CHAPITRE V
de Senlis et de Beauvais, des abbayes Sainl-Riequier et Saint- Wiilfrand, d'Abbeville, des églises du Rut, de Saint-Leu d'Esserand, de Roy et de Tracy, près Rouen. Ramée a beaucoup écrit sur l'architecture ; nous nous contenterons de citer les ouvrages suivants composés par lui : « Manuel général de l'histoire de l'architecture chez tous les peuples, »elc. (2 vol., Paris, 1843); « Histoire de l'architecture en France depuis les Romains jusqu'au xvie siècle » (Paris, 1845) ; « Introduction au moyen âge monumental et archéologique » (in-fol., J 842) ; des monographies de cathédrales de toutes les parties de l'Europe et des articles nombreux dans les revues françaises et anglaises, etc.
F. G. J. Forsmann, né en 1795, et Karl Wimmel, né à Berlin en 1786, ont été des collaborateurs assidus : c'est à leur collaboralion que sont dus les portes de Berlin et de Lubeck à Hambourg, le grand hôpital du Saint-Esprit (1825 à 1827), la maison de détention et, sur le plan de Schinkel, le théâtre avec un rezde-chaussée garni de boutiques et des foyers d'une dimension respectable, la nouvelle Bourse (1842), le gymnase et la bibliothèque (1837-1839). Wimmel, établi depuis 1818 à Hambourg dont il releva le plan après l'incendie de 1842, y est mort en 1845. Pour Forsmann, il étudia l'architecture dans tous les édifices de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, fut inspecteur des travaux de cette ville de 1827 à 1872 et y mourut le 17 mars 1878.
La principale œuvre de Karl Johann Ludecke, né en 1826 à Slettin, élève de l'académie de Berlin etdeW. Stier elStuler, est la nouvelle Bourse de Breslau, sur la place Bliicher; mais on lui doit aussi les hôtels de ville de Striegau et de Leobschutz, les châteaux de Koppitz près Grottkau, de Oberwilz près Oppeln, de Bechau près Neisse. Nous ignorons s'il est encore vivant. Les noms de Paul von Kuhnel et de Pack sont associés lorsque l'on eite Saint-Lambert, la cathédrale d'Oldenbourg, dont Kuhnel fit le projet, mais dont il put à peine commencer la construction, étant mort en 1824. Ce fut Pack, son neveu, élève de l'académie de Vienne, qui fut chargé de l'exécution des travaux en 1828; c'est tout ce que nous savons de lui . Enfin, un élève de Ungewitter, E. Hildebrand, élève, vers la même époque, les gymnases de Flensbourg et de Husum, édifices de briques avec réminiscences du style ogival, et continue la publication de l'ouvrage de son maître sur « Les Églises des villes et villages ».
C'est en esclave soumis aux règles classiques, que Johann Gottlieb Schlotzer fit, en 1817, à Berlin, la restauration de la Ho fkirche (église de la Cour), construile, nous l'avons dit dans le volume précédent, parBoumann père. Schlotzer était d'ailleurs, en 1795, professeur à L'académie de Berlin et, en 1816, membre de cette même académie. Classique également, Heinrich Gentz, mort en 1811, qui commença en 1800, en lui appliquant une façade dorique, l'hôtel des Monnaies de Berlin (détruit). Professeur d'architecture et inspecteur général des bâtiments de Prusse, puis secrétaire de l'académie de Berlin, Gentz fut également l'architecte de la chapelle funéraire de Charlottenbourg et d'un escalier monumental à la résidence du grand-duc de Weimar. Quant à Augustus Soller, né à Erfurt le 1 4 mars 1 805, mort le 5 novembre 1 853, Berlin lui doit 1-a Nouvelle église catholique, œuvre considérable qu'il éleva , en 1 850. dans le style classique, quoiqu'il ait adopté ensuite le style ogival dans la construction de l'église de Miechowitz, en Silésie.
Mais l'artiste qui, pendant un quart de siècle, fut considéré comme le souverain maître en architecture dans les Élats prussiens, est assurément Karl Friedrich Schinkel, né à Neu Buppin dans la Marche de Brandebourg en 1781. Schinkel avait eu pour maître Friedrich Gilly, né lui-même à Berlin, le 16 février 1771 , mort à Carlsbad le 3 août 1800 et que l'on peut considérer comme le véritable inlroducteur en Allemagne du style classique grec; mais sa mort prématurée ne lui permit pas de mettre h exécution les nombreux projets qu'il avait conçus, notamment des théâtres de Stetlin et de Kœnigsberg, ainsi que du monument à la mémoire de Frédéric le Grand, projet dont la vue décida, disent les biographes, la vocation de Schinkel. 11 est à regretter que ce dernier, doué d'une incontestable originalité, ait préféré le plus souvent s'en tenir à une imitation non déguisée d'édifices qui semblent un contresens sous le ciel dé l'Allemagne et dans un milieu moderne. Quoi qu'il en soit, la nomenclature des œuvres de Schinkel édifiera le lecteur sur la puissance de production et la fécondité de l'architecte prussien.
Commencé en 1825 et terminé en 1830 par Moser et Hesse dans le style du moyen âge, l'église érigée sur le marché Werder est cependant une exception aux tendances architecturales de l'artiste. Long de 66 mètres et d'une hauteur