UR DE LA
OE
OS
poussés avec activité en 1259, et quatre ans après assez avancés pour qu'on eût l’idée d’une translation solennelle des reliques du saint patron. Un premier architecte sans doute originaire de l'Ile-de-France en avait jeté les bases; un architecte normand, Tomas Toustain, en dirigea l'exécution en y important des éléments nouveaux empruntés surtout aux cathédrales de Coutances et de Bayeux. N’est-il pas bon de signaler qu'à cette même époque l’abbé du Mont-Saint-Michel s'appelle Richard Toustain, tandis que Guillaume Burel, évêque d’Avranches de 1210 à 1236, était un ancien chanoine du Mans ? Combien évidentes sont d’ailleurs les analogies entre les cathédrales du Mans et de Coutances! Si les difficultés ont été résolues différemment, les deux édifices n’en comportent pas moins d’évidentes symétries de plan et d’élévation; de plus l’'ornementation des chapiteaux est la même : Coutances serait volontiers considéré comme le prototype du Mans. Convient-il encore d’invoquer ici, à propos des travaux exécutés à la fin du xmr° siècle, le nom de Simon du Mans, découvert à Tours ? Nul ne saurait l’affirmer. On peut être tout à fait catégorique au contraire à l'égard du maitre d'œuvre Mathieu Julien, qui paraît avoir achevé les parties hautes du chœur et commencé, au ‘début du xiv° siècle, la croisée de la cathédrale et le croisillon méridional, terminé d’ailleurs longtemps après par Jean le Maçon. Quant au croisillon opposé, dont la première pierre fut posée en 1402, il est l’œuvre de Vecolas de
Lécluse, mentionné en 1419, mort l’année suivante et
remplacé aussitôt par Jean de Dammartin, originaire de Jargeau près d'Orléans, et très capable de mener à bonne fin les conceptions de son prédécesseur. Les travaux à cette époque, malgré l’occupation anglaise, marchaient avec rapidité, et ce dernier architecte a terminé le gros œuvre de la cathédrale, où la sveltesse du transept ne le cède en rien à la hardiesse du chœur, où la vigoureuse lancée des contreforts ne nuit pas à l’harmonieuse pondération du chevet. Rien n’y décèle l'embarras ; les combinaisons savantes des architectes de plusieurs générations successives ont permis d'élever un monument où rien n’a été abandonné au hasard. En août 1425 les Anglais, après un siège très court, devenaient maîtres de la ville, et Jean de Dammartin se rendit à Tours pour ne plus reparaître au Mans.
L'histoire de l’admirable cathédrale de Coutances n'apporte aucun nom de maître d'œuvre ; de même à Bayeux, avec son chœur circulaire, ses colonnes monocylindriques et ses chapiteaux richement ornementés, et dont la plus grande partie de la construction remonte à l'épiscopat de Hugues de Morville (1208-1238). A l’église abbatiale Saint-Étienne de Caen, une inscription non datée, mais sûrement du début du xme siècle, fait connaître le nom et la sépulture de larchitecte Guillaume auquel 6n doit le chœur si original de cet édifice : « Guillelmus jacet hic petrarum summus in arte, iste novum perfecit opus »; mais nous n’en saurions dire davantage. La cathédrale Saint-Pierre de Lisieux, de style français,
avec une abside et une facade normandes, est construite