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CHAPITRE IV

sance du style gréco-romain; mais elle n'y fut point contre-balancée, comme en France, parles sages conseils d'un éclectisme raisonné. Ce fut en Angleterre pour le style gothique un véritable engouement qui dure encore aujourd'hui. « Des milliers d'églises autrefois abandonnées à la décrépitude, ont été restaurées à l'aide de souscriptions publiques, écrit M. Lawrence Harvey; de même aussi, des. milliers d'églises neuves en style moyen âge ont été bâties pendant le règne de notre souveraine la reine Victoria. Jamais à aucune époque la bâtisse ecclésiastique n'a pris une pareille extension comme pendant les cinquante années qui viennent de s'écouler. »

Le grand prêtre de l'architecture gothique fut un nommé Pugin (1812-1852), fils d'un fabricant d'ornements d'églises, originaire de Lausanne en Suisse. « Pugin, après un long voyage d'études, publia un ouvrage remarquable sur l'architecture de la Normandie ; la beauté de ses dessins, l'exactitude de ses relevés, la chaleur de son plaidoyer et surtout l'à-propos de sa publication attirèrent une foule d'adhérents enthousiastes soit dans le public, soit parmi les jeunes architectes. Comme poésie du dessin, rien n'égale, à mon avis, les croquis de voyage de Pugin, mais ses compositions d'architecture ne sont pas à la hauteur de ses dessins.... »

Pugin (Augustin Welby Northmore), né à Londres en 1811 , avait étudié sous son père, Auguste Pugin, Français d'origine et architecte à Londres, dont nous ferons la biographie, fort courte d'ailleurs, lorsque nous passerons en revue les édifices civils qui y ont été élevés pendant les premières années du siècle (1). Tout jeune encore, il avait accompagné son père dans le voyage fait par celui-ci et dont le résultat fut la publication, de 1825 à 1828, d'un ouvrage ayant pour titre : Spécimens of the architectural antiquities of Normandy . De plus, comme il était habile dessinateur, il fut attaclîé à l'atelier de décoration du théâtre Royal et du théâtre de Covent-Garden ; c'est à cette époque (de 1825 à 1835) qu'il écrivit trois ouvrages estimés sur « le Mobilier des édifices du xve siècle et les Ouvrages d'art de cette époque, en fer, bronze, argent et or ». Mais ce ne fut qu'à partir

(1) On voit que nous ne sommes pas d'accord avec M. L. Harvey relativement aux renseignements biographiques qu'il a recueillis sur Pugin fils, mais nous avons des raisons pour croire les nôtres très exacts.

de 1841 que Pugin, converti à la religion catholique, voua son zèle et son génie à la construction des édifices religieux considérables en nombre et en importance dont il couvrit, pour ainsi dire, le sol de l'Angleterre protestante. Nous nous contenterons de citer, sans indiquer la valeur les édifices dont nous donnons la nomenclature : l'église, l'école et le couvent attenant à la résidence de Lord Shresvvbury, à Alton-Towers, la cathédrale Sainte-Marie à Derby, les églises de Sainte-Marie à Beverly, de Sainte-Marie à Wymeswold, de Danesfield Bucks, de Saint-Chad à Birmingham, de Saint-Wilfrid à Manchester, de Liverpool, d'Oxford, de Cambridge, de Beading, de Norlhampton, de Woohvich, de Sainl-Barnabé à Nottingham; les couvents d'Edge-Hill et des Sœurs de la Merci, à Londres, à Birmingham et à Liverpool; les collèges de Bugby et de Badcliffe, la nef de l'église de Cheadle, les églises de Saint-Edouard près Ware, de Saint-Martin à Buekingham, de Saint-Barnabé à Leicester; le prieuré de Saint-Grégoire à Downside près Bath; les églises de Kenilworth, de Stockton-on-Tees, de Newcastle-upon-Tyne, de Preston, de Ushaw, de Keighlley en Yorkshire, de Sheepshear, de Warwick-Trent, de Breewood, d'Hammersmith, dePontefract, de Fulham. On doit encore à Pugin une église dédiée à saint George à Londres, la cathédrale de Killarny, les églises d'Enniscorty et de Saint-George à Southwark, ainsi que les écoles qui en dépendent; les maisons de charité de Sibthorpes et de Lincoln, etc. L'église catholique de Saint-George in Fields (1848), qui peut contenir 3,000 personnes, est surtout remarquable par son clocher dont la hauteur atteint 320 pieds anglais.

Le dessin de l'école de Saint-George in Fields, dont la première pierre fut posée le 14 novembre 1844, et qui n'offre rien deremarquable, au point de vue architectonique, était l'œuvre des architectes Worth et Frith dont nous ne connaissons que les noms. Pugin mourut, jeune encore, à Banfsgate en 1852, laissant plusieurs mémoires accompagnés de planches qu'il avait trouvé le temps d'écrire au milieu de ses immenses travaux.

A la vérité, quelques architectes anglais à peine connus précédèrent Pugin dans sa tentative de résurrection de l'architecture religieuse du moyen âge : Foster qui, en 1829, élevait déjà une église de style ogival à Liverpool; Tattersall, qui pourtant avait fait, en Italie, une étude approfondie de l'antiquité

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