‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 94 sur 199 · RVBRJCAR1I DES DEPECHES DE FRANCE · texte numérisé non relu

RVBRJCAR1I DES DEPECHES DE FRANCE

Il ne faudrait pas conclure de l'exemple de cette rubrica cjue toutes les autres soient aussi longuement et, pourrait-on dire , aussi consciencieusement exposées dans les Rubricarii, car alors il s'agirait, en quelque sorte, plutôt de reproductions que à' analyses. Ce témoignage, pris entre mille et deux mille, prouve le soin que mettait le Secrétaire, dans son travail, à ne pas ôter au document, quand il en valait la peine, l'originalité et l'importance qui lui étaient propres. Telle autre dépêche , en effet, n'est rédigée dans le Rubrkario que sous la forme d'un simple sommaire. Ainsi , à la date du

conduire sa fille nu Roi de Navarre, son mari, elle* avait le désir de me voir auparavant, et que je trouvasse bon de prendre la peine d aller le matin à la maison dudit Gondi où elle devait aller sans cérémonie et y dîner, pour ensuite partir. J'y allai donc et rendis à Sa Majesté toutes grâces pour m'avoir ainsi fait cette faveur avant son départ, qu'en vérité, lui dis-je, je n'aurais pu imaginer si subit, particulièrement en ces circonstances. • (Suii la conversation de la Reine mère citée dans la rubrica.

Voici maintenant la fin :

» Toutes ces choses, la Sérénissime Reine me les a dites, et j'ai fait le possible pour rapporter à Votre Sérénité ses propres paroles, prononcées avec le sentiment de la plus grande affection et avec la plus grande confiance. Il me paraissait même qu'elle voulait encore dire plus qu'elle n'exprimait. J'ai remercié vivement Sa Majesté, et lui ai dit que puisque j'avais primitivement témoigné par mes lettres de la parfaite volonté de Leurs Majestés, et de leur désir de conserver la paix dans ce royaume et dans la chrétienté, je ferais maintenant la même chose, en écrivant aussi à Votre Sérénité tout ce que je venais d'apprendre de sa propre bouche, lui souhaitant le plus heureux voyage et un prompt retour. Elle m'assura, quant à ce dernier, qu'il ne pourrait avoir lieu avant trois mois. Le Sérénissime Roi ira avec les Reines jusqu'à Étampes, à vingt-quatre lieues d'ici, et sera de retour dans quatre jours.

• Paris, le 27 juillet 1578.

• HitnosiMO Lippomaso, Ambassadeur. •

27 février 1586 (more Veneto) , c'est-k-dire 1587 (de France), le Secrétaire pour les Rubriclie réduit ainsi la dépêche :

« Gentilhomme envoyé par Mandelot au Roi lui expose son dévouement et celui de ses collègues pour Sa Majesté, disant que les actes dont ils étaient convenus n'avaient d'autre but que de se préserver contre l'insolence de ceux de la Religion et de leurs protecteurs, faisant allusion par cela à Épernoii.

Quelques provinces de France ont envoyé demander au Roi qu'il veuille leur permettre de lever sept mille fantassins et huit cents chevaux sous le commandement des chefs de la contrée pour résister aux Huguenots, trouvant bon que le général soit désigné par Sa Majesté.

Le Roi envoie vers Mandelot pour connaître le résultat des négociations faites à Lyon.

La destitution de Gessan (?) de son gouvernement de Valence a déplu aux Guise. Du Maine en a fait plainte au Roi, qui s'en remet à Bellièvre et à Villeroy pour l'accommodement.

On a doublé les gardes à Paris et au Palais du Roi, par la crainte où l'on est d'un soulèvement. Du Maine essave de persuader le Roi de ne pas ajouter foi à ces rumeurs, lui offrant ses fils pour otages. Rambouillet a été envoyé aux Guise pour qu'ils se retirent de Sedan.

La Reine mère est rappelée à Paris , dans le cas où elle ne pourrait pas avancer dans sa négociation avec Navarre *. »

Quant aux documents appelés Annali, l'un des Sages de terre ferme était élu par le Collège pour en surveiller la rédaction. Le décret auquel on en doit la formation est du 18 décembre 1551, et il est si explicatif qu'il suffira d'en lire la teneur * pour que l'on sache précisé-

1 Archives de Vemse. Rubricario di Francia, Registre Ier, 1558-1586.

2 Le texte original italien se trouve à la page 18 du Registre dit Liber primas du Conseil des Dix.

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