‹ Les archives du VaticanChapitre 4 sur 10 · V. Nunziatura di Polonia. — a. F. vescovodi Foligno, IGM · texte numérisé non relu

V. Nunziatura di Polonia. — a. F. vescovodi Foligno, IGM

b. Lelio Ruini, vescovodi Bagnorca, 1612, 1615.

c. Cesare Barolïi, 1612, 1615.

d. Francesco, vescovodi S. Angelo, 16201621.

<?. Fenfanelli, 1621.

f. Cosimo, arcivescovo d’Andrinopoli, 1621, 1622.

Vf. Nunziatura di Portogallo. — Gaspare Paluzzo A I ber ton i, vcscovo di S. Angelo de’ Lombardi, collellore, 1611, 1612, 1615.

Vil. Nunziatura di Spagna. — a. Giulio Sacchetti, vescovo di Gravina, 1624.

b. Gio. Batt* Pamphili, patriarca Ànliochino, 1626-

c. Cesare Monti, patriarca d'Alessandria, 1629.

d. Lorenzo Campeggi, vcscovo di Senegaglia, 1654-

e. Fachinetti, 1657.

f. Giacomo Panzeroli, 1642-1644.

VIII. Nunziatura di Svizzeri. — a. Alessandro, vescovo di Carnpagna, 1621-1627.

b. Cristoforo Grandi, 1625, 1624.

c. Donnino, 1650-1654.

Combien de correspondances semblables ne doiventelles pas exister dans les archives des grandes familles romaines?

En 1868, quelques mois après mon départ de Rome, M. Carinci, archiviste de M. le duc deSermoneta, don Michelangelo Caetani, publia une notice sur le dépôt confié à

ses soins (I). Cetle notice, quoique des plus succinctes, lait voir quels trésors historiques sont renfermés dans les archives de l’ancienne et illustre maison Caelani. Je me bornerai, pour ne pas sortir de mon sujet, à citer: les correspondances du cardinal Enrico Caelani, légat à latere en France, des années 1589, 1590, 1591, et du même cardinal, envoyé en Pologne en 1596 et 1597 pour liguer le roi Sigismond III avec l’empereur Rodolphe II contre le sultan Mahomet III; celles de Camillo Caelani, nonce près Rodolphe II en 1591 et 1592, et près Philippe H et Philippe III, de 1593 à 1599; celles d’Antonio Caelani, archevêque de Capoue et depuis cardinal , nonce près Rodolphe II de 1607 à 1611, près Philippe III de 1612 à 1619. M. Carinci assure que les lettres traitant daiîaires de haute importance sont, pour le seizième siècle, dans le dépôt dont il a la garde, au nombre de plus de deux cent MILLE (2).

Il serait à souhaiter que les archivistes des maisons Colonna, Àllieri, Borghèse, Aldobrandini, Orsini et d’autres encore dont les palais recèlent des papiers d’État, suivissent l’exemple donné par M. Carinci.

Une des familles romaines qui possédaient le plus de richesses en ce genre était assurément celle d’Alhani : elle avait donné à l’Église plusieurs cardinaux, un pape, Clément XI , et toujours elle s’était distinguée par un goût éclairé pour les lettres autant que pour les arts. Celte

(1) Noltzic de II’ archivio Caelani scrille da G. B. Carinci, archivista délia famiglia Caelani. Rome, 1808; gr. in-8 de 7 pages.

(2) « Le corrispondeuze epislolari di negozi di alla importanza sono numerosissime; aitencndoci al ineno, possiamo francamcnte asserire ehe il numéro delle le itéré va al di sopra di duecentomila. »

grande famille étant venue à s’éteindre ou n’ayant plus d’héritier direct, on vendit, à Rome, en 1857, sa bibliothèque et ses archives; la vente de la bibliothèque se fit aux enchères, sous la direction du libraire Paolo Pétrucci; les archives furent achetées en bloc par le gouvernement prussien. Celles-ci étaient considérables; pour les faire parvenir à Berlin, on les chargea sur un navire : ce navire périt en mer, corps et biens. Perte à jamais déplorable et dont on ne connaît pas encore toute l’étendue! L’inventaire qui avait été dressé des archives accompagnait celles-ci.

Dans les bibliothèques ecclésiastiques de Rome que j’ai visitées, la Minerve, PAIessandrina, l’Aracaelitana, l’Angelica, la bibliothèque du collège romain, je n’ai pas trouvé de dépêches des nonces; mais i’Angelica renferme les registres-minutes des lettres écrites, dans les années 1608 à 1616, par les ordres du pape Paul V, aux nonces, aux légats , aux cardinaux et ù d’autres illustres personnages.

Cette collection (1), en vingt-cinq volumes, provient de Porlirio Feliciani, qui, après avoir été secrétaire de l’archevêque Ilieronymo Verallo, du cardinal Salviati, du cardinal de San Cesare, était devenu secrétaire d’État de Paul V et fut fait évêque de Foligno en 1612 (2). Elle est

(1) Le catalogue de la Bibliothèque, formé en 1847 par le P. Barlolomei, lui donne le titre suivant : Epistole diverse dislribute o sia regis traie in tom. XXV, e direlte a varii nunsj , legali, cardinali ed altri personaggi di rango. Les douze premiers volumes sont marqués S-G,n M 7-18, et les treize autres S-7, n°* 1-15.

Au premier feuillet de garde de tous les registres on lit : Del secretario Porfirio Feliciani.

(2) Ughelli, llalia sacra, l. I, p. 717.

assez importante pour qu’on nie sache gré de l’indiquer avec détail :

Ton». I. Regislro di lettere scritte a monsignore vescovo di Montepulciano, nuncio del papa in Francia, negli anni 1609, 1610, 1611.

Tom. II. Regislro di lettere a diversi d’Italia, Francia e Spagna, et a legati, 1609, 1610, 1611,1612.

Tom. III. Regislro di lettere scritte a monsignore nunzio a Praga, negli anni 1609, 1610, 1611 , 1612.

Tom. IV. Regislro di lettere scritte a monsignore arcivescovo di Damasco, nunzio in Spagna, dal mese di agosto 1609 sino al mese di l'ebraio 1612.

Tom. V. Regislro di lettere scritte a diversi d’Italia e Francia, negli anni 1611 e 1612.

Tom. VI. Registro di lettere scritte a monsignore arcivescovo di Rodi, nunzio del papa in Fiandra, negli anni 1609, 1610, 1611,1612 e 1615.

Tom. VII. Regislro di lettere scritte al nunzio di Svizzeri, negli anni 1609, 1610, 161 1 , 1612, 1615.

Tom. VIII. Registro di lettere scritte a monsignore arcivescovo di Capua, nunzio del papa in Spagna, negli anni 1611 , 1612 e 1615.

Tom. IX. Registro di lettere scritte a monsignore vescovo di Rimini, nunzio di N. S ru a Venezia, negli anni 1612 e 1615.

Tom. X. Registro di lettere scritte a monsignore Ubaldini, nunzio del papa in Francia, negli anni 1612, 1615, e 1614.

Tom. XI. Regislro di lettere scritte a diversi d’Italia, degli anni 1615, 1614.

Tom. XII. Regislro di lettere scritte a diversi legati e cardinali, dal mese di décembre 1615 a tutto l’anno 1614.

Tom. XIII. Regislro di Ictlere scritte al vescovo di Melfi, nunzio appresso l’imperadore, el a monsignore vescovo d’Adria, nunzio ai Svizzeri, negli anni 1613, 1614.

Tom. XIV. Regislro di letlere serine a diversi d’Iialia e Francia, nell’ anni 1614.

Tom. XV. Regislro di letlere scritte agli nunzi del papa in Napoli, Savoja e Fiorenza, nell’ anno 1614.

Tom. XVI. Regislro di letlere al nunzio di Spagna, degli anni 1614, 1615.

Tom. XVII. Regislro di leltere scritte al signore Giulio délia Torre et altri, et a diversi signori cardinali, nell’ anno 1615.

Tom. XVIII. Regislro di letlere scritte a diversi nell’ anno 1615.

Tom. XIX. Regislro di leltere ai nunzi di Venezia, Fiorenza e Turino, ed altri legati e vice-legati, dell’ anno 1615.

Tom. XX. Registro di leltere scritte al nunzio dell’ imperadore e Svizzeri, e monsignore vescovo di Fossombrone, collettore del papa in Portogallo, nell’ anno 1615.

Tom. XXI. Regislro di letlere scritte al nunzio dell’ imperadore, l’anno 1616.

Tom. XXII. Regislro di letlere al nunzio in Praga, negli anni 1609, 1610, 161 1 , 1612, e di altri letlere scritte ad altri ministri nell’ anno 1616.

Tom. XXIII. Registro di leltere diverse (di congratulazione, condoglienza, buone l'este, ringraziamento , etc.).

Tom. XXIV. Registro di leltere in diversi generi, missive e responsive, di congratulazione, promozione de cardinali , condoglienza ed allre.

Tom. XXV. Regislro di letlere diverse a diversi (di avvisi, buone feste, complimenti , congratulazioni, condoglienze, etc.).

( Si )

Lorsque je visitai Rome au printemps de 1868, le préfet des Archives du Vatican était le R. P. Theiner, de l’Oratoire; il avait succédé, dans cette charge, en 1858, à monsignor Marino Marini, après avoir, pendant plusieurs années, rempli celle de préfet coadjuteur.

Je n’ai pas besoin de rappeler ici les nombreux et importants ouvrages dus à la plume du P. Theiner; ils sont connus de toute l’Europe lettrée : mais je dirai que chez le savant oratorien l’obligeance, la courtoisie, l’aménité sont à l’égal de la science.

Le P. Theiner n’était pas à Rome au moment où j’y. arrivai; c’était l’époque des vacances de la semaine sainte et des fêtes de Pâques. Quand il y revint, il voulut bien me permettre d’examiner dans son cabinet les volumes de la Nunzialura di Fiandra. Malheureusement je ne pus guère profiter d’une faveur qui m’était si précieuse : la durée de mon absence était limitée; je n’avais plus que peu de temps à passer dans la ville éternelle, et il me fallait achever des travaux commencés dans plusieurs bibliothèques.

Je vais rendre compte des volumes dont il me fut possible de faire le dépouillement. Mais, au préalable, je dois placer ici une observation , et c’est que la nonciature de Flandre datait seulement de la fin du seizième siècle. Sous Maximilien I er , sous Charles-Quint, sous Philippe II, des nonces accrédités auprès de leurs personnes avaient résidé aux Pays-Bas pendant que ces monarques s’y trouvaient, mais sans y exercer de juridiction : pour les dispenses de

mariage, pour les causes d’appel des tribunaux ecclésiastiques et pour toute autre chose exigeant le recours au saintsiège, on s’adressait au nonce de Cologne; les informations pour les évêchés se faisaient par le métropolitain, et, lorsqu’il s’agissait de la métropole, par le plus ancien des suffragants (1). Ce fut Clément VIII qui, en 1596, quelque temps après l’arrivée de l’archiduc Albert aux Pays-Bas, jugea à propos de décider, en divisant la nonciature de Cologne, que dorénavant il y aurait un nonce de résidence fixe à Bruxelles : Ottavio Mirto, napolitain, évêque de Tricarico, fut le premier appelé à remplir cette charge (2).

D. 3591. INunziatura di Fiandra, n° 1. Cardinali Imola e San Giorgio, 1553, 1554>.

543 feuillets.

Jules III, désirant réconcilier l’empereur et le roi de France, avait résolu d’envoyer, avec le caractère de légats, le cardinal d’Imola (Ilieronymo Dandino) à Charles-Quint,

(1) « ... Ito fatto diligenza di sapere corne s’osservava a tempo non residevano qui nuntii apostoiici, et ritrovo cbe s’baveva ricorso al nuncio di Colonia,cosi pet* le dispeuze matrimonial! corne per le commissioui delle cause di appellationi et per ogn’altra cosa, secondo le facoltà di delto nuncio. Gli processi delli promoveudi a vescovati si facevano dal metropolitano, ei di queslo dal più autico sulfraganeo... » (Lettre de Fabio de Lagunissa, archevêque de Conza, nonce à Bruxelles, au cardinal Barberini, du dernier février 1634, à la Bibliothèque Barberini.)

(2) C’est ce que cet évêque lui-même nous apprend dans une lettre écrite de Bamberg, le 28 juillet 1590, au cardinal Aldobrandini : a Quando » crû in queste parti di Franconia, intesi la resolutione di Noslro Signore *> di baver divisa questa mia uunlialura in due parti e lascialomene la sog- » getta al dominio del re di Spagna. »

et le cardinal de Saint-Georges (Hieronymo de Capiteferreo) à Henri II.

Les lettres du cardinal d’imola remplissent les feuillets 1-226. Elles sont adressées, tantôt au pape, tantôt au cardinal del Monte, tantôt à Julio Canani, secrétaire intime de Jules III.

La première est écrite de Bologne le 22 avril 1653.

Le cardinal arriva à Bruxelles le 15 mai; dès le lendemain il lit une dépêche au pape. Il y marque qu’il a été reçu très-convenahlement selon l’état de la cour (1) et qu’on lui a donné un fort bon logis; que, dans la matinée du 16, M. d’Arras est venu le voir, par ordre de l’empereur, et lui a dit que S. M. I. le recevra aussitôt que ses indispositions le lui permettront (fol. 19).

L’état de Charles-Quint était tel, en ce moment, qu’il ne voyait môme la reine Marie, sa sœur, et ses principaux ministres, qu’à d’assez longs intervalles (fol. 53).

Le 7 juin le légat écrit au pape qu’il ne sait pas encore quand if aura audience, et là-dessus il fait les réflexions suivantes : « Qu’on dise ce qu’on voudra, je ne puis croire » ni pénétrer que le retardement procède d’autre chose que » de la nature et de la coutume déjà invétérée de S. M., » et de ce qu’il lui paraît qu’elle ne se trouve pas en état » de pouvoir donner d’elle quelque satisfaction ni en rece- » voir; que par conséquent vivre ainsi retirée sans se j » laisser voir est des deux maux le moindre. A ce propos » je ne puis laisser de dire à Votre Sainteté qu’il m’a été j > rapporté ici que, depuis bien des jours, et des mois, et z> peut-être des années, V. S. avait fait la remarque, avant

(1) >» ... Secondo lo slalo di quesla cor le, assai Loneslamenle... »

> tous autres, que l’empereur n’était plus le même homme * qu’on avait connu; que les affaires et les dépêches et les » réponses de S. M. n’allaient plus comme par le passé. » Et tous concluent que telle est la vérité (1). »

Cette lettre était à peine expédiée quand M. d’Arras et le secrétaire Vargas firent savoir au légat que l’empereur le recevrait le lendemain. Depuis plusieurs jours Charles- Quint s’essayait à voir s’il pourrait se montrer en public, tantôt en se faisant vêtir comme s’il eû.t été bien portant, tantôt en se faisant ceindre l’épée et mettre le manteau, s’efforçant à parler plus haut que sa débilité ne le lui permettait d’ordinaire, entin s’étudiant à paraître vif et agréable (2).

L’audience eut lieu le 10 juin seulement (fol. 57 et 60.) Dans la Vie de Charles-Quint que j’ai écrite pour notre Biographie nationale, j’en ai fait connaître les particula-

(1) « Dica chisesia quello che li piace, io non posso nè credere nè penetrare che la tardilà procéda da aliro che délia natura el uso già oslinatamenie inveleralo di Sua Ma' 1 2 * 4 el di non parerli di trovarsi in termine di polere dare di se alcuna salisfattione nè riceverne, el che in efleito queslo slarsi cosi relirala senza esser vista, sia di due inali il manco male. Et in queslo proposilo non posso lassar di dire a V. S. cbe qui me è stalo delto che sono parecchi giorui el mesi el forse anni che da V.S. usci, prima che si fusse per inuanzi inteso da aliri, che a lei non pareva che l’imperatore fusse più quel medesimo che soleva essere, parendo a V. S. di vedere che li negolii el le risposte el leltere di S. M. non andassero più con quell’ ordine che li era parso di vedere per li lempi passati. Et si couclude da tutti che laie è la verità... > (Fol. 41.)

(2) * ... Ogui giorno S. M. s’era provata se le reusciva di poter compa-

rere in publico, hora facendosi veslire da sano, el hora facendosi cingere la

spada et metlere la cappa, el sforzandosi di parlare più forte el gagliardo che dicono non polere per l’ordinario délia tiacchezza el debililà sua, et in summa con usare ogni studio per poier parère bella et vivace... » (Fol. 47.)

rites; je ne les répéterai pas ici. J’y ai également raconté une conférence que, le 11 juin, le légat eut avec M. d’Arras (fol. 63).

Dans des dépêches du 18 et du 21 juin (fol. 88 et 96), Je légat entretient le pape du siège et de la prise de Thérouane. La première attaque dirigée contre la place par le comte de Lalaing, le 12 juin, n’avait pas réussi; la reine Marie ne voulut point que l’empereur le sût; elle lui dit seulement qu’on avait feint de donner l’assaut, pour découvrir les difficultés qu’il y aurait à vaincre, quand on le donnerait en effet, et qu’on y avait trouvé quelques inconvénients auxquels on était occupé à remédier. La réponse de Charles-Quint fut qu’il fallait s’attacher à prendre la ville avec toute diligence, parce qu’alors on obtiendrait des états l’argent qu’on leur demanderait. Le 16 l’empereur avait fait une promenade à cheval dans le Parc; quoiqu’elle eût été de peu de durée, il était rentré très-fatigué et ne s’était plus laissé voir.

Le 24 le légat mande (fol. 104) que l’empereur s’est, depuis quelques jours, retiré dans une petite maison attenante au Parc, « non plus grande ni plus commode que » celle d’un chartreux, » et que là il est content (1).

Fol. 120. Le secrétaire du légat, Hieronymo Bagio, le 4 juillet, envoie au secrétaire Canani un feuillet que le légat voulait d’abord insérer dans sa dépêche au pape, mais qu’il a ensuite jugé plus expédient de faire parvenir audit secrétaire, lequel le montrera à Sa Sainteté ou à tout autre qu’il jugera convenable. Ce feuillet est dirigé contre le nonce résidant à la cour de l’empereur, Pietro Camajani,

(1) « ... Non più grande nè più commoda di quello che sia la stanza d’un fraie cerlosino, et quivi si gode. »

évoque de Fiesole. En voici le contenu : « Il est certain » que cet homme a scandalisé le monde par ses procédés » extravagants. H mène une vie des plus mesquines, se i> tenant éloigné de tout commerce avec qui que ce soit, b excepté avec les mécontents de cette cour. Il fait profes- » sion de ne jamais se laisser pénétrer, de faire le réservé » et le malheureux, d’être profond, de ne jamais commub niquer rien ù d’autres, mais de croire seulement à lui - » même; en somme il se conduit comme s’il était le b ministre d’un prince qui aurait été nouvellement investi b de cette dignité, et par lù il s’est rendu odieux à toute

b la cour Le légat a acquis la preuve que beaucoup

b de choses écrites par ledit évêque n’ont été que chimères b pures, comme venant de quelqu’un qui absolument méb rite le nom de visionnaire....... : ce qui lui fait juger qu’il

b serait non-seulement bien mais nécessaire que S. S. fil b choix d’un autre nonce, et l’envoyât aussi tôt que b possible (1). b

Fol. 124. Le légat écrit lui-même au secrétaire Canani, le 15 juillet, pour insister sur le rappel du nonce.

(1) t Certo è chc quest’ homo ha scandalizz.aloil mondo con questo suo procedere slravagantissimo. Lui vive una vita meschinissima et lonlana dal comcrtio di ogni homo, excelto di quelli che stanno mal contenli in questa corte. Lui fa professione di non si lasciare mai intendere et di Tare il reservalo et il cattivo, et di essore profonde, nè mai communicare cosa alcuna con allri, macredere a se medesimo solamente; et in somma procédé corne se fusse ministro di un principe novo in State, et per questa sorte di vita è odiato da tutta la corte... S. S. R ma ha tocalo con manoche molle cose scrilte già del delto vescovo sono State tulle veramente suc chimère, corne che assolutamente mérita il nome di chimeraggianle... Ondè judicaria che fusse non solo bene ma neccssario che S. S. faccsse elettione di un’ altro nuntio, et quanto più presto lo mandasse, lanto meglio. •

Fol. 140. Le légat, le 15 août, rend compte au pape d’un entretien qu’il a eu, la veille, avec M. d’Arras, au sujet des négociations de paix avec la France, de la mort de l’électeur Maurice de Saxe, de la succession à l’électorat et de l’avénement de Marie Tudor à la couronne d’Angleterre. Ce qui concerne l’électorat de Saxe est particulièrement intéressant, et je vais le traduire tout entier : « Je fis part à M. d’Arras de ce qui m’a été commandé par » V. S. sur l’attention que S. M. 1. doit avoir de donner » l’électorat à quelqu’un qui puisse être approuvé de Dieu i> et de Y. S., qui ne puisse causer quelque schisme en j> l’Empire et dont l’élection ne puisse être contestée dans » les temps à venir, comme elle le serait, si S. M. rendait i> l’électorat à Jean-Frédéric, hérésiarque notoire, impénid lent et incorrigible , bien que V. S. soit persuadée que » S. M. ne ferait chose indigne de sa constance, de sa relij> gion et de sa piété habituelles. A celaM. d’Arras me » répondit très-franchement, mais avec beaucoup de mo- » destie et de civilité (1), qu’il voyait que Votre Sainteté » et le sacré collège n’étaient plus bien informés des » affaires d’Allemagne, puisqu’ils se persuadaient qu’il fût » au pouvoir de l’empereur de donner l’électorat vacant » par la mort de Maurice ainsi qu’il ferait d’une comman- » derie d’Espagne. Et il s’appliqua beaucoup à me faire b comprendre qu’il n’en était pas ainsi, car les succesp sions aux électorats de l’Empire venaient, par le moyen » d’investitures très-anciennes, de main en main, sans p que les empereurs régnants pussent y rien changer et » surtout les faire sortir de la famille même, et qu’on

(1) « ... Mi rispose assai fraocameute, impero con molta modestia et creanza... »

p tînt pour certain que, si S. M. avait voulu, quand p elle priva de sa dignité Jean -Frédéric et la déclara vad caille, la conférer à un autre qui ne fût pas de la maison p de Saxe, on ne l’eût aucunement souffert en Allemap gne; que ce fut là le motif pour lequel S. M. donna p l’électorat à Maurice, se trouvant dans la nécessité, vu le p génie inquiet de ce prince, ou de procéder contre lui p par les armes et de le détruire, ce qu’elle n’aurait jamais p fait, ou de l’obliger par des faveurs signalées, comme p elle le fit, non -seulement en lui donnant la dignité p d'électeur, mais encore en consentant, à sa prière et p pour sa plus grande sûreté ainsi qu’il disait, à appeler, p après lui et scs fils, le duc Auguste son frère à leursucp céder (1). S. M. fut induite à cela d’autant plus aisément » que Maurice se trouvait alors tout jeune, très-dispos de p sa personne, que sa femme était jeune comme lui, » qu’elle lui avait déjà donné deux filles, et qu’on pouvait p espérer quelle lui donnerait des (ils. Outre cela, Maurice p fit ce que S. M. désirait le plus de lui, en s’obligeant à p accepter, sans contradiction, les décrets du concile de p Trente, et cela par un écrit très-solennel et par serp ment (2) : ce qui engagea S. M. à faire les instances

(1) « ... Questa fii la causa per la quale SuaM u si mosse a darlo (il luoco di Gio. Federico) a Mauritio, il quale per essore del cervello iuquieto che era, Sua M ,a si irovb in quel tempo nccessilala o di procedere conlra di lui co’l ferro el levarselod’inanzi, il che non liaverebbe fat to mai, overù obligarselo cou benelUii segnalati , corne fü a dare non solamente a lui quel grado d’elctlore , ma . a sua supplicalione et per sua sicurezza maggiore (corne diceva), lu forzata achiamare, dopo esso Mauritio et flglioli, il dura Augusto suo fralello .... •>

(2) J’ai déjà fait connaître cette importante particularité dans la Biographie de Charles-Quiut,

j> qu’on sait pour la convocation du concile, étant per- 5 suadée que la religion en aurait retiré des fruits, si Mau- » rice avait observé sa promesse. Quoique depuis il y ait » contrevenu si impudemment, S. RI. ne peut rien changer » à ce qui a été réglé alors.M. d’Arras conclut que l'affaire » de l'électorat n’était pas chose dont il y eût à s’occuper » ni à entretenir l’empereur, puisqu’on pouvait la regarder » comme arrangée en la personne du duc Auguste, à moins » que celui-ci n’eût fait quelque chose qui donnât à S. RI. j> des motifs et le pouvoir de l’en priver : ce qu’on ne » croyait pas, car déjà étaient en chemin les ambassadeurs » qu’il envoyait à S. M. pour remplir tous les devoirs aux- » quels il était tenu. Quant à Jean-Frédéric, M. d’Arras ne î me nia pas que, lorsque l'empereur lui rendit la liberté » à Augsbourg, voulant le renvoyer d’autant plus content » et obligé envers lui, il se laissa aller, en considération » surtout de la situation où il se trouvait alors, à lui > accorder la réintégration et l'habilitation qu'il demanda x> pour pouvoir, selon une certaine coutume d’Allemagne, » succéder simultanément (c'est l’expression allemande » contenue dans le privilège) avec les autres de la maison x> de Saxe (1). S. RI. crut d’autant moins devoir le lui j> refuser, qu’il était établi déjà qu’Augusle succéderait d à son frère, au cas que celui-ci mourût sans laisser de » postérité mâle. Celte circonstance étant restée cachée à

(1) « .. Quanto a Gio. Federico, non mi negù esso monsignor d'Arras clie quando l’imperntore gli donô la liberia in Augusla, per rimandarlo tanlo più contenlo et obligalo, si las>ù pregare (Irovandosi massimamente S. M. nel termine elle ail’ hora si Irovava) di compiacerlo délia rintegratione et habililalione clie domando,secondo un certo costume di Germania, di poter succedere con li allri délia casa di Sassonia simullaneamente (cosi propriosuona la parola tedesca nel privilegio)... «

9 Jean- Frédéric, il a envoyé ici son second (ils, pour se re- » commander à l’empereur. Le jeune prince a élé reçu » avec beaucoup d’amour el d’honneur, tant par S. M.que * par toute la cour; mais son père n’a pas insisté lorsqu’il a 9 été informé des actes faits en faveur d’Auguste. Dans le » même temps le roi des Romains a envoyé faire des dé- » marches pressantes en faveur de ce dernier, déterminé » spécialement par la confédération existante entre lui et 9 cette maison, qui est sa voisine et lui est commode pour 9 les affaires de Bohème, outre qu’il n’a jamais été bien 9 avec Jean-Frédéric... Enfin M. d’Arras m’a déclaré que, » quand même on pourrait exclure tous ceux de la mai- 9 son de Saxe, on gagnerait peu de chose: car, par les 9 anciennes investitures confirmées de tous les empe- 9 reurs, à défaut de cette maison, ce serait celle des land- 9 graves de Hesse qui succéderait à l’électorat... »

Fol. lot. Dans une autre dépêche du 15 août le légat engage fortement le pape à se retirer des négociations d’entre l’empereur et le roi, et à les laisser s’arranger comme ils le voudront. Il trouve qu’il y va même de la dignité de S.S.

Fol. 161. Le 16 le légat mande au cardinal del Monte que le nonce fait ses préparatifs de départ (!).

Fol. 180. Le 25 il entretient le cardinal des affaires d’Angleterre. Un serviteur principal de l’empereur, trèscatholique, lui a, dit-il, exprimé son déplaisir de voir qu’on ne pensait qu’à faire, sans perdre un instant, une ligue et confédération avec ce royaume en vue d’intérêts temporels, et que pour les choses spirituelles il

(1) Pietro Camajani partit de Bruxelles le 2 septembre.

paraissait qu’il n’y eut pas besoin de se presser (1). — Le cardinal Pôle avait envoyé quelqu’un au légat, pour s’informer de lui de l’état où les choses se trouvaient en Angleterre : le légat mande au cardinal del Monte que cet envoyé, après qu’il lui a donné tous les renseignements qui étaient en son pouvoir, est allé à Louvain, où depuis plusieurs années se sont retirées plusieurs familles anglaises très-catholiques (2), et de là à Liège, où demeure le frère du cardinal Pôle.

Fol. 190. Le 27 août le légat écrit à del Monte dans le même sens qu’il le lit, ce jour-là, au cardinal Pôle, touchant la manière dont l’empereur envisageait la légation que le pape avait confiée à ce dernier auprès de la reine d’Angleterre. Dans ma notice sur la Bibliothèque des princes Corsini, j’ai fait connaître, non-seulement cette lettre du cardinal d’Imola à Pôle, mais encore toute la correspondance de Pôle relative à la mission dont il fut chargé, d’après deux volumes manuscrits que possède ladite Bibliothèque.

Fol. 200. Le légat annonce a u pape, le 29 août, que l’empereur, se trouvant bien, a résolu d’aller joindre son armée; que la reine Marie l’accompagnera; que la reine douairière de France, Éléonore, et la duchesse de Lorraine resteront à Bruxelles. Sur un feuillet en chilfres séparé il écrit: a La défiance naturelle de l’empereur, la haine pro-

(1) «.... Clic li incresceva clic qua non si pensasse ad altroche a fare et procurare senza inlermissione di tempo una lega et confederatione co’l regno d'Inghilterra per lo interesse delle cose temporali,et che perle spirituali paresse che non importasse tempo. »

(2) « .... Dove stanno reducte da molli anni in qua alcune famiglie intiere d’Inglesi calholichissime....»

» fonde , qu’il porte au roi de France, la crainte que, par » faute de bon conseil, quelque inconvénient n’arrive à » son armée, lui ont fait prendre cette résolution , quoi- » qu’elle soit violente, vu l’état de sa personne, laquelle » depuis sept mois entiers n’est pas sortie d’une petite » chambre (I). »

Charles-Quint quitta Bruxelles, accompagné de la reine Marie, le 2 septembre, ainsi que l’écrivit, le même jour, le secrétaire Bagio au secrétaire Canani (fol. 210).

Le cardinal d’Imola repartit pour ritalic le 8 octobre.

D. 3392. Nunziatura di Fiandra, n° 2. — Arcivescovo di Conza, 1554, 1555.

520 feuillets.

L’archevêque de Conza (Girolamo Muzzarelli) partit d’Italie à la lin de janvier 1554; il arriva le 15 mars à Bruxelles.

Ses lettres sont adressées an cardinal del Monte.

Dans les onze premières (fol. 1-22) il lui rend compte de son voyage à travers l’Italie et l’Allemagne.

Il lui écrit, le 16 mars (fol. 26) , qu’à peine descendu à son logis, à Bruxelles, il a envoyé son* auditeur et son secrétaire à M. d’Arras, pour lui faire la révérence, le

(1) » La naturale suspitione dell’ imperatore, congiunla con l’odio intrinseco che porta al redi Francia, cl con la gelosia che perdifelto di buen consiglio del suo essercito non succedesse qualche inconvenienle, le ha falto pigliarc questa resolutione, ancora clic violenta per la qualità délia pcrsona sua , la quale non è uscila d'una cauieretla già sono selle mesi intieri. »

prier d’annoncer son arrivée à l’empereur, et de solliciter audience pour lui. M. d’Arras est venu le voir le lendemain.

Charles-Quint lui donna audience le 19. Après qu’il lui eut remis le bref du pape et les lettres de félicitation de S. S. sur le mariage du prince Philippe avec la reine d’Angleterre, il l’entretint des différents objets dont il était chargé par son instruction : de la paix , des affaires de Parme, de la récente création de cardinaux, du chapeau qui avait été réservé, etc., etc. L’empereur lui répondit, en italien, qu’il baisait les pieds à Sa Sainteté pour ses excellentes intentions et la grande faveur qu’elle lui avait faite dans les événements d’Angleterre ; qu’il lui en avait une particulière obligation, et que déjà il avait envoyé à Rome don Hernando (?), principalement pour remercier S. S. de toutes les bontés quelle avait eues pour lui (1 ). Au sujet de la paix avec la France, il dit au nonce qu’il la souhaitait de tout son cœur, et qu’il le montrerait quand on lui ferait des propositions équitables, ajoutant : a Moi, dans l’état où » je suis, je ne puis pas vouloir la guerre (2). » — (I parla encore des affaires de Parme, du choix du cardinal dont le pape s’était réservé la nomination. Il témoigna au nonce la satisfaction qu’il avait de le voir à sa cour. Pour le surplus il s’en remit à M. d’Arras. — Tous ces détails sont

(1) « In risposta S. M. disse baciar i piedi a Nostro Signore per l’ot— lima mente sua e gran favori usalile nelle occorenze d’inghiiterra, et cbe gli ne havea obligo singolare, et che già bavea ispedito el signor D. Hernando a Roma, principalmente per ringratiar Sua Bealitudine di tanta sua bontade... »

(2) « Quanto alla pace, S. M. rispose che la bramava di cuore, et che ne farà fede con fatti quando se venga al giuslo, ... et soggionse: « Io, in » questo slato mio, non ho da voler guerra... »

consignés dans une dépêche de l’archevêque de Conza du 20 mars (fol. 28).

Le 25 l’archevêque eut une conférence avec M. d’Arras, dont le langage, en matière de paix avec la France, fut le même que celui de l’empereur.

Le cardinal Pôle, après avoir séjourné un mois à Bruxelles, en était parti le 25 février pour la cour de France. Il ne donnait pas de ses nouvelles. Dans des dépêches du 51 mars, du 1 er et du 5 avril (fol. 57, 41, 43), le nonce exprime le mécontentement que les ministres impériaux éprouvaient de son silence : « Ils disent — écrit-il » le 51 mars — qu’ils le voudraient plus au courant des » affaires du monde (1); » et le 5 avril : Un des premiers » ministres de S. M. m’a dit qu’il ne suffit pas, pour ma- » nier de telles affaires, d’avoir de la sainteté et de la » doctrine, mais qu’il faut aussi de la finesse.» Et, comme le nonce excusait le cardinal , le même ministre a repris : « Le cardinal est très-digne; mais il a chez lui certains » Vénitiens qui lui persuadent ce qui n’est pas (2). »

Sur ces entrefaites Pôle envoya au nonce, par son secrétaire Antonio Fiordibello, un petit livre qu’il avait composé sur la paix, en le priant de le montrer à M. d’Arras, pour que ce ministre le présentât à l’empereur. Le nonce le porta, le 16 avril, à Granvelle, qui loua la peine que le cardinal avait prise, mais qui ne la trouva pas bien employée; qui dit même que, à ce qu’on apprenait, le roi

(1) « ... Dicono elle vorriano quello più esperto nelli negolii de! mondo... «

(2) « Uno de’ primi minislri di S. M. mi lia detto : « Non liasla santilà » cl domina a questa impresa senza l’astulia del nioiulo ; » cl aile mie escusalioni fü soggiunlo : « Il cardinal è dignissimo, ma lia ccrli Veni- » liani in casa clie gli persuadono quel che non è... «

de France s’en était moqué (1). L’archevêque de Conza informe de ces circonstances le cardinal de! Monte dans une dépêche du M avril (fol. 51), et ajoute: <i Je pense » que S. M. ne verra pas le livre (2). »

Pôle revint à Bruxelles le 19 avril (fol. 54). Le 21 l’empereur lui donna audience. Dans La Bibliothèque des princes Corsini , j’ai fait connaître la dépêche où Pôle rendit compte de celte audience au pape. Le nonce, qui y assistait, en fait, de son côté, la relation au cardinal del Monte dans une lettre du 21 avril (fol. 56). 11 est curieux de comparer les deux récits. <r S. M. — écrit l’archevêque d de Conza — a montré clairement, dans sa réponse, qu’elle » n’est pas satisfaite pour deux raisons. La première est » qu’il ne lui plaît pas que monseigneur le légat soit revenu » à sa cour : le cardinal ayant allégué qu’il y est revenu » pour le bien public et pour que son séjour en France ne » fût pas une cause de troubles en Angleterre, S. M. lui a » répondu modestement qu’il pouvait aller ailleurs. En » second lieu elle n’est pas satisfaite de la réponse des » Français; elle dit que c’est leur langage ordinaire pour » parvenir à leurs fins... S. M. témoigne les meilleures dis- » positions pour le bien public et le repos de la chré- » tienté; mais elle dit que les procédés des Français la » forcent à faire ce qu’elle ne voudrait pas (5). » — Le

(1) » ... Fu comeudala la fatica di esso cardinale, ma giudicata non molto al proposito : aozl mi fit delto che s’intendeva il re di Francia essersi riso di lal fatica per la pace... »

(2) « ... Al giuditio mio, S. M. non vedrà il libro. »

(3) « ... S. M. in risposla ha moslrato chiaramente di non esser sodisfatlo in duo capi. Il primo è che non le piace che mons or reverendissimo legalo sia ritornato alla corie ; et allegando esso cardinale esser venulo

passage suivant de la dépêche est chiffré : « La défiance » que S. M. a de monseigneur le révérendissime Pôle au » sujet de l’Angleterre est irrémédiable, et toutes mes b persuasions n’y font rien. L’affaire de Courtenay, la » fuite du neveu du cardinal, les adversaires et la grâce » de la reine d’Angleterre, sont contre lui à tel point » qu’il ne lui sera pas permis de passer en ce pays, quoi- » qu’il soit très-sincère (1). »

Le 22 avril le nonce écrit (fol. 59) que, ce jour-là, en sa présence, M. d’Arras a répondu, de la part de l’empereur, au cardinal Pôle sur les propositions de paix que celui-ci a apportées. Cette réponse a été tout à fait négative. « M. d’Arras a dit, de plus, que S. M. se trouvait offensée » et indignée que l’illustrissime légat fût revenu à sa » cour sans une plus claire résolution : car c’était un » affront pour elle et une occasion de faire croire au b monde qu’il fût porteur de quelque ouverture qu’elle ' » aurait rejetée par entêtement, et qu’elle fut cause ainsi

d que la paix ne se faisait point: ce qui, outre l’infamie, lui » attirait la haine des peuples; et M. d’Arras s’est servi b alors d’une expression qui voulait dire ; Allez-vous-en

per benefilio publico elacciè gli Inglesi non tuinultuasseroper il suo stare in Francia, S. M. gli ha detto mod esta mente che poleva andar allrove. Di più non lesodisfa la risposia de’ Francesi, et dice S. M. conoscere che sono

parole consueli a Francesi per venire a dissegni loro S. M. manifesta

animo inclinatissimo al ben publico et alla quicte di cbrisliauilà, ma dice che li modi de’ Francesi lo forzano a quel che non vorria .. »

(1) «. La diffidentia che tiene S. M. di mons or reverendissimo Polo sopra Inghilterra è irremediabile.et le mie persuasioni non hanno luogo. Il Corteneo, la fuga del suo nepote, li emuli et la gralia délia regina d’Inghilterra li fanno guerra , a tal che non sarà permesso che passi in Inghilterra , aocorcbè sia sincerissimo... *

> d’ici (1). * Le cardinal s’est attaché à se justifier : il lui

a été répondu qu’il avait bien fait de quitter la France, mais qu’il aurait dû aller à Rome. Le nonce ajoute : t Mon- » seigneur l’illustrissime légat est très-prudent et trèsv intègre; il n’a en vue que le bien public : mais ses amis » auraient voulu qu’il eût écrit à l’empereur, au lieu de » venir ici en personne, ne lui apportant pas d’autres pro* j positions de la France On est bien décidé à ne le

> vouloir pas ici (2). »

Le 24 avril le nonce, à la demande de Pôle, porta à M. d’Arras les articles écrits des Français sur la négociation de paix; ce ministre n’en fut pas plus satisfait que de ce que le cardinal avait dit de bouche. Il se plaignit, à cette occasion, que le cardinal ne leur eût jamais montré les commissions qu’il avait pour l’Angleterre, et ne les eût informés de rien de ce qu’il avait négocié en ce pays. Le nonce lui répondit que le cardinal avait seulement l’autorité spirituelle d’absoudre, de réconcilier, etc., et qu’il avait ordre exprès de S. S. de ne rien traiter en Angleterre que sous le bon plaisir de l’empereur et de la reine. Le nonce, en informant le cardinal del Monte de ces particularités,

(1) *> ... Di più monsignor d'Arras disse che S. M. si tiene aggravata el ba a sdegno che l'iiluslrissimo legato sia ritornato alla corte seuza piü chiara risolulione, perché questo era afTronto a S. M. et occasione di far ci’eder al raondo che esso porlasse qualche appunlaineulo il quale non succedesse in accordio per durezza di lei, et da essa procedesse il non far pace : il che, ollra l'infamia, le concitava l'odio de' popoli; toccandoli taj moilo che voleva dire : Parlilevi di qua. •

(2) • Mons or illustrissimo legato è prudentissimo e integerrimo, et mira

solo ai bien publico : gli amici suoi perô vorriano che piü presto havesse mandalo a ragguagliare S. M. che esser venuto in persona, non le porlando allro attacco di Francia Sono risoluti che non lo vogliono qui.».. »

le 25 avril (fol. 63), les accompagne des réflexions suivantes : « La bonté et sincérité du révérendissime légat

> est hors de comparaison ; il perdrait plutôt la vie que de » faire chose indigne de lui et de la volonté de S. S. ;

> néanmoins l’ombrage qu’on a pris de lui, quelle qu’en » soit l’occasion, ne se dissipera pas facilement. J’y ai

> employé, depuis bien des jours, tous mes soins; mais

> je reconnais que je perds mon temps (1). »

Le 29 avril (fol. 67) le nonce mande au secrétaire d’Élat : « Les affaires d’Angleterre se conduisent en tout » selon la volonté de l’empereur : c’est pourquoi monsei-

> gneur le révérendissime Pôle voulait persuader la reine » de ne faire, sur son retour à Rome, aucune opposition à » S. M. I., mais de se conformer à ses intentions. Mon avis » a été qu’il suffisait d’écrire à la reine la manière de voir » de l’empereur, sans user de persuasions. Le révérendis- » sime Pôle est quelque peu affligé, se voyant l’objet » d’une défiance aussi grande (2). »

Quelques jours après Pôle se retira à l’abbaye de Dilighem, à une lieue de Bruxelles (fol. 72).

Le nonce entretient régulièrement le cardinal del Monte

(1) . ... La bonté e sincérité del reverendissimo legato è singolarissima, et egli perderia più presto la vita che far cosa indegna di se et del voler di S. S. : nondimeno le ombre che sono «aie, per qual’occasion si voglia, non si levaranno cosl facilmente. lo gli ho usato, molli giorni sono, diligenza grande ; ma conosco perder il tempo... •

(2) « ... Le cose de Inghilterra se governano in lutlo secondo il voler di Sua Ma u : per il che mons #r reverendissimo Polo voleva persuadera a quella regina che sopra il suo ritornare in Roma se conformasse a S. M.et non li facesse resistentia alcuna. Il mio parère è stato che basta scrivere a essa regiua la mente di S. M. senza tante persuasioni. Esso reverendissimo Polo è alquanto afflitlo, vedendosi in manifesta diflidentia. •

de l’état de santé de l’empereur, de la vie qu’il menait dans sa petite maison du Parc, des distractions qu’il se donnait, du plaisir qu’il trouvait surtout à s’occuper d’horloges et d’astronomie. J’ai tiré parti de ces renseignements dans la Biographie de Charles-Quint.

Le 5 mai (fol. 75) il lui fait savoir qu’on a découvert, à l’aide d’une longue généalogie, que le prince d’Espagne descend, par les femmes, de la maison d’Angleterre, et que là-dessus on a fait des vers fort sots (1).

Les dépêches des mois de juin, juillet et août roulent presque entièrement sur les affaires de la guerre. Le 23 juin les Français ouvrirent la campagne par le siège de Mariembourg, qu’ils conquirent. Le 7 juillet l’empereur quitta Bruxelles, pour aller se mettre à la tête de son armée. Le 17 août il en laissa le commandement au duc Emmanuel-Philibert de Savoie : Henri II venait de se retirer de devant Renty, et il n’y avait pas d’apparence qu’il songeât à reprendre l’offensive. J’ai fait à ces dépêches de nombreux emprunts pour la Vie de Charles-Quint.

Dans plusieurs lettres du mois de septembre, le nonce marque la satisfaction que, par sa manière de se conduire, le prince Philippe donne aux Anglais (2). Une de ces let-

(t) « ... Hanuo ritrovato, per lunga genealogia, che il serenissimo prencipe descende, per donne, d’Inghilterra; et sopra cib hanno mandali cerii versi mollo inetti. *

(2) « Quanti vengono di Inghil terra tutti affermano la gran benignltà, prudenza et sodisfallione del rc cou quei popoli... « (Lettre du 2 septembre, fol. 188). — . Quanti ritornano del regno d’Inghilterra tutti alieslano la singular bontà di quelle M‘ à et la grau sodisfattiou che dona il rea tutti...* (Lettre du 13 septembre, fol. 198). — * Il re d’Inghilterra cresce di bene in rneglio nella sodisfaltion del regno... » (Lettre du 23 septembre, fol. 206.) — • Li popoli d’Inghilterra slano quieli et reslano ogni di più sodi.sfulti di esso re... » (Lettre du 30 septembre, fol. 209.)

très (du 50 septembre) contient le fait suivant : « Ces » jours passés, le seigneur duc de Savoie fut en grand

* danger de sa vie. Il voulait faire punir quelques noirs » harnas qui volaient le pays et dérobaient les vivres de » ses tentes : un comte de leur nation s’y opposa, vou- » lant que les prisonniers lui fussent remis. Sur le refus » de Son Excellence, ledit comte lui lira un coup d’ar-

* quebuse. Le duc écarta l’arme avec la main, et avec > sa propre arquebuse il tua le comte. Il en résulta quel- » que tumulte et soulèvement parmi les noirs harnas ;

* mais le prince d’Orangc, leur chef, les fit aussitôt ren- » trer dans l’ordre (1). s>

Les états des Pays-Bas avaient été assemblés les 10, 11 et 12 août, et la reine Marie, au nom de l’empereur, leur avait demandé des subsides pour le soutien de la guerre. Le nonce écrit, le ‘6 octobre (fol. 212) : <r Les » Bruxellois, à l’occasion des derniers. impôts réclamés » par l’empereur, ont dit publiquement, en plein conseil, » que les charges sont si grandes qu’à la mort de S. M. une » révolution pourrait bien éclater dans ces pays (2). » Charles-Quint rentra à Bruxelles le 9 octobre. Le U il donna audience au cardinal Pôle; le nonce, qui était pré-

(1) • A giorni passait il signor dtica di Savoia fil in gran pericolo di morte, perché, volendo far punire alcuni ferraruoli i quali rubbavano il paese et le vittuaglie de suoi paqjglioni, un conie de detti ferraruoli si gli oppose, volendo li prigioni ; et esscndogli negalo da Sua Excellenza, delto conte gli vollô un arcobugietto alla vila. Il duca lo ributlb con la mano, et col suo arcobugietto amazzb delto conte : il che causb qualche tumulto et sollevamiento fra detti ferraruoli. Ma subito il prencipe d’Orange, lor capo, quietb il lutto... »

(2) « .... Li Brussellesi, per i'ultima imposla che vuole Sua M u , hanno

detto in publico consiglio loro Tessationi essere tante che alla morte di Sua M u potria accadere ancora revolutione in questi Slati »

sent, rend compte de ce qui s’y est passé, dans une longue dépêche en date du 45 (fol. 248) dont ma Biographie de l’empereur contient la substance.

Le 22 (fol. 255) il informe le cardinal del Monte de l’entrevue que, ce jour-là, le cardinal Pôle a eue avec l’ambassadeur Simon Renard, envoyé par le roi et la reine d’Angleterre. Pôle lit lui-même au pape la relation de cette entrevue, et j’ai donné le texte de sa dépêche dans ma notice sur la Bibliothèque Corsini : je puis donc me dispenser d’analyser celle du nonce. J’en citerai cependant ici un passage. Le ministre du saint-siège rapporte les paroles adressées au cardinal par l’ambassadeur Renard : « Dans l’expression des soins miraculeux que se donne la b sérénissime reine, outre ceux qui sont manifestes au b inonde entier , il dit qu’en convoquant le dernier parle- » ment, elle avait ordonné et prescrit qu’on n’y envoyât b que des catholiques, et déjà à Londres on avait élu » quatre députés desquels on ne pouvait se promettre que b tout bien. Il ajouta que la reine déclarait ouvertement » qu’elle ne souffrirait jamais que ses vassaux et sujets » fussent d’une religion différente de la sienne, et qu’elle » fait entendre à tous que, si son bon droit a triomphé, b c’est à la protection de Dieu qu’elle en est redevable; b que, par ce motif, elle est déterminée à supporter jus- > qu’au martyre pour l’honneur du Christ et pour l’obéisb sauce au siège apostolique, répétant souvent ces paroles: b Dieu est ma force! Dieu est ma protection! Dieu est b mon espérance (1) ! b

(1) « .... Nel esprimere le miracolose diligenze quai usa la serenissima régi na, oltra quelle che son già manifeste a lutlo il monde, disse che nel convocar Fultimo parlaraento havea ordinalo et imposlo che non li venis-

A quelques jours de là le nonce eut audience de Charles- Quint, à qui il présenta un bref du pape et une bulle qui lui accordait les demi-fruits (li mezzi frutï) des églises d’Espagne. Entre autres choses, suivant ses instructions, il entretint l’empereur de l’affaire de Sienne; Charles lui dit « qu’il désirait le bien de celte ville, de l’Italie et de t> toute la chrétienté, et que, si l’on eut pu se lier aux

> Français, il aurait, moyennant d’honnêtes conditions,

> entendu à la paix pour Sienne et pour le reste, mais que, » depuis trente ans, il avait reconnu par expérience qu’ils 9 n’observaient ni paix ni trêve, et que, à leur fantaisie, » ils cherchaient à troubler, à occuper, fût-ce avec l’aide » des infidèles, tantôt un lieu, tantôt un autre (1). » Le nonce avait été chargé par le cardinal Pôle de communiquer à l’empereur le bref très-ample [amplis simo) que le pape lui avait fait parvenir touchant les affaires d’Angleterre : Charles-Quinl s’en montra on ne peut plus satisfait; il en demanda copie, pour l’envoyer au roi Philippe et à la reine Marie, disant que, si le cardinal n’était pas jusque-là

sero senon catholici ; et già lu Londra erano eletli quatre» per detto parlamento delli quali si pub sperare ogni bene. Aggiunse che essa apertamente fa sapere che non permetterà mai che li suoi vassalli et subditi siano di religion differente dalla sua, et che fa intendere a tutti che essa conosce la protettione délia giustitia sua dalla man di Dio, et che per questo è determinata di sopportar lin al marlirio perl’honordi Cbristoet perla ubidien/.a délia sede aposlolica , replicando essa queste voci spesso : Dio e la mia [ortexza! Dio è la mia protettione ' Dio è la mia speranza!* (fol. 235).

(1) « ... Che desiderava il benelilio di quella città, d’Italia et di lutta christianilà, et che, quando si fosse polulo fidar de'Francesi, con houeste conditioni bavria atteso alla pace per Siena et per il resto, ma che (già fa 30 anni) havea conosciuto per esperienza cheessi non servano ne pace ne tregua, et che a capricci cercano di perturbare, occupare, fin con il presidio d’inûdeli, hora questo, hora queU’altro luoco.. » (fol. 238).

parti pour l’Angleterre, il ne devait s’en prendre qu’à lui; ajoutant : « li est très-homme de bien; mais il a cerj> tains ministres chez lui qui lui font commettre ces » erreurs (1). *

Les derniers obstacles au départ de Pôle pour l’Angleterre étaient levés par-là. Le U novembre arrivèrent à Bruxelles les seigneurs que le roi Philippe et la reine Marie envoyaient pour l’y conduire (fol. 251). Le 14 il quitta cette capitale avec eux, après avoir été reçu en audience de congé par l’empereur (fol. 255).

Dans plusieurs de ses dépêches le nonce rend témoignage de l’amour que Charles-Quint portait à son fils, de la déférence qu’il avait pour ses avis (2). En parlant de l’évêque d’Arras, il dit que c’est de lui que dépendent les résolutions sur les affaires publiques (5).

Le 18 novembre (fol. 263) l’archevêque de Conza eut encore audience de l’empereur, qu’il entretint, entre autres choses, du désir du pape de voir la paix se conclure. L’empereur lui répéta ce qu’il avait dit d’autres fois des mauvais procédés et de l’instabilité des Français : « Je » crois » — ajouta-t-il — « que, quand même je leur * donnerais le tiers de ce que je possède, ils n’en conli-

(1) « .... Esso è molto da bene; ma ha certi minislri in casa ehe gli fanno far questi errori... « (fol. 238).

(2) o ... Il quale ama unicamente, » dil-il dans sa relatiou de l’audience qu’il eut le 2o octobre. — « ... Crescendomi le conietture dell’ afleilione quai porta Sua M tA Ces* al serenissinio suo figliuoloet quanto paternamenle gli dilferisca... » (Lettre du 28 octobre (fol. 242). — « È incridibile l’amore di S. M. al tigliuolo et la riverenza del figliuolo al padre. > (Lettre du 24 décembre, fol, 298.)

(5) « ... Unica resolutione delli negotii... » (Fol. 240.)

> nueraient pas moins de m’inquiéter et de me causer des » ennuis (1). »

Cette question de la paix était celle dont le public était surtout préoccupé. L’archevêque, le 20 novembre (fol. 271 ), fait part au cardinal del Monte des discours que tenaient là-dessus les spécula livi de la cour : « Quelques-uns afïir- » ment que S. M. I. désire une paix honorable, non que

> lui manquent le courage, les forces ou l’argent et qu’il » n’apprécie l’appui qu’il peut avoir d’Angleterre, mais t seulement parce qu’il voit la nature de son fils être plus » portée à la paix et au repos qu’à la guerre et aux trou- » blés... Ce qui confirme ces discours, c’est la résolution v de la reine Marie de se retirer en Espagne, étant lasse » des dégoûts et des mécontentements que témoignent les ® peuples, pour les impositions qu’on leur demande con-

> tinuellement à cause de la guerre (2). »

Il y a, dans les dépêches du nonce, une lacune du 30 décembre 1554 au 10 mars 1555. Le 10 mars (fol. 508) il rend compte au cardinal del Monte de la réponse que, par ordre de l’empereur, l’évêque d’Arras, a donnée, le 8, en sa présence, à l’abbé de San Salute, envoyé par le pape pour la paix. M. d’Arras a dit que l’empereur désirait la paix aussi vivement que personne; qu’il députerait des ministres pour en traiter dès que le roi de France aurait

(1) J’ai cité le texte dans la Biographie de Charles-Quint.

(2) « . . AlcuniaflermanoSua M u Ces* desiderare tina pace honesta, non perché le manchi animo, forze odanari,et non conosca quanlo le apporti il regno d’inghilterra, ma solo perché vede la natura del figliuolo esser più inclinata a pace et quiele che a guerra e disturbo... Confermauo questi loro discorsi per la resolutione délia regina Maria al retirarsi in Ispagna, corne stanca dalli faslidii et dalle male sodisfallioni di quesli popoli per le continue exaltioni che si li impongono per la guerra. •

désigné les siens, et qu’il les enverrait en tel lieu neutre que la reine d’Angleterre aurait choisi. Ces assurances ont été confirmées à l’abbé par l’empereur lui-méme.

La dernière dépêche contenue dans le registre est du 17 mars. La suite de la correspondance de l’archevêque de Conza manque à la collection des Nunziaturc.

D. 3393. Nunziatnra di Fiandra, n° 3. Monsignor Malvasia in Fiandra , 92, 93, 94.

785 feuillets.

La première lettre de Malvasia est datée de Spolele , le 6 novembre 1392; la dernière est du 50 décembre 1594.

: Ce fut le 26 février 1593 qu’il arriva à Bruxelles.

Ses lettres sont adressées au cardinal Aldobrandini.

Dans celles qui lui sont écrites, Innocenlio Malvasia est qualifié de commissaire général du pape (commissario generale di Nostro Signore).

1 ) 3394. Nunziatura di Fiandra, n° 4. Ridolfo Baglioni et altri Ministri in Fiandra , dal 1592 sino al 1599.

Non coté.

Plusieurs lettres d’Alexandre Farnèse au pape sont au commencement du volume. Il y en a une, datée du 50 décembre 1591, au camp près de la Fère, où il l’entretient des difficultés qu’il a eues avec le duc de Monlemarciano, lequel voulait licencier une partie des troupes à la solde du saint-siège.

Viennent ensuite des lettres écrites, en 1592 et 1595, par Appio Conti, qui était employé à l’armée sous les

ordres du commissaire général du pape, et qui mourut au mois de mars 1595. •

Elles sont suivies d’une assez volumineuse correspondance de Ridolli Baglioni, lequel arriva d’Italie à Anvers le 16 juillet 1593, pour remplacer Conti. Sa dernière lettre est datée du 6 janvier 1595, à Bruxelles. Il avait été rappelé.

Après il y a des lettres d'Alessandro Malespina. La première est du 13 janvier 1595; la seconde du 3 novembre . suivant. 11 résulte de celle-ci que Malvasia, dont il est parlé plus haut, venait de quitter les Pays-Bas, et que Malespina le remplaçait pour la correspondance dont il était chargé. Ses lettres, dans lesquelles il paraît y avoir beaucoup de lacunes, vontjusqu’au20mars 1599. La dernière termine le volume.

D. 3395. Nunziatura di Fiandra, n° 5. Matteucci, commissario in Fiandra, 92 et 93.

387 feuillets.

Hieronymo Matteucci, archevêque de Sarno, après l’avoir été d’abord de Baguse, était commissaire général du pape près l’armée catholique en France.

Ses dépêches sont adressées, jusqu’au 17 octobre, à l’évêque de Bertinoro, secrétaire de Clément VIII, et plus tard à Pietro Aldobrandino, neveu du pape, fait cardinal en 1593. La première est écrite de Liège, le 26 août 1592.

Dans la seconde, écrite aussi de Liège et datée du 2 septembre, il se plaint que son successeur n’arrive pas; il parle des dépenses qu’il a faites, des fatigues qu’il a essuyées, des services qu’il a rendus , etc.

A partir du 6 novembre 1592, sa correspondance a de l’intérêt pour l’histoire de la Belgique; je vais en donner le précis.

Fol. \A\. Lettre du 6 novembre, à Bruxelles. — Le duc de Parme ayant coutume de communier toutes les fois qu’il se met en voyage, on crut, comme il communia hier à la grande église (Sainte-Gudule) , qu’il partirait aujourd’hui dans la matinée. Hier soir Matteucci alla à la cour; après quelque autres propos il dit au duc: « Votre » Altesse m’a fait écrire à Sa Sainteté qu’elle voulait par- » tir et être en France pour le 25 novembre : or j’apprends » qu’elle ne partira pas encore de toute cette semaine. » Cela me vaudra le nom de menteur à la cour de » Rome (1). » Farnèse lui répondit qu’il partirait lundi ou mardi prochain (8 ou 9 novembre). Avec Son Altesse iront les conseils d’État et de guerre, et il y en a qui ajoutent le comte de Mansfelt.

Fol. 160. Bruxelles, 22 novembre. — « Le duc de r> Parme est parti le 11 à cheval, très- languissant et j> très-faible, au jugement de tous (2). Le jour sui- * vant il a entendu la messe à Notre-Dame de Hal; le » P. Félix, capucin, est parti d’ici pour la lui dire et lui » donner la communion. Dieu lui octroie force et santé! » Les gens regardent comme un miracle qu’il soit encore » en vie. Selon l’opinion commune il ne pourra aller loin, » car on ne voit plus en sa personne que des os, des yeux » et cette ardeur qui lui est propre (5). > — La veille de son départ le duc le fit appeler, et lui demanda d’envoyer des commissaires pour passer à montre les troupes papales et les payer; il répondit en priant Son Altesse de trouver

(1) Mi guadagnaro nome di bugiardo nella corte di Roma... •

(2) «. Mollo languido, debile et afflito a parère universale. »

(5) Non vedendosi in Sua Altezza che ossa, occbij e quella vivacità

di spirilo... •

bon que cela se fît en même temps qu’on le ferait pour les troupes du roi. Le duc lui a avoué que ses gens ne pourraient être à la frontière de France pour le 20 novembre. Malteucci lui a demandé quelles nouvelles il pouvait donner au saint-père de l’assemblée (des états généraux) dont il était question en France, à savoir si elle se ferait ou non, et si elle élirait un roi digne d’étre appelé très-chrétien, tant désiré de Sa Sainteté, du sacré collège et de tous les bons; « et voici, dit-il, ce qu’il m’a répondu en p propres termes : que, par mes premières lettres, je p baisasse en son nom les pieds de Sa Sainteté; que je lui p rappelasse son très-humble et très-dévoué serviteur et p vassal, recevant une continuelle satisfaction de la bonne » santé, du bon renom et de l’excellent gouvernement de p Sa Sainteté, et que je l’assurasse que, en ce qui le conp cernait, il ferait tout son possible pour l’accélération de » l’assemblée et l’élection du roi; ajoutant (et ce sont pa- » rôles de grande considération) : Dieu veuille que les p choses se trouvent aussi bien disposées et aussi faciles que p les ministres catholiques le supposent (1). » — Malteucci revient sur le piteux état du duc, qui est un sujet de grande compassion; « et néanmoins — poursuit-il — il va résolu à p se sacrifier dans cette entreprise, pour que ses enfants p en aient le mérite auprès de la couronne d’Espagne,

(1) « ... Risposte queste formate parole : Ch’io bacciasse, con mezzo de le mie prime lettere, li piedi, a nome suo, a Sua Beatiludinc, e che lo ricordasse suo humilissimo e devolissimo servilore et vassallo, ricevendo coutinuo contento de la sua buona salute, del buon nome ed oltimo gover no, e che la sicurasse che per la parle sua procurarebbe ogni accelerationc per assemblea et elellione del re : suggiugnendo (sono parole di molta consideratione) : « Dio voglia che le cose si trovino disposte di sorte e facili corne suppongono questi ministri calolici... »

j> étant assuré que le roi désire qu’il y aille en personne, p et voulant, ainsi que les autres ministres catholiques , p voir si avec la dite assemblée il se pourra faire chose qui p agrée à Sa Majesté. Il trouve que jusqu’ici on n’a pas p retiré de l’intervention en France le fruit qu’on espép rail. 11 est décidé d’ailleurs, au retour de cette expép dition,àse retirera Parme (1). p Matleucci rapporte encore qu’au conseil de guerre la question, ayant été discutée et mise aux voix, de savoir si, vu les dangers auxquels étaient exposés les Pays-Bas, il convenait que le duc s’en éloignât, tous ceux qui étaient présents ont voté négativement, à l’exception de trois, qui ont soutenu que des événements de France dépendait le bon ou le mauvais succès des affaires des Pays-Bas, et que le duc, après avoir entendu toutes les raisons alléguées, s’est rangé à l’avis des trois, le trouvant d’accord avec les intentions du roi son seigneur.

Dans une autre dépêche du même jour, MaUeucci annonce que le duc de Parme est allé de Valenciennes à A rras.

Fol. 192. Bruxelles, 50 novembre. — Le duc de Parme n’a pas encore trouvé moyen de partir d’Arras, les provisions et munitions de guerre n’étant pas prêtes. « Les amis p de ce prince font courir le bruit que sa santé s’améliore, » qu’il recouvre des forces au point qu’il va tous les jours

(1) « .... E luttavia va resolulissimo a sacrificarsi in queslo servilio e di lassare questocredilo di merito a li figliuoli con la corona di Spagna, havendonsi molli riconlri cheil re desiderache vi vada di persona : volendo Sua Altezza e gli aliri ministri catolici vedere se in quesla assemblea si puô roeapare cosa a guslo di Sua Maeslà, parendogli che sin hora non se ne sia cavaloquel frultoclie s'aspctiava; rcsolvcndosi Sua Allezza, al riiorno, di volere rilirarsi a Parma in ognl modo... »

d à la chasse. Moi, j’ai d’autres renseignements, et je crains b fort que, s’il ne prend pas plus de soin de sa per- » sonne, s’il ne se soumet pas aux bons avis des médecins, » et s’il continue de vouloir se traiter à sa mode avec la » vivacité indomptable d’esprit qui lui est habituelle, les b premiers temps froids et humides qui le trouveront en b campagne ne lui causent quelque mauvaise surprise(l). »

— Le comte de F uentes est à Bruxelles, à la grande joie de la nation espagnole (2) et très-choyé du comte Charles de Mansfelt et de ses adhérents; il donne à entendre qu’il est venu pour commander. M. de Champagne}' l’a vu en chemin et a eu de longues conversations avec lui (5).

Fol. 201. Anvers, 4 décembre. — Ce matin est venue, par différentes voies, la nouvelle de la mort du duc de Parme.

— Matteucci a cherché à savoir ce qu’il en était ; il a

(1) « ... Io ho allro rincontro, e dubilo grandement^ cbc se non attende meglio alla sua salute et a sotlomeltersi al buon goveruo de’medici , et a lassare di regersi a suo modo con la solita invitta vivacità di spirito, che cou le prime duoi tramontanelle humide che lo troveranno in campagna, sia per dare in qualche mala improvisata... »

(2) D. Pedro Enriquez de Azebedo, comte de Fuentes, était envoyé aux Pays-Bas par Philippe II, avec la mission secrète de signifier à Alexandre Faruèse sa destitution. Dans le 2 e volume de la Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, pp. lxxxi-lxxxix, j’ai donné, sur ce fait, resté ignoré jusque-là des historiens belges comme des écrivains espagnols, des détails tirés des papiers conservés dans les Archives de Simancas.

(3) Faruèse s’était brouillé, l’année précédente, avec les Mansfelt, parce que, en parlant pour la France, il avait restreint les pouvoirs qu’il avait donnés précédemment au père, le comte Pierre-Ernest. (Voy. Correspondance de Philippe ll,e le., t. II, p. lxxx.) Les Mansfelt formèrent une cabale contre lui. Frédéric Perrenot, seigneur de Chainpagney, frère du cardinal deGranvelle, y ayant pris part, Farnèse l'exila au comté de Bourgogne, son pays.

trouvé que, le 2, est arrivé un exprès pour le comte de Fuenles avec des lettres du secrétaire Côme (Masi) l’informant que Son Altesse, son maître, était à l’extrémité, ayant reçu les derniers sacrements, après avoir été dix heures sans connaissance. Ces lettres furent reçues le matin, à neuf heures. Le comte de Fuentes était précisément sur le point de partir pour Arras : il changea immédiatement ses dispositions et fit appeler chez lui les seigneurs du conseil et des finances qui étaient restés à Bruxelles, le comte Charles de Mansfelt, le comte d’Arenberg, Assonleville, D. Juan de lbarra et d'autres du conseil de guerre. 11 fut résolu que lesdils comtes s’achemineraient vers Arras; que si Son Altesse était en vie, ils ne feraient semblant de rien; que si elle était morte, ils intimeraient à tous les seigneurs qui étaient là l’ordre de venir à Bruxelles, afin d’être présents à l’ouverture des dépêches du roi que le comte de Fuentes avait apportées. — Des lettres reçues hier soir ont appris que non-seulement le duc n’était pas mort, mais qu’il y avait un peu d’amélioration dans son état. — Le comte de Fuentes se montre si réservé (1) qu’il est impossible de savoir de lui quelle est la charge qu’il a du roi. On croit généralement qu’il vient pour conduire les affaires de la guerre, et que le prince de Savoie sera investi du gouvernement politique.

Fol. 204. Anvers, 5 décembre. — Ce soir, de tous les côtés, on a eu la nouvelle certaine que, le mercredi 2, à une heure après minuit, le duc de Parme « s’est envolé » vers le ciel, pour y habiter avec les héros et recevoir la » récompense de ses fatigues, de ses sueurs , de son sang » répandu pour la gloire et le service de Dieu et de toute

(t) « ... È tanio serralo e secrelo...

» la chrétienté (1). » — Matteucci ajoute : « La perte est » immense, et de jour en jour elle sera plus sentie, nonj> seulement par la Majesté Catholique, mais par toute la » chrétienté; et cette invincible ardeur, cette promptitude » dans les résolutions, seront particulièrement regrettées » de tous les catholiques des Pays-Bas et de France. Le i> seul bruit qu’il devait entrer et qu'il était attendu dans » ce dernier pays faisait plus qu’une grosse armée (2). j>

Fol. 266. Bruxelles, 12 décembre. — Le comte de Fuen tes n’a pas encore ouvert les dépêches d’Espagne, ayant désiré que tous les seigneurs principaux des Pays-Bas fussent présents à celle ouverture, et le duc d’Arschot ni le prince de Chimay, son fils, n’étant encore arrivés. — Mardi 8 Matteucci a visité le comte et s'est plaint du retard que souffre l’entrée des troupes en France. — Le 10 le corps du duc de Parme a été conduit solennellement à la chapelle du palais, ayant été reçu, à la porte de la ville, par le clergé, les magistrats et un peuple immense, se complaignant généralement de la mort du prince de la fui (3).

Fol. 283. Bruxelles, 26décembre. — Les affaires sont toujours dans les mêmes termes. Le comte Charles de Mansfell n’est pas parti, non plus que les colonels et beaucoup

(1) • Sene volô al cielo ad habitare con quelli heroi, ed a conseguire il premio de le tanti faliche,sudori e sangue sparso pergloria e servitio di Dio e di lui lo il christianesimo insieme... »

(2) « Lapercossa è smisurata, et ogni di lo sentirà maggiormenle non

solo la Maeslà Cailolica, ma il rémanente de la ebristianità, e suspiraranno quella invitta vivacilà d’animo e pronlezza de rcsolulioni particularmente tutti li caltolici di questi Paesi llassi e di Francia : che il nome solo di dover entrare et aspetlarsi in Francia Sua Allezza operava più che un grosso essercito. » .

(3) « ... Dolendosi generalracnte che fusse morlo il principe de la fede... •

de capitaines des régiments allemands. — La mésintelligence s’accroît entre le comte Pierre-Ernest de Mansfell et le comte de Fuenles. Celui-ci avant fait observer ù Mansfell

qu'il avait outre-passé son pouvoir en prenant certaines résolutions, Mansfell lui a répondu que, s’il était gouverneur, il avait le pouvoir de les prendre. « Votre Excellence, » lui a dit alors Fuenles, est gouverneur, pour autant que b S. M. vous a conféré cette charge par mon intermédiaire » et sur mon rapport; il pourrait arriver que par le même b intermédiaire votre autorité fût en partie révoquée. — » Qui me Tôlera en partie, a répliqué Mansfell, me » Tôlera tout entière (1 ). »

Fol. 289. Bruxelles, 31 décembre. — Celle dépêche étant portée par un courrier qu’il expédie à Rome, Matleucci y entre dans des détails particuliers sur ce qui s’est passé depuis la mort du duc de Parme. « Le 12 — dit-il b — le conseil ayant été réuni chez le comte de Mansfell b pour l’ouverture des dépêches d’Espagne et la connaisb sance des intentions et commandements du roi, deux b lettres seulement furent communiquées, l’une du 2, l'autre b du A juin, écrites vraisemblablement à la nouvelle de la b retraite de Rouen et de l’arquebusade dont avait été » blessé le duc (2). Dans Tune Mansfelt était déclaré gou-

(1) « Tra li coud Masfell e Fuventos crescono le rollure. El havendo Fu ventes in alcunc occasion! messo in considerazione al Masfell clic non potea tare alcunc rcsolutioni : ■ S'io son governaiore , lio au tori là di n farlo. - — « Vostra Eccellen/.a, rispose Fu ventes, è governaiore per « quanio Sua Maesià glie Plia concesso per mezzo el relaiione mia, e po- • irebbe essore clic l'autoriiâ per l’istesso mezzo se gli revocasse in » parle. - — « Clii me la levarà iu parle me la levarà ancora in tulto, • replico Masfell. »

(2) Le 25 avril 1592, devant Caudebec.

> verneuret capitaine général des Pays-Bas jusqu’à autre » disposition de S. M. La seconde était de créance sur le » comte de Fuentes. Celui-ci dit publiquement qu’en temps » opportun on saurait ce qu’il était venu faire; qu’alors on » ouvrirait les autres lettres et dépêches et il déclarerait

* la volonté du roi. Son langage fut plein de courtoisie et » des plus bienveillants (i) ,cequi fildireauduc d’Arscliot :

* Si Votre Excellence apporte les remèdes en ses mains » comme elle les a en la bouche, j’espère voir ces pays et

> nous tous bientôt tranquilles et consolés : paroles qui

> semblèrent déconcerter quelque peu le comte (2). Comme » jusqu’ici il ne se découvre pas, les villes aussi bien que » les seigneurs sont entrés en soupçon qu’il cherche à

* profiter des conjonctures pour introduire un gouverneur » et une garnison espagnole : ce à quoi ils se montrent » fermement résolus de ne jamais consentir, et pour cela

* ils veulent être forts, et ils le disent tout haut (5). » Et quoique le gouvernement de Mansfelt,à cause de l’àge » avancé de celui-ci, ne leur plaise pas beaucoup, ils le » supportent pour éviter celui des Espagnols (4). Dans les » assemblées qu’ils font entre eux, ils n’appellent pas les » ministres du roi, comme Tassis, Richardot, etc. — La

{!) .... II quale (Fuvenles) disse publicamenle cho di tempo en tempo sapranno quello ch’è venuto a fare, aprirebbe Pallri letlcre e dispacci nelF occasioni el esporebbe la mente di Sua Ma' * 2 3 4 ....; usando cou tutti parole molto amorevoli. .... •

(2) Per le quali parole parse che il conte restasse alquanto sopra-

preso.... »

(3) « ....Al che mostrano resolutione ferma di non volerc giamai consentire e star forti, e ne parlano fuora de demi publicamenle... »

(4) « ....E se l>ene non si compiacciono molto del governo del Masfelt per Pela, per fuggire Paltro s’uuiscono e lo compatiscono.... »

» nuit de dimanche à lundi passé, deux courriers étant ve- » nus d’Anvers envoyés à Mondragon, avec l’avis que les 9 ennemis se rassemblaient et se dirigeaient vers ® Bruxelles, les bourgeois, craignant qu’au moyen de » quelque stratagème on ne voulût introduire des Espa- 9 gnols dans la ville, coururent aux portes, s’emparèrent » de la place et des rues principales, et jusqu’aux jeunes * garçons tous commencèrent à crier: A bas les vauriens! 9 A bas les vauriens ( I)! Les Espagnols, de leur côté, cou* 9 rurent tous, armés de corselets et de piques, à la maison 9 du comte de Fuentes. » — Malteucci rend compte des démarches qu’il a faites, sans succès, auprès du comte de Mansfelt et du conseil pour que les catholiques de France, et surtout ceux de Paris, soient promptement secourus : « Ici, dit-il à celle occasion, tout est glace, lenteur, divi- 9 sion, faiblesse, irrésolution et manque d’argent ( 2 )... Les 9 régiments d'infanterie et de cavalerie refusent de mar- 9 cher et demandent d’élrc payés. Ce désordre provient, en 9 grande partie, du changement de quelques chefs, 9 quoique d’autres et moi nous ayons lait observer qu’au 9 moins jusqu’à ce que toutes les troupes fussent en 9 France, il convenait de ne changer ni les chefs ni les > dispositions faites par le duc de Parme... » — M. de la Motte, général de l’artillerie, ne sera plus de l’expédition, ne s’entendant pas bien avec le comte Charles de Mansfelt. — Le prince de Chimay et les hommes d’armes sous sa charge n’en seront pas non plus : trois compagnies de

(t) « . ..K sin alli ragazzi cominciatono a gridare : Fuora vigliaccos! l'uora vigliaccos ! •

(2) « ....Qui ogni cosa è giaccio, lepideza, divisioue, liaccheza, irrésolution* e falla del danaro.... »

ceux-ci, celles du duc d’Arschol, du marquis d’Havré, son frère, et du comte de Boussu sont destinées à aller secourir le duc de Lorraine, sous le commandement dudit marquis, cousin de cette Altesse.

Fol. 296 v°. Bruxelles, 2 janvier 1593. — a La inésin- » telligence entre les comtes de Mansfelt et de Fuenles va ® en augmentant. Mansfelt, voyant qu’on fait plus de cas » de l’autre que de lui, a dit : « Quelle juridiction, quel » pouvoir a donc ce comte de F uentes(l)? » — Matteucci annonce qu’il part dans la soirée pour aller joindre les troupes papales (2).

Fol. 320 v°. 22 janvier. — Matteucci rapporte des paroles attribuées au roi de Navarre et à la reine d’Angleterre sur le duc de Parme. Le roi de Navarre a dit : a II est » mort un grand personnage, un grand capitaine, bien que d jamais il ne nous ail rien pris du nôtre ; nous avons ga- » gné par sa mort dix mille hommes d’infanterie; » et la reine d’Angleterre : « Il est mort un grand personnage , » qui méritait de vivre (3). »

Fol. 355. Bruxelles, 7 mars 1593. — Le lundi de carnaval (4) est arrivé à Bruxelles un courrier d’Espagne

(1) « Crescono tuilavia le male salisfalioni ira li conti Masfeli, governalorc, e Fuvenles. Masfeli, vedendo clie si fa pih capo e stima del altro che di lui, ha dello : « Che jurisditione, cbe facullà ha queslo coule di » Fuenles? »

(2) Il ne partit que quelques jours après; il alla jusqu’à Givet, mais il revint bientôt à Bruxelles.

(3) « Navarra, intesa délia morle,disse:«Èmorlo un gran cavalière, un » gran capitano, se bene non ne ha mai lollo del noslro; habiamo guada- » gnato 10,000 infanti » (moslrando di stimare più la persona d’esso duca che un nervo di 10,000 infanti). La regina d’Inghillerra disse:» fc morlo un » gran cavalière che merilavadi vlvere. »

(4) 1 er mars.

apportant la confirmation du gouvernement des Pays-

Bas pour le comte Pierre-Ernest de Mansfelt. Le matin le

comte fit assembler le conseil, pour la publier. Comme il était de bonne heure, il fit dire au comte de Fuentes qu’il ne s’incommodât pas; qu’il passerait chez lui pour lui faire part de ce qu’il avait reçu. Fuentes lui répondit qu’il ne lui était jamais incommode de s’occuper des affaires du roi son seigneur, et il vint à l’assemblée. Mansfelt, après avoir lu publiquement les patentes de confirmation, les présenta à Fuentes, pour qu'il en prit connaissance; mais celui-ci lui fit observer qu’il en avait reçu copie du roi lui-même. A ces paroles, Mansfelt se tourna vers quelques-uns des siens, leur disant : « A quelle fin le roi envoie-t-il copie de » mes patentes à d’autres? » Alors Fuentes lui présenta une petite lettre du roi qu'il était chargé de lui remettre en mains propres. On n’en connaît pas précisément le contenu; mais on croit qu’elle renferme l’ordre à Mansfelt de communiquer toutes les affaires â Fuentes et de les décider avec son avis. — La mésintelligence continueentre les deux comtes. — Cette confirmation de Mansfelt dans la charge de gouverneur général ne plaît pas du tout à ceux du pays , particulièrement à la noblesse, qui craint que dans peu le gouvernement n’échoie à un Espagnol... (1).

(1) Il lunedt di carnevale arrive qua corriero di Spagna cou la confirmalione del governo di questi paesi nel conte Masfelt. .. La matin» esso conte lcce radunare il conseglio per publicarla, e per esser di buon’ hora mandé a dire al conte di Fuvenles che non s’incommodasse, che sarebbe poi andato à dar gliene parte. Replicb che non gl’ cra mai incomodo d’attendere alli negotij del re suo signore, e vuolse intervenirci. Masfelt publiée delta conlirmatione, e vuolendola far legere al conte di Fuvenles, gli disse cben’havea copia dal re; (voltandosi Masfelt ad alcuni de’ suoi, e dicendo: « A che fine il re manda copia de le mie Icttere ad allri?) » poi

Le 26 février, comme ou l’a vu plus haut, était arrivé à Bruxelles monsignor Malvasia, nommé par Clément VII I pour remplacer Malteucci dans la charge que celui-ci remplissait. Malteucci différa son départ jusqu’au 25 mars, afin de mettre son successeur au courant des affaires des Pays-Bas et de France (fol. 555, 565, 584).

L’année suivante, le 5 décembre. Clément VIII le fit évêque de Viterbe. Il mourut dans cette ville en I6U9 (i).

I). 3401. Nunziatura di Fiandra,u° \ 1 (2). Vescovo di Tricarico, dal 96 sino al 99.

655 feuillets.

Oltavio Mirlo, évêque de Tricarico, était nonce à Co- . logne lorsque, comme nous l’avons fait connaître au commencement de ce §, Clément VIII résolut de créer une nonciature spéciale pour les Pays-Bas, et lui en donna la charge.

gli presenlô una pieciola lettera del re, suggiugnendo clie tenea ordine di dargliela nelle proprie mani. Il contenuto non si sà specificamente, ma si crede clie habbia ordine di dar parte del tut to à detto Fuvenles, e col parère suo altendere al servitio : continuando la poca Inteligentia, nè esseudo punto piaciuto quesla eonfirmatione agli huomini del paese, e particularmente a la nobillà, dubilando che in breve il governo debba eaderein un Spagnolo .... »

(1) Ughelli, llalia sacra, t. I, c. 1422.

(2\ Les registres n 0 » 6 à 10, que je n’ai pas examinés, portent les titres suivants :

N° 6 Sanli Ambrogi e Ciriaco Bartoli, 1592-1597.

N* 7. Diverse scrillure, 1592-1600.

N° 8. Malvasia, 1593-1595.

N" 9. Di versi vescovi et prelali, 1592-1598.

N» 10. Diversi, 1596-1599.

Il se trouvait alors dans la Franconie. Il ne tarda guère à se rendre à sa destination. Le 15 septembre 1596 il arriva à Bruxelles. L’archiduc Albert lui donna audience le 18.

Ses lettres sont adressées au cardinal Aldobrandini et au pape. La première est du 50 mai 1596, la dernière du 24 décembre 1599. On peut supposer qu’il fut rappelé peu de temps après : car, dès le 11 septembre, il sollicitait avec instance son rappel du cardinal secrétaire d’Élat.

J’ai beaucoup regretté que le temps m’ait manqué pour analyser en entier ce volumineux recueil de dépêches. Forcé de me restreindre, j’ai donné la préférence à celles où le nonce rend compte des faits qui précédèrent le départ de l’archiduc Albert pour l’Espagne et suivirent le retour de ce prince en compagnie de l’infante Isabelle.

Fol. 404. Le nonce écrit au pape, le 8 juin 1598, que ’ l’archiduc renonce, entre les mains de S. S., à l’archevêché de Tolède, et cela d’après l’avis, qu’il a reçu du duc de Sessa (1), que le roi a déjà désigné à S. S quelqu’un en son remplacement. Comme il ne sait si son mariage avec l’infante sera encore beaucoup différé; que, dans l’intervalle, le roi pourrait mourir, ou même l’infante, ou que d’autres empêchements pourraient survenir;qu’il se trouverait en ce cas destitué de moyens de vivre (2), pour prévenir un tel inconvénient, il souhaiterait, et c’est une grâce qu’il espère obtenir des bontés de S. S., que, quoique sa renonciation soit absolue, S. S. ne l’acceptât pas absolument, et ne donnât pas non plus absolument la sanction pontificale à la nomination faite par le roi, mais que l’une et l’autre fussent subordonnées à l’effectuation du mariage, avec déclaration

(1) Ambassadeur de Philippe II à Rome.

(2) « ... Senza cowmoditâ per soslenlarse .. »

expresse qu’elles seraient milles si le mariage n’avait pas lieu (1).

Fol. 409. Le nonce rend compte, en ces termes, dans une dépêche du 15 juin, de la publication de la paix conclue entre l’Espagne et la h' rance à Vervins, le 2 mai : « Le dimanche, 7 juin, le sérénissirne archiduc cardinal » vint, à cheval, avec l’appareil accoutumé, à la grande d église de Sainte-Gudule; là, après qu’une messe solen- » nelle eut été chantée par le doyen, Toison d’or, vêtu » d’un habit représentant les armes du roi et de toutes les » provinces, ayant à ses côtés les hérauts d’armes d’Artois, » de Hainaut et de Brabant, donna lecture, à haute voix, v d’un petit écrit en français (2) annonçant au peuple la d paix faite entre les deux couronnes et le rétablissement » du commerce par mer et par terre. Celte lecture fut suiy> vie d’un Te Deum exécuté en musique et de la bénédic-

» lion donnée à tous les assistants L’après-midi le

» même Toison d’or, accompagné des trois hérauts, pu- » blia la paix en français, au son des trompettes, devant d la porte du palais royal, sur une estrade dressée à cet x» effet. Il alla ensuite faire la même publication à la mai- » son du roi sur la Grand’Place, et en dernier lieu il la fit, » en flamand, sur une estrade disposée au milieu de la-

(1) « ... Clie Voslra Bealiludine polria nondimeno non accellare assolutamenle la rinunza , sonon da liera por air liora cho il mal ri mon io sia fatto o in qualcli’ ali ra forma ex nuuc prout ex lune, cl nella medesima forma far passai’ la chiesa nella persona nominata da S.M.,non dandogliela subilo assoluiamenle, ma dandogliela per ail’ hora cou la délia clausula ex nunc proulex tune che il mairimoniosia seguilo, con ex pressa declaraiione clie se per aloun caso il mairimonio non havesse elTelio, fossero nulle l'acceltalione délia rinunza ei la collalione délia cliiesa... »

(2) « ... Un scrillo di poche linee in lingua francese^. »

» dite place. Le magistrat ordonna, à celte occasion, que » pendant trois soirs consécutifs tous les bourgeois allu- » niassent des feux dans les maisons et dans les rues : ce » qui se lit à la joie infinie du peuple, lequel chaque fois » accourut à la Grand'Place, pour jouir du spectacle des » effets divers que le feu et les lumières produisaient. » La foule fut grande dans les rues principales de la ville, » sans qu’au milieu de tant de liberté et de confusion il y » eût le moindre désordre. Le temps favorisa les illuminav lions, excepté le dernier soir : mais si forte que fût » l’humidité causée par la pluie, la chaleur des feux le fut » plus encore (1). »

Fol. 415. Bruxelles, 20 juin 1598. Un courrier exprès a apporté d’Espagne la nouvelle de la conclusion et de la signature du mariage de l’archiduc avec l’infante Isabelle, à qui sont donnés en dot tous les Pays-Bas. — Hier soir est arrivé l’archevêque de Besançon qui, avec don Francisco d’Acuna, gentilhomme principal de la chambre de l’archiduc, va porter à Ferrare (2) l’acte de la renonciation au chapeau. — L’archiduc a dit au nonce qu’il changera

(1) a ... Dopù pranzo fù similmente dalli meriesimi in lingua francese pnl>licnta la pace sudetta inanzi la porta del palazzo sopra un paleo di legno addobbato di ra/.zi,con suoni di trombe, appresso uella casa del re sulla piazza delta villa, et ullimamente in lingua fiammenga sopra un paleo ordinato et l>en addobbato nel mezzo di detia piazza, con ordine del magistrato a tutti borghesi che per tre sere continoe facessero fuochi nelle case et nelle strade, corne fit fatto con inlinita allegrezza del popolo, trovaudusi tutto ogni sera nella piazza per veder il spettacolo d’I diversi effet li del fuoco et di lumi, et discorrendo per li luochi principal! délia villa senza un disordinc in tanta Ubertà et confusion di gente, favorendo il tempo sereno, fuorchè l'ultima sera; ma non tanto fù grande l'bumido dell’ acqua quanto fù maggiore il calore d’I fuochi... »

(2) I.e pape était là en ce moment.

d’habit sans attendre que S. S. ait accepté sa renonciation, non qu’il en ait reçu l’ordre du roi, mais pour ôter au peuple le soupçon de quelque artifice qu’il pourrait concevoir du retardement d’un mariage depuis si longtemps annoncé(l). — « Son Altesse, ajoute le nonce, s’en est excusée » avec moi, me priant, si la mutation susdite était par » Notre Seigneur jugée trop prompte, et si par suite S. S. » venait à l’attribuer à de la vanité, de la légèreté ou à > quelque affection désordonnée, de la défendre auprès de » S. S., en l’assurant qu’un tel ordre ne lui arrivera pas » d’Espagne sans qu’elle en informe aussitôt S. S. et lui » demande son consentement (2). »

Fol. 422. Bruxelles, 18 juillet. « Cette Sérénissime » Altesse a enfin laissé l’habit cardinalice et ecclésiastique » lundi dernier (3) à liai, où elle s’était rendue à cet effet » le jour précédent. Après avoir le lendemain visité » Binclie, que les Français ont détruit, elle est revenue » jeudi à Bruxelles, où son changement d’habit a causé » une universelle allégresse (4). » Cette allégresse, fondée

(1) • ... Quanto per toglier al populo la sospitione di qualche ingauno co’l vcderse tardare la perfetlione d’un tal nialrimonio^molto tempo prima publicato... »

(i) » S. Alt. se n’iscusb con me, pregandomi che seda Nostro Signore fusse giudicata molto alTretala la mutation sudettaet di là ne seguisse un altro giuditio contra la sua persona di vanità, di liggerezza et di qualche disordonato afïetto, la diffendesse appresso la Santità Sua, cou tal certezza di non poler venir gli tal aviso con tal online di Spagna senza che Sua Beatitudiue non ne fusse partecipe et non vi havesse prestalo il suo consenso.~ »

(3) 13 juillet.

(4) • ... Muth finalmenle quesla Serenissima Altezza I’ habito cardinalitio et ecclesiaslico lunedl prossimo passato a Hal, ove se condusse a quesl’ ' effelto il giorno inanzi; ... et dopù Phaver visitato l’altro il luocodi Binche

sur l’espoir qu’ont les Belges d’un meilleur gouvernement par la présence de leur naturel et propre prince, n’est toutefois pas complète, à cause du bruit qui court, d’après les lettres apportées depuis peu de Madrid par le secrétaire Frias, que l’archiduc doit retourner en Espagne. Son Altesse le nie et se fâche quand on en parle.

Fol. 429. Bruxelles, 25 juillet. Jeudi passé (1) entrèrent à Bruxelles le maréchal de Biron et ses deux conseillers, Bellièvre et Sillery, envoyés par le roi très-chrétien pour recevoir le serment de l’archiduc sur l’observation du traité de paix; une nombreuse jeunesse française les accompagnait. La garde et la cour de l’archiduc et tous les seigneurs et la noblesse du pays, convoqués à cet effet, étaient allés au-devant d’eux jusqu’à mi-chemin de Bruxelles à Hal. On les a conduits d’abord à la demeure de l’amirante d’Aragon, située en face du palais, et de là au logement qui leur était respectivement destiné. — Hier, entre trois et quatre heures, l’archiduc leur donna audience debout sous un dais. Après avoir entendu le discours du conseiller Bellièvre, en langue française, qui dura une demi-heure, il répondit en espagnol, à la satisfaction de tous (2). — Aujourd’hui, fête de Saint-Jacques, a eu > lieu la solennité de la prestation de serment à l’église de Sainte-Gudule, après qu’on eut chanté le Te Deum et que le nonce eut célébré la messe. L’archiduc, ayant à ses côtés M. de Biron et les deux conseillers, a juré solennellement, sur le missel que le nonce tenait ouvert, d’observer tout

destmllo da Francesi, ritornô giovedl cou allegrezza universale di questa villa per la novità dell’ habilo. *

(1) 23 juillet.

(2) • ... Rispos' in lingua spagnuola con sodisfatliou universale... •

ce dont le secrétaire Moriensart venait de donner lecture à haute voix. — La cérémonie terminée, S. À. a offert un splendide banquet aux ambassadeurs de France et à toute la noblesse venue avec eux. A la table sous le baldaquin dressée au haut de la salle étaient, avec l’archiduc, les trois ambassadeurs, le nonce, le comte de Mansfelt, le duc d’Aumale et le prince d'Orange. La noblesse française a pris place à des tables placées tout autour de la salle.

Fol. 4-34. Bruxelles, 1 er août. Jeudi dernier (i) partirent, après avoir été choyés et traités de toute la cour malin et soir (2), les ambassadeurs français, pour leur retour à Paris. L’archiduc leur a fait des présents d’une valeur de 20,000 écus environ, consistant en deux chevaux richement harnachés, joyaux, bassin et cuvettes d’or, chaînes, tapisseries. — Bellièvre et Sillery retournent par le même chemin qu’ils sont venus; mais le maréchal de Biron , avec la plus grande partie de sa compagnie, sur l’invitation du duc d’Arschot, se rend au château de ce seigneur près de Louvain; de là il ira visiter les villes et les forteresses du pays (5). — Pendant le séjour des ambassadeurs, l’archiduc a convoqué les états généraux pour le 10 août. — Ce prince désirerait beaucoup que la paix se fît avec la Hollande et que l’empereur en fût le promoteur : l’intervention du pape auprès de S. M. L à cet effet lui serait très-agréable, à cause de la froideur qui existe entre lui et celte Majesté.

(1) 50 juillet.

(2) » ... Accarezzati et banchettati malina et sera da lutta la corte... »

(3) Dans une notice des manuscrits concernant l'histoire de la Belgique qui existent à la Bibliothèque royale, à Berlin ( ftullelins (le la Commission royale (T histoire, 4* sér., 1. 1, p. 1 1), j’ai donné une suite de dépêches adressées à Henri IV et au secrétaire d’Ëtal de Villeroi par le maréchal de Biron et MM. de Bellièvre et de Sillery, sur leur ambassade à Bruxelles.

Fol. 444. Le nonce mande, le 22 août, que les délibérations des états généraux ont duré plus que l’archiduc ne l’aurait voulu (I). « Plusieurs causes, dit-il, y ont conlri- ® hué; et d’abord, comme il s’agit de changer un gouver- » nement peu différent du démocratique, tel qu’est celui » de ces provinces, ils ont cherché à profiter de l’occasion » pour le réduire à l’état où il était sous les ducs de Bra- » bant. Mais les principales causes ont été les deux suij > vantes : l’une, qu’en considérant les conditions serviles » auxquelles est faite la cession du pays, conditions qui, » selon l’opinion commune, n’étaient pas de nature à être d acceptées par un personnage tel que l’archiduc, arche- » vêque de Tolède et cardinal, ils ont craint quelque trom- » pcrie, et, pour avoir leurs sûretés, il leur a fallu du » temps, puisqu’elles ne pouvaient venir que de leurs » propres conseils; l’autre, que, voyant les mêmes condi- » lions peu prisées de S. A., ils ont voulu longuement » examiner si par la suite elles ne pourraient pas causer » du préjudice au pays (2). Finalement, trouvant que les » provinces ne perdent rien et qu’elles ne sont exposées à » aucun danger, comme le serait S. A. de rester sans » Tolède, sans le chapeau et sans États, ils ont résolu de » se conformer à la volonté du roi et de son conseil d’Es- » pagne (3). »

(1) Il les avait limitées à deux jours: commencées le 15 août, elles ne se terminèrent que le 21. Voy., dans ma Collection de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, t. 1, p. 452, le rapport du député des états du Tournaisis, Nicolas du Bois.

(2) Le rapport, ci-dessus cité, de Nicolas du Bois, fait connaître avec précision les points sur lesquels les états généraux demandèrent des éclaircissements.

(3) • La tardanza dell’ ordini nasceva da piü cause. Mentrese trata de mularse un iniperio non molio dissimile da 1 democralico, quai è di queste

Fol. 454. Le 19 septembre le nonce écrit que le cardinal d’Autriche (1) est arrivé à Bruxelles privément le 6; que l’archiduc Albert est allé au-devant de lui et l’a conduit au palais, où il est logé. < Sa venue, dit-il, est jusqu’à » présent agréable aux Bruxellois, parce qu’il n’est pas » espagnol, ne vient pas d’Espagne, n’use pas de beau- » coup de gravité, enfin par l’espoir d’un bon gouverne- * ment que leur donne le refus qu’il fit quand, à son arri- » vée, on le lui proposa avec des restrictions et des » limitations : de sorte qu’il lui a été conféré depuis libre » et sans empêchement aucun (2).

Fol. 401. Bruxelles, 26 septembre. Le cardinal André gouverne à la satisfaction générale, s’appliquant avec le plus grand zèle à acquérir la pratique des affaires. — On a commencé des travaux au palais pour que l’archiduc et l’infante y soient commodément et honorablement logés.

proviiicic, han cercalo cou tal occasion*' üi ritlurio al luogo ove era in lempo (J’i duclii <li Brabant. Ma le principali sono siale dua : una,checonsiderandose le conditioni sorvili Irovale nella rinuntia, non allé, per opinion commune, a riceverse da un suggeto laie quai era S. A., arcivescovo di Toledo el cardinale, ban duhitalo di qualche iuganno, che per assicucarsenc è stalo a lor bisogno il lempo, |K>ichè la sicurtà non polea uscire d’altra parle che dalli propri lor consegli. L’allra causa era che vedendose le conditioni poco slimale da S. A , han Voluto lungamente fra loro essaminare s’apporiassero co’l lempo prejuditioal paese. Elûnalmenle irovandose che le provincie non vi perdeno, nè sono perciô soltoposle a pericolo alcuno, corne S. A. di reslar senza Toledo, senza il capelloel senza i Siaii, deliberorno di confirmarsi co’l voler del re el del conseglio suo di Spagoa. ■

(t) André.

(2) o La sua venuia è lin bora grala a quesla cillé, per non essere spagnuolo, per non venire da Spagna, per non usar molta gravita, el final— menie per la speranza di buon governo che gli promette le haverlo riliutaioquando, dopé il suo arrivo, se gli propose ristclto et liinilato, essendose gli poi conccdulo liliero el senza impcdimenlo alcuno... *

Ces travaux font juger qu’on ue tolérera pas à la cour la liberté des dames telle qu’elles en usent dans leurs maisons et à la ville; et déjà à celles qui vont en Espagne pour revenir avec l’infante, on a donné avis qu’elles ne doivent plus parler avec des hommes sans la permission de la grande maîtresse : ce qui a causé beaucoup de déplaisir, comme étant contraire à la liberté du pays (1 ).

Fol. 467. Le 10 octobre le nonce écrit que la nouvelle de la mort du roi d’Espagne s’est publiée à Bruxelles mercredi matin (2) : c’est un courrier venu avec des lettres du * 26 septembre qui l’a apportée.

L'archiduc Albert était parti de Bruxelles pour l’Espagne le 14 septembre 1598; le 18 avril 1599 son mariage avec l’infante Isabelle avait été célébré à Valence; le 7 juin les deux époux s’étaient embarqués à Barcelone pour Gênes, d’où ils s’étaient dirigés vers les Pays-Bas par la Lombardie, la Suisse et la Lorraine.

Dans un foglio d’avisi (fol. 607) joint à une dépêche du H septembre 1599, le nonce rend compte du voyage de ces princes de Nancy à Bruxelles, et fait une relation détaillée de leur entrée dans la capitale. Sur leur passage à Luxembourg, à Namur, à Nivelles, il ne rapporte rien qu’il y ait à citer. Le 31 août ils arrivèrent à liai, où le cardinal André était allé à leur rencontre; celui-ci leur fit ses adieux le 2 septembre, prenant le chemin de la

(1) u ... A quelle vann’ in Spagna per rilornar con la serenissima infan la è slalo liai’ ordine che non debbano parlar più con buomini senza licenza délia lor prefetta : ch’ è stalo ricevulo con mollo disguslo com’ ordine contrario alla libertà délia patria... • .

(2) 7 octobre.

France, pour voir Paris el quelques autres villes de ce royaume, avant de retourner en Allemagne. Le duc de Mantoue (1), qui était venu visiter les Pays-Bas pendant l’absence de l’archiduc Albert, se rendit aussi à Hal pour complimenter les archiducs. Il voulait de là repartir pour l’Italie : il était mécontent, d’abord parce qu’on ne lui avait pas donné à Bruxelles un logement convenable, ensuite parce que, ayant envoyé le comte de Castiglione à Albert et à Isabelle, ils avaient souffert que ce seigneur restât tout le temps la tète découverte en leur présence (2). Des explications lui furent données sur l’un et l’autre point, qui le satisfirent, et, après s’être fait beaucoup prier, sur les instances de l’infante, il consentit à revenir à Bruxelles. De Hal les archiducs vinrent à une abbaye située à deux milles italiens de Bruxelles (5) attendre que les préparatifs de leur réception dans la capitale fussent terminés; là ils reçurent la visite des dames titrées et non titrées du pays. Un différend s’étant élevé entre ces dames au sujet du coussin qui n’était pas donné à toutes pour s’asseoir sur un lapis, l’infante l’apaisa en s’asseyant elle-même à terre (4).

(1) Vincent I*', qui avait succédé, en 1387, au duc Guillaume, son |>èrc.

(2) « La mala sodisfattione del signor duca di Manloa nacquè prima dall’ esser stato mal allogialo in quesla villa, che gli fu argomentodi poca stima che si aveva délia sua persona... Et continué appresso delta mala sodisfattione del signor duca con l’essere stato tolleralo dal signor arciduca el signorà infanla, inanzi le Allezze loro, col capo scoperlo, el non fallosi mai coprire, il conte Castiglione, mentre lor parlava in nome di esso signor duca... »

(3) L'abbaye de la Cambre.

(4) « ... Tra le quali essendo nata dissention di maggioran/.a p r rispetto del coscino sul quale sedean’ in un lappelo elle a lutte non se dava, l’accommodé l'infanla co'l sedere Ici senza coscino in terra »

Le dimanche 6 septembre, à deux heures, les archiducs partirent de l’abbaye en carrosse, accompagnés de tous les princes et seigneurs du pays à cheval, et vinrent à la maison du marquis de Bade, distante de la porte de la ville d’un trait d’arquebuse, où ils s’arrêtèrent quelque temps, à cause de la pluie qui survint. Entre l’abbaye et ladite maison les attendaient tous les bourgeois armés dont un escadron était vêtu de hauts-de-chausses bleus et de pourpoints blancs, et qui reçurent leurs princes avec des démonstrations d’allégresse militaire. Il y avait ensuite les membres du magistrat, tous à cheval, avec de lougues robes de velours et de damas cramoisi : un de ceux-ci fit le discours de congratulation au nom du public, et présenta à la sérénissime infante, en marque dosa préminence, les clefs de la ville et la verge de justice que Son Altesse leur rendit (1).

La pluie ayant quelque peu cessé, l’infante monta une haquenée blanche garnie de très-riches ornements (2), et se mit en marche vers la ville, ayant à sa gauche l’archiduc. Derrière eux allaient une à une, chacune au milieu de deux seigneurs du pays, les demoiselles de l’infante, au nombre de douze, richement vêtues et montées sur de

(1) • Nel mezzo del camino ira l’abbadia et casa sudetla, se trovarno prima tutti i cittadini armali et un squadron di loro veslili in un modo con calzoni torebini et giubboni bianchi, ricevendo i lor prencipi con segni d’allegrezza mililare. Se trovi) appresso il magistralo, di moite persone, lutte a cavallo, veslile con longhe toghe di veluto et di damasco cremosino : una de’ quali fè l’oratione gratulatoria in nome del publico, consignando alla screnissimn infunta, a dimoslrazione délia maggioranza di lei, le chia vi délia villa con la verga délia giurisditlione loro, che Sua Allezza lor rese. •

(2) « ... Fur ni ta di richissimi ornamenti... »

belles haquenées couvertes de velours noir avec passements d’or. Les princes étaient précédés du comte de Solre, grand écuyer, à cheval, la tète découverte et portant à l’épaule lepée nue; de quatre écuyers avec les insignes des provinces; du nonce, ayant à sa gauche D. Baltasar de Zuniga, que le roi d’Espagne venait d’envoyer comme ambassadeur près Leurs Altesses; des grands, tels que le duc d’Aumale, le prince d’Orange, le duc d’Àrschot ; des chevaliers de la Toison d’or, le comte d’Areuberg et le comte de Berlaymont; des officiers de la cour et des seigneurs et nobles du pays, suivant leur rang.

En cet ordre le cortège chemina vers la porte de la ville dite porte de Louvain. Là étaient douze nobles citoyens portant un dais sous lequel ils reçurent les deux Altesses, qu’ils conduisirent d’abord à l’église de Sainlc-Gudule. L’archevêque de Malines avec son clergé les y attendait sous le porche. Après qu'elles eurent mis pied à terre, baisé la croix et entendu une* petite allocution du doyen de l’église, elles se dirigèrent vers le grand autel, auquel elles ne parvinrent qu’avec une extrême difficulté à cause de la multitude de peuple qui remplissait l’église (I). Elles entendirent le Te Deum agenouillées pendant tout le temps.

Le Te Deum fini, elles remontèrent à cheval et se dirigèrent vers le palais, où elles n’arrivèrent qu’à la nuit, à cause du long détour qu’elles firent, passant par Saint- Dominique, Saint-François, la Grand’Place, et de la lenteur avec laquelle elles marchaient, pour satisfaire la population, qui se réjouissait de voir la sérénissime infante

(1) « ... Vennero inanxi l’ai la r maggiorc con grandissima diftîcullà, per la grau iniillitudino (tel popolo standovi... »

et de se convaincre qu’elle était bien éloignée de cette gravité espagnole qu’on craignait de rencontrer en elle (I). Le duc de Mantoue ne fut pas du cortège de celle entrée; mais il se lit voir publiquement à l’une des fenêtres de 1 hôtel de ville, d’où il salua l’une et l’autre Altesse.

Les princes élan t entrés au palais, le conseil privé s’y présenta, et le président Ricbardot adressa à l’infante, en français, un long discours de félicitation. Comme il s’était agenouillé, à la manière d’Espagne, l’infante lui ordonna de se lever (2).

Ce jour-là et les deux suivants, pendant lesquels les (êtes se prolongèrent, la ville était pleine de gens venus de toutes les provinces pour voir l'infante. Le lundi soir la sérénissime princesse sortit en carrosse avec l’archiduc, et parcourut les rues de la ville, qui étaient illuminées. Le mercredi malin, à la grande joie du peuple (3), elle se rendit à Sainle-Gudule, pour la fêle de la nativité de la Vierge, allant seule dans un carrosse tiré par six chevaux, derrière lequel étaient à cheval l’archiduc et le duc de Mantoue. Tous trois prirent place devant le grand autel. La messe lut chantée par l’archevêque deMalines. Le même matin (4) Leurs Altesses dînèrent en public, ayant en leur compagnie le duc de Mantoue, lequel, sur l’invitation de l’archiduc, se prépare pour un tournoi qui aura lieu dans la grande salle du palais.

( I ) « ... Per il circuito lungo o per il lento passo se leneva da darsi consolation al popolo infinito che se raliegrava veder la serenissima infanta et nel conoscerla mollo lonlana délia gravita spagnuola, di che non poco sc timea .. >>

(2) . .. Il signor présidente Riceiardollo, quai cominciando s’ingenocclnô, et gli lu ordinalo dall’ infanta ch' s’alzasse. »

(3) « ... Cou mol la allegrezza tlel popolo... »

(4) . ... L’islessa mallina. . »

Le duc de Nevers et madame de Longueville, qui sont venus à Bruxelles avec le duc de Mantoue, sont partis hier pour retourner en France.

Fol. 611. Le 18 septembre 1599 le nonce écrit qu’outre le prince d’Orange et le comte de Ligne, qui ont été décorés de la Toison d’or par le roi d’Espagne, le duc d’Arschot, le marquis d’Havré, le comte d’Egmont et le comte de Solre le seront aussi. L’archiduc leur en a donné l’assurance : ce qui a fait cesser en grande partie le mécontentement causé par les réformes introduites dans la chapelle et au palais. La réforme dans la chapelle consistait en ce qu’on avait enlevé les coussins sur lesquels les chevaliers de la Toison d’or, les grands, le nonce s’agenouillaient. Au palais les portes des chambres devaient être fermées et un portier préposé à chacune de celles-ci. « Ces réformes, » dit le nonce, a sont regardées ici comme excessives : car s> S. A. n’est pas roi, et elle veut que sa cour soit gouj> vcrnée et servie comme celle du roi d’Espagne (1). »

Fol. 614. Bruxelles, 24 septembre. Le dimanche précédent (2) s’est fait le tournoi, qui a duré de huit heures du soir ù minuit* et qui a été suivi d’un bal dans les appartements de l’archiduc, lequel s’est prolongé presque jusqu’au

(1) « Per simile dichiaratione cessa iu grau parte il mormorio ch’ havcva cominciato a lor dare la riforma délia cappella et del palazzo tiell’ universale malamente intesa, cosl [ter essore queila délia cappella più slrella di prima, cssendose tolli li coscini che se preparavano al nuntio, a If grandi et signori del Tosone per ingenocchiarse, conte per vederse l'altra del palazzo fuor’ dell* aspettation comune, persuadendo.se ognuno di poler vivere con l’arciduca secondo il solilo con li duchi di Brabanza. Queste rifornu* sono qui slimale per eccesso, poicliè S. A., non essendo re, voglia governata la sua corle et servita a simiglianza di quella del re di Spagna. »

(2) 20 septembre.

jour. — Le duc de Man loue est parti le 21 septembre.

Dans une dépêche du 4 décembre (fol. 644), le nonce informe le cardinal Aldobrandini de l’inauguration des archiducs, comme ducs de Brabant, qui a eu lieu à Louvain le 2o novembre; ils s’étaient rendus en cette ville le jour précédent. Le 28 au soir ils revinrent à Bruxelles, et, avant de rentrer dans leur palais, ils allèrent à Sainle-Gudule, où, comme ils l’avaient fait à Louvain, à Saint-Pierre, ils jurèrent de conserver la religion catholique et de défendre les immunités de l’Église. Le 29, à l’hôtel de ville, ils renouvelèrent le serment qu’ils avaient prêté aux états. « Dans ces inaugurations, dit le nonce, Leurs Altesses, avec » l’humanité et la bienfaisance qui les distinguent, ont » donné une satisfaction très-grande au peuple, et l’alléd gresse aurait été réciproque, si à Louvain on n’avait » perdu l’espérance dont on s’était flatté que la sérénis- » sime infante était enceinte (1) »

Je citerai une dernière dépêche; elle est datée du 17 décembre (fol. 648) et concerne l’inauguration des archiducs à Malines et à Anvers. Le 5 décembre ces princes partirent pour Malines, où ils tirent leur entrée à cheval sous un dais que portaient douze gentilshommes de la ville; à la cathédrale, où ils allèrent directement, après avoir entendu le Te Deum , ils jurèrent, entre les mains de l’archevêque, la conservation de la foi catholique et des immunités de l'Église. Le jour suivant, sur un théâtre élevé au milieu de la Grand’Place, ils prêtèrent serment de mainle-

(1) « Dette Altezze, con 1’ htunanità et bcneficenza loro, lianno (lato in questi alti di inauguralione grandissima sodisfatlion al popolo, et saria stata reciproca l'allegrezza quando lu Lovanio non se fosse perso la speranza d’esser gravida la serenissima infanta.... »

nir les droits , privilèges et libertés de la ville et province de Malincs, et reçurent ensuite celui des représentants de cette province.

Le 7 ils quittèrent Malincs, prenant le chemin d’Anvers. Comme les préparatifs de leur réception dans cette ville

n’étaient pas terminés encore, ils descendirent au château, en attendant qu’ils le fussent; ils y séjournèrent jusqu’au 12. Ce jour-là ils entrèrent en carrosse dans la ville par la porte de Saint-Georges. A cette porte ils trouvèrent l’évôque et son clergé; après avoir adoré la croix, ils prêtèrent un premier serinent au marquisat du saint-empire; de là ils se transportèrent à l’évêché; ils y entendirent le Te Deum et prêtèrent le même serment qu’à la cathédrale de Malines; cela fait, ils allèrent s’établir à l’abbaye de Saint-Michel, où les souverains logeaient d’ordinaire. Le 15 ( ! ) ils vinrent en grande pompe à la cathédrale, où ils assistèrent à une messe solennelle chantée par l’évêque; puis ils se transportèrent à la place de l’hôtel de ville; un théâtre y avait été dressé : ce fut là qu’eut lieu la prestation réciproque des serments. A Anvers, comme à Malines, à Bruxelles ei à Louvain, l’archiduc lit plusieurs cheva-

liers.

« Trois choses — écrit le nonce — ont été remarquées d dans l’entrée de ces Sérénissimes Altesses à Anvers : » l’une, que les bourgeois ne sont pas venus à leur ren- » contre hors de la ville, mais se sont trouvés en armes » sur la muraille, et que de là ils se sont salués suivant la

(I) Ces dates îles 7, 12 et 13 décembre ne concordent pas avec celles que donnent MM. Mertens et Torfs, Geschiedenis van Antioerpen, t V, pp. 52i-327. Je ferai observer que le nonce était présent; c’est d’Anvers qu’est écrite sa dépêche.

» coutume militaire; la seconde, que l’archiduc n'a fait » de salut ni même de sourire à personne, ce qui a beau- » coup offensé, quoique l’offense fût adoucie par l’air » affable de l’infante; la troisième, que dans la ville l’ar- » chiduc a préféré les Espagnols du château aux bour- » geois pour la garde de sa personne. Avec tout cela la » ville a fait a l’une et ù l’antre Altesse de riches pré- » sents(i). »

J’ai encore analysé, dans la série des Nunziature di Fiandra, le registre n° I i intitulé : /6*0,9, 1610 et 1611. Lettere di rnomignor nunzio a Brusseles al signor cardinal Borghese. Monsignor Bcntivoglio. Je ne donne pas cette analyse ici, me proposant de réunir, dans un travail spécial, les extraits que j’ai tirés du registre du Vatican à ceux, beaucoup plus nombreux, que m’ont fournis les correspondances de Bcntivoglio conservées à la bibliothèque Barberini.

(1) * NelPenlrata di quesle Serenissime Altezzc in questa villa se sono osservate tre cose : una, ch’i burghesi non sono usciti fuora a inconlrarle, ma se sou faiii trovare in la muraglia armali , et di là si salulorno secondo il costume militare; Paîtra, che Parchiduca non se fusse mai vislo salutarc alcuno ne ancor’ con Pocchio, ch’a mollo offeso, 3ncorchè Poflesa se placava con volto bumano délia serenissima inlania; Paîtra, che stando dentro la villa, havesse a burghesi preferiti i Spagnuoli del castello per guardia délia sua persona. Con tullociôsono slalo Pun’ et Paltr’Allezza presenlate dalla villa di ricchi duoni.. . «>

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