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quelques caractères indéniables d'influence française. OEuvre imparfaite, commencée au xin° siècle et qui n’a pu êtreachevée, elle possède unchœæur remarquablementtraité; mais nous ne connaissons aucun des maîtres d'œuvre qui en dirigèrent l'exécution. Le premier en date dont le nom ait survécu est Prerre Perrat, mort en 1400, après avoir travaillé aux cathédrales de Metz, de Toul et de Verdun : son tombeau, élevé par les soins de son élève Thierry de Sierck et où 1l est figuré à genoux, existe encore. Après lui on cite encore, en 1445, Aoger Jacquemin, aussi appelé à Toul, puis en 1468 Jean de Ranqueval, architecte de la tour terminée en 1481, et dont les contemporains font un brillant éloge. À Toul, on a conservé les traces de Simon de Verdun en 1406, et, après Roger Jacquemin, de son fils Girard Jacquemin, qui commença en 1460 l'édification de la façade sur les dessins de Tristan de Hattonchatel.
A Troyes, deux édilices retiendront notre attention : la cathédrale Saint-Pierre, et l’église Saint-Urbain. La cathédrale a été en partie remaniée au xve siècle : on ne saurait bien dire quelle part respective doit être réservée au maître maçon Æenri, signalé en 1294-1297, aux architectes Aicher, Gautier et Geoffroy, ce dernier venu de Mussy-sur-Seme à titre d'expert; au maître d'œuvre Thomas, auteur de grandes réparations effectuées au transept en 1365 et décédé en 1367; à ses successeurs Michelin Hardiot, Michel de Jonchery et Jean Thierry, à Jean de Torvoye, mort en 1384, à Thomas Michelin (1409-1427) qui présida à la construction du grand clocher,
et fut remplacé par Jean Terrelion. En 1462 on voit le maître d'œuvre Antoine Colas plus spécialement chargé des réparations à effectuer au portail du transept nord; son successeur en 1484, Jenson Garnache, exhausse les grands piliers de la nef et construit les voûtes de la grande nef (1497). Mais déjà les architectes imbus d’autres principes vont transformer leurs méthodes.
C’est une bien charmante et bien délicate église que Saint-Urbain de Troyes, entreprise en 1264, grâce à un subside considérable fourni par le pape Urbain IV, originaire de cette ville, et grâce au zèle que mit à la continuer un autre Troyen, le cardinal Ancher, neveu du pape Clément IV. Le plan ét la construction du chœur et du transept sont l’œuvre d’un homme de génie, Jean Langlois, qui a réussi dans cet édifice à pousser jusqu'aux dernières limites les principes d'équilibre de l’art gothique, et que M. Lefèvre-Pontalis considère à juste titre comme le véritable précurseur du style élancé du xiv° siècle. Était-il originaire d'Angleterre ou avait-il fait dans ce pays un voyage qui lui valut son surnom? Il est difficile de se prononcer. Bourgeois de Troyes, il appliqua dans la construction les procédés en honneur dans les écoles champeroise et bourguignonne. En. 1267, il avait disparu, s'étant croisé, et ayant laissé une situation embarrassée. to
On sait, par le récit d’un vieux chroniqueur anglais (Gervais de Canterbury) que Guillaume de Sens, « aussi habile en charpenterie qu'en architecture », avait été choisi parmi plusieurs architectes français et anglais, en 1175,
Photo Neurdein.
TROYES. — ÉcrisEe SAINT-URBAIN.