‹ Les Aristoloches: Étude de Matière MédicaleChapitre 2 sur 33 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les Aristoloches, si peu employées aujourd’hui dans la pratique médicale, ont été longtemps considérées comme des médicaments de grande valeur. Au moment où tant de drogues anciennes sont tirées de l’oubli et deviennent l’objet de nouvellés expérimentations physiologiques et thérapeutiques, il m'a paru intéressant de revenir sur l’histoire d’un groupe pharmacologique dont les produdts sont encore très mal connus, et d'indiquer dans la mesure du possible la valeur des échantillons qu'on en possède dans les droguiers ou qu’en fournit le commerce.

Ce travail se divise en trois parties.

I. — La première comprend les généralités sur le genre Aristolochia, son histoire, ses caractères, ses propriétés.

L'étude botanique des Aristoloches doit naturellement tenir une place secondaire dans un travail de matière médicale, mais il est nécessaire pourtant d'indiquer avec quelques détails les principaux traits caractéristiques du genre, en insistant surtout sur les organes dont la médecine à pu tirer parti, et en choisissant autant que possible les exemples dans. les espèces qui seront nommées et étudiées plus loin. C’est un résumé nécessaire des caractères et des propriétés dont

le détail est exposé à propos de chaque espèce.

II— La seconde partie traite du groupement, de la description et de l’anatomie de tous les types d’Aristoloches qu’il m'a été possible de me procurer ou de voir dans les droguiers, les pharmacies ou les collections diverses. Le nombre en est considérable. Tous les spécimens dont la détermination exacte n'a pu être faite, ont été du moins rapprochés des types

connus les plus voisins.

III.— La troisième partie comprend l'étude de toutes les espèces d’Aristoloches ayant été ou étant encore employées dans la médecine. Pour chacune on trouvera la synonymie, une description sommaire portant surtout sur les organes végétatifs, quelques mots d'historique, un exposé des propriétés, etc.

Cette division présente, il est vrai, inconvénient de séparer la description des drogues en deux parties, car toutes celles que je n'ai pas eu l’occasion de voir moi-même sont décrites à leur place dans la troisième partie. Dès qu’il s'agit, en effet, d’énumérer des espèces, 1l est avantageux de suivre un ordre botanique, et j'ai adopté naturellement pour la troisième partie celui de la monographie du Prodrome, si bien faite par M. Duchartre. Mais plusieurs des échantillons décrits ne peuvent être déterminés avec certitude et ne sauraient par conséquent se ranger sous telle ou telle espèce. D'autre part, il m'a semblé utile de réunir les descriptions des produits similaires, d'essayer d’en faire des groupes naturels sans se préoccuper de la classification scientifique, et de ne faire ce groupement que d’après les échantillons vus.

Pour la synonymie, j'ai tâché autant que possible de remon-

ter aux sources, et les riches bibliothèques de Montpellier et de l’École de pharmacie de Paris me l'ont très souvent permis. Chaque fois que la chose m'a été impossible, j'ai cité entre parenthèses le nom de l’auteur d’où l'indication est tirée.

On remarquera peut-être que dans les descriptions j'ai souvent peu développé les caractères de la fleur et du fruit, et que j'ai, au contraire, insisté sur les organes végétatifs. Ce n’est point que je méconnaisse la valeur absolument prépondérante des organes reproducteurs, base même de toute classification rationnelle; mais ce travail est une étude de matière médicale et non de botanique pure, et j'ai naturellement parlé surtout des parties employées par la médecines

La constitution chimique des Aristoloches est fort mal connue. La plupart n’ont jamais été analysées, et celles qui l'ont été nécessiteraient de nouvelles recherches. Ce serait là un sujet de travail intéressant, car la similitude d'action de ces plantes doit concorder avec une grande analogie de composition. Mais le présent travail n’abordera même pas ce côté de la question. Je ne pourrais d’ailleurs que répéter les résultats d'analyses déjà anciennes et souvent incomplètes, et je préfère, n'étant chimiste à aucun degré, laisser ce point absolument de côté.

Pour les descriptions anatomiques, je n'ai parlé que de celles que j'ai pu faire moi-même : elles sont donc toutes dans la deuxième partie.

J'adresse ici mes meilleurs remerciements à tous ceux qui ont bien voulu me fournir les éléments de ce travail. Mon oncle, M. le professeur G. Planchon, en m'ouvrant toutes

grandes les portes du riche droguier de l'École de pharmacie

de Paris, m'a permis d'en asseoir les bases, car c’est de cette source que proviennent, ainsi qu'on le verra, la plupart des échantillons décrits. J’acquitte donc avec joie une dette de reconnaissance en inscrivant son nom en tête de cette étude; et, puisque j'ai parlé de l’École de pharmacie, je remercie aussi bien vivement M. Dorvault, le très zélé bibliothécaire, dont la complaisance a singulièrement facilité mes recherches. Comme on le verra, MM. les professeurs Bureau, Beauvisage, Battandier, Hérail, etc., etc., m'ont envoyé de nombreux échantillons, ainsi que M. le professeur Trelease (de Saint-Louis), M. Doumergue (d'Oran,) et d’autres encore que je remercie cordialement. Enfin, M. le professeur Soubeiran m'a permis, avec son ordinaire obligeance, de puiser bien des documents précieux dans sa riche collection de notes. Que mon ami M. le professeur Gay me permette aussi de lui témoigner toute ma gratitude pour les conseils qu’il a bien

voulu me donner pour la partie anatomique de ce travail.

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