‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 23 sur 199 · ARMOIRE K« LXXV · texte numérisé non relu

ARMOIRE K« LXXV

Place réservée à toutes les écritures relatives aux charges et dignités de l'Excellentissime Grand Chancelier.

Cette œuvre de classement ainsi terminée, et ce répertoire bien établi, la Chancellerie secrète, en l'année 1669, se trouvait être dans le plus bel ordre où elle eût jamais été, et ce fut ainsi que la laissa Battista Nani, mort le S décembre 1678, à son successeur Micbiele Foscarini, élu le 19 décembre de la même année. Le nouveau

fOK LES ARCHIVES DE VENISE.

surintendant dut n'avoir autre chose à faire qu'à suivre la méthode nouvellement établie. Nous n'avons en effet rien trouvé dans les documents qui concernât ses travaux. Mort en 1692, il fut remplacé, le 10 juin, par Pietro Garzoni , qui demeura en charge quarante-trois ans. Ce fut peut-être à son instigation que le Conseil des Dix crut devoir, par un décret du 26 août 1716, rappeler la teneur des anciens règlements 1 . Un troisième secrétaire fut élu député à la Secrète, et les recommandations les plus particulières furent faites pour que les livres dits Rubricarii ou sommaires très-détaillés des dépêches des ambassadeurs fussent mis au courant. En 1720, le Grand Chancelier, Anzolo Zon, après s'être entendu avec le surintendant, propose aux Dix, dans un rapport développé, de former un catalogue

I Havviva e conforma le précèdent! leggi, etc.

II dclto scgretario dovcrà nel corso del auo impirgo far la Ruhrica di tutti li dispacci dirctti dall' Ambasciatore o Rappresentantc al Senato.

Viene ricercata la S. Signoria a dcvenire ail' elezione d'un lerzo segretario deputato alla Sécréta con li stesni obblighi ed emoluinenti. Dcbba uno di essi tre esscr destinât» alla Rubrica générale e corne si vuole chc la predetta sia compila eosi trovandosi difctto, a'incarica il tancellier Grande a rimediarvi incaricandolo tanto in queuta parte chc in quella degli Annali a non rilasciare le fedi per il lievo de soliti inandati a chi avesse operato se priniù non averà esaminatc l'opère fatte e non l'avcrà trovatc nella dovuta perfezione di chc si raccomanda I'eseru/ione al sopraintcndente alla Serreta.

Sia impedito a chiunque di estrar copie o note con inchiostro, lapis o iu altro modo, come fu dccrctato sotto le pene cominate a trasgrcssori in uiatcria di Stato. Sia per le til/.e correnti destinato il banco in faccia la porta ove abbia a tenersi sotto rosscrvazione de Segretarii prescrivcndosi perù a maggior custodia d'ogni altro luogo di-lla Sécréta cbe uno de Segretarii debba sedere alla parti* più interna di essa in vicinanza alli armeri di Romn.

des matières dispersées dans tant de volumes différents, de manière qu'aussitôt que le Sénat ou le Conseil demanderait tous les papiers relatifs à une négociation , ils pussent être indiqués et livrés immédiatement1. C'était proposer un travail considérable, et pour l'exécution duquel il ne fallait rien moins qu'une expérience éprouvée. Des secrétaires du Sénat furent choisis pour l'entreprendre.

Les termes dont s'était servi le Surintendant pour persuader les Dix avaient été pressants. On sent à les Jire que l'auteur n'est pas seulement un chef, mais qu'il est encore et surtout un ami de la Secrète. Avec le cours des ans, il s'est incarné dans elle. Il aime l'histoire, il a

1 Le rapport du Grand Chancelier forme Ytnserta datée du 4 février 1720, dans le teite du décret du 12 du même mois. Voyez Cosskil des Dix P. C. film n° 919. ■ Serenissimo Principe, Illini et Eccml «ignori Capi dell' eccelso Consiglio di X . (Juanto sia necessario et importi chc nella Cancellaria sécréta una materia dispersa in varie filze posa ail* occasione ritrovarsi con facilita nel suo intiero, lo ha rilevato con la sua rivcrita et savia scrittura l'Ecc"10 Pietro Garzoni che corne sopiaintendente alla medesima invigila anco a ciô che servir possa di lume e scorta sicura aile puhbliche délibération!. L'Indice générale snggerito dalla virlù di S. E. è quell* unico ordine che tener si deve per conseguire l'intento. Ma corne la fatica è assai faraginosa, cosi non tutti cer-

tamcnte sono capaci ad intraprenderla Per questo comandato io col

decreto del 20 sett. passa to a ri fe rire cbJ deputarvisi potesse, son andaio esaminando soprà Ogn1 uno délia Cancelleria stessa , et ho considerato che questa grave incoinbenza appoggiar meglio non si |K>tesse chc ad uno segrctario dell' Ecc™0 Senato, corne quello che dotato di maggior senno per custodir il segreto, fomito di miglior esperienza a distinguere c sciogliere le materie che non arrivano ad esso improvvise e qualilicato di carattere gode maggior libertà e coinmodi d'operare in luogo dove ad ogni momento v'ha aperto l'accesso, ridursi potrebbe Topera a perfetione con maggior brevita di tempo corne appunto segui colla persona del circospctto scgretario Antonio Negri destinato in altri tempi alla stessa incombenza... » etc.

vécu là dans l'intimité de ses secrets. Il voit et connaît quels services ce dépôt précieux est appelé à rendre , il voudrait que le grand travail d'un inventaire des matières fut entrepris. Depuis les dix-huit ans qu'il consacre ses heures et ses jours à l'examen de tant de papiers, grands témoins du passé, il a vu tellement s'accroître le dépôt qui lui a été confié , qu'il a dû demander au Sénat d'en transformer le local. Un nouveau matériel a été construit, la Secrète a été agrandie, restaurée, presque réédifiée, con nobile archiiettura . Mais cela obtenu et fait, il voudrait que le fond répondit à la forme, et que des mesures fussent adoptées, des sacrifices même résolus, pour atteindre à la perfection dans l'ordre des matières et dans l'usage qu'on en peut faire '.

u J'ai fait, dit-il, de longues stations dans la Secrète, soit que le génie des recherches qui est en moi m'y poussât, soit

1 Coxseil des Dix. { l ilze. Scritlura tnseria nel décroît > dcl 24 luglio 1720 in C. X.)« lllustri»»' et Ecc»' Sig" Capi. Piacque al Sign. Iddio di benedirc l'ele/ione di sopraintendentc o deputato alla Segreta, cbe si degnô l'Ecc. Consiglio di fare délia inia humilissima persona, iinpcroccbè supplendo il lungo corso délia vita aile mie noie impcrfezioni potei riparare gli errori che vi ho trovato, ed ostare ai nu»vi,che il tempo infesto netnico del buon ordine tenta serapro d'introdurVÎ. In ventotto an ni. cV io sostengo debolmentc quest' ufficio mi riusci di veder ampliato l'archivio non easendo l'antico più capacc a conlenere il numéro copiosissimo di tanli regiâtri e volumi, i quali non solo vengono moltiplicati dai negozi interni e stranieri , ma dell' uso ancora dello scrivere incomparabilmenle più diffuso, ed assiatico del passato. Somministrato dunquc dcll' EccmoSenato il danarogià qualcbe anno per il rialzamento délia Segreta, e dilatatonc il luogo con nobile architettura , hebbi, confcsso, un gran contento, chc si fosse rimcdialo al bisogno del tnateriale; ma inentre il cielo mi prolracva i giorni del vivere e mi lasciava ail* onore di servire l'Eccelso Consiglio dei X , pensai e ripensai più volte anche alla perfettion del formale, ■ etc..

que pour les devoirs de ma charge je dusse approfondir les sources de Fhistoire vénitienne; et l'expérience acquise m'a démontré combien nous fait défaut un répertoire des matières. Nos ancêtres en ont connu la nécessité, et nous avons la preuve qu'il en est résulté quelque bon ordre; mais, pour l'usage habituel, ce qui a été fait est de nul service. Que Vos Excellences songent à quelqu'une des nombreuses affaires qui sont en jeu pour le moment, et qu'elles aillent dans la Secrète pour y pratiquer des recherches sur des affaires de même sorte advenues au temps passé, elles en reviendront sans sucrés. Mon idée serait donc qu'on prit en main les papiers d'Élal réunis là, remontant à quatre siècles environ, et qu'on en formât un répertoire entier. Je considère l'œuvre comme aussi utile que grandiose; je ne puis espérer d'en voir la fin, mes vieux ans me l'interdisent : je n'ambitionne que d'en commencer l'entreprise avec le consentement et l'approbation de rKxcellentissiuie Conseil »

Le catalogue désiré fut aussitôt commencé , mais nous voyons par la minute d'un décret daté de quatre jours après que le Surintendant eut soumis au Conseil ses propositions, qu'elles ne furent, pour le présent , approuvées (ju'en partie. Les Dix, en effet, estimèrent qu'il suffirait de remonter à Tannée 1600 et non pas tout d'abord à quatre siècles en arrière.

Andréa Curhoni, travailleur excellent et fort expert au maniement des papiers anciens, proposé par Fietro Garzoni et adopté d'abord par le Conseil, fut installé dans la Sécréta nuova pour procéder aux premiers mouvements de cet ouvrage capital a. Ainsi , c'est à cette date

1 • Lunghe ataiioni feci io nella Seflrcta si |>er {»enio d'iove«ti{;azione, *i |>' i ol»l»ligo di raccolte a lume délia Veneta storia, e coll' eiperirn/a *copersi il j«r.m diFetlo dell' Indice marnante délie mat crie, ■ etc. (/</., ibid.)

2 Décret du 24 juillet I7Î0, in C. X. • Destinato il dilettisaimn N. N.

de 1 720 qu'il faut rapporter rétablissement d'une Secrète nouvelle en même temps que l'entreprise de l'œuvre conçue par Pietro Garzoni. Ces mots de Sécréta nuova , rencontrés pour la première fois dans un document officiel, ne pouvaient passer indifférents à nos yeux, et, nous rapportant aux paroles de la lettre du surintendant, en date du 8 juillet 1720 : « L'Excellentissime Sénat ayant donc procuré depuis quelques années déjà les sommes nécessaires à la restauration de la Secrète, et le lieu de sa destination ayant été agrandi dans un style d'architecture fort noble... » , nous avions eu l'espoir de retrouver parmi les papiers conservés les preuves et même les plans de la nouvelle Chancellerie, mais nos recherches à cet égard ont été aussi infructueuses que longues. Plus heureux avons-nous été pour nos informations sur l'œuvre de l'important répertoire. Un rapport du grand chancelier Angelo Zon , du 6 juillet 1723, sur l'état du travail en cours d'être accompli par les Secrétaires ', mentionne dès les premières lignes un Aure-

Pietro Garzoni in sopraintendente alla Sécréta, oltre li molli frutti prodotti dal suo commendabile zelo nella regolazione délia medesima continua colla sua virtù e prudenza ad esporre nella savia scrittura hora Ictta qucllo crede, clic possa riuseir utile al pubblico servitio nella coalition ordinata délie molliplici pubbliche importanti inaterie cbe vi si trovan raccoltc e massime nella nuova statua in cui sono state riposte le più antiche, onde con quclla facilita ch* è necessaria si i>ossa baver senza moita fatica la série intiera degli afTari a lu me di quelli dcl présente.

Frà le opère di tempo in tempo ordinale cssentialissima si releva <|uella dell' Indice délie materie medesime senza in quale rimangono tutte in un otiosa e pregiudiciale oscurità e che essendo fatto puô soinministrare quella cognitione cbe s'intende necessaria et indispensable... •

1 Cosseil des Dix. Filze. 1723, 6 juillet. « Ill»« et Ecc"' Sigri Pa-

uiyi

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lio Bartolini comme étant deputato alla facitura dell' Indice avec un autre secrétaire. « L'Indice, dit-il , est commencé depuis quelque temps, mais difficile et long en est le travail, et il n'y a point à espérer qu'il puisse être mené à bonne fin avant un grand espace de temps et une grande somme de fatigues, si diligents et actifs que soient ceux à qui le travail en a été confié » Au

droni colendissimi : Alla custodia délia Cancelleria Sccreta, dove stanno riposte le filze délie materie più recondite e («ravi , sono destinai! tre segretarii dell' Eccmo Scnato, con l'incombenza loro di tener chitisi gli armari, d'osservare quelli che entrano e srrivono in essa e di formare i Registri di Rama e la Rubrica générale. Altro segretario viene depu ta to alla facitura dell Indice, oltre al fedeliss™0 Aurelio Rartolini, eletto nltimamente dall' Eccelso Consiglio in aiuto e sussidio, con il riflesso ad' un opéra, che dovendo cominciarsi dall* anno 1600, viene ad essere assai Faragin.wa, corne quella che comprende un lungo spatio di cento e più anni. Dietrn a questo seguono li Annali di non minor peso; a quattro secretarii tocca l'incarico di formarli e tra questi li due, che di due in due auni escono dall' i .< « 1110 Consiglio non senza la sopraintendenza d'uno degli Eecm' savïi di Terra Ferma, corne prescrivono li decreti 1702 e 1705. Li Registri in fine délie Corti et delli Rettori si vauno ripartendo dal Ciincellicr Grande agli Ordinarii délia Cancelleria ducale, ohligati a terminarli d'anno in anno a misura délie fi lie più o meno voluminosc, che sono.

Se poi da tutti sia tutto adempito con quella puntualità che si deve, mi honorcrô di dire, per quanto ho osservato, andarsi formando dal circospetto segretario Giavarina, uno de' deputati il Registro corrente di Rama, dal circospetto segretario Raulueci li tre antecedenti che solo li soli che mancano, e dal circospetto segretario Filippi la Rubricu générale y Irascurata e ncgletta sin dall' anno 1713, et che per terminarla in brève tempo, non puè certamente supplire la diligenza d'un solo. «

1 Idem. > L'indice s'è cominriato da qualche tempo ma difficile e lungo il lavoro, non è da sperarsi che possa rendersi pei Tetionato e compito, che con lungo consumo di tempo e d'applicatione, per quanto prestar la possino i sopradetti duc deputati. Il maggior difetto si rileva negli Annali, mancando dall' anno 1020 fin al 1031; poi dall' anno 1040 fino al 1675, e finalmente dall' anno 1682 sino a l'anno 1710, nel quai anno si vedono ripigliati , ma non giungendo che ail' auno 1712, vi -ne a calcolarsi l'ommissione per più di 80 anni. Quesli non è possi-

mois de décembre de la même année, le 14, Giovanni Filippi fut élu pour continuer l'ouvrage aux lieu et place de Fabio Lio Il était un des secrétaires les pins habiles et avait même mérité d'être nommé l'un des trois conservateurs de cette Chancellerie. Mais malgré Unit de fatigues consacrées au labeur qu'exigeait l'inventai re conçu par le Surintendant, nous voyons qu'à la date du 17 août 1731, il n'avait pu parfaire que six années : de

bile che terminai' si poueitO anco in lunjjo spalio di tempo cou l'impirjjo di quattro gegrctarii divei tili per lo più et adoprati in altre deputazioni dell* Ecc,no Collej;io e Sénat» ; j>crrpicsto crederei che corne j»H Annati si riferiseono intieramente aile Hubriche generali , cosi fissar se dovesse lo studio a compir piuttosto le rubriehe slease clie a consutnar il tempo in rjuelli imitilmente, lasriando per non alterar li decreti dell* Ecc'1"» Senato, alcuno de segretarii ail' incombenza d'andar fortnando gli Annati correnti et obhlipando j;li altri a ripigliarc le Hubriche gênerait clic molto più importano del tempo che mancano col comprendere anco le H Le del Militare, onde «pieste ridotte al corrente, si prosejjuiseano poi con tilo et ordine, sen/.a intermizione dal sepretario deputato. Anco per i Rejjistri délie Corti e de HeUori che sono lasciati per molli anni iuipciTciti e non eompiti , osservandosi non essere ancora adempita la deput.uione fatta dal predecessor Nicoloti , non lasciero di rinuovare pli ordini, sostitnendo a quelli clic o fossero jMssati ad altro servi tio. o si trovassero fuori in pubblico servitio. Ma a questo passo mi fan» lerito di conaiderare a Voslre Eecelenze clie taie è la «tcarse/.za depli Ordinarii per l'età, per l'indisposizione, o per altre cause, che inancando cbi deve trascrivere i Da tnô, etc.. Data li 0 luplio 1723. Apsoei.o Zos, Cvscel- I.IKR OftàKDE. •>

1 Con.skil dks Dix. Inserta du 14 décembre 1723 au décret du 17 août 1731. (Frà consijjlieri) Stantc la ricercata del Consiglio dei X, 12 febbraro 1720 di divenire ail' ele/.ionc d'un sepretario del Senato, perdue abbia a supplirc alla facitura dell' Indire drllc materic nella Scereta, et essendo slato dispensât» con terminazinne 4 setlembre trascorso, il cîrcosp. Fabio Lio... trova opportuno la Sipnoria nostra appopgiare tal importantissima incombenza al circosp. Zuanne Filippi , che altrovandosi (*ià destinato alla custodia délia Sécréta stessa, doverà in oltrc con la sua abilità adempire anche ad una tal opéra...

1600 à 1606! Aussi Pietro Garzoni demanda-t-il à cette époque au Conseil que deux coadjuteurs fussent adjoints au laborieux Filippi.

m Avec le plus louable zèle, dit-il, ce Secrétaire a aussitôt entrepris cette œuvre ardue, et à force d'assiduité et de patience, il a, en commençant à Tannée 1600 selon que l'ordonne le décret, séparément inventorié par méthode alphabétique, selon mes instructions, chacune des affaires advenues et traitées dans le cours des six années suivantes. J'ai examiné attentivement tout ce qu'il a fait, et je vois enfin, de tout point conforme à la volonté de l'Etat, un copieux répertoire général expliquant les motifs, désignant les origines de toutes les affaires, indiquant les difficultés soulevées, révélant les moyens et manœuvres employés pour les surmonter, produisant enfin le but atteint et les résultats obtenus1. »

En 1735 mourut cet homme consciencieux, jaloux d'honorer par des œuvres utiles et grandes la charge que lui avait confiée l'Etat. Historiographe de la République, il fut le dernier des historiens nommés d'office dont l'ouvrage ait été imprimé.

A Pietro Garzoni succéda Marco Foscarini. La surintendance de la Secrète eut toujours ce privilège d'être

1 Inserta ncl dccreto dcl 17 agosto in C. X. 1731. « Illmi et Ecc™' signori Capi. L'opéra grande di raccoglierc cd unire col metodo «l'un indice da me format»» le différent! moltissime materie sparse confuse nci

numéros! vnluiui délia Caucelleria sécréta Con lodevole ra^segna-

tione ha (Z. Filippi) egli subito cominciato l'ai duo travaglio, cd a costo d'indefesao studio daudo principio ail' anno 1600, ha esteso separatamente per alfahclio giusta le mie instruzioni ciascuua materia occorsa nellti spa/.io di sei anni susseguenti. Io ho esaminato nssamente cpianto egli compilô, e trovo esser appunto conforme alla pubblica inientione un diligente copioso indice générale che dimoatra il motivo e l'origine d'ogni negozio, se sono insorte difficoltà, quali maneggi per superarle e quai fine siaoi conseguito

occupée par des hommes du plus grand mérite, soit qu'ils en aient fait preuve dans la politique, soit qu'ils se soient distingués dans les belles-lettres. Marco Foscorini est l'une des gloires vénitiennes, et il faut dire italiennes, du dix-septième siècle. Orateur éminent, lettré du premier ordre, politique consommé, ambassadeur dans des circonstances difficiles, surintendant de la Secrète, il fut élu Doge trente-deux ans après son élection auprès de cette chancellerie. Les documents qui nous restent de la surintendance de ce grand personnage sont rares. Il n'eut d'ailleurs qu'à poursuivre absolument l'œuvre commencée par Pietro Garzoni. Jusqu'où la conduisit-il? Nous l'ignorons. Les pièces relatives à la Secrète que nous avons rencontrées pendant le temps de son administration ne traitent en quelque sorte que de la police intérieure de la Chancellerie. Les règlements, en effet, étaient moins observés. E)e nouveaux abus s'étaient fait jour. Quelques papiers, égarés un instant, puis retrouvés, avaient donné lieu au rappel aux lois et prescriptions jadis en vigueur. Les eh i tireurs, oubliant qu'ils ne pouvaient traduire les dépêches qui étaient l'objet de leur délicate besogne ailleurs que dans la Secrète, emportaient leurs papiers en d'autres salles. Il importait de remédier promptement à ces désordres. Aussi le Conseil des Dix informé fut-il unanime pour voter l'arrêté suivant :

« Que le Mémoire de notre bien-aiiné noble Marco Foscarini, Chevalier et Procurateur, Député à la Chancellerie secrète, concernant les désordres énoncés à l'occasion de liasses et papiers emportés, ainsi que l'abus qui a été signalé comme

étant en contravention avec les prescriptions qui régissent le déchiffrement des dépêches, soit remis aux Inquisiteurs d'État pour qu'ils agissent selon leur prudence1, n

Et comme si le Conseil s'était plus ému encore les jours suivants, le 2 avril, c'est-à-dire douze jours après qu'il eut voté cet arrêté, il décida de faire appeler à sa barre les secrétaires députés à la Secrète. S'étant présentés, lecture leur fut faite d'un décret nouvellement rédigé , très-long , et qui dans son développement résumait toutes les prescriptions antérieures, et particulièrement celles considérées comme fondamentales , énoncées dans les décrets du 5 septembre 1669, du 26 août 1716, du 14 novembre et du 3 février 1735 *• Nous en avons signalé le détail dans le cours des pages précédentes. Ce serait donc faire redite que de reproduire ici ce décret revivifié, malgré toute l'importance de ses nombreux articles.

Le 31 mai 1762, l'illustre Marco Foscanm, surintendant depuis 1735, fut élu Doge. Il était le deuxième personnage que le suffrage des Patriciens venait enlever

» Voir aussi un décret du 5 juillet 1735, Co>seil des Dix, et dans la filza 65. C. X. P. S. 1743, 20 mars; le mémoire de Marco Foscarini daté du 16 mars même année.

2 Cosskii. des Dix. P. S. filza 65. 1743, 2 avril. - Ma la fatalità e la corrutella de' tempi di tralto iu tratto rendendone inferma l'esectuione, e forse introdducendo anche una certa dimcnticanza , che puô essere ferrace di pessime consepuenze, vuole, che se ne ravvivi la memoria, afhnehè impressi li animi de' cittadini dell' importanza di che si tratta, conoscano sempre più l'evidenza del bene che ne ù per derivare, e per isfufftprc quel maie, che indkpensabilmcntc non puô riuscire che di relevamento pubMico di servitio. La prudenza del N. H. Marco Foscarini, cavalier et procurât i . deputato alla Sécréta, ne somministra nella scrittura {;ii Ictta fin sotto li 20 marzo scorso un forte argomenlo... »

à la présidence de la Secrète pour l'élever à la dignité souveraine. Nicolô Barbarigo le remplaça dans la Chancellerie, et ce nouvel élu marqua son entrée en charge par un rapport au Conseil des Dix sur la nécessité d'une plus active vigilance pour continuer et parfaire l'œuvre difficile du fameux répertoire dont les décrets de 1720 et 1731 avaient ordonné l'exécution. Il est regrettable que ce rapport 1 ne contienne pas d'informations plus précises sur ce grand travail. Rien en effet ne se rencontre pour nous mettre à même de savoir à quelle année du dix-septième siècle les secrétaires députés alla facitttra deir indice délie materie en étaient arrivés. Ce document est le dernier qui, à notre connaissance, soit relatif à l'histoire de la Secrète.

Deux Surintendants se succédèrent encore a l'administration de cette Chancellerie. Ils furent deux personnages de la famille des Donà ou Donado : le premier, Nicolô, mourut en 1775, et le second, Francesco, fut surpris dans l'exercice de sa charge, en 1797, par le fatal événement de la chute de la République des Vénitiens.

Vers la fin du dix-huitième siècle, de 1770 à 1797,

l Voir le décret du GoffSKII. du 23 novembre 1762 avec Yinseria du 20 novembre. • Scrcims» Principe. Quanto con ricono*cenza perfettusima dell' animo ravviso non ensere cbe un puro effetto dell* inclinato clémente giudi/io di V. V. E. E. la conferitamî sopraintendenza alla Segreta, altrettanto non lascierô io i < 1 1 ameute di risvegliar in me tutte le sollecitudini e le attenzioni per corriâpondere con raeno d'imperfezione che aia possibile alla qualità dell' appogiatomi incarîco, preso a ragione soprà di se da questo augusto conucaso con gpezial cura giacehè riguarda la custodia délie più gélose carte, istruzioni, memorie che si attengono al maneggio dei più delicati negozi del Governo. Qualunque mio penaîero e paxso, altra scorta non avrù che le urovvidenze di V. V. E. E. di tempo in tempo stabilité... ■

LA CHANCELLERIE SECRÈTE. 2l9

le silence des documents a l'égard de la Secrète parait absolu. Dans ces temps, du reste, le Conseil des Dix était fort occupé avec d'autres archives tout aussi secrètes, sinon plus encore, que celles de la Chancellerie. Ses propres archives , en effet, ainsi que celles du Tribunal des Inquisiteurs d'État, durent être remaniées, déplacées, examinées à fond , puis subir un nouveau classement. Différents arrêtés qui les concernent se retrouvent dans les cartons du Conseil. Ces vastes recueils formaient archives complètement à part de celles de la Secrète, aussi aurons-nous, dans ce livre même, à en traiter et à les exposer dans des chapitres tout spéciaux , puisque les intéressants et dramatiques débris de ces arcanes font aussi partie intégrante et essentielle des Archives vénitiennes telles qu'elles sont établies aujourd'hui.

Ici sera donc la limite de notre chronique de cette Chancellerie si célèbre. Ainsi donc, nous avons dépeint d'après des notes officielles et authentiques patiemment recueillies, la Sécréta vénitienne, et pour finir avec l'expression d'un éloquent hommage pour ses tranquilles mais admirables dépouilles, nous rappellerons le préambule du rapport adressé par les Consultores de jure. Le 27 août 1635, au Conseil des Dix, qui leur avait imposé

le devoir d'informer sur elle :

« En vérihf', le désir si digne manifesté par Vos Excellences concerne une des plus importantes et utiles affaires qui soient. Et si les moyens imaginés pour sa perfection pouvaient aussitôt correspondre à l'urgence des mesures à prendre, il est certain que la Sérénissime République en recevrait le plus particulier service. Dans la Chancellerie secrète — nous avons été à même

de le savoir en plus d'une occasion — repose un trésor pour ainsi dire inestimable de documents d'État, et bien que des incendies terribles en aient détruit quelques parties, ce qui a été conservé est d'une inappréciable valeur. Kn ce lieu sont les sources de l'histoire1. C'est là que se trouvent les antiques non moins qu'admirables formes du Gouvernement qui, respectées en tous les temps, peuvent assurer à cet État un perpétuel bien-être. Ici sont les affaires qui concernent tous les Princes et l'État de Votre Sérénité, tant dans ses parties terrestres que dans ses divisions maritimes, tant dans les choses de la paix que dans celles de la guerre : Traités, Alliances, Lieues, Décrets, Instructions, Informations, Commissions. Négociations, en un mot tout le Gouvernement.... Il ne se passe point de jour qu'il ne parvienne à la Secrète des affaires dont en peu de temps l'importance forme des volumes. »

Or, les Consultons de jure, Scipione Ferumosca et Ludovico Raitelli, s'exprimaient ainsi en l'année 1635. La République des Vénitiens comptait déjà de nombreux siècles de vie politique très-active, et les destins lui réservaient encore près de deux cents ans pendant lesquels elle ne devait encore vivre que de ses constitutions et dans ses usages. On peut donc bien dire avec ces Consultons que dans ce lieu de repos appelé la Secrète, dans ce centre de la conservation des preuves d'Ktat et des papiers de la politique, était en vérité, selon leur énergique expression , la matrice delV historia.

1 Nella Cancelleria Sécréta di Vostra Serenità, corne habbiamo in moite occasion! «péri m en lato s[ trova un quasi inestimabile tesoro di ragioni et se bene gli iufortunii degli incendii n'Iianno seco portato qualchc parte, quello perô clie rimaille è di prezzo iucredibile. Qui ri sied c la MATBICB dkll' IIistoru. Oui si riservano le antichc non ineno che aininirabili forme del Governo, clie seguitale per i tempi possono assi-

curare la felicilà di questo dominio « CONSEIL DES Dix. P. S./ilze.

28 août i0:i5.

Les destins de ces collections an lendemain de la chute de la République, nous les avons succinctement énumérés dans le second chapitre de ce livre. Ce sont elles qu'après bien des vicissitudes nous retrouvons aujourd'hui meublant si précieusement différentes pièces de l'ancien couvent devenu le dépôt des Archives générales vénitiennes , et réunies encore sous l'ancienne désignation de Sécréta. De quelle autre importance ne sera donc pas le nouveau répertoire raisonné des documents vénitiens, à l'entreprise duquel s'est obligée l'administration présente des Archives de Venise, si, nous portant par la pensée à une époque que l'honorable directeur actuel ne voudra pas tenir éloignée, et supposant mené à bonne fin un si utile travail, nous le comparons à l'inventaire de J669 que nous avons, en partie, reproduit? Les séries de la Secrète, en effet, ne se sont-elles pas augmentées d'autant d'années qu'il s'en est écoulé depuis cette date (de 1669) jusqu'à celle de 1797? Ce sont cent vingt-huit ans acquis à l'histoire, dont un Colbert, un Louvois et un Prince Eugène, un Philippe d'Orléans, un Cardinal de Flcury et une Elisabeth Farnèse, un François Morosini, une Marie-Thérèse, et un de Kaunitz, un Frédéric, un Joseph et une Catherine II, un Louis XV et un de Choiseul, des William Pitt, un Clément XIV, un Turgot et une Révolution française se sont chargés du soin des épisodes et ont fourni au mouvement des écritures d'État.

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