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CHAPITRE IV

Il s'élève, en Angleterre, à côté de l'école classique, une école néo-grecque qui n'a produit ni architectes, ni œuvres architecturales. — Vers 1840, révolution radicale dans l'architecture religieuse. — Tentative impuissante d'éclectisme par Ch. Barry et adoption définitive par les architectes anglais, dans presque toutes leurs constructions importantes, civiles comme religieuses, de l'ancien style ogival anglais accommodé aux besoins de la société moderne.

En Angleterre comme en France, l'architecture classique eut une période brillante dont le palais de Somerset, œuvre de l'architecte Chambers, marque le point culminant. Mais cette période dura peu. Les récentes découvertes faites à Athènes et dans toute la Grèce par les archéologues anglais James Stuart et Nicolas Revett, au lieu de servir aux architectes, leurs compatriotes, comme d'une base et d'un critérium qui leur permît de juger les erreurs commises parles artistes gréco-romains de la période impériale, n'eurent d'autre résultat que de substituer aux anciens modèles qui avaient été jusque-là les modèles classiques éprouvés par l'expérience des maîtres italiens, français et anglais, des modèles nouveaux, mais d'une application impossible dans leur ensemble. Ce qu'il y avait à en tirer c'était l'harmonie des proportions, la logique des agencements, les dispositions de la décoration. Les architectes anglais préférèrent combiner entre eux des fragments entiers de temples grecs et en fabriquer des églises et des théâtres aussi bien que des magasins et des prisons. Tous les édifices religieux ou civils de l'Angleterre, depuis le commencement du xixe siècle jusqu'au moment où Charles Barry revint à la Renaissance italienne (en la modifiant conformément aux nécessités du climat et du tempérament anglais), sont, à véritablement parler, des amalgames plus ou moins rationnels de fragments grecs, à l'exclusion de toute idée originale appartenant aux architectes qui les ont construits, m. 7

Nous devrons peul-êlre faire exception pour John Shaw, dont le père avait été chargé, en 1803, de travaux considérables au Christs Hospilal, donl il fut nommé inspecteur (surveyor) en 1816. Ces travaux consistèrent, de 1820 à 1822, dans la reconstruclion de l'infirmerie et du côté sud-ouest des bâtiments et, de 1825 à 1829, dans l'érection du hall ainsi que des écoles de grammaire et de mathématique. C'est dans le style ogival des Tudor qu'il commença la réfection de ce grand édifice, et lorsqu'on 1831 il reçut la mission de construire l'église Sainl-Dunstan in the West, Shaw fit un véritable effort pour rappeler dans sa façade les traditions du style ogival. On peut se demander, par exemple, pourquoi il a appliqué indifféremment le style Tudor à côté de l'ogival primaire, et aussi pourquoi il a choisi comme plan un octogone inscrit dans un carré ? Shaw, qui était né a Kent, le 10 mars 1776, avait été d'abord pendant quelques années l'élève de Gwilt. Successivement employé aux évaluations des terrains de Londres qui furent, de son temps, couverts de constructions, et architecte de la Compagnie d'assurances contre l'incendie le Phœnix, il mourut à Ramsgate le 30 juillet 1832.

A la môme époque, mais sous une inspiration dilférente, t s'élèvent également les églises Saint-Peter à Walworth (1823-25), Trinity-Church à Marylebone et Saint-Jean à Belhnal-Green, œuvres d'un architecle anglais déjà connu du lecteur auquel nous l'avons présenté, quand nous avons dit quelques mots de \o.Scala regia : John Soane. Né le 10 septembre 1753, près de Reading, et fils d'un maître maçon, Soane travailla dans les ateliers de Dance et de Holland jusqu'en 1776; il élait donc encore élève lorsqu'il obtint (1772) la médaille d'argent de l'Académie des beaux-arls, à laquelle succéda la médaille d'or donnée à Soane en 1776. Envoyé à Rome par la proleclion de Chambers, il était revenu à Londres en 1780 et dessinait, de 1783 à 1788, quatre volumes de planches publiés sous le litre de : Sketches of architecture , et quarante-sept autres planches grand in-folio : Pians of buildings executed in several counties. Inspecteur des bâtiments de la Banque, ainsi que nous l'avons ditprécédemmenl, puis des palais de Saint-James et du Parlement, il fut, à partir de 1795, chargé de toutes les constructions nouvelles à élever dans l'enceinte de Westminster, succéda, en 1807, à S. Wyatt,

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