtre ; les parties mortes extérieures se dessèchent et se crevassent tout en se maintenant pendant plusieursannées ; petit à petit le revêtement tomenteux disparaît et la couche lisse de liége coriacé et blanchâtre recouvre l'écorce à la place de l'épiderme. Dès la première année de la vie du rameau ilse forme, dans la partie primitive de l'écorce, de larges conduits résinifères verticaux ; ils résultent, comme ceux de la feuille, de la disjonction de certaines séries de cellules, puis les cellules qui entourent ces nouvelles lacunes se divisent de manière à développer

(1) Hartig, Bot. Zeit, 1853 et 1854. — V. Mohl, Bot. Zeit., 1855. —J. Harstein, Jahresberich der Berliner akademie, 1859.

| un épiderme sécernant d’où la résine suinte plus tard dans le conduit. Ces réservoirs de résine de l'écorce ont absolument la même structure que ceux des aiguilles (Fig. 18). L'écorce primitive contient, en outre, entre les petites cellules parenchymateuses renfermant de la chlorophylle et de l'amidon, d’autres cellules plus grandesremplies d'un fluide visqueux et gommeux, et que, vu leur contenu, je nomme cellules à bassorine. 11 n’y a que l'écorce primitive du Sapin qui forme des conduits à résine. Quant à la racine, la plus grande partie de son écorce primitive meurt de bonne heure, de sorte que les conduits résinifères lui font défaut alors que dans le tronc ils récèlent de la résine et conduisent de l'air. La partie d’un jeune rameau engendrée par la zone génératrice et par le cambium du système vasculaire qui se confond avec elle, ou, en un mot, l'écorce secondaire se compose en grande partie de tubes criblés (Fig. 135 6) disposés en groupes séparés les uns des autres, suivant une direction par des plans de parenchyme libérin et suivant l’autre direction par des rayons médullaires. L'écorce croît à mesure que le cylindre ligneux s’épaissit, mais d’une manière beaucoup plus restreinte. Pendant les six ou huit premières années, l'écorce ne possède pas de cellules lignifiées, mais on trouve des cristaux dans le parenchyme libérin qui environne les tubes criblés. La vie de la partie la plus ancienne de l'écorce secondaire se modifie en ce moment; en effet, les tubes criblés disparaissent de plus en plus de leurs groupes et à leur place se présentent des cellules extraordinairement ramifiées, fortement épaissies et lignifiées et, qui selon toute vraissemblance, sont nées de ces tubes ou plutôt dans leur intérieur. Les cellules des rayons médullaires qui séparent l’un de l’autre les faisceaux de liber, se sont, pendant ce temps, agrandies et multipliées; 1l en est de même de l'écorce primaire qui s’est accrue de telle sorte que les conduits résinifères qui s y trouvent se sont notablement élargis dans le sens de la tangente, enfin le périderme qui enveloppe le tout, a dû nécessairement se prêter à cet accroissement de volume. — Dans la racine, la transformation que nous venons de décrire est, paraît-il, un peu en avance, toutesles cellules y sont plus larges et elles contiennent en automne plus d’amidon que celles du tronc.—Jusqu’àla soixante-dixième ou la quatre-vingtième année, l'écorce de Sapin reste en général lisse; sa surface extérieure est d’un blanc rougeâtre ou bleuâtre et conserve encore les cicatrices des anciennes aiguilles tombées depuislongtemps; on remarque souvent auprès d'elles de petites excroissances subé-

reuses ou lenticelles. Cà et là on remarque des bosselures résineuses, c'est-à-dire des mamelons arrondis qui cèdent avec élasticité sous une faible pression et qui, si on les ouvre, laissent échapper une résine épaisse et blanche. Les conduits résinifères primitifs sont en ce moment ,en général, méconnaissables et cette substance s'est rassemblée ! dans de plus vastes réservoirs qui deviennent les mamelons dont nous parlons. Il n'est pas rare de rencontrer dans la même forêt, l’un contre l’autre, deux Sapins dont les écorces ont un aspect tout différent; un arbre centenaire, par exemple, peut avoir conservéune écorce lisse, tandis que chez un autre elle peut être devenue raboteuse et être formée d'écailles crevassées de forme et de grandeur inégales. Les bûcherons distinguent les troncs lisses sous le nom de Sapins vitreux (Glastannen). Les écailles qui résultent du crevassement de l'écorce et qui ne tombent pas, sont pourvues, au moyen de leur liége coriacé (Lederkork), d'un épiderme blanc et lisse. Chez l'Epicea, au contraire, les écailles de crevassement, beaucoup plus petites, plus arrondies et peltiformes, sont elles-mêmes recouvertes partout de petites squammes effeuillantes de périderme.

Le fendillement de l'écorce (Borke) résulte ici, comme partout ailleurs, d’une formation subéreuse qui pénètre dans le tissu même de l'écorce, et à la suite de laquelle tout ce qui se trouve en dehors de cette formation doit mourrir. Les Sapins décrépis du Wurselberg qui sont âgés de 400 à 700 ans, ont tous formé de l'écorce crevassée, tandis que les pieds plus jeunes de la même localité possèdent une écorce lisse. Le crevassement de l'écorce paraît se faire tantôt plus tôt, tantôt plus tard, suivant les individus, sans que jusqu’à présent on connaisse la cause de ces différences, car on n’en peut découvrir aucune autre entre un Sapin vitreux et celui qui se revêt de bonne heure d'une écorce rude. Le périderme de Sapin se compose de cellules modérément épaissies, remplies d’une substance d’un brunjaune ; il se reforme successivement à partir de l'intérieur à mesure qu'ilse décompose insensiblement à la surface, tout en ne s’effeuillant pas. La couleur blanchâtre de l'écorce de Sapin est produite par la présence de l'air dans les cellules des couches mortes superficielles du périderme. Fraîche, cette écorce est d’une couleur jaunâtre à l'intérieur qui devient brunâtre à l'air; dans la racine elle est brun-rougeâtre. L'écorce destroncsles plus vieux que j'ai examinés, mesurent à peine, y compris la partie rude ,un pouce d'épaisseur. L'écorce de Sapin peuts’employer pour le tannage; elle contient de nombreux cristaux et, par con-

séquent, beaucoup de substances minérales qui consistent surtout en oxide calcique combiné à des acides végétaux dans les localités salubres. Les mousses et surtout les Lichens s’implantent rarement sur l'écorce lisse du Sapin, tandis qu'au contraire l'écorce déchirée des vieux arbres est lestement envahie par une foule de plantes parasites quand la station est humide ou autrement défavorable. On retire de l'écorce de Sapin une térébenthine très-fine; pour cela on grimpe sur les arbres et on vide les protubérances résineuses.

Chez l'Epicea (Picea vulgaris Lx), les toutes jeunes branches sont recouvertes d'un épiderme qui meurt bientôt, avec quelques-unes des couches de cellules situées en-dessous, etceàla suite du développement prématuré d'un périderme dans l'épaisseur de l'écorce primitive.

Comme chez le Sapin, les conduits résinifères se forment de bonne

heure, mais les grandes cellules remplies d’un contenu mucilagineux qui existent dans cet arbre, manquent ici. Un autre point de ressemblance entre ces deux essences est la formation, au moyen de la zone de cambium, de groupes de tubes criblés, séparés par du parenchyme libérin et traversés par des rayons médullaires. Vers la huitième ou dixième année ces tubes clathracés disparaissent successivement des parties les plus anciennes, pour faire place à des cellules courtes, fortement épaissies et lignifiées : celles-ci correspondent exactement par leur position aux cellules ramifiées et incrustées de Sapin ; elles sont réparties en groupes comme l'étaient antérieurement les tubes criblés dont il est vraisemblable qu'elles proviennent. Dès que l'écorce se crevasse, ce qui a lieu chez l'Epicea d'habitude la trentième et la quarantième année, les conduits résinifères verticaux disparaissent de l'écorce active, parce que la partie qui les contenait primitivement meurt. Le crevassement pénètre ensuite de plus en plus profondément vers l'intérieur de l'écorce, de sorte que dans la partie rude et fendillée des vieux troncs on trouve non-seulement le parenchyme mort mais encore des groupes de cellules lignifiées; ceux-ci sont distincts même à l'œilnuet se présentent sous forme de taches jaunes qui, surune coupe transversale ou longitudinale, contrastent avec les autres tissus d'un brun foncé, caractère qui ne se retrouve pas dans les autres Conifères. Le périderme de l'Epicea qui donne lieu à l'écorce crevassée, est à peine comparable au liége coriacé de Sapin et se rapproche plutôt de celui du Pin; sa superficie s’effeuille sous forme de petites écailles. Parsuite de cela, les plaques rondes ou scutiformes de l'écorce crevassée de l'Epicea sont toujours recouvertes de petites squammes ou pelli-

cules superposées, ce qui les distingue essentiellement de celles du Pin. L'écorce d'Epicea est flexible lorsqu'elle est fraîchement enlevée et, parsuite, d'un excellent usage pour lacouverture des huttes ; on en façonne également de vastes réservoirs où l’on rassemble la résine brute de l'arbre : enfin elle est souvent employée au tannage (Fig. 437).

L'épiderme d'un jeune rameau de Pin (Pinus sylvestris) meurt de

Fig. 157.

bonne heure comme celui des autres Conifères : les conduits à résine verticaux se trouvent également dans l'écorce primaire ; en outre il se

Fig. 157. Tronc de l’Epicea (Picea vulgaris Laxk).

| forme dans la zone génératrice des faisceaux de tubes criblés, séparés par des rayons médullaires et dont le parenchyme libérin environnant est, comme chez le Sapin et l'Epicea, rempli de cristaux trèsdéveloppés. Les tubes cribriformes ont 1c1 la mollesse et la constitution de ceux de tous les autres Conifères, mais ils ne se modifient pas avec l'âge ; ils se desséchent simplement, à la suite de la formation d'écorce crevassée dont les fentes pénètrent latéralement et il ne se forme pas de cellules-filles : les cellules lignifiées des écorces de Sapin et Fig 198. d'Epicea font donc défaut ici. L'écorce pri- RE AS maire meurt de bonne heure et les con- NU EE duits à résine verticaux disparaissent avec elle. Le périderme se développe par couches et de telle sorte qu’une couche qui est composée de plusieurs plans de cellules, s’épaissit fortement, tandis que l'autre conserve des parois délicates : les cellules lignifiées se relient l’une à l’autre en rayonnant (Fig. 12). Cette couche, fortement incrustée, en se desséchant ensuite, se contracte d’une autre manière que celle qui la suit et dont les parois sont restées minces, ce qui les fait se séparer l’une de l’autre : il en résulte que le Spériderme, qui est souvent cristallifère, - s'effeuille par couches. — La partie re rieure d’un vieux bi est, en général, d'une teinte noirâtre et recouverte de nombreuses couches d écorce crevassée ; la partie supérieure du tronc, ainsi que les branches, ont la couleur de la rouille et les écailles plates, aîlées et d'un rouge-brun ou jaune de leur rude écorce s'exfolient l'une après l’autre. La forme de ces écailles est caractéristique, elles ne présentent Jamais d'angle droitet s'observent, en général, le mieux sur les troncs âgés. L'écorce crevassée (Borke) du Pin se distingue par ses nombreuses couches planes dans lesquelles il ne se présente jamais de cellules libérines lignifiées, et par les cercles de périderme parcheminé de ses écailles. Les petites squammes péridermoïdales de l'Epicea lui manquent. Cette écorce n’est pas d’un bon emploi pour le tannage (Fig. 138).

La formation d'écorce du Mélèze (Larix europæa) est semblable à

Fig. 158. Partie inférieure d’un trone de Pin (Pinus sylvestris).

celle du Pin. Les conduits à résine verticaux de l'écorce primaire se perdent de très-bonne heure avec l'épiderme, mais il se forme plus tard pour les remplacer, aussi bien dans le tronc que dans la racine, des lacunes résinifères arrondies ou allongées qui ne se trouvent pas chez les Conifères que nous avons examinés précédemment ; cette formation se représente, il est vrai, d’après Mohl, chez l'Alnes sibirica etle Pinus strobus, ainsi que, d’après mes propres recherches, chez l'Araucaria brasihensis. L'écorce secondaire se développe comme chez le Sapin, l'Epicea et le Pin; la formation du périderme correspond aussi à la leur; comme chez eux les cellules épaissies du périderme sont reliées entre elles sous la forme d'étoiles; cependant le périderme ne s'enfonce pas aussi vite n1 aussi profondément dans l’intérieur de l'écorce. On trouve dans l'écorce des rameaux d'un certain âge à la limite de l'écorce primaire, des cellules ramifiées et lignifiées comme chez le Sapin ; plus tard les cellules de ce genre ne se forment plus, mais il se développe pour remplacer les tubes criblées, non lignifiés après huit ou dix ans, des cellules fortement incrustées mais sans ramifications et qui sont semblables aux cellules libérines bien connues des quinquinas. Les écailles de l'écorce crevassée du Mélèze, qui ne sont pas aîlées comme celles du Pin par une bordure de périderme, sont caractérisées sous le microscope par la présence de ces cellules Hibérines secondaires, non ramifiées, incrustées, allongées et isolées. Il se présente en mêmetemps, comme chez les autres écorces, de jeunes faisceaux de tubes criblés, entourés de cellules remplies de cristaux bien et complétement formés et qui plus tard se retrouvent dans l'écorce crevassée. Celle-ci ne s’effeuille pas aussi facilement que celle du Pin; chaque écaille, lorsqu'elle est détachée, présente à sa face interne une coloration rouge-rosée sale. — L'écorce, lorsqu'elle n'appartient pas à de vieux troncs, est employée pour le tannage et la teinture en bleu.

L'écorce des Taxus, Cupressus et Podocarpus se comporte d’une manière toute différente; au lieu de faisceaux de tubes clathracés, elle forme alternativement des couches concentriques d’un seul plan cellulaire de tubes criblés et de véritables fibres libérmes, séparées par plusieurs rangées de parenchyme de liber. Chez l'If les fibres libérines fortement épaissies et lignifiées ne commencent à se développer qu'après plusieurs années; il semble, en outre, que cette formation s'interrompe souvent de sorte que les rangées de liber présentent des espaces vides. Chez les Podocarpus et les Cyprès, ces rangées se pré-

sentent de meilleure heure et leurs cellules arrivent en plus grand nombre à un développement complet. Les rayons médullaires traversent ces rangées. L'Araucaria et le Wellingtonia ont, quant à leur écorce, unestructure semblable et l’on distingue particulièrement dans sa partie crevassée des tubes criblés desséchés et brunis.

L'arrangement régulier de l'écorce secondaire qui se développe dans la zone génératrice laisse parfois apercevoir d’une manière assez claire l'existence de périodes annuelles dans la formation successive des couches de liber ; cependant le nombre des cercles annuels de bois n'est jamais en harmonie avec celui des anneaux apparents de l'écorce, parce que celle-ci produit plusieurs de ces couches pendant un même été. L'If rejette sa vieille écorce sous forme de minces feuilles de périderme. (1)

Nous pouvons actuellement nous occuper des arbres angiospermés qui sont totalement dépourvus de lacunes résinifères (2) tant dans leur bois que dans l'écorce. Leur écorce primaire ne se distingue de l'écorce secondaire que par l'absence de rayons médullaires qui, comme chez les Conifères, traversent l'écorce de formation récente ; on reconnaît en outre sur une coupe longitudinale et tangentielle, par conséquent perpendiculaire aux rayons médullaires, le même cours maillé ou réticulé des fibres libérines, des tubes criblés et du parenchyme de liber, que celui que nous avons appris à connaître dans la partie ligneuse du système vasculaire (Fig. 128).

Le Chêne (Quercus pedunculata) conserve souvent pendant de nombreuses années un tronc lisse; j'ai vu notamment des Chênes de trente ans avec une écorce lisse recouverte d'un périderme qui ne s’effeuillait pas. Ce périderme se forme cependant dès les premières semaines de la vie du jeune rameau en-dessous de l’épiderme qui est glabre ou pubescent. Chaque année, il se montre dans l'écorce secondaire plusieurs séries de faisceaux de liber, entourés de cellules contenant de grands cristaux bien et complétement formés; le parenchyme et les rayons médullaires qui traversent l'écorce, contiennent des matières amylacées, lesquelles existent d’ailleurs en plus grande abon-

(1) Th. Hartig donne, dans son Histoire naturelle des végétaux forestiers, une description trèsexacte des rangées de liber dans l'écorce de lIf.

(2) On remarque dans l'écorce primaire du Myrsine canariensis et du Kleinia nereifolia des organes qui ont absolument la même structure que les conduits résinifères, mais on ignore s'ils contiennent de la résine ou de la gomme. Les conduits gommifères des Cactées, de Adansonia et du Bombax sont aussi seinblables aux conduits à résine.

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dance dans le cylindre ligneux. La formation de crevasses dans l'écorce (dite Borkenbildung) commence lorsque celle-ci atteint un certain âge ; 11se développe un périderme dans le parenchyme cortical et l'on voit dès lors périr toutes les partiés situées en dehors; le parenchyme se colore en brun, son contenu disparaît et les fibres du liber se lignifient et jaunissent.

La couche crevassée de l'écorce, déchirée longitudinalement, atteint une assez grande profondeur, mais ne se détache pas du tronc, de sorte qu'elle gagne une remarquable épaisseur (Fig. 139).— L'écorce

de Chêne est d'une grande importance pour la tannerie; on emploie surtout pour l'écorcement les taillis de cépée ; c'est au printemps que l'on pratique cette opération, parce que l'écorce contient alors le plus de tannin.

Fig. 139. Tronc d’un très-vieux Chêne.

L'écorce de’ Hêtre (Fagus sylvatica) ne se crevasse jamais; son écorce primaire est mince ; le périderme se forme de très-bonne heure sous l'épiderme qui est muni de longs poils unicellulaires et de stomates. Chaque faisceau vasculaire primitif du jeune rameau développe un groupe de liber qui se présente, sur une coupe transversale, sous une forme semi-lunaire et dont les fibres se lignifient bientôt. Plus tard il ne se reforme plus de véritable liber ; le cambium de la zone génératrice se consacre avec une grande prédilection à la formation du bois, de sorte que l'écorce reste mince, mais elle conserve son activité pendant toute la vie de l'arbre. À mesure que le tronc s'épaissit par suite de la formation de nouveaux cereles annuels, l'écorce s'étend en proportion et les faisceaux libérins formés dès l’abord sont dispersés d’une certaine manière en petits groupes séparés par des cellules qui s'introduisent entre leurs fibres. Ces cellules larges et courtes qui s'insinuent entre les fibres du liber se lignifient bientôt après et 1] sen forme de nouvelles entre elles quand le tronc s'élargit; à leur tour, celles-cise lignifient et ainsi de suite. Le périderme qui enveloppe l'écorce se compose de cellules lamelliformes assez fortement épaissies; il meurt, comme chez le Sapin, tout doucement à l'extérieur pendant quil se reforme insensiblement en dedans; l'écorce reste donc perpétuellement lisse. Les entailles que l’on y fait se cicatrisent rapidement; aussi les blessures qui peuvent advenir aux troncs de Hêtre, se cicatrisent-elles beaucoup plus facilement que chez les autres arbres. Les cellules herbacées de l'écorce contiennent de la chlorophylle et çà et là de petites géodes cristallines, tandis que dans le voisinage des faisceaux libérins on trouve de plus grands cristaux. L’écorce, même chez les plus vieux arbres est fort mince relativement au bois, mais elle est dure et cassante, grâce à ses cellules lignifiées. La première formation péridermoïdale apparaît dans le tronc immédiatement sous l'épiderme ; dans la racine, au contraire, elle se forme dans la zone moyenne de l'écorce primaire ; il en résulte que cette écorce primaire est rejetée de bonne heure par la racine, tandis que sur le tronc elle persiste pendant toute la vie de l'arbre (Fig. 440).

L'écorce du Châtaignier (Castanea vesca) ressemble peu à celle du Hêtre ; elle continue à former des faisceaux libérins et donne plus tard naissance à de l'écorce crevassée.

Le Charme (Carpinus betulus) possède une écorce lisse, ressemblant beaucoup en apparence à celle du Hêtre; comme cette dernière, elle ne se crevasse pas et elle s'épaissit peu, mais elle conserve la faculté

de développer, bien qu'avec une certaine irrégularité, des fibres de liber. Son périderme correspond à celui du Hêtre et le tronc reste lisse pendant toute la vie. Ce qui le caractérise, c'est que la production du bois est surabondante en certains endroits, ce qui dépend de la

Fig. 1 20. formation raméale et rend le tronc tortillard, tandis que celui du Hêtre reste cylindrique.

L'épiderme des Jeunes rameaux de Bouleau (Betula alba) est recouvert de poils monocellulaires et pourvu de stomates ; le périderme propre à cet arbre se forme en-dessous de lui dès les premières semaines çe qui est cause que l'épiderme est,en général, rejeté pendant le premier été. De nombreuses glandes résineuses recouvrent le jeune rameau sous la forme de petits mamelons blancs (Fig. 30); le trochée de Bouleau en est spécialement pourvu : ces glandes transpercent le périderme, elles ne durent qu'un été, mais elles laissent après elles de petites tâches brunes appelées lenticelles et qui, protégées par un revêtement de Æ . liége, croissent avec l'écorce et s'élargissent chaque année.—Le périderme de Bouleau forme alternativement des couches fortement et des couches faiblement épaissies, et à mesure que les anciennes meurent, de nouvelles les remplacent à l'intérieur ; celles qui périssent se séparent en feuillets. Or les couches peu incrustées, en général de beaucoup les plus larges, contiennent de l'air et par suite paraissent blanches; celles qui sont plus épaissies, au contraire, sont remplies d'une substance brune et se présentent sous cette couleur ; de là vient que, suivant la manière dont le périderme s'exfolie et suivant le degré de développement auquel il est parvenu, les troncs de Bouleau sont revêtus d’une écorce qui paraît blanche ici et brune ailleurs. Pendant une série d'années le périderme se forme ainsi exclusivement à la surface; plus tard il s'enfonce irrégulièrement vers l'intérieur, ce qui provoque de profondes déchirures dans le tronc jusqu'alors lisse et forme une écorce crevassée; celle-ci, grâce

Fig. 140. Trone cylindrique de Hêtre (Fagus sylvatica).

au périderme qui la recouvre, conserve toujours une surface lisse et, en général, une coloration blanche, tandis que les déchirures se colorent en noir par la décomposition des cellules corticales mortes (Fig. 1#1 et 142). De même que le Hêtre, le Bouleau ne forme qu'une fois

Fig .142.

des fibres libérines allongées, qui sont réparties en groupes; plus tard il ne se développe plus que des faisceaux de cellules courtes fortement incrustées et lignifiées. Le périderme brûle avec une flamme claire et peut s'employer pour l'éclairage comme les tisons de Pin. Grâce à la résine qu'elle contient l'écorce de Bouleau est presque inaltérable; on l'emploie en Russie à faire des torches et l'on en extrait une huile essentielle. Le périderme sert à la fabrication des boîtes et d'autres menus objets.

Le Cerisier (Prunus cerasus) possède un périderme feuilleté, sem-

Fig. 141. Troncçon de Bouleau (Betula alba) avant le crevassement de Pécorce. Fig. 142. Tronc de Bouleau recouvert d’écorce crevassée.

blable à celui du Bouleau; son écorce, au lieu de résine, renferme une gomme particulière, désignée sous le nom de bassorine.

L’Aune et le Coudrier (Alnus glutinosa et Corylus avellana), dont le bois a tant de conformité, présentent tout autant de ressemblance dans l'écorce ; ils ne forment, tous deux, qu'une seule fois un anneau complet de fibres libérines lignifiées, tandis que plus tard la formation de liber ne se renouvelle qu'aux endroits où 1l n'y a pas de vaisseaux dans le cylindre ligneux. L'écorce de l’Aune devient rugueuse avec l'âge et s'emploie en tannerie (Fig. 143).

L'écorce du Peuplier (Populus nigra) et celle du Saule (Sahx fragihs) développent chaque année de nouveaux faisceaux de liber qui sont entourés de parenchyme dans lequel on remarque de grands cristaux. Un périderme la recouvre; plus tard elle se crevasse. L'Orme (Ulmus campestris) se comporte de la même manière, bien que le développement des fibres libérines ébauchées soit fort irrégulier. Le Frêne (Fraxinus excelsior) produit aussi avec continuité des faisceaux de lhiber.

L'écorce des Saules et des Peupliers contient un alcaloïde particulier, la salicine, que l’on employait autrefois contre la fièvre au lieu de quinquina : Leur tronc ÿ se creuse très-facilement (Fig. 144).

Cest chez le Tilleul (Tia grandh/foha ANSE et Tia paru/foha), dont le tronc reste longtemps lisse et dont la surface se crevasse assez tard, que l'on peut le mieux voir la continuité de la croissance annuelle de l'écorce au moyen de la zone génératrice. En effet chaque faisceau fibro-vasculaire se termine d'un côté dans l’étui médullaire et aboutit à l’autre extrémité par sa partie libérine dans l'écorce primaire (Fig. 74).

Sur une coupe transversale un peu amplifiée, on reconnaît que les faisceaux primitifs sont subdivisés par desrayons médullaires de formation secondaire, et sur une coupe longitudinale, perpendiculaire ou tangentielle à ces rayons, on s'aperçoit qu'ils se prolongent à travers l'écorce secondaire. Les fibres libérines serpentent, comme celles

Fig. 145. Tronc de l’Aune (Alnus glutinosa).

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du bois et commeles vaisseaux, autour des rayons médullaires. La formation corticale est à peu près la même chez le Baobab et les Bombax ; en effet chacun de leurs faisceaux vasculaires primaires se présente sur une coupe transversale sous la forme d’un triangle isocèle dont Fig. 144. le sommet touche à la limite

| f interne de l'écorce primaire.

Ÿ - Le tissu avec lequel on lie les

: | cigares est du liber de Tilleul

que le commerce expédie de Russie en Amérique (1); on y voit à l'œil nu, on ne peut plus distinctement, les rapports des faisceaux fibreux avec les rayons médullaires ; ceux-ci occupaient en effet tous les espaces vides qui forment les mailles de la ligature. Ce liber est, comme le lin, préparé par le rouissage qui a pour effet de provoquer la séparation des feuillets concentriques dont il est formé.

On emploie également le Liber de Tilleul en jardinage pour - assujetir les greffes et les ocu- 2 lations; on en fait des nattes,

< 2 dise des chaussures, des couver-

E LICE) SEE LISE tures, etc.(Fig. 145).

re. ll » Pr

TE L'écorce de la Vigne (Vins

vuufera) forme chaque année plusieurs couches de liber, en général

trois à quatre, séparées par du parenchyme; ce qui se forme une

année périt dès l'année suivante, de sorte que l'écorce n'augmente pas

d'épaisseur avec l’âge de l'arbre. La texture filamenteuse d’une Vigne

Fig. 144. Tronc évidé de Saule (Salix alba).

(1) Les bottes de cigares de la Havane sont souvent reliées avec du liber d’une Malvacée, le Paritium elatum Don. (Hibiscus elatus Swartz), qui constitue la filasse de Cuba (Cuba Bast.) et qui est d’un excellent usage pour assujetir les plantes à leur tuteur. (Note du traducteur.)

âgée provient de la constitution fibreuse de son écoree crevassée produite par les couches libérines.

Le Platane (Platanus occidentahs) est caractérisé par ses écailles décorce, plates, arrondies et semblables à celles du Pin, sauf que leur contour n'est jamais aîlé comme chez ces derniers. Cette écorce ne développe qu'une seule fois des faisceaux de liber qui se divisent successivement comme ceux du Hêtre : ilse forme, en outre, des groupes rubaniformes de cellules fortement lignifiées qui donnent à la partie brune et crevassée de cette écorce une texture délicatement zonée.

L'écorce crevassée est ligneuse, son périderme reste lisse et se compose de cellules fortement épaissies.

L'écorce de l'Erable commun (Acer campestris) enfin, est recouverte d’une sorte de liége élastique, analogue au liége des bouchons, et qui prête aux vieux arbres un aspect particulier. Ce revêtement subéreux est, comme le périderme du Bouleau, disposé par couches, mais ses cellules élastiques et à parois délicates ne se séparent pas l'une de l'autre par la dessication en forme de membranes; il en résulte que le liége de l'Erable ne s’effeuille pas; cependant 1l s'y fait de profondes déchirures longitudinales; l'écorce continue à croître sous cet

Fig. 145. Tronc de Tilleul (Tilia parvifoliu).

abri et elle forme plus tard les faisceaux libérins. Ce fort tégument subéreux n'existe pas sur l'Erable à feuilles de Platane (Acer platanoïdes), dont l'écorce se crevasse et s’exfolie à un certain âge (Fig. 146).

Si nous jetons en ce moment un regard en arrière sur les diverses espèces d'écorce dont nous avons parlé et sur les rapports qui existent entre leur aspect extérieur et leur constitution intime, nous sommes forcés de reconnaître ici, comme pour le bois, une grande conformité à côté de profondes différences.

L'écorce de toute jeune tige ou de tout jeune rameau est recou-

verte d'un épiderme qui, chez tous les arbres que nous avons examinés, meurt pendant le premier été. Cette destruction provient de ce qu'il se développe, soit immédiatement sous cet épiderme, soit à une certaine profondeur dans le tissu de l'écorce primitive, comme chez toutes les racines, une couche deliége ou de périderme. Cependant le Gui (Viscum album) garde son épiderme pendant toute sa vie; le

Fig. 146. Deux troncs, l'un jeune et l’autre âgé d'Erable (Acer pseudo-Plutanus).

Loranthus, qui est d’une famille voisine, est, au contraire, rejeté par une formation péridermoïdale ; le Houx (Jlex aqufolium) garde également le sien pendant plusieurs années, de même que les Cactées et les Euphorbiacées charnues.

Une écorce lisse révèle l’existence d’un véritable périderme; aussi! longtemps que la partie primaire de l'écorce continue à vivre à son abri, le tronc ne présente pas de déchirures et le périderme croît avec lui. — On voit chez le Hêtre, le Sapin, le Bouleau et, en général, chez tous les arbres dont le tronc reste longtemps lisse, un plissement d'écorce aux endroits d'où une branche se détache; ce repli forme, chez le Hêtre et le Sapin, un triangle très-obtus et chez le Bouleau, au contraire, un triangle plus aigu ; dans tous les cas, la formation de ces plis prouve que le périderme continue à croître avec le tronc. Le Hêtre et le Sapin portent leurs branches presque horizontales, de sorte que l'angle qu'elles forment avec le tronc est fort obtus et la cicatrice formée par le développement du périderme décrit un arc de cercle à surface plane, tandis que dans le Bouleau dont les branches dressées forment un angle aigu avec la tige, la même cicatrice se présente aussi sous un angle aigu. La faculté de s’élargir ou le développement du périderme en largeur s’observe en outre aux endroits des rameaux qui portaient autrefois les squammes protectrices ; ainsi dans le Sapin, le Hêtre, le Cerisier on remarque aisément des plis transversaux correspondant aux mérithalles très-raccourcis des écailles tombées et qui permettent, de même que les appendices squammiformes des Conifères, de déterminer l'âge de la branche.

Les arbres dont le périderme se forme exclusivement à la surface de l'écorce, ne développent Jamais d'écorce crevassée; leurs écorces primaire et secondaire restent actives pendant toute leur vie; tels sont le Hêtre etle Charme. Mais chez la plupart, l'écorce ne demeure lisse que pendant un petit nombre d'années ; le périderme et le liége naissent dans son intérieur et par suite la surface meurt et se déchire; on peut citer comme exemples l'Epicea, le Pin, le Mélèze, le Chêne, l'Orme, le Cerisier, le Prunier, le Pommier, le Bouleau, l'Aune, le Saule, le Peuplier, l'Erable, le Tilleul et l'Acacia (Fig. 148),etc. Il n'est guère possible d’adjoindre à cette liste le Sapin qui conserve une écorce lisse, souvent pendant 100 ans et au-delà, 1l se rapproche dejà plus du Hêtre et du Charme.

La nature du périderme détermine sa manière de vivre ainsi que le mode d'écaillement de l'écorce qui est la conséquence de cette for-

mation subéreuse. Ainsi lorsqu'il consiste en couches fortement épaissies, alternant avec des couches faiblement épaissies, il s'exfolie par la dessication et se détache du tronc sous forme de rubans ou de lames parcheminées, comme chez le Bouleau et le Cerisier. Lorsqu'un périderme de ce genre s'enfonce plus profondément dans l'écorce, celle-ci se détache par plaques ou écailles, comme celles du Pin et du Platane, et la forme de ces fragments est déterminée par le mode Fig. 148. de formation du périderme.

à Le suber de l'Erable champêtre se compose de couches alternatives faiblement ou fortement incrustées ; le liége ordinaire à une structure semblable ; ni l’un ni l’autre ne seffeuillent, parce que la la différence entre leurs couches n'est pas très-prononcée et de plus que leurs cellules sont très-élastiques : on sait en eflet que le liége commun est éminemment compressible. On écorce le Chêne-liége (Quercus suber) après une période de 7 à 12 années quand la localité est propice ; les jeunes arbres ne fournis- Se sent pas encore un liége de NS = bonne qualité qui n'est récolté EE qu à la quarantième année. En Espagne, on décortique le liége dans le mois d'août, parce qu'à cette époque l'écorce est moins riche en sève et que, par suite, les blessures qu'on peut lui faire ne sont pas dangereuses; le contraire serait à craindre au printemps. La couche de formation du liége qui entoure l'écorce proprement dite et qu'on peut appeler cambium subéreux, régénère la nouvelle enveloppe subéreuse qui s’augmente ensuite en épaisseur de dedans en dehors au moyen delamême couche ; celle-ci doit donc être soigneusement protégée pendant le pelage. Le Quercus suber est originaire de l'Espagne méridionale ; il est rem-

Fig. 148. Tronc d’Acacia (Robinia pseudo-Acacia),.

De.

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