‹ Les architectes des cathédrales gothiques; étude critiqueChapitre 21 sur 29 · DÉNS "CATHÉDRALE. CANTERBURY. — CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

DÉNS "CATHÉDRALE. CANTERBURY. — CATHÉDRALE

(D'après Bonn, Gothic Architecture in England. — B. T. Batfords, éditeur. Londres.)

DES CATHÉDRALES GOTHIQUES. ti

Villard de Honnecourt : lui-même s’est chargé de nous apprendre qu'il fut mandé en Hongrie dans la première moitié du xur siècle, et qu'il y demeura un assez long temps, semble-t-1l. On ne sait au juste quel rôle fut le sien sur la terre étrangère, mais 1l est difficile de penser qu'il n’y vécut pas de son métier : on lui attribue sans preuves suffisantes la con- Struction de la cathédrale de Cassova, qui avec quelques autres cependant a toutes les apparences d’un monument français (1). D'autre part, toujours en Hongrie, l’ancienne cathédrale de Calocza, où l’on à reconnu des analogies avec Chartres, possédait autrefois la sépulture de l’architecte qui vraisemblablement l'avait édifiée au xi° siècle, un Français nommé Martin Raveqy : sa pierre tombale existe encore, encastrée dans le chevet de la cathédrale moderne.

En Espagne, on a peu de témoignages formels. Dans les premières années du xrm° siècle, l’ancien monastère de Val de Dios, où s’introduisent les Cisterciens, est enrichi par eux d’une nouvelle église dont la première pierre est posée en présence de maître Gautier, architecte français, et qui est de style gothique primitif. À Gerona on constate: en 1320 la présence des maîtres d'œuvre de la cathédrale de Narbonne, et la France dès le xnr° siècle à importé en maint endroit son style gothique du Nord sous des

influences diverses : la cathédrale de Burgos a quelques

(1) N'oublions pas qu’à l’époque du séjour de Villard en Hongrie régnait dans ce pays le roi Béla dont la sœur, Elisabeth de Hongrie, plus tard nonisée, fit de larges offrandes pour la reconstrcauctioln de la cathédrae de Cambrai; et à Marbourg, en 1235, fut commencée, sous l’invocation de cette reine récemment décédée, une magnifique église dont le style tout français appartient peut-être au même architecte.

rapports avec Bourges; celle de Leon a de frappantes analogies avec Chartres; celles d'Avila, de Salamanque et de Zamora, un peu plus anciennes, dérivent aussi de notre architecture, quoique moins nettement. Quant à la cathédrale de Tolède, elle a été fondée en 1226 et on doit sa construction à un architecte français nommé Péerre, qui fit souche dans le pays (M. Enlart l’identifie avec Pierre de Corbie); à aussi l'influence de Bourges est caractéristique. L'Italie n’a pas échappé à la règle générale. C’est un maitre d'œuvre parisien, Philippe Bonaventure, qui part en 1389 pour l'Italie où 11 va diriger, mais pour deux ans seulement, les travaux du fameux «duomo» de Milan, commencés depuis peu ; dix ans après, paraissent de nouveaux architectes parmi lesquels Pierre Loisart; puis, sur la recommandation d’un habitant de cette ville, « Johannes Alcherius », le chapitre accepte pour conduire l’œuvre un architecte parisien qui se nommeJean Mignot ; mais l’engagement fut de courte durée (1}. On trouve en Toscane des spécimens très intéressants d'architecture bourguienonne, introduite par les CGisterciens à San Galgano et à Casamari, et l'influence du gothique français se fit sentir par là dans les cathédrales de Sienne, d'Assise, de Gênes, même jusqu’à Bologne : malheureusement on ne possède aucune donnée sur les intermédiaires auxquels on doit attribuer

(1) Mignot, arrivé en 1399, avait vivement critiqué le travail de ses collègues italiens; pendant longtemps on lui donna raison, et l’on le déclara « bonus magister et conveniens pro fabrica »; mais après la mort de l'archevêque qui le soutenait, il fut destitué de ses fonctions (1401), et dès lors la construction fut réservée presque exclusivement à des artistes italiens.

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Photo Neurdein.

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