Chapitre de l'église collégiale de SaifU^Niziér composé
D'un Secretain qui en est le chef; 17 chanoines. C'est aussi la- paroisse la plus grande de Lyon.
Chapelle en icelle église, en la grotte sous le grand autel.
Chapelle des Pèlerins de Saint -Jacques ou Saint-Jace me.
Chapelle en l'Hétel-Dieu dos Lépreux.
Chapelle de SairU^Roch,
L'Hétel-Oieu de Saint-LaurentHies-Vignes, avec sa chappelle.
Eglise parrochialedtf Saint-^ Romain , derrière Thôlel archiépiscopal.
L'archidiacre de Lyon en est curé; elle est située au lieu la Croix-de-Colle.
Eglise de Saint-Pterre-le^ Vieux, annexe de Saint-Romain où l'on enterre les corps de la paroisse .
Le grand Hâpital de la Charité, dit de Notre-Dame^ de-PUié,
Abbaye de Saint'Martind'Ainay, de fondation royale.
Eglise ou Hôtel -Dieu de Sainte-Catherine^ où sont les pauvres lilles orphelines de la ville.
Monastère et église de Saint- Antoine, pour les religieux de l'ordre.
L'archevêque con - 16,000 livres, fère.
Les héritiers Mes Saints de Chapponay fondateurs on sont patrons.
La ville présente.
Les héritiers du s' de Gadaigne, fondateur.
L'archevêque.
Le même.
Le mémo.
Le roi nomme, le pape confère.
Abbé de Saint- Antoine, do Vienne.
15,000 livres.
î,500 llvn3s.
Eglise da noviciat des Pores de Samt-Antoine,
Hôtol-Dieu de Notre-Dame du Pontrdu-Rhône , avec sa chapelle de fondation royale.
Prieuré de Saint-Irénée-lès-
Lyon.
Mathurins de Lyon.
(.hapelle de Notrê-Dame^dê- Bot^RencorUre, érigée en confrérie du Saint-Esprit, dépendant du couvent de Saint-Bonaventure.
Les Chartreux de Lyon.
Prieuré de la PkUiêre de Lyon.
Prieuré du Hautrde-Cosan do Lyon.
Célestins do Lyon.
Le môme.
Chapelle du Notr^Dame de. Ceux qui portent le y^siuv. appelée des Char-' nom do la maison ^ '- ^ * • ' de VauzfiUcs en
sont patrons.
rue , -, . ^
triers, qui font les services de leur confrérie.
Chapelle de Vauselles, dessor\'.o par los religieux de Notre-Dame de Loul'ort aux Jacobins.
Monastère royal de Saint- Pierre4es-Sonnains ; il doit y a\oir 30 religieuses do l'ordre de Saint-Beuoist,de fondation royale. U y a paroisse.
Eglise do Saint-^tumin ou Saint-^yorlin, annexe du monastère roval de baint-Pierre»
où se font les fonctions parrochiales.
Chapelle ou rectorerie de Saini-iosme et Saint-Damien, dépendant deSaintrPierrc.qui e»i celle des chirurgiens.
Cha)>elle de Sainte laude , confrérie , dépendante de Saintr-Pierro.
Ghtpelle de Saint-Clair, qui est une reclusiùre.
Chapelle SaHU-Sébaslien, reclusiùre.
Le ministre général-
Le Roy.
Les dames de Saint- Piorre présentent
Les mêmes présentent
Les mômes présentent
20,000 livres.
15,000 livres.
1,000 livres.
2,000 livres.
21,000 livres.
20,000 livres.
Chapello de Saint~Marcel , reclusière, où soat les Pénitents noirs, sous le nom de Sainte-Croix.
Eglise de Notre-Dame de la Platière , ancienne paroisse, donnée aux religieux de 8aint- Ruff.
Chapelle des PénitevUs de la Miséricorde, au-dessous de la- (pielle est une cave pour la sépulture des suppliciés
Eglise parrochiale de SairU- VincenL
Eglise parrochiale de Saint- Michel.
Eglise ou chapelle du Saint- Esprit, au piea du pont du Rhône.
Eglise parrochiale de Saint- Irénëe, au faubourg Saint-Irénée.
Eglise parrochiale de Saint- Pierre de Vaise.
Au faubourg de la Guillotière.
Eglise ou chapelle de SainU- Madeleine, annexe de celle de Saint-Michel, près d'Ainay.
L'abbé de Saint - Ruff.
Le chapitre Saint- Paul présenta , il y a un curé primitif.
L'archevêque.
Le môme.
Je ne parlerai pas des terres qui appartenaient à rarchevêché et au Chapitre,, avant la Révolution. Le Chapitre surtout était très-riche, il possédait des domaines des plus importants.
D'après le Fouillé que je viens de reproduire, l'archevêché aurait eu, en 1648, un revenu de 40,000 livres. En 1731 , ce revenu se serait élevé à 48,000 livres, et il était alors affermé à François Perrin, notaire à Lyon. Parmi les débiteurs de rentes dues à Tarchevèché, la ville de Lyon figurait pour une somme de 2,995 livres.
Quant au Chapitre, déjà au xi* siècle, il possédait de nombreuses fermes et plus de cent domaines ; à ce moment, il n'y avait pas encore de distinction bien positive entre les possessions de l'archevêché et celles du Chapitre, du moins quant aux droits. Jusque là le clergé des églises avait vécu de la vie commune, dans des cloîtres élevés aux flancs des églises. Les membres de ce clergé, alors assez nombreux et dirigés par un chef qualifié d'abbé, n'avaient rien en propre et vivaient des offrandes des fidèles dont on faisait trois parts, l'une pour les clercs, l'autre pour les pauvres et 4a troisième pour l'entretien de l'église. La séparation du patrimoine de l'archevêché de celui du Chapitre n'eut lieu qu*au xn* siècle, — et le Chapitre eut en partage le tiers des domaines et des droits temporels. A dater de ce jour, le Chapitre et l'archevêque, devenus indépendants Tun de lautre, firent administrer leurs propriétés par des employés particuliers. Chacun des deux pouvoirs eut sa juridiction, sa justice, son patrimoine, sa demeure et ses Archives distincts.
Après cette rapide esquisse des origines du chris-
tianisme à L;on et de rétablissement de boq ùége archiépiscopal aatour duquel se tenait un paissant et noble Chapitre inspirant nos archeTequee de son expérience et de sa sagesse, disons maintenant quelles furent aussi les autres maisons religieuses qui s'établirent successiTement & Lyon autour du {ffemier pasteur de notre église primatiale.
Qu'on ne s'attende pas k trouver ici un travail complet sur cette partie si importante de notre histoire locale . Cette page est h faire ^ncore et ne pourra être remplie que quand nous aurons, pour l'écrire, les monuments encore inconnus de nos Archives ecclésiastiques. Ce ne sont donc que de simples notes que je vais donner, puisées aux meilleures sources, il est vrai,- mais il y aura bien des lacunes, des erreurs môme, mais bien involontaires, et qui trouveront leur excuse dans ce fait regrettable qu'& dé&ut des titres de nos églises que je n'ai pu consulter, j'ai dû me borner k de simples indications données par les anciens inventaires souvent incomplets ou imparfaitB de nos anciennes Archives ecclésiastiques.
LES liGLISBS DE LYON.
BU de villes ont été aussi riches que Lyon en égUses, en chapelles et en communautés religieuses, comme en établissements hospitaliers ; mais le temps s*est appesanti sur beaucoup de ces monuments — ils ont croulé de vieillesse en grand nombre, les conmiotions religieuses et politiques leur ont été non moins funestes; — et c'est h peine si, aujourd'hui, nous pouvons nous Satire une idée de cette multitude d'édifices religieux élevés par la piété de nos pères dans le cours des âges, depuis le jour où le christianisme triomphant put se livrer publiquement au culte du vrai Dieu. Plusieurs auteurs ont fait une sta^ tistique de tous ces édifices au temps où ils vivaient, mais je ne crois pas que jusqu'à ce jour on ait eu la pensée d*en dresser un état complet qui comprend tous ceux qui, depuis l'origine du christianisme, ont surgi du sol de notre cité si éminenmient religieuse et qui ont disparu ensuite par une cause ou par une autre.
Je crois donc devoir esquisser ce tableau que, du reste, on ne saurait faire d une manière complète, car nos Archives religieuses, si belles et si riches
malgré toutes leurs vicissitudes, sont encore presque une lettre morte.
Le P. Bullioud (1) est, je crois, le premier de nos auteurs lyonnais qui ait essayé, dans son Lugdunum sacrchfrophanumj de décrire tous nos anciens monuments religieux. Son travail est excellent ; il a pu le faire avec des matériaux qui n'existent plus aujour^ d'hui et il écrivait son livre, demeuré manuscrit, à une époque (1647) où la plupart de nos anciens édifices religieux étaient encore debout.
Avant lui, Jacques Severt, né en 4559, à Beaujeu, chanoine de Beaujeu, officiai, vicaire-général et grand pénitencier de Tévêché de Mftcon, théologal à Lyon, avait fait paraître, en 1618 et 1628, deux éditions d'un ouvrage intitulé « Chronologia historica successionis hierarchicae illustrissimorum archiantistitum Lugdunensis ai*chiepiscopatus , Galliarum primatus ; necnon latior iilustrissimse ecclesise cathedralis et cœterarum dioceseos lugdunensis historia. » (Simon Rigaud, in-fol., avec une dédicace àCharles de Miron, archevêque de Lyon, au doyen et au Chapitre de cette église). « Cet auteur était savant, dit le P. de Colonia, il enrichit sa chronologie de quantité de pièces originales ; mais il la défigura par sa latinité barbare, par la dureté et la sécheresse de son style forcé, mais surtout par son peu de critique qui lui a £ftit insérer, dans sa suite, des évêques imaginaires
(1) Bullioud, Pierre, fils de Bullioud, procureur du roi an siège présidial de Lyon et procureur général au Parlement de Bombes, né à Lyon le 27 janvier 1558. — Jésuite, mort en 1661. {Lyonnais dignes de mém., page 53.)
et en omettre de réels. » Toutefois , on trouve dans ses ouvrages quelques bonnes indications sur nos anciens édifices religieux.
Après lui, vint Isaac Lefëvre qui publia, en 4627, son ouvrage intitulé : « Nombre des églises qui sont dans l'enclos et dépendances de la ville de Lyon, — avec une exacte recherche du temps et par qui elles y ont été fondées, le tout curieusement recherché sur les anciennes Archives et vieux documents de chacune dicelles, par J. L. F., lyonnais, dédié à Monseigneur de Gibertes, comte et archidiacre de Téglise de Lyon. » A Lyon, Jacquemetton, demeurant près de THôtel-de-Ville , m. c. xxvi. ( Bibliothèque Coste. ) (4).
En 1648, parut à Paris, chez Gervais Alliot, imprimeur, « Le Fouillé général contenant les bénéfices de l'archevêché de Lyon et des diocèses d'Autun, Chalonsur-Saône, Langres, Mascon, avec aussi les abbayes, prieurés, doyennez, chapitres, cures, chapelles, ma* ladreries et hospitaux desdits diocèses, commanderies, leurs dépendances, patrons et collateurs. Le tout, selon les mémoires pris sur les originaux desdits
(1) On ne sait rien de ce modeste auteur qui n'a de place dans aucune biographie et dont le livre est aussi rare que les pages en sont vulgaires et pauvrement écrites. En le dédiant au comte de Gibertes, parent des Talaru et des Chalmazel, il prie le comte « de prendre ce petit œuvre sous l'aisle de sa protection. » II s'y trouve quelques particularités et il indique paroisse par paroisse le nombre de nos églises, en 1627 , au dedans comme au dehors de la ville. (Voir la notice de M. Collombet sur Isaac Lefebvrei dans ses Etudes sur les hist^ lyonti., 1839, 2- partie, p. 205.)
diocèses et registres du clergé de France, ainsy qu'ils ont esté ordonnez en l'assemblée de Mantes, Tan 16i1, et de ceux des amortissements faits par commandement du roy. » In-quarto.
Dans le même siècle, en 1636, parut, chez Scipion Joserme, imprimeur à Lyon, un ouvrage in-4**, intitulé Lyon dans son histre, par Ghappuzeau (Samuel). Cet auteur était un étranger. Né & Genève, et ayant séjourné quelque temps à Lyon où il cultiva la poésie, il fit quelques traductions qu'il y imprima et moumt h Zel, le 18 ou le 31 août 1701 . Le plus estimé de ses ouvrages fat celui de « Lyon dans son lustre », divisé en deux parties. Il est presque entièrement consacré à la description de nos anciens édifices religieux et contient de bons renseignements que complètent aussi de très-bonnes notices publiées, plus tard, dans les almanachs de Lyon (1).
En 1675, parut aussi à Lyon, chez André Olyer « en rue Tupin, à la Providence » un ouvrage petit în-12, peu connu, d'un auteur qui a £edt peu de bruit,
(1) Ghappozeaa donne une courte nomenclatare des paroisses, des monastères et des collèges. Il compte 14 paroisses — IG églises ou chapelles, 40 maisons religieuses et dans ces maisons 1,636 personnes. Le P. Ménestrier nous apprend qae Ghappuzeau c fit pendant quelques années, à Lyon, l'office de « correcteur d'imprimerie » et ajoute <^ qu*il y a beaucoup de verbiage et peu de substance dans son ouvrage. » U était protestant et Tami de Spon qui lui décerna des éloges que son livre ne mérite pas. Il lui dit :
Logdiini miranda stylo tam dire pangis TantiB at materis par videatar opas Vis minor ergo tois debetar gloria ébattis Onam qnalem angnstom boe possidet eoporiom.
ayant pour titre « Petit recueil des plus beaux tableaux tant antiques que modernes, architectures, sculptures et figures qui se voient dans plusieurs églises, rues et places publiques de Lyon, le tout recueilli par J. de Bonbourg, Lyonnois. » Sa Recherche des tableaux est la seule chose qui offre quelque intérêt dans cet opuscule, encore l'auteur se borne-t-il aune sèche nomenclature, pauvrement faite, de quelques singularités. — Toutefois cet ouvrage qui mentionne un grand nombre de nos anciens édifices religieux est bon à consulter, en ce qu'il fournit des indications sur les œuvres d*art qui ornaient ces édifices, n a été complété plus tard par Clapasson.
A peu près vers la même époque, un auteur aussi peu connu que J. de Bonbourg, Antoine de Bougeroi, prêtre de MarciUat, en Bourbonnais, publia pendant son séjoiur & Lyon, un volume intitulé : « Le ' Triomphe de la Manne céleste sur les autels de toutes les églises de la noble et auguste ville de Lyon. » (Lyon, JeanPaulhe, impr., <665, petit in-8.)
Cet ouvrage, dit M. Collombet, dans ses Etudes sur les historiens lyonnais (Lyon, 4839), dédié h Camille de Neufville, archevêque de Lyon, est un recueil de vers en Thonneur des égUses de cette ville, précédés de textes de l'Ecriture Sainte. L'auteur divise ces églises en quatre chapitres ou empires : Saint-Jean, Saint-Just, SaintrPaul et Saint-Nizier et y comprend les églises inférieures et les chapelles qu'il donne comme autant de dépendances des quatre églises principales. » Mais cette division et cette dépendance sont purement imaginaires.
Bougerol cite, tour h tour, tous ces monuments religieux dans la plupart desquels il allait dire la
messe. Il fait en m6me temps l'éloge des saints auxquels ils étaient dédiés ou des religieux auxquels ils appartenaient; il saisit même parfois Toccasion de rappeler des fieiits historiques, et cite en mai^ les auteurs qui les lui ont fournis. C'est ce qu'il appelle donner un « Raccourcy de Vhisioire de Lyon. » Voici le tableau dressé par Bougerol :
Eglise Saint-Jean. — Saint-Etienne. — Sainte- Croix. — Le sanctuaire de rarchevôché. — Saint- Pierre-le-Viel. — Saint-Georges. — Saint-Romain.
— Saint-Alban. — Les Petits Jésuites. — La chapelle de Roanne.
Eglise de Saint-Just. — La Magdeleine. -» Sainte- Ursule. — Le Verbe Incarné. — Les Trinitaires. — La chapelle de Lorette. — Les Minimes. — Sainte- Marie l'Antiquaille. — N.-D. de Fourvières* — La chapelle Saint-Laurent. — Saint-Roch. — Saint- Irénée.
Eglise Saint-Paul, — Saint-Laurent, — les Chazeaux, — les Recollets, — la chapelle Saint-Barthélémy, — l'église des RR. de Sainte-Ursule, à Saint- Barthélémy , — des Capucins , — des Carmes déchaussés , — la chapelle Saint-Martin , — Saintr Epipoy, — chapelle du fort de Pierre-Scîse, — l'église des RR. PP. de l'Observance, — des RR. de Sainte-Elisabeth, — de Saint-Pierre-de-Vaise.
Eglise Saint-Nizier, — de Saint- Jacques, — de Saint-Cosme et Saint- Damien, — de Saint-Saturnin,
— de Saint-Pierre, — de la Platière, — la chapelle de la Miséricorde, — l'église des RR. PP. Cannes,
— la chapelle Sainte-Catherine, — de Saint-Marcel,
— l'église du Petit-Forêt, — des RR. de la Déserte,
— de Saint-Vincent, — des RR. PP. Augustins, —
des RR. de Saint-Benoît, — des RR. de Sainte-Marieaux-Ghaînes, — des RR. PP. Chartreux, — des RR. Carmélites, -* des RR. Bleu-Célestes, — des RR. Bernardines, — - des RR. PP. Carmes déchaussés de la Croix-Rousse, — de Saint-Fabien et Saint-Sébastien, — de la chapelle Saint-Clair. — l'église des RR. PP. de l'Oratoire, — desRR. de Sainte-Ursule, — le sanctuaire de la maison de Ville, — Téglise des RR. PP. Jésuites du grand collège de la Trinité, — la chapelle de la congrégation des Messieurs de Lyon aux Jésuites de la Sainte-Trinité , — Téglise des RR. PP. Cordeliers, — la chapelle de la Société des Confalon , — la chapelle de Notre-Dame-de-Bon- Rencontre, — l'église des RR. PP. Célestins, des RR. PP. Jacobins, — de l'Hôtel-Dieu, — de Saint- Michel, — des RR. de Sainte-Claire, — d'Ainay, — de Saint-Joseph, — des RR. de Blie, — de Sainte- Marie-en-Bellecour, — des Repenties, — des RR. de Sainte-Elisabeth, — de la Charité, — la chapelle du Saint-Esprit, — de Lorette, — l'église des RR. PP. du Tiers-Ordre, — de la Magdeleine, — la chapelle de Saint-Lazare, — l'église de Notre-Dame de l'Ile- Barbe.
D*aprës ce tableau, il existait à Lyon, en 4665, 90 églises ou chapelles, nombre excédant des deux tiers environ celui des édifices religieux qui subsistent aujourd'hui.
Enfin, en 1741, André Clapasson (1), avocat, fit
(1) Clapisson ne figare pas non plus dans les biographies. H naquit à Lyon, le 13 janvier 1708, prit ses degrés à Valence, en 1738, fit de nombreux voyages à Paris, y étudia les œuvres
paraître à Lyon « une Histoire et description de la ville de Lyon et de ses antiquités, de ses monuments et de son commerce, dans laquelle il a décrit , avec des détails devenus précieux aujourd'hui, les monuments religieux qui existaient à cette époque.
La plupart de ces ouvrages et d'autres moins importants, qu'il serait trop long de citer, sont devenus assez rares aujourd'hui. Mais espérons qu'il se rencontrera bientôt un auteur qui, en les fondant ensemble et les complétant & l'aide de ce qui nous reste de nos Archives religieuses, encore si peu explorées, nous donnera un Lugdunum sacrum complet , et écrira cette grande page de notre histoire locale (4 )
des grands artistes ; fut reçu à rAcadémie de Lyon en 1738 et succéda à son père dans la charge de receveur général des domaines et bois du Lyonnais, ce qui ne Fempêcha pas de suivre ses inclinations littéraires, mais il travaillait péniblement. L'Académie conserve un assez grand nombre de dissertations qu'il lui avait communiquées, — dont, entre autres, « une description de l'église Saint-Pierre de Lyon, ancienne et moderne. 1744.» — Description critique des deux monuments qu'on voit en l'église des PP. Jésuites de la rue Saint-Antoine, 1748.
« L'Histoire et description de la ville de Lyon » par Clapasson, est écrite s^ns ordre et dans des limites trop étroites, mais elle ne laisse pas d'avoir son utilité, dit Bollioud-Mermet, parce qu'elle présente sur nos monuments des documents que l'histoire locale sait apprécier, surtout quand ces monuments ont disparu devant les révolutions.
(1) Je ne dois pas omettre non plus de mentionner un auteur qui a écrit aussi d'excellentes choses sur plusieurs de nos édi* fices religieux, c'est Deville, docteur de Sorbonne, custode et sacristain de Saint-Etienne, de Lyon, vice-gérant de TOffidalité, vers le milieu du xviii« siècle, auteur de divers essais sur l'histoire du clergé de l'église cathédrale de Lyon, reêtés inédiUt
ai peu connue. Sans entréprendre cette grande et difficile tftche, je crois devoir tracer ici, pour Tintel* ligence de ce que je dirai plus loin de nos Archives religieuses, un tableau très-sommaire de nos anciens édifices consacrés au culte.
et dont le manascriti portant la date de 1753, est à la bibliothèque d'Âix-en-Provence. Ce mannscrit renferme des matériaux précieax en grand nombre, des documents inédits, des dissertations faites avec goût et critique, différents projets d'histoire du clergé de la primatiale de Saint-Jean, des églises Saint- Mizier, Saint-Paul, Saint-Etienne, Sainte-Croix, Sâint-Just et Saini-Irénée. Le travail de Dcville forme 15 gros volumes que M. Collombet et d'autres auteurs sont allés consulter pour leurs travaux sur des édifices religieux de Lyon.
De nos jours, il s'est publié aussi de remarquables travaux sur nos édifices religieux. — Je ne saurais les citer tous ici; — mais je ne veux pas passer sous silence ceux que je rensontre dans « Lyon ancien et moderne » Lyon, 1838, par Léon Boitel. — Tome !•', abbaye d'Ainay, par Fleury La Serve ; — réglise d'Âinay, par Leymarie ; — abbaye de Saint-Pierre, par M*** Jane Dnbuisson; — TAntiquaille, par le docteur Potton et Raphaël Flachéron ; — rArchevêché, par Stanislas Clerc ; — Couvent et église des Augustins, par V, de La Prade; ~ Aumônerie générale, par le docteur Potton; — les Célestins, par A. Péricaud ; ^ les Chartreux, par J.-S. Passeron ; — le Collège, par Demogeot ; — les grands Cordeliers, par Rauffinann ;
— les Cordeliers de l'Observance, par *** ; — Fourviôre, Saint- François, Saint-Georges, Tllùpital , par Collombet ; — Saint- Irénée, par Fleury La Serve ; — les Jacobins, par Collombet ;
— Saint-Jean, par Leymarie; ^ Saint-Jnst, par A. Roussillac;
— Saint-Nizier, par Leymarie; — Saint-Paul, par H"* Dubuisson; — Saint-Polycarpe, par Cherpin; — Hôtel-Dieu, par A. Jambon; «-la Manécanterie, par Leymarie.
Il existe aussi un excellent travail sur le couvent des Dominicains, intitulé : Narration historique et topographique du couvent de l'ordre de Saint-François, etc., à Lyon, chez Pierre Rigaud, rue Mercière, MCXIX.
Je commencerai par les recluseries, car la traditifiD rapporte que, dans l'origine du christianisme, qoand les fidèles purent, sans danger, se livrer aux pratiques du nouveau culte, des hommes et des femmes môme se retirèrent dans des grottes ou dans de petits édicules où ils vivaient dans la retraite et la pratique des plus grandes austérités. Je parlerai ensuite des hospices que, vers le m^me temps, la charité publique éleva dans notre ville et surtout h ses portes, pour y donner Thospitalité aux voyageurs et aux pèlerins pauvres. Enfin, je citerai toutes les églises ou chapelles que la piété de nos pères éleva dans notre ville.
Reolnseries.
Nos anciens auteurs ne sont pas d'accord sur Forigine des recluseries ; les uns ont voulu y voir de petites maisons ou des grottes seulement, dans lesquelles se retiraient ,loin des bruits du monde, des hommes et des femmes, pour y vivre dans la macération et la prière. — C'était, en un mot, de véritables ermites qui habitaient ces lieux isolés. Isaac Lefèvre parlait ainsi des recluseries , en 4 627 , à propos de la recluserie de Saint-Âlban , qui était située près de l'église SàinfrJean et qui alors était devenue une chapelle d'une certaine importance : « Or, dit-il, pour donner à entendre ce que signifie ce mot de recluserie, dont il y en a plusieurs en la ville, faut noter qu'à l'imitation [de ce grand prélat saint Eucher, qui fut tiré par force d'une caverne où il s'étoit renfermé, au comtat d'Avignon, — pour estre fait archevêque de Lyon, plusieurs saints per-
sonnages se retiroient en certaines petites chapelles ou plutôt hermitages où ils vivoient comme des ermites ou des reclus, — et de là est demeuré le nom de recluseries aux lieux où habitoient ces reclus, qai étoient en grand nombre. » Du nombre de ces reclu* séries se trouvait surtout celle de Saint-Epipoy , située non loin de Pierre-Scize, au pied des rochers et au bord d'une source, et dont le souvenir s'est le mieux conservé.
D'autres auteurs n'ont voulu voir dans nos anciennes recluseries que de modestes petites chapelles élevées par la piété de quelques particuliers pour leur usage personnel et où un prêtre ou religieux du voisinage célébrait les saints mystères.
Reolaseriea dont la fondation est attribnèe à saint
Buoher, an 460.
Chapelle Saint-Alban, située à côté de Tancien palais de Roanne, recluserie d'hommes, démolie lors de la construction du Palais-de-Justice, longtemps un hospice ; le service religieux y était fait par le clergé de Sainte-Croix. Le custode de cette église était tenu d'y chanter les vêpres, une fois l'an.
Chapelle Saint-Barthélémy, située autrefois rue Saint-Barthélémy, montée des Recollets, près T Antiquaille, servait jadis aux conférences ecclésiastiques, et appartenait aux Luquois.
Chapelle de Thunes, démolie par les Carmes déchaussés, qui ont construit leur maison sur son emplacement.
Chapelle La Madeleine, occupée plus tard par les
religieuses du Verbe-Incarné, montée da Gour^ guillon.
Chapelle Sainte-Marguerite , ancienne recluserie de femmes, sur la colline de Fourvières, près la charpelle Saint-Barthélémy, occupée ensuite par les religieuses de Sainte-Ursule, qui la quittèrent lors de leur réunion au premier monastère de la rue de la Vieille-Monnaie.
Chapelle Sainte-Hélène, ancienne recluserie defemmes, devenue ensuite le logement du jardinier des religieuses de la Visitation. Saint François de Sales y mourut ; on en fit ensuite une chapelle qui a été démolie et sur son emplacement a été bAtie la caserne de la gendarmerie & cheval, rue Sainte- Hélène.
Chapelle Saint-Cosme et Saint-Damieriy recluserie d'hommes, située jadis rue Saint-Cosme, avec le titre de Prieuré, à la nomination de l'abbesse de Saint- Pierre, appartenait aux Chirurgiens.
Chapelle Saint-Marcel^ au bas de la Grande Côte, près de Tancienne porte de ce nom.
Chapelle Saint-Sébastien^ au haut de la montée de ce nom, ancienne recluserie.
Chapelle Saint-Clair, dans la rue des Deux-Angles, près des anciennes fortifications, recluserie d*hommes, sur la paroisse Saint-Pierre, l'un des quatre prieurés de ce monastère.
Chapelle Saint-Epipoy , près dé Pierre-Scize et de la porte de ce nom, ancienne recluserie ou hermitagt de Saint-Pipoy^ elle fut restaurée après les troubles de 1562.
Enfin, on peut citer aussi une chapelle dont nos auteurs lyonnais n'ont pas parlé et que je trouve dans
une charte de 984 (4). Cette chapelle est appelée dans ce titre capella de Papelonge et tirait son nom du territoire de Papelonge ^ qui existait sur la colline de Fourvières., et à la côte Saint-Sébastien.Celte chapelle possédait des vignes situées sur les hauteurs qui dominent Pierre-Scise, appelé murus fracius, et d'autres vignes sur les bords de la Saône, près de 1 église Saintr-Cosme, « capella de Papelonge cum appenditis, vineas de Muro-fracto ; vinea quœ est in ripa Araris juxta S. Cosmani ; vinea una^juxta 5. Vincentium » Il peut paraître étrange que des vignes eussent existé près Téglise Saint-Cosme, centre actuel de la ville, ou près de celle de Saint-Vincent, qui n'en est pas très^loignée ; mais il faut se rappeler qu'alors Lyon était encore tout entier sur les hauteurs de Fourvières, de Sainlr-Just et de Saint- Irénée, occupant Tancienne ville romaine, — et que Lyon actuel, c'est-à-dire tout ce qui est entre la Saône et le Rhône, se composait de terrains en culture ou même en nature de bois, car l'église de Notre-Dame de la Platière a porté le nom de Notre- Dame du Bois, parce qu'elle était entourée de bois. Elle avait encore ce nom dans une charte de 1080 , époque à laquelle saint Jubin, archevêque de Lyon, permit aux religieux de Saint-Ruf de s*y installer. La colline de la Croix-Rousse était alors si peu habitée que lorsque Blanche de Chalon, fille de Jean,
(1) CeUe charte contient le dénombrement des possessions de réglise métropolitaine, en 964, lequel, fat dressé par Tarchevèque Bnrcbard II avec le chapitre de Saint-Jean, pour la conserTation des biens temporels dont jouissait alors cette église. (Voir PreoYes de Thist. du P. Menestrier),
comte de Bourgogne, bâtit au pied de la côte Saint- Sébastien un monastère de religieuses, en 1260» pour s y retirer, on lui donna le nom de la Déserte (4).
Hospices.
La charité des Lyonnais a élevé aussi de tout temps, dans notre ville, de nombreux hospices et hôpitaux pour le soulagement des pauvres et des pèlerins passants et des malheureux atteints de ma> ladie. J'ai dit déjà, dans le chapitre III, que ces maisons fondées pour la plupart, dès l'origine du christianisme, par nos saints évêques et principalement par saint Sacerdos, avaient été principalement placées aux portes de la ville. Elles étaient régies par des confréries et les secours spirituels y étaient administrés par le clergé des paroisses voisines ou par les religieux du couvent le moins éloigné. Les revenus
(1) Eu Tan 1000, lorsque les sires de Beaujea appelèrent à Lyon les PP. Àugustins, ils leur concédèrent un terrain situé non loin de la Déserte^ au bord de la Saône, dans un lieu appelé les Chenevières, où se trouvait un petit bourg. L'ancien cloître des Augustins est devenu Técole de la Marlinière, et Tcglise du monastère, reconstruite au milieu du xviii* siècle» est aujour d'hui l'église paroissiale de Saint-Louis. Une petite chapelle, sous le vocable de saint Michels existait au ix* siècle, dans le bourg de Chenevières. Il y avait aussi une porte de la ville du côté de la Saône, qui portait le nom de Ghenevières, ou de Seyne, du nom d'un petit faubourg qui existait alors au pied de la Croix-Rousse, au bord du canal qui reliait la Saône au Rhône et sur l'emplacement duquel se trouvent aujourd*iiui la place des Terreaux, rUôtcl-de-Ville, le Grand-Théâtre, etc.
de ces établissements ne consistèrent d abord que dans le produit des qu6tes faites dans toute la ville par des bedeaux portant une longue robe et dirigeant un ane sur les bâts duquel on déposait les objets en nature que la charité publique voulait bien offrir. L'argent était recueilli dans des boîtes aux armes de rhospice. Toutes les misères, toutes les souffrances, toutes les infirmités, môme les plus hideuses et les plus dangereuses, étaient soulagées dans ces maisons. Le pauvre passant et le pèlerin recevaient une aumône et de l'argent, — et on leur remettait en môme temps un jeton en plomb pour aller chez un boulanger spécial toucher le morceau de pain du lendemain. Après ce jour, le bedeau conduisait le mendiant étranger à une porte de la ville où il recevait la passade et Tordre de s^éloigner de la ville. Les malades trouvaient des médicaments dans les hôpitaux. — Les malheureux atteints de la maladie de saint Antoine étaient reçus dans l'hospice de la (Tontractoire. Les lépreux avaient vu bâtir pour eux des maisons aux alentours de la ville. Les pestiférés étaient relégués aussi loin du centre de la population dans des hôpitaux spéciaux ou dans les paroisses suburbaines. Les « fols et insensez » étaient fermés dans <c des cachots. » Les veuves pauvres avaient deux asiles."- Les enfants abandonnés ou les orphelins des deux sexes trouvaient dans les recteurs (4)
(1) Les Recteurs des hospices établis dans les limites de la paroisse de Saiot-Nixier étaient d'abord courrien du Saint- SacremenU pois ils passèrent au rang de fabrieien$ de l'église Saint-Nisier.
de Sainte-Catherine et de ]a Chana les soins que leurs mères dénaturées leur refusaient ou dont la mort les avait privés. En un mot, tout ce qui Bouffirait, tout ce qui avait besoin de secours et de soins trouvait, dans Tinépuisable charité des Lyonnais, secours » assistance et consolation. Je n'en dirai pas davantage sur ces maisons, pour ne pas me répéter, — et je me borne à les énumérer ici, — sans avoir cependant la prétention d'en donner une liste complète, car ces hospices, qui ont été des plus nombreux, n ont eu souvent qu'ime durée bien éphémère, et tant que le classement de nos Archives ne sera pas achevé, il sera impossible de fisdre un tableau et un précb exact sur ces hospices, plusieurs même ne m'ont été révélés que ces jours derniers par des recherches trop sommaires dans les centaines de chartes du fonds Saint-Paul.
Pour le moment, il ne m*est possible de citer que les hospices suivants :
1 Hôtel-Dieu.
2 Hospice de Vaise.
3 Hospice Saint- André et Saint-Antoine.
4 Hospice SaintJean.
5 Hospice Saint-Thomas.
6 Hospice de la Platière.
7 Hospice Saint-Alban.
8 Hospice de la Saunerie.
9 Hospice de Saint-Laurent-des-Vignes.
10 Hospice de la Madeleine.
1 i Hospice des Pénitents de Saint-Charles. 4 2 Hospice de Balmont.
13 Hospice de Briguais.
U Hospice de Plambeau.
15 Hoâpice de Taluyers.
16 Hospice de TArbresIe.
47 Hospice Saint-Eloy.
18 Hospice Sainte-Catherine.
49 Maison des Filles repenties.
20 Maison de la Providence.
24 Maison des Recluses < 82 Hospice de Saint-Grenis (4).
23 Hospice de la Ghana.
24 Hospice de TÂntiquaille.
25 Hospice de Bicôtre.
26 Hospice de la Charité.
J'arrive maintenant aux églises et chapelles en si grand nombre et aux communautés religieuses dont Lyon s'honorait autrefois.
En tête de ces églises se trouvaient, outre le Chapitre de Saint-Jean dont j'ai déjà parlé, plusieurs autres Chapitres d'une grande importance, c'était d'abord celui de Saint-Just.
BgUse et Ghapltre de Saint-Jnst.
Ce Chapitre, disait Tun de ses membres, dans un mémoire présenté par lui au nom de sa collégiale,
(1) HospiCB Di Saiht-Gshm. — Vert Tan 800, se rencontrait aussi dans le quartier Saint-Paul on autre petit hospice appelé rhospice de Saint-Genis.
D'après des titres de la collégiale de Saint-Paul, malheureusement non encore inventoriés, tous les revenus de cet hospice passèrent au chapitre Saint-Paul et formèrent Tobéance dite de Saticti Genesii.
Au XI* siècle, il y avait aussi à Lyon une paroisse de Saint-
au mUieu du dernier siècle, est Tun des plus anciens de la chrétienté. Il n'est sous le vocable de saint Jost que depuis le jour de la translation du corps de ce saint personnage, rapporté d'Egypte où il s*était relégué lui-même, dans un moment de désespoir, après le massacre d'un malheureux dont il croyait avoir à se reprocher la mort violente. L'église Saint-Jast était d'abord sous le vocable des Machabées. — - « Les premiers chrétiens avaient dressé un petit oratoire en souvenir des saints Machabées, sans doute, dit Clapasson, à cause du rapport qu'ils trouvèrent entre le nom et la glorieuse constance de leurs saints martyrs Eléazar et Minerve et des Machabées si célèbres dans l'Ecriture. »
Le troisième archevêque de Lyon, saint Zacharie, y établit le siège archiépiscopal, qui y demeura jusqu'au v« siècle, où il fut transféré à Téglise Saint- Etienne, unie au baptistère de Saint-Jean. Les invasions des barbares sont funestes à cette église, mais saint Patient releva ses ruines en 475 et en fait un monument des plus splendides. « Les rayons dorés du soleil, dit Sidoine Apollinaire, viennent se jouer entre les dorures des lambris. La voûte, les fenêtres, le parvis resplendissent de Téclat du marbre, les vitraux sur lesquels ressortent de vives peintures, brillent comme le saphir. Un triple portique soutenu par de magnifiques colonnes de marbre d'Aquitaine forme l'entrée du temple. D'autres portiques sem-
Genis dont dépendait une chapelle dédiée à saint Martin qui fat donnée à Saint-Paul par rarchevêqoe saint Rémy. (Voir Obituarium ecclesisB Lugdunensis. Pièces justificatives.)
blables au premier embellissent le fond du vestibnle. Une forêt de colonnes de pierre se déroulant au loin, environne la grande nef. » Mais tant de splendeurs devaient aussi dtre anéanties par de nouvelles invasions. Au IX* siècle, saint Bémy, archevôque de Lyon^ construit une troisième église qui est enfermée dans une vaste enceinte fortifiée dans laquelle les chanoines du Chapitre de Saint-Just ont chacun leur habitation particulière. Le pape Innocent IV s'y réfugie à la suite de ses démêlés avec l'empereur Frédéric, y convoque un concile et excommunia Frédéric IL Plus tard, le pape Clément V y est couronné, en présence des rois de France, d'Angleterre et d'Ârragon et des ducs de Bourgogne et de Bretagne, invités à cette cérémonie, qui est des plus brillantes et des plus majestueuses. Mais à ces fêtes succède bientôt le fracas des armes. Les chanoines du Chapitre de Saint-Jean, obligés de fuir leur cloître pris d'assaut par les bourgeois de Lyon insurgés , se réfugient dans le cloître de Saint-Just qui est une véritable citadelle , sa prise n'était pas facile. Plusieurs assauts furent donnés au cloître par les boui^eois ; ils échouèrent et la bannière de l'église resta debout. — La paix ne se rétablit pas alors par cette défaite des bourgeois qui étaient bien décidés à conquérir leurs franchises, mais ils se gardaient mal. Après le passage de saint Louis à Lyon, qui avait tenté de rétablir Tharmonie entre les citiens de Lyon et Tarchavôque par un traité qui remettait au roi de France la juridiction temporelle dans la ville, en 1229, la garnison du cloître Saint-Just fait une sortie, surprend les bourgeois, et en tue un grand nombre ; mais ceux-ci reprennent bientôt courage,
se défendent vivement dans la grosse tour du Goorguillon, attaquent, de nuit, les portes du monastère, tuent beaucoup de soldats de rarchevéque, blessent même des ecclésiastiques, mais sans pouvoir s'emparer du cloître; ce cloître, comme je l'ai déjà dit, était couvert de formidables défenses ; il est ainsi décrit dans T enquête que Charles IX fit ouvrir après le sac du monastère par le baron des Adrets, en 4562.
a Premièrement, faut remontrer que le cloistre estoit clos de murailles de la largeur de quatre pieds et de hauteur de six toises environ, lesquelles murailles estoient garnies de tours, de quinze en quinze pas Tune de l'autre, au nombre de 22 tours; l'entrée dudit cloistre, des deux costés, es^it de deux portails à fausses brayes, fermant & bonnes portes et grosses chaines de fer en dehors.
« Dans lequel cloistre y avoit une belle église, avec deux tours non parachevées et deux grands clochers, dans Tun desquels il y avoit quatre grosses cloches (1 ) et une petite^ et dans l'autre y avoit trois moyennes cloches , et au-dessus du couvert une cloche servant pour la sonnerie de l'horloge, entre lesquels deux clochers y avoit une galerie bien voûtée faite à piUiers.
« Laquelle église estoit de trois voûtes d'édifice de grosse pierre de taille, avec un grand portail à l'antique, garni de six colonnes ou piUiers de mar-
(1) La plos grosse cloche de Saint-Nizier était celle qui avait été enlevée de Tégiise du cloître de Saint-Just, après le sac de ce cloître, en 1562, par le baron des ÂdreU.
bre et quatre statues de marbre fisdtes à Tantique, servant de mémoire, et cinq autres petits portails, à savoir deux du costé dextre et deux du costé senestre. La longueur de laquelle église estoit de 23 toises ou environ, et de laideur de 8 toises, du costé dextre de laquelle avoit des cloistres, comme il peut encore apparoir.
« Dans laquelle église y avoit un chœur, bois de chesne, en menuiserie, ayant 90 sièges ou chaises, le dernier des chaises hautes estoit imagé d'histoire peintes en or de ducat, et 24 chapelles pourvues chacune d'un autel, la plupart de pierre de marbre et quatre desquelles fermoient à treillis de fer, avec un repositoire du Sainct Sacrement aussi fermant à gros treillis ^e fer et engami de personnages de fond en cime.
« Avoit aussi dans icelle église et derrière le grand autel la chasse où estoit le corps de Monsieur Saint Just reposant sur quatre pilliers de marbre, chacun de la grosseur d'un pied et de dix pieds de hauteur, icelle chasse estoit d'albâtre.
« Dans icelle église avoit une cave ou grotte où il y avoit un autel de marbre faict à personnage en forme de bâchasse , couvert, de la longueur de six pieds.
« Item, du costé droit d'icelle église et aux dois* très avoit une bâchasse avec son couvercle, le tout marbre, figuré de raisins, etdudit costé dextre et hors le couvert d'icelle avoit belle chapelle, appelée chapelle de Saint-Denis, le chapitre desdits sieurs de Saint-Just et outre ce, le Trésor de la dite église, le tout à voûte et du costé senestre de la dite église.
« Au sortir de l'un des portails, avoit une ba-
chasse de marbre blanc où avoit esté autrefois inhumé le duc de Bretagne.
<c A Tentour de laquelle estoit le cimetière d'icelle garny de plusieurs belles bâchasses et pilliers de marbre ; à l'un des costés du cimetière, avoit une petite église appelée Saint-Nicolas.
<f Dans le dit cloistre, avoit 42 maisons canoniales fort grandes et spacieuses, avec cours et jardins, dans lesquelles par cy-devant les Boys et grands seigneurs ont logez.
« Aussi avoit dans le dit cloistre un grand logis appelé le Refectoir, un grenier et une cave, pour servir à la communauté, aussi Teschole pour instruire les enfans , semblablement le logis du tirecorde.
a Outre ce, leurs prisons et auditoires, pour l'exercice de leurs jurisdictions qu'ils avoient audit cloistre.
« Et lors ledit cloistre avoit 28 maisons appartenantes tant aux chanoines particuliers, prestres, perpétuels que chapelains de la d. église, garnies de cours et jardins et partie d'icelles de vignes.
« Item, les prisons, maisons et auditoires de la prévosté dudit Saint-Just. »
Le Concile général de 1274, tenu par Grégoire X, mit de fait un terme aux hostilités, mais dont les causes subsistaient toujours. Pierre de Savoie, archevêque de Lyon, recommençant la lutte , le fils de Philippe-le-Bel l'attaque dans le cloître de SaintJust. Les murs qui entouraient le bourg de Saint-Just furent en partie détruits, l'archevêque fut fait prisonnier et emmené à Paris. Le silence se rétablit dans le cloître et n'est troublé que par le séjour des rois Charles VIII, François P"^ et de leur cour ; mais
bientôt l'ennemi est de nouveau aux portes du cloître. Le baron des Adrets, avec ses bandes de calvinistes, s'en empare dans la nuit du 30 avril 1562. Ecoutons le récit de ce désastre par un témoin oculaire, dans Tenquôte prescrite par Charles IX :
« Au mois de may, l'an 1552, estant la ville de Lyon et bourg Saint-Just prins, les chanoines et habitans de la dite église furent contraints abandonner leur dite église , cloistres , maisons et y délaisser les habits de la dite église et la plupart de leurs meubles.
« Fut mis garnison de la compagnie d'un nommé le capitaine d'Estranges, lesquelles compag^nies de plusieurs mal-vivants^ pillèrent et saccagèrent les mai* sons des dits chanoines et des habitans du dit bourg et conséquemment au mois d'octobre ensuivant leur dite église, cloistre, maisons d'habitations et la pluspart des autres pauvres du dit faux-bourg ruynés et démolis, les cloches, les bois des bastiments, les tuiles, ferrements, tailles et la plupart du marrin emportés. Au moyen de ce, les pauvres habitans du dit bouig sont allez demeurer ailleurs, une bonne partie d'iceux morts de pauvreté ou misérablement tués ou massacrés. »
Les pertes furent estimées d'un commun accord à la somme de 450,000 livres tournois « pour une fois, et il fut dit aussy que le tout ne se pourroit rendre en son estât primitif pour beaucoup plus grandes sommes, n'entendant comprendre en ladite estimation les marbres, les porphyres, cloches, ornements de ladite église, mais seulement la ruyne des édifices. »
Les principales chapelles du cloître de Saint-Just
étaient celles de Saint-Sébastien, Saint-Christophe, Saint-Galmier, Saint-Nicolas, Saint-Roch, Sainte- Catherine, du curé de Francheville, du Corps-Dieu, de Notre-Dame de Pitié.
En outre, les Hugenots dévastèrent le petit hôpital Saint-Just, restes d'une ancienne recluserie.
A partir de ce jour, la population déserta ce faubourg, qui s'était formé d'une partie de Tancienne ville romaine, laquelle occupait presque exclusivement les sommets du coteau de la Saône, depuis Sainte-Foy jusqu'à Fourvière. L'une des quatre grandes voies d' Agrippa passait sur l'emplacement qu'occupa le cloître Saint-Just. Les chanoines de Saint-Just, après le sac de leur maison, célébrèrent le service divin aux Minimes, par suite d'un traité fait avec ces derniers, en 4545, d'après lequel, en cas de démolition du cloître de Saint-Just pour les fortifications de la ville, les Minimes leur céderaient leur maison et leur église ; ce projet n'eut pas de suite. Us cherchèrent ensuite un gîte dans d'autres parties de la ville. Le procès-verbal, dressé en 1664, par ordre de Charles K, pour constater le pillage du baron des Adrets, et divers mémoires manuscrits conservés dans les titres de Saint-Just, déposés aux Archives départementales, nous fournissent d'intéressants détails sur la perplexité des chanoines, demeurés sans abri et réfugiés çà et là.
Les chanoines ayant échoué auprès des Minimes, auxquels ils avaient cependant offert de leur donner en échange de leur couvent et église la chapelle de la Madeleine, se ravisèrent devant la menace des Minimes, qui « se vantoient de serrer leur porte devant lesdits chanoines. » Ils s'adressèrent alors au roi pour
être autorisés à se construire une église « en dedans de la ville et à aliéner pour ce une partie de leur temporel. D Ils hésitèrent entre plusieurs emplacements aux environs de la porte Saint-Just et se décidèrent enfin, le i\ septembre 156i, à acheter aux frères Langlois la maison de Jésus. Mais les travaux ne purent être entrepris que plus tard, et ce fut seulement en 4531 que l'archevêque d*Epinac put bénir cette cinquième église dédiée à Saint-Just. On l'agrandit en 4 664 ; Tarchevôque Camille de Neufville la consacra, le 28 décembre 4 663, — et elle ne fut achevée qu'en 4747. Je ne dirai pas la suite de Thistoire de l'église de Saint^ust. La Révolution la ferma, — le 4" consul la rouvrit. Restaurée depuis lors par Tarchitecte Gay, ornée de statues de Legendre-Héral, elle forme encore, dans son ensemble, un aspect imposant et est aujourd'hui une église paroissiale.
Un Chapitre, je Tai déjà dit, était attaché à Téglise Saint-Just. Une bulle d'Alexandre III, de 4170, fournit des détails importants sur une partie de Torganisarion intérieure de cette communauté. Cette bulle met sous la protection du pape l'abbé et les frères de l'église Saint-Just. En 4330, on crée quatorze prêtres, dix clercs et quatre clergeons pour servir aux petites heures et deux chapelains perpétuels. — Les prêtres, clercs et clergeons devaient résider à Saint- Just, manger avec les chanoines ou « dans des lieux décents. »
Primitivement, le Chapitre de Saint-Just se composait de deux dignitaires, le grand obéancier et le prévôt, de dix-huit chanoines et de plusieurs clercs et perpétuels. Ils précédaient les membres des autres
collégiales de Lyon dans les cérémonies publiques, officiaient la mitre en tôte et portaient le titre de barons.
Ce Chapitre avait aussi une justice haute, moyeime et basse ; elle comprenait les paroisses de SaintJust, Saint-Irénée, le mandement et territoire de Foorvières, sauf le cloître de cette église, Vourles, Beatinant, la baronnie de 6rézieu-la-Varenne, Sainte-Consorce, la baronnie de Valsonne, Saint-Clément, Saint- ÂpoUinaire, la baronnie de Briguais que lui avait donnée Innocent IV.
La juridiction de la baronnie de Saint-Just se composait, d'après M. Fayard, que je suis heureux de citer encore ici, d'un juge général, d un notaire, d'un procureur fiscal général, d'un greffier, d'un commis-greffier, d'un voyer inspecteur, de deux commissaires de police, d'un échantilleur et de deux huissiers. Dans les trois baronnies qui appartenaient au Chapitre, il y avait un châtelain, un lieutenant de juge, un procureur fiscal et un greffier.
Ce Chapitre avait, en outre, une justice du glaive, comme celui de Tarchevêché ; ellQ s'étendait sur tous ceux qui composaient l'église de Saint-Just. Un arrêt du Parlement, du 13 septembre 4434, prouve que cette institution datait de fort loin. Elle fut néanmoins moins importante que celle du Chapitre de Saint-Jean et n'était exercée que par un juge, un lieutenant, un promoteur et un greffier. Les appels étaient portés devant l'official de Tarchevêque.
D'après le Fouillé de l'archevêché de Lyon, de 4648, le Chapitre de « TégUse collégiale et seigneuriale de Saint-Just d se composait alors d'un obéancier, chef du Chapitre, et de vingt-cinq chanoines.
La cure de Saint- Just est en la mesme église : le Chapitre porte le titre d'abbaye de Saint-Jiist; l'arche- Ydque 8*en est réservé la qualité d'abbé. »
L'obéancier avait le privilège de complimenter, au nom du clergé et comme son orateur né, les rois, les reines et les légats du pape à leur entrée à Lyon.
Le Chapitre de Saint- Jean avait plusieurs droits dans Tabbaye de Saint- Just. — Le maître de chœur deSaintJust, de son côté, entonnait la grand Wsse à Saint-Jean. Tout chanoine de Saint-Jean était tenu d^offirir au sacristain de SainIrJust un cierge du poids d'une livre, la veille de la fête de son patron.
Arrivons maintenant au troisième grand Chapitre de Lyon.
Abbaye de 8«lnt-lIartln-d*Ainay.
La tradition rapporte que cette abbaye fut, cmme celle de Saint-Just, fondée dès les temps les plus reculés. Elle avance qu'au commencement du iv* siècle, après la fin des persécutions, un saint personnage, saint Badoul ou Badulphe, vint élever un oratoire sur la crypte où reposaient sainte Blandine et un grand nombre des confesseurs de la foi. C'était un lieu désert et solitaire ; un grand nombre de disciples se joignirent à lui et ils formèrent ensemble Tun des plus anciens et des plus célèbres monastères de la Gaule. Us bâtirent aussi une église sous le vocable de saint Martin, dont ils avaient embrassé la règle.
Les Huns ne tardèrent pas de saccager cette maison. Saint Sabin, l'un de ses abbés, en releva les mines, avec saint Romain, qui alla fonder ensuite
labbaye de Saint-Claade , dans le Jura. Cartène, mère de Gondebaud, fonde, vers la même époque, au milieu du v^ siècle, sur les dépendances d'Ainay» le monastère de Saint-Michel, dont j'aurai à parler plus tard.
Sous le règne de Contran, l'abbaye d'Ainay est encore dévastée. Brunebaut relève ses ruines. Cent vingt ans après, les Sarrasins la pillent à leur tour, puis, en 937, les Hongrois renversent ce qui en reste. Amblard, abbé d'Âinay, la restaure. Conrad le Pacifique lui fait des dons considérables. En 1070, Jocerand, soixantième archevêque de Lyon, acheva la construction de Téglise d'Ainay , que consacra le pape Pascal IL
Ce monastère, régulier jusqu'au commencement du XVI* siècle, fut mis alors en commande ; à l'élection des religieux succéda la faveur royale ; le trône et le Saint-Siège se firent les dispensateurs de ce privilège acheté par des concessions ; 7- mais lors de la grande famine de 4531, l'abbaye d'Âinay s'empresse aussi de pourvoir aux besoins des malheureux mourant de faim a pures anatomies que personnes vivantes » et les accueille dans des cabanes élevées autour de ses murs.
François I" y loga deux fois ; lorsqu'on redouta rinvasion de Charles-Quint, le monastère d'Ainay fut fortifié comme l'avait été déjà celui de Saint-Just. Les calvinistes néanmoins s'en emparent en 4562 et le saccagent de fond en comble. Sous le règne de Henri IV, les remparts d'Ainay sont ornés de magnifiques promenades qui subsistent jusqu'au moment où, en 4774, M. Perrache transforme ce quartier. En 4 685, la communauté est sécularisée ; la paroisse
de Saint' Michel est supprimée et son service cariai est transféré dans Téglise d'Âinay . Un siècle après , Tabbaye d'Ainay perd son titre d'abbaye, ses biens sont réunis à ceux de rarchevôché. M. Jarente, chef du Chapitre, se retira à Marseille, à l'abbaye de Saint-Victor ; les chanoines se séparèrent, le palais abbatial fut mis en location , puis rasé par la Révolution de 4793, les maisons canoniales vendues et Téglise dévastée. Cette église heureusement ne tomba pas sous le marteau des démolisseurs de cette triste époque. Réouverte après le rétablissement du culte en France, elle fut restaurée par les soins de son clergé et forme encore l'un de nos monuments les plus intéressants.
Au temps de sa splendeur, le Chapitre d'Ainay se composait d'un abbé doyen, d'un prévôt curé , de dix-neuf chanoines en titre , de seize chanoines d'honneur, de quatre habitués et de douze enfants do chœur. Pour être admis chanoine, il fallait faire preuve de noblesse de deux degrés du côté paternel, sans compter le récipiendaire.
Jusqu'au milieu du xvii^ siècle, l'abbé d'Ainay posséda la justice haute, moyenne et basse du cloître d'Ainay et d'une partie de la ville. Cette justice s'étendait aussi dans le faubourg de^ Vaise et dans la paroisse et baronnie de Chazay-d'Azergues. En 1673,1a juridiction dépendante de l'abbaye d'Ainay, dans l'intérieur de la ville, fut réunie à la sénéchaussée à Texception de l'église et de son cloître. Louis XIV en indemnisa l'abbé. La ville y contribua pour 5,500 livres.
Avant le xvi* siècle, la justice de Cuire et de la Croix-Rousse appartenait aussi à l'abbé d'Ainay
qui la vendit^en 4574, à un simple particulier. La justice du Glaive appartenait seule aux comtes de Lyon et à l'abbaye de Saint-Just.
Eglise et COiapltra de Saint-Nisier.
La fondation de cette église semble remonter au deuxième siècle ; elle a toujours été regardée comme l'une des plus anciennes de Lyon. Saint Pothin, premier évoque de Lyon, passe pour y avoir réuni, d'abord, dans un petit oratoire les premiers fidèles. Il y consacra, à Thonneur de la Sainte-Vierge, le premier autel qui lui ait été dédié dans les Gaules. Quelques auteurs ont même avancé que saint Pothin se cachait avec ses ouailles dans une grotte qu'il s'était creusée pour échapper aux persécutions et qui a été conservée. Dans le Fouillé de l'archevdché de Lyon , de 1 648 , on lit , en effet , ces mots : (( Chapelle en icelle église, en la grotte, sous le grand autel. » Plus tard, sur cet oratoire, 8*éleva une église sous le vocable des Apôtres, en mémoire des apôtres saint Pierre et saint Paul et des premiers martyrs de Lyon. Mais saint Nizier y ayant été enseveli, le nom de ce saint archevêque remplaça celui des Apôtres et elle Va conservé depuis lors. Saint Ennemond avait été également inhumé dans la crypte de cette église. Saint Pothin ayant fondé Téglise, le siège archiépis^ copal y demeura un certain temps, et elle porta le titre à'Ecclesia mairix, église mère ou cathédrale. Trois bulles dlnnocent IV, de 1251 à 1252, rappellent que Saint-Nizier a été la cathédrale et le premier siège de Lyon. Le clergé vivait alors de la vie corn*
mune ; les prêtres n*avaieût rien en propre et se sulEsaient des offrandes des fidèles que Ton partageait en trois portion : celle des clercs, celle de s pauvres et celle destinée à l'entretien de l'église.
C'est ainsi que se formèrent ces communautés de clercs que depuis on a nommées Chapitre et chanoines.
L'archevêque Louis de Villars fonda le Chapitre de Saint-Nizier comme il l'annonce lui-même dans l'acte de fondation de 1305. En 4307, le Chapitre de la métropole augmenta même cette institution qui fut confirmée par Guillaume de Sure, archevêque , en 4337, en souvenir, sans doute, de saint Rustique, saint Viventiol, saint Sacerdos, saint Nuder, saint Priscus, saint Genis, ses prédécesseurs, inhumés dans l'église Saint-Nizier, en 499, 547, 554,. 573, 585 et 678. Saint-Nizier ayant cessé d*être le siège des archevêques en 732, selon les uns, ou en 554 , selon d'autres, le chef du clergé de cette église porta le titre d'abbé. Tous les frères du clergé de Saint-Nizier habitaient un cloître qui subsista jusqu'en 4404 ; on le fermait tous les soirs. L'archevêque Louis de Villars, en formant le Chapitre de Saint-Nizier, le composa de seize chanoines et régla que l'un d'eux porterait le titre de sacristain et serait chef du Chapitre, n créa aussi un maître du chœur ; à l'égard des seize chanoines, les six premiers devaient être prêtres, cinq autres diacres et cinq sous-diacres. Deux ans après, le Chapitre de Saint-Jean s*adjoignit à son archevêque comme fondateur du chapitre de Saint- Nizier. Depuis lors, l'archidiacre da Saint-Jean fut appelé grand-chanoine de Saint-Nizier et avait la nomination de la chantrerie et de trois canonicats, et le doyen eut deux autres canonicats sous le titre de
Sainte-Croix. Depuis lors, le nombre des chanoines a souvent varié ; en 4447, il était de vingt; d'après le Fouillé de Farchevèché de 4 648, il était de dix-sept, et en 1 788 de Vingt-un ; on comptait en outre huit perpétuels, quatorze habitués, clercs ou clergeons, cinq vicaires, quatre Ou cinq chanoines honoraires, autant de chanoines d'honneur, plusieurs habitués honoraires, quelques curés anciens habitués ou autrefois vicaires, en tout soixante à soixante-dix personnes.
La première église de Saint-Nizier tombait déjà de vétusté au v^ siècle. Saint Eucher passe pour Tavoir reconstruite vers 450. Ruinée au viii* siècle, Leydrade, l'ami de Charlemagne, la reconstruit vers 800, mais cette nouvelle basilique est en ruines au XI v« siècle. Jean de Marines, un bourgeois de Lyon, commença y à ses frais, la reconstruction du sanctuaire en 4303. André de la Fay fournit le grand autel, Jean Joly, sacristain, consacra trente-six ans de sa vie à la continuation des travaux ; en 4 454, on conmiença le clocher ; en 4 486, les confrères de la Trinité firent la dépense de la chapelle de saint Sicaire , enfin un autre riche bourgeois , Pierre Renouard, échevin en 4499, 4505 et 4543, acheva le monument. En 4 562, le baron des Adrets ne put manquer de saccager non plus cette belle église. La Révolution de 4793 Timita nécessairement; toutes les verrières furent brisées, le trésor pillé, les tableaux enlevés. Le 7 brumaire an VT, elle fut rendue au culte. Le 4" ventôse an VIII, M. Primat, devenu évoque de Lyon, établit son siège à Saint-Nizier. Après le concordat, ce prélat fut promu à Tarchevôché de Toulouse.
Depuis lors, l'église Saint-Nizier fut restaurée et
ou surmonta d'une flèche en dentelle de pierre le second de ses clochers qui n'en avait pas.
L'église Saint-Nizier rappelle aussi un souvenir cher aux Lyonnais ; eUe fut presque le berceau de sa grande commune qui y tenait souvent ses réunions lorsqu'elle n'avait pas a d'Hostel commun. » Nos pères y siégèrent et y délibérèrent sur les affaires de là « communauté 9 jusqu'au jour où ils purent disposer d'abord de la chapelle Saint-Jacques, voisine de Saint-Nizier et propriété de la célèbre confrérie de Saint-Jacques de Compostelle. J'en ai déjà longuement parlé dans le chapitre P' de ce livre.
Toutefois, pendant longtemps encore, môme quand les citiens de Lyon eurent abandonné leur chapelle SaintnJacques ou San Jacquemo, à cause de sa « moyteur » et siégé dans une « maison commune » la grosse cloche de Saint-Nizier les convoquait encore à leurs réunions. On lit, en effet, dans les actes consulaires de 1S76 « 5 novembre, on propose de faire sonner, à l'avenir, la grosse cloche de Saint-Nizier, les jours ordinaires du Consulat, tant pour assembler les dits sieurs eschevins, que pour faire entendre h ceux qui auront à négocier avec eux de se trouver au Consulat. — En conséquence, on arrête de prier Messieurs du Chapitre de Saint-Nizier de permettre, moyennant salaire compétent, que la dite cloche se sonne, en forme de tocsin^ depuis une heure jusqu'à deux heures de relevée, et l'on arrête que tous les échevins devront être rendus à l'heure de deux à rHôtel-de-Ville, ou bien envoyer aussitôt un billet de leur excuse légitime, sous peine de demi teston chascun. »
Eglise et CShapitre de Saint-Paul.
L'origine de nos anciennes églises, a dit un écrivain moderne, en parlant de ceUe de Saint-Paul, est généralement entourée de légendes où brille toute la poésie de ces temps de foi et de robustes croyances. Si la tradition ne rapporte pas les noms des architectes, elle nous donne souvent de merveilleux récits sur la construction du monument. Ainsi en est-il pour Téglise Saint-Paul. D'après la chronique « ce furent les anges qui consacrèrent ce monument pendant la nuit, et ils y laissèrent un cierge qui brûlait sans se consumer, et un encensoir de pierreries qui furent brisés et mis en poudre, en 4 562 , par les disciples des sacramentaires. »
Quoi qu'il en soit de cette gracieuse légende, saint Sacerdos, archevêque de Lyon, le fondateur de dos premiers hospices, passe pour avoir bâti Saint- Paul. Au commencement du vm* siècle, Leydrade, l'ami et renvoyé(missus) de Charlemagne, le releva de ses ruines, en môme temps qu'il déblaya celles de tant d'autres églises saccagées.
En 1103, Hugues, archevêque de Lyon, fit don au Chapitre de Saint-Paul de plusieurs dîmes pour Taider à réparer son église sur le point de tomber de vétusté. Auxvii^ siècle, les chanoines y firent encore de grands travaux de consolidation.
Le Chapitre de Saint-Paul est un des plus anciens ; il se composait de trois dignitaires, d'un chamarier, d'un chantre, d'un sacristain, de 15 chanoines, 7 perpétuels et 10 habitués.
Les fonctioDS curiales de la paroisse Saint-Paul se &isaient dans Téglise Saint-Laurent , aujourd'hui démolie, mais qui touchait à celle de Saint-Paul.
Dans cette paroisse, se trouvaient aussi la chapelle Saint-Barthélémy, celle de Saint-Martin de la Ghana, de Saint-Epipoy et celle du chftteau de Pierre-Scize doiit je parlerai plus loin.
Un cloître était joint à l'église Saint-Paul — ce fut la première demeure des chanoines. — Plus tard ils occapèrent des maisons particulières dont plusieurs subsistent encore.
Dans ce cloître (1) vécut longtemps le célèbre Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris, persécuté par le duc de Bourgogne, réfugié à Lyon et qui passa le reste de sa vie à faire le catéchisme aux petits enfants de l'église Saint>-Paul. L'auteur de rimitation de Jésus-Christ mourut en U29 (2). Je ne dirai pas les noms de tous ceux qui reposèrent dans cette église ni ceux de ses nombreux bienfaiteurs. Ce furent les de Sève, les de Sarrasin, les de Fenoyl, les Grollier, les de Varey, les Regnault, les de Camus, de Peyrat, tous illustres dans l'échevinage lyonnais ou dans la magistrature.
(1) Le cloître fut construit par les maisons de Ghevrier et de Fuer. L'archevêque de Gantorbéry, Beckquet (Tliomas), possédait une maison dans ce cloître.
(9) Jean Gerson fut inhumé dans Téglise Saint-Laurent, à côté de réglise Saint-Paul. Il vient de paraître un savant ouvrage intitulé : Gerson et ses adversaires, par Jean Darche, Paris. 1875, in-8, qui venge le grand écrivain des attaques dirigées contre lui et lui restitue la gloire d'avoir écrit limitation.
Le clergé de Saint-Paul tenait aussi un rang trèsélevé dans le clergé de Lyon ; parmi ses cbamariers on trouve Humbert, comte de Forez, Jean d'AIbon, Louis de ViQars, Pierre de Gondy.
Saint-Paul possédait de riches dotations ; leur n omenclature se trouve dans le volume de l'inventaire de ses anciennes Archives. Ce volume et un grand nombre de titres qui y sont énumérés, sont conservés aux Archives du département. Une grande partie de ces titres a conservé ses sceaux. On les moule en ce moment pour le cabinet de sigillographie de la ville.
Eglise et Chapitre de Saint-Irénée.
Cette église remonte aussi aux premiers temps du christianisme. On Ta dit bâtie sur les tombes de saint Epipoy et de saint Alexandre, mar^^risés lors de la première persécution des chrétiens. Ceux-ci recueillirent pieusement leurs restes et les conservèrent dans une chapelle souterraine ou crypte mise d'abord sous le vocable de saint Jean et dédiée ensuite à saint Irénée, Tun des premiers apôtres du Lyonnais. Avec le temps, cette humble chapelle se transforma en une belle église que le baron des Adrets renversa en partie en 4562.
Les chanoines de Saint-Augustin non-réformés possédaient autrefois cette église ; mais leur nombre ayant beaucoup diminué, Tabbé de Sainte-Geneviève de Paris, chef et général des chanoines réguliers de Saint- Augustin, obtint, en 4702, des lettres-patentes par lesquelles le roi unit et incorpora Téglise de
Saint-Irénée, avec les places canoniales et les bénéfices qui en dépendaient, à la congrégation des chanoines réguliers de Saint- Augastin, qui la possédèrent jusqu'à la Révolution. En outre, il y avait un prieur commandataire ; en dernier lieu, ce fdtM^ d'Estain, évoque de Saint-Flour.
L'Eglise Saint-Irénée souffrit beaucoup des invasions des VIII* et ix* siècles. Saint Remigius, archevêque de Lyon, la restaura et y institua des chanoines réguliers en remplacement des moines qui la desservaient auparavant. Il conserva Tunion qui existait entre les églises de Saint-Just et de Saint- Irénée et la Primauté de celle de SainUIrénée. Âncherius, autre archevêque de Lyon, lui accorda de nombreux biens et les chanoines, comtes de Lyon, qui avaient leur sépulture dans le caveau des martyrs de l'église Saint-Irénée, contribuèrent aussi à T embellir par leurs offrandes ; comme je Tai déjà dit plus haut, elle prit une grande importance jusqu'au jour de son sac par les Huguenots. Ce pillage fut des plus désastreux. Le baron des Adrets s'y acharna d'ime manière toute particulière à cause des grands souvenirs qui s'attachaient à ce temple et des nombreuses reliques qu'il renfermait. Pour détourner les fidèles de la vénération de ces restes, il y fit mêler une grande quantité d'ossements d'animaux que plus tard Claude Groiier, prieur de cette église, s'efforça de trier.
Eglise et Chapitre de Fonrviéres.
Un écrivain moderne écrivait, en 4843, les lignes suivantes sur l'église de Fourvières :
€ La patronne des Lyonnais, du sommet qu'elle occupe, veille sur les deux cités, l'une agitée et bruyante, Tautre calme et silencieuse, et lorsque les habitants de la première vont, après quelques années de travaux, dormir pour des siècles, dans la seconde, ils savent qu'ils seront sous les yeux et sous la garde de Notre-Dame de Fourvières. Elle est placée au milieu de la route, entre le berceau où commence le voyage de la vie et la tombe où s'ouvre Tétemité. » Malgré les révolutions, Lyon reste fidèle au culte de Marie. Elle est sa patronne vénérée, et quand les nouveaux barbares s'avancèrent et menacèrent Lyon de leur invasion, en 1870, la ville eut plus de confiance dans l'assistance de sa patronne céleste que dans la défense à outrance que lui promettaient les ridicules organisateurs de la Défense nationale. Lyon fit le vœu de lui élever une splendide église en remplacement de son humble chapelle, que les libres-penseurs tentèrent lâchement d'incendier (1) en 4873, et ce vœu reçoit en ce moment son exécution.
(1) Cet incendie eat lien le lendemain de la première procession de la Fête-Dieu, qae les gens, issas de la révolution de 1870 avaient supprimée de leur autorité^ mais qui se fit, fMlgré eux, avec la plus grande solennité. La population entière fut heureuse de continuer cette pieuse coutume, de même qu'elle est heurense de s'agenouiller sur les quais de la Saône quand Mgr l'arche vC-que de Lyon donne à la cité sa bénédiction, au mois de septembre, du haut de la terrasse de Fourvières; car elle a foi dans la protection de sa patronne et ne l'implore jamais en vain dans les moments d'afOiction. Cette pensée de ce saint patronage se trouve même dans l'étroit cerveau des libres-penseurs, qui font parade de leur irréligion durant leur
De tout temps, un temple dédié et la Sainte-Vierge a existé à Fourviëres, et toujours de nombreux pèlerins y ont afflué. Notre-Dame-de-Bon-Conseil fut le premier nom donné à ce sanctuaire, élevé stir les ruines du forum de Trajan, écroulé en 840. Ce sanctuaire dura jusqu'en 1468 à peu près. Alors, après la mort de Thomas Becket, archevêque de Cantorbery, assassiné au pied des autels, en Angleterre, après un long exil à Lyon, Guichard, archevêque de Lyon, et Olivier de Chavannes, chanoine, ses amis, jetèrent les fondements d'une église où, en Thonneor de Thomas, qui avait été canonisé, ils lai érigèrent un autel.
En 4492, Jean de Bellesme, archevêque de Lyon, et le doyen de Saint-Amour, érigèrent cette église en collégiale. Cette église fut fille de l'église métropolitaine et sa vassale ; à ce titre, elle lui payait une légère redevance. Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, créa, en 4263, six nouveaux chanoines (4). Rs n'avaient été que quatre jusqu'alors. Innocent IV y assembla un concile en 4 246. Pen-
▼ie, mais qai sont heareax de recevoir à Theure snprême« mais en eaehetUt les secoars de la religion.
Ils ont tellement foi dans la protection de la Sainte- Vierge que. Tan dernier, j'ai entendu Tan d*eax sar le quai des Cèlestins, pendant la bénédiction donnée à la ville, dire à un librepenseur qui le blâmait de s'être agenouillé : « C'est vrai, j'ai peut-être tort, mais on dit qu'elle préserve du choléra, »
Une médaille a été frappée à l'occasion du vœu des Lyonnais pendant la guerre de 1870. Elle est des plus remarquables, et l'œuvre de If. Fabisch, notre grand statuairn.
(1) D'après TElat du pîergô de Lvon en 1759, Ip chapitre de
dant les lattes entre les archevêques et les bourgeois de Lyon, Fourviëres eut à souffrir de cette guerre civile.
Louis XI pria dans T église de Notre-Dame de Fourviëres et signa une charte par laquelle il la déclara châtelaine de [vingt-cinq villages. Les calvinistes ne manquèrent pas de la saccager, et en \ 580 seulement, la piété lyonnaise put reprendre le chemin de l'église de sa patronne vénérée. Le Char pitre de Saint-Jean l'avait restaurée à ses frais. Les archives de Fouvières avaient été détruites par les calvinistes. Anne d'Autriche y pria en 4630. Après la cruelle peste de 1643, Lyon, si durement éprouvé alors, se mit sous la garde de la Sainte-Vierge, et, le 8 septembre, le Consulat se rendit en grande pompe à Fourviëres pour jurer foi et honmiage à sa suzeraine.
Au milieu du xvm* siècle, on agrandit l'église de Fourviëres, sur les instances et avec les quêtes da cardinal de Tencin. La Révolution la ferma. Le Chapitre possédait alors dix maisons. Les prêtres habituels» les clercs et les enfants de chœur demeuraient dans un corps de logis hors du cloître. L'Etat vendit tous ces immeubles, et l'église fut acquise par une dame qui établit un culte dont elle se fit la papesse en 4799, mais qu'expulsa le cardinal Fesch, qui racheta l'église et la rendit aux fidèles. En 4803, Pie VII bénit la ville du haut de la terrasse.
Fourvières se composait alors de dix chanoines, d'un chinoine d'honneur, de trois prêtres habitués vicaires et de six clercs ; total : vingt personnes. L'église avait aussi le titre de paroisse.
Aujourd'hui Fourvières, déchu de son titre de collégiale, n'est plus qu'une annexe de la paroisse de Saint-Just ; l'autorité est dévolue à un simple chapelain, qui dirige les cérémonies religieuses ; mais son sanctuaire est toujours cher aux Lyonnais, et qui ne sait avec quel amour et quelle confiance ils vont s'y agenouiller toujours, et avec quelle solennité, ils aiment à célébrer la fête de leur glorieuse patronne, chaque année le 8 décembre ?
Tels furent les anciens Chapitres de Lyon. Il me reste maintenant à citer et à énumérer tous les autres édifices religieux et les communautés dont notre ville se glorifiait à si juste titre, avant la Révolution. Je suivrai Tordre chronologique , en faisant cependant toutes réserves pour les dates, qu'il n'est pas encore possible de bien préciser.
EgliMi, CUpdlai, Commuiintis nligieuu i» L7U par nmg d'ancienneté
BsllBB Salnt-Klsler.