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TROISIEME SERIE

(soite)

Comptes des reeeTeors de ville.

ce. 515-518. — 1764.

Recette à cause du produit de la carrière d'ardoises : « Messieurs les officiers municipaux ayant découvert, sur la fin de 1763, une carrière d*ardoises dans un terrain qui appartient à la ville, dépendant de la manufacture de la Vénerie, ils en firent faire Touverture pendant les deux derniers mois de ladite année et les huit premiers mois de 1764, et, ensuite des essais, le succès desquels ayant répondu à leurs espérances, ils se pourvurent au Conseil

royal des finances, à ce qu'il plùl à Sa Majesté leur permettre de continuer l'exploilalion commencée ; ce qu'ils obtinrent par arrêt du 9 septembre de ladite année 1764. Des ardoises tirées de la carrière dont il s'agit, pendant cette année, il en a été d'abord donné gratuitement à différentes personnes, curieuses d'en faire l'essai ; d'autres ont été employées au proBt de la ville, pour la couverture des bâtiments qu'elle a été chargée de faire construire ou réparer; enfin, d'autres ont été vendues à différentes personnes de la ville et de la campagne. La partie donnée pour essais consiste en environ 30 milliers ; celles employées par la ville consistent : 1» en 18,500 mises en œuvre pour la couverture du Pavillon d'officiers construit attenant aux casernes dites le Quartier-Neuf, ville vieille; 2° en 76,600 employées à la couverture des remises et écuries construites pour l'hôtel du commandant de la province; et celles qui ont été vendues à différentes personne, en 45,700, de différents numéros. .

On fut obligé, dans la suite, d'abandonner celte entreprise, à cause de l'impossibilité d'épuiser une source qui comblait sans cesse les travaux. (Voy. Durival, 1. 1, p. iSO.)

Sommes payées à Haymau Caën, juif de Colraar, pour la pâte par lui préparée contre les rats et les souris, à mettre dans les greniers d'abondance ; — à Martin-Gabriel Rochette, peintre, pour les inscriptions des rues et numéros des maisons des villes et faubourgs (mises l'année

précédente); — à Charles Claudot» peintre, pour cinq tableaux faits au-dessus des portes du grand salon de rhôtel du Gouvernement, représentant diiïérents paysages avec figures, et pour deux autres tableaux pour le cabinet de jour. — Dépense pour les travaux de fondation du premier pont de la nouvelle chaussée hors de la porte Sainte-Catherine (commencée au mois de mai 1763).

Produit de la vente des matériaux provenant de la démolition des ossuaires des paroisses Saint-Nicolas et Saint-Sébastien ; — de la vente des terrains distraits de la concession faite par le roi à Thôpital Saint-Julien, le 23 octobre 1756; lesdits terrains destinés à la formation de la nouvelle rue des Champs, ordonnée par arrêt du Conseil des finances, du 23 août 1763.

Emprunt fait au sieur Denesie , comédien , pour aider à payer les créanciers de la ville. — Location de la carrière de Sainte-Geneviève, d'où Ton tire la majeure partie de la pierre à Tusage des pavés de la ville.

Exemption de logement de gens (te guerre accordée, moyennant une certaine somme, à Jean Lamour, pour deux de ses maisons. Tune Grande-Rue ville vieille, Fautre rue de FEsplanade ; et à Jean Girardet, premier peintre du roi, pour sa maison, rue Saint-Jean, n^ 473, « lui étant nécessaire, pour sa profession, d*y conserver un endroit pour son travail et celui de ses élèves ». — Indemnités accordées aux fermiers du droit d*entrée sur

les marchandises, marée et lard, à cause des perles qu*ils ODt supportées pendant leur régie, « le temps de guerre presque continuel ayant occasionné une diminution considérable dans le nombre des habitants et consommateurs de la ville, de même que TaiTaiblissement du commerce > .

Construction des nouvelles casernes (Sainte-Catherine). — Recette de 50,000 livres, cours de France, données à la ville par le roi, en faveur' de la construction du nouveau corps de casernes, ordonnée par arrêt du 25 octobre 1763; et de 120,000 livres empruntées par la ville, à titre de rentes viagères, en exécution de Tarrèt du Conseil des finances du 31 août 1764*, pour sa contribution à la construction desdites casernes. (Voy. Lionnois, t. Il, p. 190.)

« S. M., est-il dit, désirant soulager, autant qu*il est en elle, les habitants de la ville de Nancy contribuables aux logements et fournitures de gens de guerre, a déjà été portée à faire quelques établissements qui doivent y concourir; et, ayant considéré que celui d'un nouveau corps de casernes capable de contenir la plus grande partie de la garnison, répondrait plus avantageusement à ses vues, elle a résolu d^encourager le corps de ville à une entreprise si louable, en lui fournissant un terrain convenable et en Taidant d*une partie des fonds nécessaires à la construction des bâtiments.

» Au mois d'octobre 1763, elle reçut du trésorier du

roi une somme de 38,750 livres. Les plans, devis et élévation des bâtiments ayant été dressés et arrêtés sur la fin de 1763, et les travaux commencés dès le mois d*avril 1764, S. M., pour encourager encore davantage la ville à continuer sans relâche cette entreprise, lui flt un nouveau don de ^0,000 livres. Ces sommes étant insufGsantes pour continuer les travaux, les officiers municipaux se pourvurent, au mois d*aoùt 1764, au Conseil des finances, à TefTet d*étre déchargés de la fourniture du bois et de la lundière aux troupes en garnison à Nancy, à charge de contribuer pour 1^0,000 livres à la construction du grand corps de casernes. . . » ; ce qui lui fut accordé.

Ce superbe édiOce^ dont on posa la première pierre le il juillet I76i, fut bâti d'après les plans de Richard Mique, directeur général des bâtiments du roi de Pologne et chevalier de Tordre de Saint-Michel *. Le bas-relief qui décore le fronton du principal corps est de l'invention de Girardet et du ciseau de Jean -Joseph SÔntgen. (Voy. Durival, t. J, p. 247, et Lionnois, t. \\, p. 188.)

Lionnois fait observer, avec beaucoup de raison, qu'on ne doit pas attribuer complètement la construction des casernes à la munificence de Stanislas : la ville de Nancy et les habitants de la Lorraine et du Barrois y contribuèrent pour une large part : ces derniers, notamment, par le paiement d'une imposition de

' J'ai lieu de croire que Lionnois s'est trompé en indiquant Louis-Joseph Miqae comme entrepreneur des casernes ; ce doit être plutôt Claude Mique, lequel était alors architecte de la ville : il est expressément mentionné, en 1768, comme ayant touché une somme de 3i,933 liyres pour la construction des murs de clôture du quartier.

iOO;000 livres de France, qui fut frappée sur eux au mois de février 1767.

Quant à la capitale, il suffit de consulter les comptes de ses receveurs, à partir de I76i, pour voir quelles sommes énormes, relativement surtout à l'état de ses finances, lui coûta cette gigantesque construction, pour laquelle elle fut obligée de contracter des emprunts réitérés, soit pour payer l'entrepreneur, soit pour acheter des terrains, soit, enfin, pour subvenir à une foule de dépenses imprévues.

ce. 5i9-52i. - 1765

Sommes payées à Charles Claudot pour deux tableaux d^enviroo six pieds de hauteur, enrichis de paysages et de figures, posés au-dessus des portes du Gouvernement, et pour un tableau représentant, d*un côté, saint Pierre, de Tautre, saint Stanislas, pour servir de bannière à la paroisse Saint-Pierre ; — à Tabbè (Charles) Guillot, Tainé, pour prix du plan en relief du corps entier des nouvelles casernes, déposé dans la chambre du roi, à la Malgrange; — à Dominique Collin pour la gravure d*une planche représentant la vue perspective du corps royal des casernes * ; — au sieur Buchoz, docteur en médecine, pour gratification à cause des services par lui rendus à la province en général par ses recherches et Touvrage qu*il a composé sur les plantes botaniques du pays, et de ses

' Le 18 septembre, Stanislas, qui était arrivé la \eille à Nancy, alla voir les noavelles casernes ; on posait la naissance du fronton du principal corps.

soins charitables envers les pauvres malades des villes et faubourgs de Nancy depuis qu*il y fait sa résidence; — à la demoiselle Nicelli, directrice de la Comédie, pour indemnité des dépenses qu elle a faites en faisant venir de Paris M. Lekain, « célèbre acteur, qui a joué cinq jours sur le théâtre de Nancy avec beaucoup d'applaudissements ».

Ouvrages à la promenade de la ville neuve (place Mengin). — Construction d*un nouveau corps-de-garde au-dessous de la porte Saint-Georges ; — de deux corps-de-garde sous la porte Saint-Nicolas ; — des remises et écuries dépendant de l'hôtel du Gouvernement. — Deniers empruntés par la ville^ jusqu à concurrence de 50,000 livres, pour solder ses créanciers les moins en état de faire plus long crédit. — Indemnités payées à plusieurs particuliers pour la démolition de leurs maisons, en exécution de Tarrél du Conseil des finances du 9 avril 1764, pour former une nouvelle rue en place de la ruelle de communication des fours banaux, entre les rues Saint-Dizier et des Quatre-Églises (il s*agit de la rue du Four).

Arrêt du Conseil des finances concédant à la ville les terrains compris dans la nouvelle clôture du quartier Royal et lui permettant de faire un nouvel emprunt de 100,000 livres. — Lettres patentes du roi, du 11 avril 1765, portant donation à THôtel-de-villed^une somme de 100,000 livres pour en employer la rente à soulager les habi-

tants de la ville et des faubourgs dans les cas de maladies , inflrinités , pertes de biens et autres accidents imprévus.

ce. 5Î5-529. — 1766.

Construction ou rétablissement de pavés dans les rues des Quatre-Eglises, de Grève, de l'Hôpital Saint-Julien, des Ponts, etc.

Sommes payées à Senémont pour peintures à la salle des bals et redoutes (ou du concert) ; — à Claudot pour peintures à la Comédie et pour le portrait du roi destiné à rHqtel -de- ville ; — à Georges Wathier, artificier, pour prix du l'eu d'artifice tiré le jour de la Saint- Louis. (On célébra la fête du roi à partir de la mort de Stanislas.)

Dépenses pour les obsèques du feu roi de Pologne : sommes payées à Honoré François , architecte , pour remboursement des paiements faits aux différents ouvriers qui ont travaillé au mausolée pour le service solennel que la ville a fait célébrer en la paroisse Saiut-Roch ; — à Joseph Sontgen, sculpteur, pour avoir fait construire et poser la charpente du catafalque, avec les gradins, ainsi que les figures représentant, sur les gradins, la Lorraine et la Charité ; deux trophées sur les côtés , accompagnés de six urnes de chaque côté du tombeau, sur lequel est représenté le roi avec I» Religion qui lui présente la couronne

de gloire ' ; — ii Charles Claudol pour avoir fait les peintures pour le tombeau, les consoles et les gradins du catafalque, les quatre inscriptions, les emblèmes au fond du chœur et sur la porte de Téglise ; — à Collin pour avoir gravé le mausolée du roi ; — à Lorenziti , maître de musique à la Primatiale, tant pour lui (|ue pour ceux quMI a choisis pour être employés au service funèbre du roi ; — à M. Tabbé Clément, prédicateur du roi (Louis XV), venu exprès de Paris pour prononcer Toraison funèbre de Staoislas-le-Bienfaisant ; etc.

Stanislas était mort le %Z février 1766. Son corps fut amené de Lunéville à Nancy, dans la nuit du 8 au i mars, et descendu dans le caveau de Féglise de Bon-Secours. Son mausolée, commencé par Louis Vassé et achevé par Félix Lecomte, élève de cet artiste, ne fut placé dans cette église qu'en I77i. (Voy., dans le Journal de la Société d'Archéologie, novembre 1855, Relation des derniers moments et des funérailles de Stanislas par un auteur contemporain .)

ce. 530-53i. — 1767.

Sommes payées à Claudot pour avoir fait une bannière à la paroisse Saiut-Roch, représentant; d*un côté, saint Roch soutenu par des anges, de Tautre côté^ le chiffre du saint rehaussé en or, avec ses attributs ; — au sieur Leroy, de Paris, pour prix d'une lanterne (d'un réverbère) actuelle-

* Ces figttres Tarent ensuite déposées dans une des salles de l'Hôtel-de- Tille.

menl en usage daas ladite ville , destioëe à servir de modèle (à celles que Ton voulait faire à Nancy) ; — à diverses personnes employées à mettre en état les casernes destinées au logement des grenadiers de France à leur arrivée à Nancy ; — à un charron pour la façon d*un train monté sur quatre roues pour porter un tonneau servant à Tarrosage des rues pendant les grandes chaleurs ; — au sieur Willemet^ apothicaire, pour la fourniture de remèdes contre la maladie des chevaux de plusieurs particuliers qui n*avaient pas le moyen de s*en procurer ; — à Robert de Vaugondy, géographe ordinaire du roi et du feu roi de Pologne, pour les poids et mesures envoyés de Paris à rHôtel-de-ville de Nancy (afin de substituer ceux de France à ceux de Lorraine).

Paiement de la pension des jeunes filles apprenant à faire de la dentelle. — Plantation de marronniers de chaque côté de la chaussée hors de la porte Sainte-Catherine. — Vente de vieux plombs provenant de la démolition du clocher de Tèglise Saint-Epvre ; — de la flèche audessus de la tour du grand escalier de Tancienne Cour, attenant au Pavillon des officiers.

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