‹ Les architectes des cathédrales gothiques; étude critiqueChapitre 18 sur 29 · AÂBSIDE DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

AÂBSIDE DE LA CATHÉDRALE

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Damnand ct Jean Placen, qui en 1388 se préoccupent de consolider le clocher.

Guillaume de Grimoard, devenu pape sous le nom. d'Urbain V, et originaire du Gévaudan, fait reconstruire la cathédrale de Mende en 1368 ; le premier maître de l’œuvre connu, en 1372, s'appelle Pierre Juglar, qui douze ans plus tard construira avec Guy de Dammartin le palais du duc de Berri et une Sainte-Chapelle à Riom ; mais les calamités publiques interrompirent ensuite pendant un assez long temps, comme dans toute la région voisine, les travaux repris seulement avec quelque activité en 1452 : alors le chapitre traite à forfait pour la construction du chevet avec les maîtres Pons Gaspar et Jean Durant (dit Jean d’Auvergne). Ce dernier est aussi l’auteur des piliers du chœur, du déambulatoire et de plusieurs chapelles. Le gros œuvre était achevé en 1466, et ce fut alors l'architecte de la cathédrale de Saint-Flour qui vint examiner l'édifice et donner son avis sur sa valeur technique.

En 1277, l’ancienne cathédrale de Rodez étant en très mauvais état, on se décida à la reconstruire, et [à encore on voit la prépondérance de l'architecture du Nord. Pendant vingt ans, on poussa les travaux avec activité, et bientôt s’élevèrent sur un plan homogène l’abside, les deux premières travées du chœur, les bas côtés correspondants, et les onze premières chapelles ; Étienne, maître d'œuvre, est cité en 1289-1294. Après une assez longue interruption, an songea en 1325 à une reprise, mais le plan, trop vaste pour les ressources de la fabrique, ne pouvait être exécuté facile-

ment (Guillaume Bosquet est maître d'œuvre en 1358-1360), et à la fin du xiv° siècle, malgré quêtes, indulgences, lettres pressantes, le chœur n’était pas terminé. Ce n’est guère qu'en 1440 que l’on se remit à la besogne, et sur de nouvelles bases. Conrad Roger construisit alors les piliers du collatéral nord. En 1448, un maître d'œuvre nouveau venu (le même qui avait travaillé à Lyon et avait déjà séjourné antérieurement à Rodez), Jacques Morel, fait adopter un plan et un style différents, et passe marché pour la construction d’un portail; mais, ayant disparu un beau matin en laissant son travail inachevé, il est remplacé en 1456 par Thibaut Sonier. En même temps un autre maitre d'œuvre, Raymond Dolhas, dit Castelvert, et Gérard Dolhasson fils, suivant un marché du 31 décembre 1449, entreprennent de continuerle chœur de la cathédrale en se conformant au plan ancien; ils sont remplacés bientôt par Richard (vers 1450), puis par Vencent Sermati et son fils Jean Sermati, qui vinrent de Saint-Flour en 1462 pour terminer le chœur. Après un nouveau marché conclu en 1465 avec André Amalric, dont le chapitre ne fut sans doute point satisfait, on se décida à faire exécuter la continuation des travaux par voie de régie, et le premier architecte ainsi nommé fut Bernard Anthony, vers l'an 1500. Au milieu du xm° siècle, la cathédrale Saint-Just de Narbonne tombait en ruimes et on songea à la réédifier. La nouvelle construction, commencée en 1272, présente de réelles analogies avec les cathédrales de Limoges et de

Clermont : c’est du reste Jean Deschamps, auteur du plan

de cette dernière cathédrale, qui donna celui de Narbonne ; le chœur était achevé en 1319, les tours le furent en 1332. On sait qu'en 1320 la conduite de ces opérations était confiée à deux maîtres d'œuvre, Henri de Narbonne et Jacques de Favières, qui quelques années plus tard allèrent successivement diriger les travaux de la eathédrale de Gerona (Catalogne) ; le chœur de Narbonne doit leur être attribué. Parmi leurs successeurs on en connaît un seul, Raymond Aycard, en 1346. |

À Bordeaux, la cathédrale Saint-André date en partie du xnr siècle, et lanef était primitivement de style angevin. Mais nos renseignements sur les maîtres d'œuvre ne commencent qu'avec Guillaume Albert, mort en 1366, Vital de Martres (LH), Guillaume Géraud, qui d’ailleurs remplissait simultanément des fonctions analogues aux églises Saint-Michel et Saint-Seurin (1420), et Colin Tranchant, « maître en géométrie » (1425), également chargé des (ravaux de construction à Saint-Seurin; plus tard nous trouvons le nom de Jean Despinay (1480). Rappelons seulement que le célèbre clocher dit de Pey-Berland fut élevé d’après un projet qu'accepta le chapitre en 1429 (1).

Laissant à regret de côté les auteurs des cathédrales de

second ordre sur lesquelles notre ignorance est complète,

(1) Peut-être n'est-il pas inutile de rapprocher des noms ainsi recueillis ceux de certains architectes qui travaillèrent à l'édifice de l’église Saint- Michel, car ils ont fort bien pu être employés à la cathédrale : Botarel, avec lequel on traita en 1448, puis Jean Lebas, père et fils, originaires de Saintes (1464-1495), qui sont les maîtres d'œuvre du clocher de Saint- Michel (le plus populaire des édifices de la cité), terminé en 1492, et furent remplacés par Guillaume Gauleyron.

nous terminerons cette revue générale des grandes églises gothiques par Saint-Jean de Lyon, dont la construction commença vers 1110-1118; mais les plus importants travaux furent exécutés de 1190 à 1260 : de cette époque datent la nef, la rose septentrionale, la voûte de labside, le transept et les croisillons ; la façade et le portail appartiennent au xiv° siècle, ainsi qu'un des clochers (vers 1330). On connaît le nom d’un certain Robert le Maçon,cité en 1147, mais rien ne prouve qu'il ait été chargé d’une direction quelconque. On à une certitude au contraire pour les maîtres d'œuvre dont les noms suivent : Gauthier en 1270, Jean Richard en 1292. Jean de Longmont en 1316-1320, Jean de Remacin en 1359, associé avec un confrère nommé Gurllaume Marsat, Jean de S'aint-Albin en 1362, Jean Bertel, originaire d'Auxerre, en 1368, Jacques de Beaujeu, mentionné dès 1370 et décédé en 1418, après avoir achevé la façade et la grande rose qui l’orne. Son successeur Jacques Morel, demeuré à Lyon de 1418 à 1425, a surtout laissé un renom considérable comme sculpteur, étant l’auteur du magnifique mausolée (détruit) du cardinal de Saluces à Lyon, du célèbre tombeau de Charles de Bourbon à Souvigny en Bourbonnais, et du plan du tombeau du roi René à Angers, que la mort l’empêcha de terminer en 1459 ; sa présence est signalée à Avignon, à Montpellier en 1448, ainsi qu’à Rodez en 1448-1456. Le chapitre cathédral de Lyon, dès 1425, avait remplacé cet artiste vagabond par Pierre Noyset, auquel succédèrent bientôt Jean Robert (1430-1438), devenu plus tard maître des

œuvres du roi René en Provence, et Antoine Montain (1447-1459).

Dans les longues nomenclatures qui précèdent, que de personnages secondaires ! mais aussi que d'illustrations méconnues! On voudrait une intimité plus grande avec ces créateurs de génie qui ont fait jaillir de notre sol français tant de merveilles, et l’on déplore de n'être pas admis à faire un partage équitable entre ceux de ces architectes qui ont su trouver des inspirations capables de réaliser dans l'exécution des progrès et des perfectionnements raisonnés, et la longue phalange des autres qui se sont, après la période d’apogée surtout, contentés d'entretenir et de

consolider les monuments dontiis avaient la charge.

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