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SAGES-GRA^DS

PREMIERS MINISTRES DE LA RÉPUBI, IQCe'.

Alu/'se Mocetiigo (de San-Samuel), maison ancienne. A été Inquisiteur en Terre ferme; homme prudent, fort éloquent; qui harangue souvent au Sénat.

Francesco Morosini {àe\ Giardino) est un des plus accréditez de la Republique. Gomme chacun prétend à la dignité de Procurateur par mérite, chacun lui cède toutes les fois qu il veut l'être. Dans la dernière guerre contre le Turc, il fut envoyé ambassadeur extraordinaire à Rome pour obtenir du secours du Pape.

J. B. Contarini, petit-neveu du Doge défunt, frère de l'Ambassadeur qui va à Constantinople; homme d'une grande élo-

le portique qui est sons le palais tlo Saint-Marc et un lieis de la place du luesme coté, et lorsqu'ils vont au Jiioi/Uo l'après-inidv , ils se tiennent sous le portique de la première aile des Procuraties neuves et dans l'autre tiers de la place, à cause que le premier costé est à couvert du soleil levant et (pie l'autre l'est du soleil couchant. » (La Ville et la Jiépitbiif/ue (le Venise, partie F^, pages 33 et 3i), édition de 1080.)

' L'ain!)assadeur énuinère ici plus de six personnages. Or, comme il n'y avait que six Sages Grands au Collejjio, il y a lieu de penser qu'il a ajouté à leur nomltro, sans les désigner, les trois chefs des (Juaranic. Les personnages indi<[ués ici sont en elTcl au nombre de neuf.

UiN RAPPORT DE M. DE FROULLAY. 457

cjuence, d'une vivacité douce, insinuant dans les harangues qu'il fait au Sénat, fort aimé pour sa grande douceur, bon politique, et promettant plus qu'il ne tient.

Jean Emo, Procurateur par mérite dans le temps qu'il a été ambassadeur à Constantinople. Il était dans le rang des Barnabotli^. Il doit sa fortune à son frère Gabriel, qui est mort, lequel, par son grand esprit, sa fine politique, s'est avancé jusqu'au Conseil des Dix, et en conséquence plusieurs fois Inquisiteur d'Etat. C'est un hounue fort estimé au Sénat, un Cicéron dans les harangues; il a des manières si insinuantes qu'il s'est attiré l'amitié de tous les nobles. Il a été envoyé en Franco à l'occasion de la prise des vaisseaux chargez de bled que la France fit sur les Vénitiens lorsqu'ils les transportèrent à Barcelone du temps cpie la France et l'Espagne en faisoient le siège. Il a fait connoitre d'ailleurs son giand esprit.

Le Procurateur Aivlse Pisani, ambassadeur du temps de Louis XIV, qui en faisoit beaucoup d'estime; manières douces, charitable, celui qui brille le plus à Venise par la dépense et la quantité des domestiques, et fort envié des plus nobles, ayant cependant dans son parti plusieurs barnaboUi par ses grandes générosités à leur égard.

Procurateur P. Gi'imani (de l'Arbre d'or), a été ambassadeur à Vienne. Grand esprit, d'iuie profonde politique, maison opulente. Quatre sénateurs dans sa fomille.

Andréa Erizzo (de San-Martino) a été ambassadeur en l^spagne, où il a donné des luanjues de son esprit par les lettres qu'il écrivit au Sénat.

Procurateur J?i(/r<?a Soranzo (ïMoneau d'or), fort âgé, esprit brillant, d'une vertu éminente, bon conseiller.

Chevaliei' Andréa Ento, ambassadeur à Constantinople à la dernière guerre. Cruel et superbe, mais beaucoup d'esprit; aussi violent que cruel dans ses harangues.

SAGES DE TEIÎ r.E FERME,

./. Tiarbarigo (ddla Terrazza). Jeune homme d'esprit, étudie continuellement dans la Secrétaircrie d'Etat.

' Nnliles rjiic le lailiic ('t.it de leur fortuiK; rendait en (jnelque sorte irilériciirs aux autres (•{. souvent leurs obligés.

Almoro Justiniani (de San-Vidal). Homme doux, affable, rempli d'esprit et de belles manières. Il occupe maintenant la chargée de Président de {pierre.

Antonio Michiel (rue des Avocats) brijjiie lambassade d'Espafjiie; étudie tellement que son père est oblij^é de le modérer.

François Loredan (de San-Stefano). Homme superbe, d'une fierté extraordinaire; ignorant.

Zuan Valaresso (de San-Jeremia). Esprit doux, affable, bon politique.

L'emploi des Sages de Terre ferme consiste à faire leurs rapports aux Sages-Grands touchant les affaires politiques et d'économie des finances pour être rapportées au Sénat et en recevoir les ordres.

La forme habituelle de l'audience donnée par les Ministres réunis se pratiquait de la sorte. Les audiences étaient ou publiques, c'est-à-dire de cérémonie et à portes ouvertes, ou privées, c'est-à-dire à portes closes et demandées uniquement pour affaires à traiter. Nous parlerons des premières dans le chapitre suivant , rédigé d'après les livres dits Cérémonies de la République. Quant aux secondes, c'est d'elles qu'il s'agit ici.

Lorsque l'Ambassadeur avait à traiter d'une affaire et qu'il jugeait prudent de l'exposer personnellement , il envoyait, la veille, son secrétaire avec charge de présenter un court mémoire à ce sujet, et le Collegio s'assemblait en conséquence pour le recevoir et l'entendre. Le secrétaire de service l'introduisait. Après la cérémonie des révérences d'usage, il avait la parole et en usait '. Le Doge se levait, faisait une réponse vague

1 La fortuc donnée à la lécl.iciion de Vi'xpo'té de l'Ambassadeur est ordinaiieineiit cello-ti : Veiiuto neli Kcccllciilixsiino Collegio, il signor Ambasciittoïc ilcllu Maestà C/tristianissima disse : « SereniSSImo Pni>ciPE... » Suit le discours.

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