DÉPÊCHES ADRESSÉES AD CONSEIL
lui a donnée François I", à Milan, peu de temps après le combat de Marignan, et peu de jours avant que ce prince se rendit à l'entrevue de Bologne avec le pape Léon. « Sa Majesté, dit-il, s'est exprimée avec une telle confiance qu'on n'en saurait trouver une semblable delà part du plus intime ami. » Et partant de là, il rapporte les propres paroles du Souverain, d'autant plus intéressantes que les circonstances du moment étaient, peuton dire , exceptionnellement importantes au sort des États d'Italie. Tout en écrivant souvent au Conseil des Dix, les Ambassadeurs ne pouvaient naturellement se dispenser d'avoir leur correspondance ordinaire avec le Sénat, n'eût-ce été quelquefois que pour la forme. Nous en trouvons des preuves particulières dans le soin que, à l'occasion, ils prenaient d'adresser d'abord leur dépêche pour le Sénat aux Chefs du Conseil, les laissant juges de l'opportunité de lui en faire la communication. « Excellentissimes Seigneurs três-respectés, écrit l'ambassadeur Capello le 26 novembre 1540, j'adresse d'abord à Vos Illustrissimes Seigneuries les dépêches ci-jointes, afin qu'après en avoir estimé l'importance, elles puissent délibérer si elles devront être lues. » Il advenait que dans certains cas, pour que le Sénat ne pût se condouloir d'une privation trop fréquente des communications, les Conseillers des Dix enlevaient à telles dépêches les passages par trop délicats et les faisaient copier dans la forme qu'ils avaient décidée.
Cette grande masse de papiers, jusqu'alors non encore classée ni même connue, comprenait plus de trois
«ent cinquante paquets jetés en quelque sorte les uns sur les autres dans la salle où ils avaient été délaissés depuis tant d'années. Ce n'est pas seulement la Correspondance des Ambassadeurs avec le Conseil qui y fut rencontrée par l'habile investigateur à qui M. Tommaso Gar avait confié le soin de cette reconnaissance, comme on dit en terme de guerre, ce fut un nombre considérable d'autres documents, tels que les Lettres des Provéditeurs extraordinaires auprès de l'armée, durant les guerres d'Italie, les Dépêches des préfets des provinces limitrophes du camp de l'ennemi, des Lettres aussi curieuses, entre autres, que celles du provéditeur Pesaro, pleines de révélations intéressantes sur les menées et intrigues du Bourbon pour que la République l'aidât à conquérir le royaume de Naples, lequel Bourbon avait alors pour agent secret un Piémontais du nom d'Abbatis, comte de Villanova. Voici aussi de très-intéressants rapports et projets de chefs de guerre tels que les Trivulzi, l'Alviane, les Savorgnan, Sforza Pallavicini, Ferrante Vitelli , et des ingénieurs de guerre, l'Horologgi, l'Alberghetti et autres1. En ces papiers encore, se sont rencontrées des lettres de Souverains qui avaient été interceptées , comme celle entre autres de l'Empereur Maximilien à ses Ambassadeurs à Rome, à l'époque du Conclave qui suivit la mort du Borgia, Alexandre VI, lettre dans laquelle il révèle ses secrets desseins sur l'élection du futur pontife, et où il ne se fait pas faute de déclarer qu'au choix d'un cardinal de la faction fran-
i Lztterc dei PlOfTEDiTORi ckxkrali ik campo; delli Rkttoki dello Siato stigli aryomenii che erano di competenza dei X, etc., etc.