‹ Les aristolochesChapitre 23 sur 36 · UE · texte numérisé non relu

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en être complètement absents. De plus, les fibres ligneuses y sont toutes également épaisses. Il est possible qu'il n’y ait pas identité absolue. Ce sont, en tout cas, des formes bien voisines. L'amidon est en grains assez gros relativement, souvent composés, avec un hile étoilé non toujours visible.

G) Guaco long (san Jacinto). — Les racines envoyées par le San-Salvador à l'Exposition de 1889 sous le nom de Guaco long ont un aspect particulier ; elles ont jusqu'à 21 mm. de diamètre et portent souvent des radicelles plus petites. Extérieurement, elles sont à peu près dépourvues de suber, ou du moins la couche en est fort mince. La couleur générale est foncée ; la surface est parcourue par une striation longitudinale très fine, très peu visible ; des fissures transversales peu nombreuses et profondes se montrent quelquefois.

Sur la section on voit une écorce épaisse grisâtre, plus claire vers l'extérieur, adhérente et mal limitée vers l’intérieur.

Le bois est volumineux, à structure ordinaire d’Aristoloche, avec des pores bien visibles, d’un gris plus clair que celui de lPécorce. Les rayons médullaires, dont la couleur est semblable à celle du bois, sont peu nets, à moins qu'ils ne prennent une coloration jaune brun par lescellules résineuses qu'ils contiennent.

L’odeur à la section et le goût d’Aristoloche sont forts, très caractérisés. É

STRUCTURE. — Elle n’a rien de spécial et ne diffère pas de

celle de beaucoup d’autres sortes. L’écorce consiste en un parenchyme épais, très riche en amidon et en oléo-résine jaune

foncé. Les éléments scléreux manquent, sauf un petit amas de

cellules pierreuses placé à l'entrée de chaque rayon médullaire. Le suber est presque absent.

À. odoratissima ??. — Je n'ai nulle part trouvé une description authentique et complète des tiges et des racines de cette espèce importante, et les échantillons que j'ai eus sous ce nom diffèrent complètement.

L'un, sous le nom de « Tlacopatli, A. mexicana, Mistéca 1866, collect. Boucard », est au Muséum. Il est formé par de petits paquets de racines et de tiges, repliées plusieurs fois et attachées en une petite botte de 5 à 6 cent. de long sur 3 ou 3 1/2 de diamètre. Les plus grosses racines qui les constituent ont 6 à 8 mm. de diamètre. Il en part des racines plus petites et de petites tiges menues, ramifiées. La couleur est brun noirâtre extérieurement. Il n'existe à peu près pas de suber. Les jeunes tiges sont un peu jaunâtres ou rougeâtres et portent quelques restes de feuilles.

La section présente au-dessous d'une très fine enveloppe une écorce épaisse, blanc grisâtre et un axe lisneux plus jaunâtre, où la loupe permet de distinguer des faisceaux. Entre l'écorce et le bois est une zone circulaire formée de points jaune orangé, visibles à l’œil nu, et rapprochés sans se toucher. La loupe montre quelques pores dans le bois.

L’odeur se développe à la section, elle est plutôt agréable. Le goût est celui de l’Aristoloche, mais non trop fort. C’est peut-être là la véritable espèce.

STRUGTURE. — La racine présente sous un suber peu abondant un épais parenchyme dépourvu de tout élément scléreux mais rempli d’'amidon. Les cellules à oléo-résine sont surtout abondantes dans la région interne de lécorce, et externe des rayons médullaires. Ceux-ci séparent des rayons ligneux rarement dichotomisés et de taille souvent inégale, les uns allant au centre, les autres s’arrêtant plus ou moins loin.

Le deuxième spécimen venant aussi du Mexique, sous les noms de Tlacopatle, Raiz del Indios, Radix Aristolochiæ

tir

Tlacopatli, diffère assez du premier par la couleur extérieure fauve très clair, un diamètre souvent plus grand et l’absence de points jaunes. Comme dans le premier il n'y a pas de suber, l'écorce est fort épaisse relativement, les faisceaux peu nets.

L'odeur est à peu près nulle et le goût très âcre, surtout pour l'écorce.

Est-ce la même plante? Je n'ai eu de la seconde que des fragments peu descriptibles.

Le deuxième échantillon a une écorce qui ne diffère de celle du premier que par le peu d’abondance de l’oléo-résine. Mais le corps ligneux est très irrégulier, contourné, sinueux, les vaisseaux se présentent sous le rasoir dans les positions les plus variées et l’arrangement de ces faisceaux est difficile à voir. On en trouve pourtant qui sont dichotomisés.

Enfin, sous le nom d'« A. odoratissima Yucatan », j'aieude M. Bocquillon-Limousin, deux fragments qui, non seulement diffèrent complètement des deux premiers, mais encore difièrent entre eux. Ils ont, surtout l’un d’eux, l'aspect extérieur et la structure de certains Mil-homens. L’un est encore recouvert de l’épiderme luisant, de couleur chocolat, soulevé et craquelé par le liège, et présente une écorce mince très remarquable par le grand développement des paquets fibreux qui sont ici plus volumineux que dans aucun Mil-homens : il y à aussi des cellules scléreuses, mais moins nombreuses, quelques-unes dans les rayons médullaires. L'autre fragment a un suber en crêles assez fines, fauves, peu hautes, avec une écorce dure et noire en dehors, mais épaisse (2mm.), et de couleur blanc grisâtre en section. La structure de cette écorce est assez homogène ; les cellules en sont pleines d’amidon et les sclérites forment quelques paquets dont les uns sont en zone interrompue, et les autres épars dans le parenchyme. Partout

le bois a des pores bien visibles, et la structure normale. La détermination que je ne puis contrôler autrement, faute de données précises, me parait fort douteuse. Sans pouvoir rien affirmer, je crois plutôt que le vrai A. odoratissima serait l'échantillon du Muséum.

A.?.— Dans l'un des flacons du Muséum, on trouve un échantillon d’Aristoloche assez spécial. Il porte sur l’étiquette : « Triana, nouvelle Grenade ». Il comprend:

1° Un fruit gros, un peu arqué, de 8 cent. de long sur 4 à 4 1/2 de diamètre, ovoïde, brun, composé de 6 carpelles allongé; chaque carpelle marqué d’une forte côte médiane saillante, Les placentas sont presque isolés à l'intérieur, et les cloisons ont disparu sauf les faisceaux vasculaires parallèles qui relient les placentas à la région dorsale des carpelles, par autant d'arcs réguliers. De nombreuses graines triangulaires, empilées les unes sur les autres, se trouvent dans ce fruit. J’ai retrouvé des fruits analogues, sans nom, dans plusieurs collections carpologiques ; ils me paraissent ressembler à celui que Jacquin a dessiné pour son A.maxima.

2° Des racines allongées de couleur brun foncé, ayant normalement 6 à 7 mm. de diamètre, tandis que certaines se renflent sur quelques points en sortes de tubercules ovoïdes atteignant ? cent. de diamètre sur 4 1/2 de longueur, tantôt ridés, tantôt non.

L’odeur et la saveur sont celles des Aristoloches, accentuées.

STRUCTURE. — La racine cylindrique a une écorce épaisse avec un suber peu abondant, beaucoup d’amidon et d'assez nombreuses cellules à oléo-résine jusque dans les larges rayons médullaires. Les éléments vraiment scléreux manquent, mais

je

on trouve dans cette écorce beaucoup de cellules épaissies. Celles-ci font à peu près défaut dans la partie renflée, qui se distingue en outre par des rayons médullaires extrêmement épais et larges, riches en amidon, contenant aussi de l’oléo-résine, surtout vers la partie externe. Les faisceaux du bois sont petits, noyés dans ce parenchyme et généralement simples.

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