‹ Les archives de VeniseChapitre 100 sur 176 · AMBASSADEURS DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

AMBASSADEURS DE LOUIS XIV

1 f)56 ; Pierre de BonsP , Evêque de Béziers, 1 662-1665 ; le Président de Saint-André ^, 1669-1671; le Comte d'Avaux\ 1672-167-4"; VAhhé d'Estrades, 1676-1678; M. de Varengeville , 1679-1681 ; Michel Amelot de Gournay\ 1682-1685 ; 37. de la Haye-Vantelet\ 1684-1701; M. de Charmant^, 1703-1705; l'Abbé de Pomponne^, 1705-1709. Un seul y fut en qualité d'Extraordinaire, de la Feuillade^ , Archevêque d'Embrun, 1659; et un, en qualité d'Envoyé, le Comte de Rébenac ^^, 1692. Sous ce règne, après la confection du traité de Munster, à

' Né à Florence en 1631, eut l'évêché de Béziers en 1659. Négocie le mariage de Marguerite-Louise d'Orléans avec le prince de Toscane en 1662. Arrive Amhassadeur à Venise en décembre 1662. Fait son entrée le 23 décembre. Prend congé le 13 janvier 1665 pour aller Ambassadeur en Pologne, d'où en Espagne. Meurt le 11 juillet 1703, archevêque de ISarbonne. Ses dépèches aux Archives des Affaires étrangères.

2 Fait son entrée le 8 février 1669, présente les lettres du Roi en date du '2,i septembre 1668. Rappelé le 19 octobre 1671, prend congé le 10 novembre. Eut pour secrétaire le fameux Amelot de la lloussaye.

^ Arrivé le 21 juin 1672, fait la cérémonie de son entrée le 21 septembre. Prend congé le 10 novembre 1674.

* Arrivé le 18 janvier, fait son entrée le 15 avril 1676. Prend congé le 12 décembre 1678. Riblioth. imp., Manuscrits , fonds Cléiamhault, Mélanges, 707.

^ Amelot, marquis de Gournay. Présenté le 2 juin 1682, prend congé le 2 janvier 1685.

6 r'résenté le 9 juillet 1685. Précédemment Ambassadeur à la Porte, puis Envové extraordinaire à Munich.

' Fait son entrée en cérémonie le 29 avril 1703.

8 Arrivé le 2 juin 1705, fait son entrée seulement le 10 mai 1706. Part en 1709.

^ De la Feuillade, archevôqu*; d'Embrim, arrivé le 20 aoiit 1659, a sa première audience le 12 septembre. Pnmd congé l'année suivante en septembre. Bibliotii. imp., Manuscrits , n" 16102, ses Dépcclics. 1" BiiiLiuTiiÈoiE DE l'Arsenal, Manuscrite , Ilisloire, 569.

laquelle la République, de l'avis de tous les historiens qui en ont bien connu la matière, prit une part si glorieuse avec la personne de l'ambassadeur Alvise Gontarini, ses rapports avec la France semblent avoir perdu tout le relief de leur importance. La sagesse de son Sénat avait pour soin principal la conservation d'une neutralité absolue. Simple spectatrice des .événements politiques les plus graves dont le théâtre, sous le règne de Louis XIV, fut en plus d'une occasion sur ses propres confins , la République ne visait qu'à un système de conciliation, le plus souvent impossible à atteindre; aussi le rôle actif de nos ambassadeurs à cette époque est-il presque nul. Ils sont là comme des représentants plus ou moins magnifiques chargés de narrer les nouvelles qu'ils apprennent de divers endroits. Ils semblent aussi en quelque sorte avoir plutôt mission de s'occuper de questions commerciales et industrielles pour satisfaire à la curiosité ardente de Golbert', et seconder ses vues à cet endroit, que de se mêler personnellement aux graves affaires qui, dans le reste de l'Europe,

1 Sous ce rapport, la Correspondance de l'Evêque de Béziers et celle du Président de Saint-André oUreiit beaucoup d'intérêt. Voyez la Correspondance adminislralivf sous Louis XIV, publiée par G. Deppinc, et les Lettres, Instructions et Mémoires de Colbeut, publiés par Piekre Clément (Paris, Iinp. impériale), tome II , deuxième partie, Industrie et commerce , et tome V, Sciences, Lettres, Beaux-arts , Bâtiments. Ainsi : Lettre au Président de Saint-André, Ambassadeur à Venise, 16 août 1669, « Etudier secrètement l'état des manufactures de glaces et de dentelles, tome II, page 484; 15 novembre 1009, Surveiller la concurrence (jue les glaces et dentelles de Venise font à celles de France, etc., etc. Voyez aussi notre article publié dans la Gazette des Beaux- Arti, tome XXIV, l*^"" mars 1868, De Thommage d'un tableau de Pail VÉnoyksE (jue fit a Lcjiis XIV la Hépuhlique de Venise en 166V.

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font le mouvement des cabinets des ministres. Les circonstances cependant semblent avoir donné un attrait politique aux missions et aux audiences du comte d'Avaux , de ral)bé d'Estrades et de l'abbe' de Pomponne. Après le départ de ce dernier, en 1709, le poste diplomatique de Venise ne fut occupé que par un secrétaire chargé d'affaires, qui fut .1/. de Frémoiit, lequel resta en charjje jusqu'en 1723.

Les ambassadeurs de Louis XV auprès de la Répubiiipie furent le comte de Gergy^ 1723-1732; le comte de Froullay -, 1 733-1 743; 37. de Montaifju '\ 1 743-1 746 ; M. de Chavigny * , 1750-1753; l'Abbé de Bernis ^, 1752-1755; le Marcjuis de Durfort\ 1758-1760; le Comte de BaschP , 1 76 1 -l 767 ; le Marquis de Paulmy d'Ar-

* Accrédité le 14 uctoLre 1723, arrivé à Venise en décembre. Depuis la seconde moitié du rèf[ne de Louis XIV, les dépèclies des ambassadeurs de France auprès des Vénitiens ne se rencontrent pour ainsi dire plus dans les dépôts publii;s de documents. Les Archives des affaires étrangères, et souvent aussi les archives privées des familles auxquelles ont appartenu les ambassadeurs, en sont les heureux et naturels dépositaires.

'^ Arrivé le 28 novemijre 1733, parti le 13 février 1743.

•^ Arrivé en juillet 1743. Voyez dans le Journal des Débals l'intéressant article publié sur l'ambassade de ce personnage inutile et dont le secrétaire fut Jean-Jacques Rousseau, par >L de Saint-Marc Girardin. Le ministre d'Ar{;enson, dans ses Métuoires, dit : « M. de Muntai{;u ne se distingue pas dasaiitage par le ccnitenii de ses dépêches cette année-ci que la précédcnle. »

* Présenté le 12 novembre 1750.

^ l'ieçoit ses instructions le 9 septemijre 1752, arrive le 25 octobre, part le 12 aviil 1755.

6 Fait son entrée eu cérémonie le 11 novembre 1758. ' Fait son iMitrée en mai 17()4.

genson ',. 1767-1771, et le baron de Zuckmantel. Il n'y eut pas d'ambassadeurs extraordinaires, et pendant l'absence ou le congé des ordinaires, la correspondance fut écrite et les affaires traitées par des secrétaires, tels que l'abbé de Villefond, M. deNogaret, le sieur Adam, le chevalier d'Haiiteroc/ie, et surtout par les Le Blond, ayant qualité de consuls. La situation politique des ambassadeurs de France à Venise, sous ce rè(]iie, se trouve peinte au vif dans les premières lignes du mémoire servant d'instructions à l'abbé de Bernis, dont la citation ne saurait trouver en dehors de ces pages un cadre plus approprié au sujet :

C'est le sort ordinaire de tous les États, y est-il dit, d'avoir leur accroissance et leur décadence. Cette vicissitude est particulièrement remarquable dans les Républiques. Celle de Venise en a plus qu'aucune autre éprouvé les effets. Faible dans son ori(j^ine, elle s'était accrue au point de donner de Tontibrage aux principales puissances de l'Europe. On \'\t à Cambray la France, l'Espagfue, l'Empereur, la Cour de Rome et le gouvernement des Pays-Ras se liguer contre elle en l'année 1508. La République fit alors la triste expérience d'une ambition qui l'auroit épuisée et qui auroit à la fin procuré sa ruine totale; elle sentit qu'elle ne pouvoit subsister qu'en se maintenant en paix et en ne prenant aucune part aux querelles des autres Puissances. C'est par ces considérations que la République a adopté ces maximes pacifiques qu'elle a suivies constamment depuis près de deux siècles. L'exactitude avec laquelle elle les a observées fait aujourd'hui toute sa sécurité et luy procure toute la considération dont elle jouit. Elle tient un rang parmi les Souverains, et les plus puissants ont toujours eu soin d'entretenir auprès d'elle un ambassadeur ou ministre accrédité. Le Roy a conservé cet usage, établi par ses augustes prédécesseurs

' Fait son entrée le 27 juin 1707.

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La situation actuelle des affaires de l'Europe présentera au sieur ronite abbé de Bernis peu d'objets importans de néjjociations dans les premiers temps de sa résidence. L'affaii'o des sucres est la seule qui mérite aujourd'hui de sa part une attention particulière, et Sa iNIajesté est persuadée qu'il la suivra avec tout le zèle et Tintelligence dont elle le sçait capable. La République a depuis quelque temps diminué les droits sur les sucres qu'elle tire du Portugal, et elle n'a point fait la même diminution sur ceux que la France y apporte. Le S"" abbé comte de Bernis doit faire à ce sujet les plus fortes représentations au gouvernement de Venise, et luy faire sentir qu'une telle disproportion tendroit à détruire totalement cette branche de commerce de la France avec la République

Il n'est pas nécessaire d'observer à l'Ambassadeur du Roy que la connoissance du caractère, des intentions et du crédit des nobles Vénitiens qui ont une part principale dans l'administration de la République est un des objets les plus essentiels de ses recherches. Le Roy et son Conseil attendent du zèle et de l'intelligence de l'abbé comte de Bernis les notions qui peuvent leur manquer sur ce point '.

Il faut, du teste, dire que l'abbé comte de Bernis et ses successeurs n'eurent pas seulement à s'occuper de la question des sucres, mais qu'une question plus politique dut fixer leur esprit d'observation. Ce fut celle des envahissements médités de la Cour de Vienne dans les affaires d'Italie. A cet égard, la pénétration des Envoyés de France fut, dès cette époque, tenue en haleine, éveillée, exercée par la politique infatigable de cette maison d'Autriche, si grande alors et si dangereuse.

Louis XVI accrédita, pendant son règne, quatre ambassadeurs, qui furent : le Marquis de Vet'gennes'~^

' Correspondance de l'aLLé comte do Ceinis, Ainljassadcur du lloi. - Présenté le 10 mai 1779.

1779-1783; le Comte de Chalons, 1786-1789; le Marquis de Bomhelles ', 1789-1791, et le Marquis de Durfort'^. Les sieurs Schlick et Hennin furent chargés

d'afiaires.

Ce même Hennin^, les sieurs Jean Jacob, Noël'', Lallemetit '\ y représentèrent la République française, une et indivisible. Le dernier Français qui ait eu à présenter un message spécial au Cabinet des Ministres, fut Junot'^, aide de camp du général Bonaparte, et délé-

1 Parti avant le 14 mars 1791.

2 Présenté le 22 juillet 1791. Remet au Collegio la lettre du Roi du 25 septembre par laquelle il annonce avoir accepté la Constitution. Parti le 19 mai 1792.

3 Chargé d'affaires du Conseil exécutif provisoire de la République, avec lettie.<; de créance du 25 décembre 1792. Présenté le 22 janvier 1793. Parti le 13 juin 1793. laissant le sieur Jacob pour secrétaire. Voyez Archives de Vesise, Corti (fiize, 10 janvier 1793), et Esposizioni Principi (filie). Et Memoria che puo servire alla storia politica degli ullimi otto anni délia Repubblica di Venezia; Londres, 1798. Et Consifflio dei Dieci, Partie secrète.

* Avec lettres de créance du Conseil exécutif, en date du 11 mai, signées des sieurs Le Brun, Clavière, Dalbarade, J. Boucbette, Gohier et Garât. Parti sans avoir été reçu en audience du Conseil. Voyez la Raccolta cronologica ragionata di documenti inediti che formano la storia diplomatica délia Revoluzione e caduta délia Repubblica di Venezia , tome P"".

5 Annoncé au Conseil le 13 novembre 1794 par le Secrétaire Jacob. Présenté le 22 novembre. Voyez dans la Raccolta Cicogna, lil/.a 2987, Riflessioni sulla caduta délia Repubblica Veneta , del conte Giuseppe Giacomazzi. Réaccrédité avec lettres du Directoire exécutif, qu'il présente le 25 janvier 179G. Voyez Archives de Vemse, la dernièreyî/za des Esposizioni Principi, et à la Bibliothèque de Sai>t-Maiu;, Miscellanée 102. Recueil de pièces relatives aux araires de Venise. Parti le 7 mai 1797, laissant son secrétaire Villelard avec des pleins pouvoirs.

6 Arrivé inopinément le 13 avril 1797 avec qualité d'aide de camp du général commandant l'année d'Italie. A l'audience, le samedi saint,

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