QUATRE LETTRES
DU M H D A I L L E U U MULIOLI
On sait à combien de controverses a donné lieu la biographie du fameux médailleur Sperandio. Longtemps on a cru pouvoir l’identifier au médailleur Aleliolus de Mantoue, artiste non moins énigmatique, sur lequel, comme l’a déclaré M. Friedla-nder ', on ne possédait jusqu’ici aucune espèce de renseignements certains. Les documents ci-joints, dont je dois la communication à mon regretté ami, le chanoine W. Braghirolli, de Mantoue, tranchent définitivement le problème ; ils nous montrent dans le médailleur Melioli : !» Un artiste de tout point distinct de son confrère Sperandio. (Tel est le système auquel s’est rallié depuis longtemps le savant auteur des Médailleurs italiens , M. Armand.) 2° L’orfèvre attitré des marquis de Mantoue et de la charmante marquise Isabelle, avec lesquels ces documents nous le montrent en relations de 149a à i5oo.
On remarquera notamment le ton de la dernière lettre : l’artiste a re^u, par un tiers, l’ordre de ciseler sur deux bracelets un emblème emprunté à une médaille du roi Alphonse d’Aragon, probablement la médaille coulée par Pisanello. Une telle commission l’indigne. N’est-il donc pas capable, lui, d’inventer un emblème pour son prince, sans avoir besoin de copier ceux des autres! « Je n’exécuterai cet ordre écrit-il, que s’il m’est formellement donné par Votre Excellence. « Bravo, Maître Melioli ! Voilà qui s’appelle parler en vrai artiste I
1 Annuaire des Musées Je Berlin, t. Il, p. 178, 179. 1881.