‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 109 sur 199 · AMBASSADEURS DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

AMBASSADEURS DE LOUIS XV

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font le mouvement des cabinets des ministres. Les circonstances cependant semblent avoir donné un attrait politique aux missions et aux audiences du comte d'Avaux, de l'abbé d'Estrades et de l'abbé de Pomponne. Après le départ de ce dernier, en 1 709, le poste diplomatique de Venise ne fut occupé que par un secrétaire chargé d'affaires, qui fut M. deFremotit, lequel resta en charge jusqu'en 1723.

Les ambassadeurs de Louis XV auprès de la République furent le comte de Gergy1, 1723-1732; le comte deFroullay\ 1733-17 43; M. de Montaigu\ 1743-1746; M. de Chavigny', 1750-1753; l'Abbé de Bernis h , 1752-1755; le Marquis de Durfort6, 1758-1760; le Comte de Basc/ti1 , 1 761-1 767; le Marquis de Paulmy d'Ar-

1 Accrédité le 14 octobre 1723, < rivé à Venise eu décembre. Depuis la seconde moitié du règne de Louis XIV, le* dépêches des ambassadeur* de France auprès des Vénitiens ne te rencontrent pour ainsi dire plu» dans les dépôts publics de documents. Les Archives des affaires étrangères, et souvent aussi les archives privées des familles auxquelles ont appartenu les ambassadeurs, en sont les heureux et naturels dépositaires.

2 Arrivé le 28 novembre 1733, parti le 13 février 1743.

3 Arrivé en juillet 1743. Voyez dans le Journal des Débats l'intéressant article publié sur l'ambassade de ce personnage inutile et dont le secrétaire fut Jean-Jacques Rousseau, par M. de Saist-Marc Girardir. Le ministre d'Argenson, dans ses Mémoires , dit : « M. de Montaigu ne se distingue pas davantage par le contenu de ses dépèches cette année-ci que la précédente. ■

* Présenté le 12 novembre 1750.

6 Reçoit ses instructions le 9 septembre 1752, arrive le 25 octobre, part le 12 avril 1755.

6 Fait son entrée en cérémonie le 11 novembre 1758.

7 Fait son entrée en mai 1764.

genson\ 1767-1771, et le baron de ZuckinanteL II n'y eut pas d'ambassadeurs extraordinaires, et pendant l'absence ou le congé des ordinaires, la correspondance fut écrite et les affaires traitées par des secrétaires, tels que l'abbé de Villefond, M. de Nogaret, le sieur Adam, le cher valier d'Hauteroche, et surtout par l«s Le Blond, ayant qualité de consuls. La situation politique des ambassadeurs de France à Venise, sous ce règne, se trouve peinte au vif dans les premières lignes du mémoire servant d'instructions à l'abbé de Bernis, dont la citation ne saurait trouver en dehors de ces pages un cadre plus approprié au sujet :

C'est le sort ordinaire de tons les États, y est-il dit, d'avoir leur accroissancc et leur décadence. Cette vicissitude est particulièrement remarquable dans les Républiques. Celle de Venise en a plus qu'aucune autre éprouvé les effets. Faible dans son origine, elle s'était accrue au point de donner de l'ombrage aux principales puissances de l'Europe. On vit à Cambray la France, l'Espagne, l'Empereur, la Cour de Rome et le gouvernement des Pays-Bas se liguer contre elle en l'année 1508. La République fit alors la triste expérience d'une ambition qui l'auroit épuisée et qui auroit à la fin procuré sa ruine totale; elle sentit qu'elle ne pouvoit subsister qu'en se maintenant en paix et en ne prenant aucune part aux querelles des autres Puissances. C'est par ces considérations que la République a adopté ces maximes pacifiques qu'elle a suivies constamment depuis près de deux siècles. L'exactitude avec laquelle elle les a observées fait aujourd'hui toute sa sécurité et luy procure toute la considération dont elle jouit. Elle tient un rang parmi les Souverains, et les plus puissants ont toujours eu soin d'entretenir auprès d'elle un ambassadeur ou ministre accrédité. Le Roy a conservé cet usage, établi par ses augustes prédécesseurs.'....

1 Fait son entrée le Î7 juin 1767.

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