CHAPITRE XI
A Prague, quelques églises de communautés religieuses : celle des Capucins élevée, en 1070, par Melchior Mayer ; puis celle de Saint-Benedict et le couvent des Carmélites, constructions de 1070, par Giovanni Orsi, de la famille des Orsolini, avec la collaboration de Martino Loragho, né à Fermo, architecte plus connu par les restaurations qu’il fit, de 1758 à 1775, au château royal, après le passage des Prussiens, en 1757. Nous devons ajouter d’ailleurs que ce meme château a été, en grande partie, détruit par un incendie en 1855.
A Ilatisbonne, l’église du Saint-Esprit élevée, vers 1050, par Rodolphi Strochlen, et la salle de spectacle des Jésuites installée, en 1739, sur les dessins d’un jésuite écossais, Bernard Stuart; celle de Reichenbcrg commencée en 1094, finie en 1090 par un architecte italien encore, Chanivalle ; le couvent de Cholrescliau élevé de 1720 à 1749 par Pierre-Paul Columbani, architecte et conseiller à Raudnilz; à lleinsberg, l’hôtel de ville et le théâtre, œuvres d’un architecte berlinois, Karl Hennert, né en 1739, architecte inspecteur du prince Henri de lleinsberg. Mort en 1 799, Hennert avait eu pour collaborateur Frédéric Ekel, connu seulement par la publication des plans et vues de ce château. Une construction assez, importante des premières années du xvn° siècle fut celle du dôme de la cathédrale de Salzbourg, commencée en 1614, terminée en 1028. La façade revêtue de marbre blanc est couronnée de deux tours, sur les dessins de Palladio, se profilant sur une assez belle place ornée d’une fontaine et communiquant au château par une terrasse de quatre arcades, méritait assurément cette addition; Sanctinus Solari, architecte de Milan, qui fut chargé du travail, ne la fit pas trop regretter. Nous ne possédons du reste sur lui aucun document biographique, pas plus que sur son compatriote Zuccali, l’architecte de l’église Saint-Cajelan et sur Michel Springrueber, l’architecte du couvent des Franciscains, qui date de 1686 à 1689. Pourtant Zuccali a laissé une œuvre importante, au moins par ses dimensions, le château de Schleissheim, à 8 kilomètres de Munich, dont la façade, d’assez mauvais style italien, a 190 mètres au lieu de 400 qu’elle devait avoir. Zuccali commença l’édifice en 170 U niais ce fut l’architecte Effner qui le termina. Deux constructions considérables s’élèvent aussi dans le Wurtemberg pendant celte période : le nouveau château de SluK- II. 19
garl (4) (Resulenz-Schloss), édifice en pierre de taille à deuxétages avec deux ailes en retour qui n’en présentent plus qu’un seul. Des statues et des trophées ornent les frontons de ces ailes et, au-dessus du pavillon du milieu, s’élève une immense couronne dorée. Les plans du château sont d’un architecte du nom de Léger que les auteurs du temps font précéder de la qualification de général; mais il fut commencé en 1756 par les Italiens Frisoni et Retti, sur la biographie desquels nous ne possédons pas le moindre document. C’est à llelti que Wiebeking attribue la construction du palais de Ludwigsbourg que fit élever le duc Eberhard Ludwig pour se venger des états de Wurtemberg qui désapprouvaient sou inconduite; ce palais fut agrandi considérablement (on y compte aujourd’hui quatre cents pièces) par Je duc Charles, de 1 76 i à 1785. 11 attribue également à cet architecte la restauration du château de Cadolzbourg. L’intérieur du château de Stuttgart est l’œuvre d’un architecte de celle ville nommé Thouret, dont nous reparlerons en temps et lieu.
De Ferdinandus Heinrich Fischer, l’architecte de l’Académie militaire de Stuttgart et du château de chasse sur l’Alp, détruit peu après sa construction, nous dirons seulement qu’il était né en 1745, qu’il avait étudié l’architecture avec La Guêpière et qu’il mourut en 1810, professeur d’architecture en même temps que capitaine d’infanterie.
Né en 1723 à Nîmes et protégé par le prince de Monlauban, Michel Ixnard fut présenté au cardinal de Rohan qu’il accompagna à Strasbourg où il se lia avec plusieurs princes allemands. L’électeur de Trêves le nomma directeur de ses bâtiments et c’est. ainsi que, de 1768 à 1780, il fut chargé de la construction du palais électoral de Clementsburg, près Coblenlz (1777), de l’église de l’abbaye des Dames de Ducliau en Souabe, de la communauté de Donauwürth, également en Souabe, ainsi que du château et du jardin du baron Despetli, de l’abbaye Saint-Biaise dans la Forêt-Noire et de beaucoup d’autres palais, châteaux, hôtels, maisons de plaisance, maisons bourgeoises, etc., publiés en un recueil imprimé à Strasbourg en 1791 qui contient notamment l’ancien hôtel du Commerce de Strasbourg, place du
(J) L’une de ces ailes, la droite, fut détruite par les Ranimes en 1702 et réparée en 1791 .