DEPECHES DES AMBASSADEURS VENITIENS
sacrait le plus souvent une partie de sa de'péche aux événements du royaume britannique. La Cour de Turin fut longtemps, sinon en querelle ouverte, du moins en difficultés, avec la Sérënissime llëpul)lique, mais le Résident vénitien à Milan prenait ses mesures pour ne rien ignorer d'important sur les choses de Savoie. Toutes les puissances allemandes de second ordre n'avaient pas auprès d'elles des agents vénitiens; mais l'Ambassadeur à Vienne pouvait avoir aisément l'œil sur elles du fond de la Cour impériale , et il appartenait aussi à cet ambassadeur de prêter l'oreille aux bruits et aux mouvements qui venaient du Nord. Lorsque la Pologne, par exemple, n'avait pas d'agent vénitien à Cracovie, c'était à celui qui résidait à Vienne de ne pas manquer à ses obligations politiques d'informateur des événements et d'appréciateur des circonstances. Le lecteur comprendra bien vite que l'énoncé de ces détails n'a d'autre fin que de lui être de quelque utilité pour la direction et la précision de ses recherches.
A quelle date, peut-on et doit-on se demander, faut-il faire remonter les premières dépêches écrites par des Vénitiens à leur gouvernement? Hélas! entre la date des premières dépêches qui ont été écrites et la date de celles qui sont parvenues jus([u'à nous, l'espace se peut compter })ar siècles! mais il est aisé de répondre qu'il n'y a pas à douter que la date en question doive être celle de la première mission que ce Gouvernement confia à l'un des siens poiu' all(;r trait(U' de ses intérêts d'État au dehors de ses frontières. Un service de poste
au sixième siècle n'était pas organisé sans doute comme il l'est de nos jours, mais au sixième siècle, comme cela dut être dès que trois hommes se purent compter sur la terre, il y eut des messagers. Dès que Venise commença à prendre forme , sa position , unique au monde, l'ayant obligée à des aventures maritimes , et l'esprit essentiellement ingénieux de ses citoyens l'ayant vouée à des transactions commerciales, on peut dire qu'à peine sortie des eaux, elle eut à connaître du droit des gens plus particulièrement qu'aucun autre peuple. Les chroniques ne se font pas faute de présenter des Delegati Veneziani à Gonstantinople dès le sixième siècle , et VAltinata entre autres dit expressément qu'en ce temps-là se rendirent dans cette capitale de l'Orient les envoyés de Venise, au nombre desquels étaient les hommes les plus nobles et les plus sages, et que l'accueil que leur fit l'Empereur fut de toute bienveillance et honneur. Aussi peut-on justement affirmer que les rapports de Venise avec l'Empire d'Orient ,. rapports d'affaires et de négociations , datent de son origine même et que ces rapports ont nécessairement doimé lieu à des échanges de correspondance. En suivant toutes les traces une à une telles que les fournissent les plus anciens textes connus , les témoignages traditionnels de négociations s'affirment en faveur et à l'honneur des Vénitiens, surtout au lendemain de la décadence de Ftavenne, au huitième siècle, alors que la chute accomplie de cette grande cité fit du peuple
' Croudche Allinate , (. VIII de VArchivio xtorico Italiano, et I. V <le V Apptndice : « L't in Conslaiitinopoli paritcr veiierunt intoi <[iios «fiant nobilioi-c.< viri son fiapientes..., » etc.