CORRESPONDANCE DE L'AMBASSADEUR
les temps ordinaires, sous Henri II, la correspondance de l'Ambassadeur parvenait à la Seigneurie en quinze ou seize jours , et de même celle de la Seigneurie pour son Ambassadeur à la Cour : ainsi les lettres de Venise du 16 juin 1554 arrivèrent à Reims le 2 juillet, celles (Ju 1 1 décembre 1556 parvinrent à Paris le 24. Peu d'années après, sous la régence de Catherine de Médicis , en 1561, M. l'évêque de Dax étant ambassadeur pour le Roi à Venise, il se fit une convention postale dont l'avantage fut considérable pour accélérer l'aller et le retour des dépêches. Six courriers, affectés uniquement au service de France pour Venise et de Venise pour France, furent désignés à Lyon pour cet emploi. Le temps limité fut de dix jours pour les mois d'hiver, et de huit pour le reste de l'année. Le courrier devait ])artir de Lyon de manière à arriver le vendredi à Venise, afin que le service pour Rome, qui se faisait le samedi, prit les dépêches venues de France; il devait ensuite partir de Venise pour Lyon le lundi.
Selon l'importance des faits ou la confidence des informations, selon aussi le risque que les dépêches couraient d'être interceptées, en des temps de guerre, l'Ambassadeur usait du chiffre qui lui était remis à Venise, à son départ, pour rendre sa correspondance j)lns mystérieuse à ceux (pii l'eussent ouverte. Il est telle de ces dépêches qui est chiffrée entièrement, il est telle autre qui ne l'est (pi'en divers endroits, principale-
soiiiine de soixante louis d or pour faire le voY^gf de P;iri.s à Vcnize en (lili|;('iK'e, et ce [xnir iiiic de|)cclie extraoïnlinaii'o ; on as-iuranre de quoy je me signe « Clianipa{;ne ». 28 mai 1078.
ment lorsqu'il s'agit, dans le récit d'une audience, de reproduire les propres termes dont a usé le Souverain en traitant avec l'Ambassadeur quelques affaires politiques -de nature délicate. Lorsque la dépêche chiffrée arrivait à la Seigneurie, elle était soumise aux secrétaires aux chiffres, qui la traduisaient aussitôt, et en joignaient l'interprétation écrite^ sur une feuille à part, intercalée •ensuite dans la dépêche originale.
Lorsque le temps assigné par les arrêtés du Sénat pour la durée d'une ambassade était près d'expirer, l'Ambassadeur avait presque toujours soin de le rappeler à la Seigneurie dans l'une de ses dépêches , afin de hâter l'élection de son successeur. Revenu à Venise, il devait aller s'inscrire sur les registres officiels au Palais ducal, •et prenait quinze jours pour préparer la relation de son ambassade qu'il était obligé de lire à la tribune, devant le Sénat assemblé. Il avait aussi un délai pour présenter aux trésoriers de la Seigneurie l'état des sonmies dont il lui avait été prescrit, dans sa commission, de rendre compte. Sous les Valois, un ambassadeur qui restait en France trente-cinq mois environ , devait estimer sa dépense générale à dix mille ducats et quelques centaines de livres. D'après des notes que nous avons recueillies dans les papiers de la maison Donà délie Rose, nous avons vu les comptes de plusieurs ambassadeurs en France , d'où il résulte que Sigismondo di Cavalli , qui fut à la Cour en 1571 et en 1572, dépensa environ 87,879 francs; Lorenzo Priuli, 81,852 francs; Zuane Moro, 81)1,712 francs; Zuane Dolfin, du 29 août 158 i au 7 mars 1588, 12,815 ducats, c'est-à-dire